Si Todd se fait remarquer c’est d’une part bien sûr pour vendre son bouquin, mais aussi probablement pour adopter une posture un peu à contre-pied et tenter de faire oublier sa fameuse sortie sur le « hollandisme révolutionnaire » qui a fait rire beaucoup de monde.
Mais du coup son coup de volant dans l’autre sens me paraît aussi ridicule que le premier. Pour avoir lu Charlie pendant des années jusqu’au début des années 2000, je n’ai pu que constater que le niveau ne faisait que baisser à mesure que Val faisait règner la terreur dans la rédaction et entraînait le départ forcé ou volontaire de ses membres les plus intéressants, et entraînait le journal dans un alignement néo-con (et con tout court évidemment) qui a culminé avec le licenciement de Siné, après quoi j’ai arrêté de le lire.
C’est d’ailleurs un hebdo qui était au bord de la faillite au moment de l’attentat, et nul doute qu’il ne survivra pas très longtemps, quel que soit l’argent qui y sera investi. On n’achète pas un journal par solidarité pendant très longtemps quand on se fait chier à le lire.
Tout ça pour dire que cette polémique autour de Charlie est une fois de plus un hénaurme attrape-nigaud manipulé de main de maître pas les socialistes qui ont cru là y gagner quelques électeurs.
Ce défilé avec de grands démocrates comme Bongo, le président ukrainien ou le premier ministre israélien était à vomir. Il ne manquait plus qu’Obama et pourquoi pas Bush ?
Affirmer une pseudo-liberté d’expression (qui n’est par contre pas valable pour Dieudonné ou autres conspirationnistes) alors qu’on massacre en Afghanistan, en Lybie, en Syrie, avec des militaires français, avant sans doute d’autres carnages ailleurs est vraiment du foutage de gueule.
Je ne suis pas Charlie évidemment, la seule réponse digne d’un état républicain à cet attentat aurait été d’en trouver les commanditaires, et c’est la seule réponse que nous n’aurons jamais. Quant à Todd il vend ses bouquins, il passe à la télé, il dit des conneries en se gardant bien de franchir la ligne jaune, ça fait un peu de buzz, business as usual.