Quant au Macaron-maquereauté à la Bribri, ça sent la caque et le bouchon de Liège https://www.visitezliege.be/sites/default/files/cms/brochures-fichier/simenon_fr_0.pdf. Rue de la roture à Liège : 9. Rue Roture
Anciennement, la rue populaire par excellence.
Je crois qu’il n’y a qu’une ville au monde,
Liège, ma ville natale, qui s’enorgueillit d’avoir
officiellement, depuis des siècles, une rue Roture.
C’est une rue étroite, probablement médiévale, qui
débouche rue Puits-en-Sock, à une cinquantaine de mètres
de l’ancienne chapellerie de mon grand-père.
Les maisons y sont minuscules, crépies à la chaux.
Lorsque j’étais enfant et jeune homme, une sorte de ruisseau
coulait au milieu de la chaussée, charriant, non de l’eau de source
ou de la ville, mais de l’eau de lessive, de vaisselle, et même des cabinets.
Les habitants n’avaient aucune honte, au contraire, de dire qu’ils habitaient
« en Roture », car on disait « en Roture », comme on dit en France « en Avignon ».
C’était un monde à part, le plus déshérité de la ville, mais on n’en voyait pas moins des pots
de géraniums à bon nombre de fenêtres.
[Georges Simenon, De la cave au grenier, 1977]