Bonjour Fergus,
Il
y a cinquante ans, alors que je m’étais fourvoyé dans un cours de
philologie romane, j’y appris qu’il existait en Latin des situations
où deux mots étaient nécessaire pour désigner un objet. Cette
tendance perdure encore aujourd’hui. Exemple :
tire-bouchons, machine à coudre, vert-galant, alliant tantôt deux
noms ou encore un verbe et un nom, et certainement d’autres
combinaisons.
Je
n’écrirais pas ceci si ce n’est que j’eus la malencontreuse idée de
parler de ce phénomène à mes invites à dîner, alors que nous
arrivions au fromage. Je leur citai deux exemples : caseum
formaticum, et arena sabulam, désignant le fromage et le sable. Je
leur faisais remarquer que suivant les pays, ces termes s’étaient
réduits à un seul mot. Käse, queso, cheese pour trois pays, et
fromage ou formaggio pour d’autres. Et il en est de même pour le
sable, arena dans une langue et sable dans une autre.
Je
voulais illustrer un principe des langues (modernes ou anciennes) qui
est celui de l’économie : dire plus avec moins de mots (d’où
le nombre d’anglicismes ou de sigles rencontrés). On me gratifia de
regards inquiets pour ma santé, et on passa à autre chose.
Comme
quoi, à vouloir faire le savant ou vouloir éveiller la curiosité,
on passe pour un idiot.