• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

Cateaufoncel3 14 octobre 2018 11:14
Cateaufoncel3

@Jacques-Robert SIMON


"Je suis conscient comme vous de ma petitesse mais l’important c’est de penser, pas de convaincre les autres."

Oui penser... En fait, je pense tout le temps, quand je lis, je pense à ce que je lis, sans me laisser distraire, quand j’écris, je pense à ce que j’écris, et quand je cesse d’écrire pour faire autre chose, je pense à ce que je vais écrire, au point qu’après avoir franchi les six mètres qui me séparent du frigo, je ne me souviens plus de ce que j’étais venu chercher… Ca me revient dans les cinq secondes

Pour ce qui est de convaincre les autres, il y a longtemps que je n’y songe même plus. Je pense que c’est non seulement inutile mais encore souvent contre-productif, l’autre se braque, et on perd encore plus son temps.

Les idées reçues…

Je prends une anecdote très connue – un bouthéon, comme disaient les poilus dans les tranchées, maintenant on dit Fék Niouze... Ca se passe dans le IIIe Reich – quand on a besoin d’exemples, le IIIe Reich est une mine inépuisable. Un Noir américain gagne la finale du 100 m, épreuve reine déjà, et Hitler, en bon raciste, refuse de serrer la main du vainqueur.

A peu près tout le monde connaît, à ceci près que l’histoire est bidon. Jesse Owens l’a démentie cent fois, cent fois le CIO a mis les choses au point en précisant que jamais nulle part, il n’a été prévu que le chef d’Etat du pays organisateur des Jeux reçût dans sa loge les vainqueurs de quelque épreuve que soit.

Je lis, à l’instant, dans Wikipedia, qu’Owens a déclaré : « Hitler ne m’a pas snobé, c’est notre Président (Roosevelt à l’époque) qui m’a snobé. Le Président ne m’a même pas envoyé un télégramme. »

Un jour, je croise une connaissance, dans la rue et elle – c’était un homme, ça reste une connaissance, il serait grand temps que les masculinistes empoignent cette question, aussi importante que la féminisation de chef en chève.

Dans la conversation, le gars me dit : « Oui, mais quand même, Hitler a refusé de serrer la main de Jessie Owens.  » Je lui explique que l’histoire a été inventée vraisemblablement par un journaliste américain, qui voulait faire le buzz, comme on ne disait pas encore. Ah ? qu’il me fait, dubitatif,…

A quelque temps de là – deux mois ? six ? – je retombe sur mon bonhomme. On parle de choses et d’autres, de la Merkel, de ses migrants, et il observe : « L’Allemagne a quand même bien changé, quand on pense qu’Hitler refusait de serrer la main à un Noir. » Dans un cas comme ça, je capitule à la seconde : « C’est normal, en tant que raciste, il était conséquent avec lui-même  » Je n’en ai rien à faire de ce qu’il croit ou ne croit pas. Et, si ça se trouve, j’avais gagné cinq minutes d’inutile rediffusion. Alors, moi, essayez de convaincre :
Non merci, sans façon.



Palmarès