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Giuseppe di Bella di Santa Sofia

@Gollum

C’est un très beau scénario de thriller archéologique, idéal pour faire un carton en librairie ou alimenter les forums complotistes, mais la réalité historique est un peu moins romanesque. Le problème avec le « picorage » de versets à la James Tabor, c’est qu’on lui fait dire tout et surtout n’importe quoi dès qu’on ignore le contexte culturel du Ier siècle.
Prenez votre fameux « fils de Marie » qui semble tant vous réjouir. Vous y voyez un aveu d’illégitimité biologique ? Manque de chance, dans le monde juif antique, interpeller un homme par le nom de sa mère au milieu d’une dispute publique, c’est l’insulte suprême. C’est une punchline de l’époque pour l’humilier, pas un extrait d’acte de naissance. Idem pour le « né d’une femme » chez Paul, où Tabor voit un indice suspect. C’est un hébraïsme ultra-banal que l’on retrouve partout dans l’Ancien Testament pour dire, tout bêtement, « un être humain mortel ». En faire une preuve de bâtardise, c’est juste ne pas comprendre la langue de l’époque. Mais c’est vrai que c’est plus vendeur.
Quant au Jésus chef de guerre zélote tiré du livre de Reza Aslan, on est en plein anachronisme. Le mouvement zélote, en tant que parti armé organisé, n’existait même pas à l’époque de Jésus ; il s’est structuré des décennies plus tard. Si Jésus avait été un général de guérilla avec des troupes armées, les Romains n’auraient pas juste crucifié le leader en laissant ses disciples repartir tranquillement propager un message de non-violence. Ils auraient nettoyé la Galilée par le sang. S’il a fini sur une croix, c’est pour sédition politique – s’être proclamé « Roi des Juifs » face à l’Empereur –, pas pour avoir mené une insurrection militaire.
Bâtir une théorie révolutionnaire sur un squelette de soldat retrouvé en Allemagne ou sur un jeu de mots satirique du Talmud, c’est distrayant, mais ce n’est pas de l’histoire. Ce n’est pas l’Église qui rejette Tabor et Aslan, ce sont les historiens laïcs, athées et agnostiques, pour qui ces théories relèvent de la pure science-fiction. Bref, la messe est dite, mais visiblement, il n’y a pas que les croyants qui aiment les dogmes et les belles histoires.



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