Est-ce que la question est d’être « pour » ou « contre », ou de chercher à comprendre ?
L’auteur est capable de faire dans la nuance, au vu de quelques uns de ses autres articles, mais ici il fait dans le bilan « apologétique », en ne signalant méthodiquement que les aspects positifs, même s’il resterait à en vérifier la réalité telle quelle, et le résultat est une sorte d’ » hagiographie » qui passe plus ou moins au vu de la position effectivement de plus en plus dominante de la Chine dans bien des domaines, même si pas encore totalement dans le rapport de forces militaire avec les USA, bien que ça avance au mieux grâce aux conneries, le mot n’est pas ici usurpé, de Trump, repassé à nouveau complètement sous la coupe de l’Etat profond, à laquelle il n’avait donc « échappé » guère plus que que le temps illusoire d’une « bonne » campagne électorale...
Une autre problématique de l’auteur est qu’il se veut et se proclame « marxiste » et pense pouvoir utiliser la position « dominante » de la Chine pour justifier ses prétentions idéologiques : une « stratégie » bien davantage fondée sur la duplicité que la dialectique, mais où il peut néanmoins rester un fond de sincérité éventuelle si l’on tient compte que l’humain moyen se rattache « spontanément » à tout ce qui peut le conforter dans ses préjugés, et notamment et surtout, sur le plan idéologique.
Soit un point incontestablement commun entre l’auteur et le PCC, qui s’est appuyé dès sa fondation sur les subsides fournies par l’URSS pour « soutenir » sa lutte tout en cuisinant séparément son propre « melting-pot » idéologique à vocation essentiellement nationaliste, saupoudré d’un zest des restes des vielles luttes paysannes nationalistes « communautaires » plus que communistes des générations précédentes.
Le maoïsme étant le résidu idéologique de ce « brassage », éventuellement nécessaire à la lutte de libération nationale, mais tout à fait insuffisant pour même simplement démarrer une économie un tant soit peu endogène, comme l’histoire tragique du GBA et de la GRCP, deux moutures du même « brassage », l’ont malheureusement largement démontré.
La « force » ou plutôt la « ruse » de Deng Xiaoping ne résidait pas dans son « idéologie », mais dans son pragmatisme extrême qui le poussait à « prostituer » son propre prolétariat au profit de la rentabilisation des capitaux US investis en Chine dès 1972.
La « ruse » c’est d’avoir réussi à force de « complaisance » de rendre ces même capitaux « dépendants », au sens d’une dépendance toxique, au moment précis ou s’amorçait, à l’époque de la guerre US au Vietnam, une première phase significative d’affaiblissement de l’Empire US .
Progressivement, mais assez vite, en réalité, c’est le cas où le nain qui soutient le pied du géant boiteux devient en réalité son maître sans que celui-ci ne s’en aperçoive.
Néanmoins le géant US avait conservé une certaine réactivité et capacité d’adaptation et le « match » entre le géant boiteux et le nain perché sur ses nouvelles échasses industrielles et financières est désormais plus ou moins « équilibré » au sens où le géant reste encore en partie essentielle le fournisseur du bois « financier » des échasses...
Donc ici, ce n’est pas « Et Dieu, dans tout ça ??? », mais plutôt « Et Marx, dans tout ça... ??? ».
L’histoire, ici, prouve précisément le côté dialectique de la pensée de Marx : d’un côté plutôt humaniste, il espérait que la société industrielle apporte la prospérité générale et le progrès social, une fois « répartis » les bienfaits de cette production nouvelle. De l’autre il faisait l’analyse méthodique de son origine et des rapports de production nouveaux nécessaires à ce développement et nécessairement oppressifs, mais simplement jusqu’à ce que les machines automatisées, dites aujourd’hui robotiques, remplacent le travail productif de l’être humain.
Ce qui lui a échappé, c’est que selon la nature humaine, qu’il supposait plutôt meilleure qu’elle ne l’est réellement, les rapports de domination et d’exploitation ne s’évaporent pas avec la fin des rapports de production industriels proprement dits.
Mais pour le PCC la recette idéologique est très simple : depuis presque un siècle le prolétariat chinois n’a rien connu d’autre que différentes « mixtures » à base d’un vocabulaire pseudo- » marxiste » revisité à la sauce maoïste et encore « remixé » à la sauce Deng Xiaoping et successeurs, dont Xi, comme nouveau grand maître ès- » langue de bois » poliment rabotée dans les formes adaptables aux nécessités du moment .
Et en France on a donc quelques pseudo-« politzer » pour raboter encore un peu plus, aux formes d’esprits localement adaptables...
Luniterre
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