@Jacques-Robert SIMON
"Je suis conscient comme vous de ma petitesse
mais l’important c’est de penser, pas de convaincre les autres."
Oui penser... En fait, je
pense tout le temps, quand je lis, je pense à ce que je lis, sans me laisser
distraire, quand j’écris, je pense à ce que j’écris, et quand je cesse d’écrire
pour faire autre chose, je pense à ce que je vais écrire, au point qu’après
avoir franchi les six mètres qui me séparent du frigo, je ne me souviens plus
de ce que j’étais venu chercher… Ca me revient dans les cinq secondes
Pour ce qui est de
convaincre les autres, il y a longtemps que je n’y songe même plus. Je pense
que c’est non seulement inutile mais encore souvent contre-productif, l’autre
se braque, et on perd encore plus son temps.
Les idées reçues…
Je prends
une anecdote très connue – un bouthéon, comme disaient les poilus dans les
tranchées, maintenant on dit Fék Niouze... Ca se passe dans le IIIe Reich –
quand on a besoin d’exemples, le IIIe Reich est une mine inépuisable. Un Noir
américain gagne la finale du 100 m, épreuve reine déjà, et Hitler, en bon raciste,
refuse de serrer la main du vainqueur.
A peu près tout le monde
connaît, à ceci près que l’histoire est bidon. Jesse Owens l’a
démentie cent fois, cent fois le CIO a mis les choses au point en précisant que
jamais nulle part, il n’a été prévu que le chef d’Etat du pays organisateur des
Jeux reçût dans sa loge les vainqueurs de quelque épreuve que soit.
Je lis, à l’instant, dans
Wikipedia, qu’Owens a déclaré : « Hitler ne m’a pas snobé, c’est notre
Président (Roosevelt à l’époque) qui
m’a snobé. Le Président ne m’a même pas envoyé un télégramme. »
Un
jour, je croise une connaissance, dans la rue et elle – c’était un homme, ça
reste une connaissance, il serait
grand temps que les masculinistes empoignent cette question, aussi importante
que la féminisation de chef en chève.
Dans la
conversation, le gars me dit : « Oui,
mais quand même, Hitler a refusé de serrer la main de Jessie Owens. »
Je lui explique que l’histoire a été inventée vraisemblablement par un
journaliste américain, qui voulait faire le buzz, comme on ne disait pas
encore. Ah ? qu’il me fait, dubitatif,…
A
quelque temps de là – deux mois ? six ? – je retombe sur mon
bonhomme. On parle de choses et d’autres, de la Merkel, de ses migrants, et
il observe : « L’Allemagne a
quand même bien changé, quand on pense
qu’Hitler refusait de serrer la main à un Noir. » Dans un cas comme
ça, je capitule à la seconde : « C’est
normal, en tant que raciste, il était conséquent avec lui-même » Je n’en
ai rien à faire de ce qu’il croit ou ne croit pas. Et, si ça se trouve, j’avais
gagné cinq minutes d’inutile rediffusion. Alors, moi, essayez de convaincre :
- Non merci, sans façon.