Le chômage est créé « grâce » à la monnaie et la propriété privée.
Créer la monnaie et l’imposer comme unité d’échange oblige ceux qui veulent embaucher les autres (pour faire une tâche qu’ils ne peuvent réaliser seuls) d’avoir cette monnaie en quantité suffisante. Et pour que la monnaie ait de la valeur, on ne la balance pas par hélicoptère, donc presque tout le monde doit faire des efforts pour en avoir, donc presque tout le monde n’en a pas suffisamment pour embaucher d’autres personnes. C’est un privilège de pouvoir le faire, mais la frontière de ce privilège est très légèrement poreuse (à cause de certaines révoltes qui ont eu lieu avant, la classe dominante a dû les rendre poreuses à contre-cœur, mais ils peuvent diminuer cette porosité avec le temps).
Maintenant, sans assez de monnaie, vous pourriez décider d’aller planter des patates sur un terrain en friche, pour ne pas rien faire, gagner en autonomie... Mais c’est interdit de travailler si on n’a pas de propriété privée : on va empiéter sur la propriété d’une autre personne, c’est du squat, du vol.
Donc si vous avez ni propriété privée, ni assez de monnaie pour acheter une propriété privée qui vous donnerait un peu d’autonomie, vous devez vendre vos services à ceux, peu nombreux, qui ont les moyens d’embaucher les autres. Et c’est là que ça devient intéressant. Car si ceux qui ont les moyens d’embaucher les autres embauchaient tout le monde (oui, ils ont beaucoup de moyens, ils pourraient le faire), que va-t-il se passer ? Et bien, les travailleurs seront plus exigeants sur la qualité de leur travail (puisque sans chômage, ils pourront aller voir ailleurs) et aussi sur leur rémunération. Et ça, ça ne fait pas du tout les affaires de ceux qui peuvent embaucher.
Maintenant, si on raisonne sans monnaie et sans propriété privée, alors le chômage est une aberration économique injustifiable. Comment laisser des personnes qui veulent parfois s’occuper de manière utile sans aucune activité ? Elles vont être à la charge des autres, ne rien produire, et pour les plus mauvais d’entre eux, en vouloir aux autres (criminalité) ou faire des trafics illégaux (drogue ou autre). Aucune tribu un tant soit peu civilisée ne voudrait nourrir un tire-au-flanc qui ne cherche même pas à faire un effort. Mais dans notre société soit-disant civilisée, c’est ne rien comprendre à l’économie que de ne pas comprendre le chômage. Et puis, après tout, qui voudrait remplacer la monnaie par des heures de travail effectives et la propriété par un usufruit dont on ne pourrait tirer aucune rente ? Même pas les pauvres ? Alors le système peut rester absurde encore longtemps...
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