@jakem
6 et fin —
Vous parlez d’un « pacte rompu entre les élites et le peuple » et dites que la crise est « nécessaire ». N’y a-t-il pas un espoir de redressement ?
Dire que la crise est nécessaire ne signifie pas souhaiter la catastrophe. La crise, au sens premier, est le moment de la décision et du discernement. Elle survient lorsque les contradictions accumulées ne peuvent plus être dissimulées. Le réel présente alors la facture. Mais l’histoire n’est jamais écrite à l’avance. Les périodes de crise peuvent produire du déclin comme de la renaissance. Le redressement suppose moins de remplacer une caste par une autre que de changer notre définition de l’élite. Nous avons besoin d’élites qui retrouvent le goût du réel, de la responsabilité, du courage et du service. Une société commence à se redresser lorsqu’elles redeviennent capables de regarder ce qui est, de dire ce qu’ils voient et d’agir en conséquence.