@SilentArrow
Votre
commentaire est plus révélateur que vous ne le pensez — et c’est précisément là
où réside son intérêt.
Vous
croyez vous moquer de ma thèse, mais en réalité vous l’illustrez parfaitement.
Quand vous dites "ce sont mes pensées qui me font penser ce que je
pense", vous tournez en dérision ce que vous n’avez pas encore saisi :
que la pensée n’est pas un outil que vous maniez librement, mais une
réalité qui vous traverse, vous constitue, et parfois vous dépasse.
Ma
thèse n’est pas que vos pensées produisent vos pensées — ce serait en effet une
tautologie sans intérêt. Elle est bien plus radicale : "vous n’existez en
tant qu’être humain que parce qu’il vous est donné de penser." La pensée
n’est pas votre propriété. Elle est votre condition d’existence.
Une
montagne existe. Mais elle n’a pas conscience d’exister. Ce qui fait de vous un
être humain — et non une montagne — c’est précisément cette pensée qui vous a
été donnée. Et le comble, c’est que cette même pensée peut se jouer de celui
qui refuse de la regarder en face.
En
croyant vous amuser avec les mots, c’est votre pensée qui s’amuse de vous. Elle
vous fait voltiger sans que vous en preniez conscience.
Ce
n’est pas un reproche. C’est exactement ce que j’ai écrit."