Escroc, tout le monde peut l’être, mais c’est risqué. Ce que
Tapie avait compris, lui, ça n’était pas
très compliqué mais ça supposait un sens du calcul et de l’anticipation
développés.
Il avait compris que pour gagner beaucoup d’argent en étant
un escroc, il fallait beaucoup arroser autour pour mouiller les décideurs et
semer les graines des futures escroqueries avec eux (on dit « affaires »).
Entre 2007 et 2008 avant la sentence du tribunal arbitral
qui lui a octroyé 403 millions d’euros, dont 45 millions d’euros à titre de
préjudice moral, Tapie avait rencontré Sarkozy une vingtaine de fois, mais il a
affirmé dans différents interviews accordés à la presse, qu’il n’avait jamais
abordé le sujet de l’affaire Adidas avec lui. Lol.
Il avait dû lire Nietzsche :
« Tout homme a son
prix » – cela n’est pas vrai. Mais il peut se trouver pour chacun un appât
auquel il doit mordre. C’est ainsi qu’il suffit, pour gagner mainte personne
une cause, de donner à cette cause un vernis de philanthropie, de noblesse, de
charité, de sacrifice – et à quelle cause ne pourrait-on pas le donner ! –
C’est la sucrerie et la friandise de son âme à elle ; d’autres en ont d’autres. »
- Humain, trop humain (L’homme en société)