Dans la zone intertropicale, l’Afrique est le seul continent dont les sols ferrallitiques soient souvent cuirassés et non meubles. En Côte d’Ivoire ces cuirasses servent à faire des routes. Des millénaires de cultures sur brûlis ont produit ces inversions de reliefs, par érosion des zones hautes dénudées par l’écobuage.
Le Brésil se précipite pour reproduire la même catastrophe et stérilisation au long cours, en accéléré.
Un sol ferrallitique, intensément lessivé par définition, n’a plus qu’une capacité d’échange de cations (et d’anions, implicitement) très réduite. Sa fertilité repose intégralement sur le réseau de radicelles, qui capture à temps tous les sels minéraux et la silice monomère avant que ça se perde vers les profondeurs et les rivières. Mais si on incendie tous ces végétaux, il reste les sesquioxydes gibbsite et hématite, la kaolinite, le quartz, un peu de magnétite, sans bases, sans soufre, sans phosphore, sans nitrates, sans potassium ni calcium ni magnésium... La couleur et la fertilité de la brique.