Mon pauvre Wesson, tu n’es vraiment qu’un bisounours. J’ai fait des dizaines de déclarations concernant des dizaines de Leonarda, dans lesquelles j’ai écrit qu’elles étaient des jeunes filles motivées par l’école, qui travaillaient bien à l’école, qui étaient sérieuses, et patati et patata.
Et pourquoi j’ai fait des dizaines de déclarations, qui ne correspondaient pas à la réalité ?
Parce que mes collègues et moi, ce faisant, on aidait ces dizaines de jeunes filles à repousser de quelques années un mariage forcé.
Mais si tu savais, Wesson, si tu savais à quel point elles n’en ont rien à foutre du collège.
Un jour, quand j’aurai le temps, je te raconterai ce que j’ai fait pendant ces trois années de ma vie, entre quatre yeux, sans témoin, Wesson.
Et tu verras la réalité du monde.
La réalité n’est pas le monde des bisounours.