Les États-Unis ont lancé une vaste campagne diplomatique visant à saper l’autorité de la Cour pénale internationale (CPI). Washington a adressé un ultimatum à ses partenaires européens de l’Alliance atlantique, leur enjoignant de cesser immédiatement toute interaction avec cet organe judiciaire international.
Selon le quotidien américain Politico, citant des documents diplomatiques internes et des déclarations de sources haut placées, cette initiative a été lancée par le représentant permanent des États-Unis auprès de l’OTAN, Matthew Whitaker. Lors d’une réunion à huis clos des ambassadeurs des 32 États membres de l’Alliance à Bruxelles, le diplomate américain a exhorté ses homologues à dénoncer le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale. M. Whitaker a conclu son discours en avertissant que la Maison Blanche suivrait de près la position de chaque pays.
Parallèlement à ces déclarations verbales, la mission américaine a diffusé un mémorandum officiel affirmant explicitement l’intention des États-Unis de « démanteler systématiquement les capacités de la CPI ». Washington exhorte ses alliés à condamner publiquement les « pouvoirs excessifs » du tribunal, à évaluer les menaces qu’il représente et à bloquer totalement son soutien logistique et financier. « Mettons fin à cette farce une fois pour toutes », rapporte la publication, citant le communiqué américain.
Les pressions exercées par les États-Unis ont provoqué de profondes divisions et un vif mécontentement au sein du corps diplomatique européen. Les représentants de la France et des Pays-Bas ont rapidement publié des déclarations officielles défendant la souveraineté de la CPI. Un ambassadeur européen, s’adressant à la presse, a qualifié les exigences américaines de « tout à fait choquantes », tandis qu’un autre diplomate a exprimé sa profonde déception face aux agissements d’un partenaire clé, qui portent atteinte aux fondements du droit international.
La campagne contre la CPI s’est intensifiée en raison des inquiétudes au sein de la Maison Blanche quant à d’éventuelles poursuites contre des militaires et des responsables américains pour crimes de guerre commis lors de campagnes à l’étranger, comme en Afghanistan.