La
France avait bien une responsabilité cruciale dans le déclenchement
de la guerre. Il pouvait paraître folie que de défier un pays bien
plus peuplé, mais toute sa diplomatie a tendu à annuler ce
désavantage par un jeu d’alliances désastreux (désastreux du point
de vue humain, du point de vue stratégique il était un succès).
Après 1870, elle s’était réfugiée dans un nationalisme fermé,
borné et revanchard. Couplé à une idéologie impérialiste et à
un délire militariste qui n’avait rien à envier à celui
d’Outre-Rhin ou des tsars, à coup de propagande massive et de
décervelage du peuple à l’aide de l’école et des médias. La
classe politique française voulait la guerre, et a tout fait pour
qu’elle ait lieu. Il est bien établi qu’en juillet 1914 les français
ont jeté de l’huile sur le feu, encourageant les russes à
mobiliser, sachant que cette mobilisation était si importante qu’il
n’était plus vraiment possible de faire marche arrière une fois
réalisée. Après, il n’y avait plus qu’à jeter sur les champs de
bataille un peuple qui avait été chauffé à blanc par des
décennies de propagande belliqueuse.