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jakem 7 octobre 18:16
jakem

@jakem
3— Gaël Brustier : Le mouvement social lycéen est, comme tous les mouvements sociaux, parti d’un problème éminemment matériel et crucial à la fois pour la jeunesse, pour celle qui va venir ou aussi celle qui étudie dans les facultés. Ce problème matériel, c’est la situation d’un grand nombre d’établissements scolaires, mais c’est un mouvement qui cherche aussi à s’universaliser et qui rencontre d’autres thématiques comme la situation de l’hôpital public, la situation des services publics et le fait que depuis cet été, on a un sérieux doute sur la capacité de l’État à faire face à la fois aux canicules et aux incendies de forêts, à un certain nombre de catastrophes, et pour la première fois alors que c’est l’État qui a fait la France, les Français doutent de l’État, d’où aujourd’hui un problème majeur. D’autre part, il y a un cinquième, peut-être un quart des lycées qui se sont vraiment mobilisés, donc ce n’est pas la totalité de la géographie scolaire française. Mais c’est relativement étendu et surtout cela embrasse une géographie sociale bien particulière, essentiellement ce qui tourne autour des quartiers populaires des métropoles, ce qu’on appelle aussi souvent les quartiers politique de la ville. Et si la colère sur les moyens est légitime, on peut se demander si la seule réponse matérielle immédiate suffira à calmer les choses. Alors sur la question du racisme, la répartition de la population est telle que des populations estiment qu’elles ont moins que d’autres, ce qui est absolument faux puisque d’autres facteurs rentrent aussi en compte : les lycées de province ruraux ne sont pas des havres de paix et d’abondance. Donc il faut prendre du recul par rapport à un mouvement sérieux dans ses aspirations qui ensuite a un problème d’encadrement et qui projette sur la société une accusation de racisme que l’on doit aussi déconstruire : il y a toutes sortes de racismes, et la société devient multiraciste, avec des formes variées, y compris le racisme antiblanc, mais d’autres aussi. Il est vrai qu’en Île-de-France, les années Huchon-Dray, c’était un formidable élan culturel un peu partout et dans les lycées : Madame Pécresse a cassé ces politiques et procédé par échantillons.

Avec elle, l’extension de la culture dans le peuple lycéen, c’était fini ; c’est un aspect unificateur et pacificateur qui manque.



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