Qui
nous parle d’« accepter de perdre nos enfants » ?
Ceux
dont les fils font des stages à l’ONU ou à Davos pendant que les
nôtres remplieront les cercueils ?
Ceux
qui signent les ordres d’envoi depuis des bureaux climatisés, sans
jamais porter le deuil ?
Ceux
qui nous somment d’avoir confiance en l’avenir, de faire des
enfants, tout en le torpillant pour un baril de pétrole et quelques
points de PIB ?
Ceux
qui nous demandent de chanter la Marseillaise pendant que les marchés
financiers chantent leur victoire, jouant au Risk avec nos
berceaux.
Pour
eux, nos enfants ne sont que de la chair humaine à consommation
renouvelable.
Nous,
nous les mettons au monde pour qu’ils dansent, qu’ils aiment,
qu’ils inventent, qu’ils vivent,
Pas
pour qu’on nous les rende en pièces détachées, dans un sac
mortuaire estampillé du drapeau de leurs intérêts.