Là encore une fois, tu as tort de dire que le compagnon n’a pas de droit. Moi, compagnon, j’ai le droit à la parole (et je m’en prive pas). J’ai le droit à une allocation, à des vacances, à un certain confort (qui me paye l’abonnement internet, selon toi ?), à une certaine reconnaissance (c’est pourquoi, je peux demain quitter à toute quiétude la communauté, je suis sûr de retrouver une place ailleurs !).
Je suis compagnon depuis quatorze ans, et là encore, tu me prends pour un idiot, qui ne connais pas ces droits ?
Avant de revenir à la communauté de Saint-Marcel, j’ai pendant deux ans exercé la profession d’éducateur, dans une structure accueillant des jeunes adultes en situation d’handicaps, qui se trouve à Aimargues (Gard) et qui s’appelle le « Coral ». Je préfères de très loin mon statut de compagnon. J’ai beaucoup plus de liberté d’expression. Au Coral, j’avais un directeur et je pouvais pas dire n’importe quoi, sans me faire rembarrer !
C’est pourquoi, quand c’est fini mon contrat, j’ai refusé de renouveler, afin de redevenir compagnon.
Ce n’est pas parce que tu n’as pas su utiliser cet outil qui s’appelle Emmaüs, que je ne suis pas libre. Je suis bien plus libre que tu ne l’es, enfermer dans tes préjugés politiques.