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Étirév 21 octobre 12:16

L’APOCALYPSE
L’Apocalypse est un livre écrit par un auteur qui se répand en doléances sur le mal qui règne partout, sur le sort des opprimés victimes des religions et des institutions nouvelles des hommes.
Il s’élève contre Jézabel, désignant ainsi les femmes perdues qui suivent les Paulinistes. Il accuse les Nicolaïtes et les Juifs qu’il appelle « ceux de la synagogue de Satan », et annonce, une fois de plus, le retour de la Femme-Messie.
Ce livre, tout rempli de réminiscences de l’Ancien Testament, a évidemment été altéré par les Jésuistes qui y ont mis, après coup, leur Jésus, leur Dieu Père, leur personnel ecclésiastique et les douze apôtres à la place des douze tribus, ce qui fait qu’ils apparaissent comme contemporains des prophètes. L’Apocalypse a dû être écrite avant la destruction du temple ; les remaniements qu’elle a subis, peut-être plusieurs fois, ont dû commencer dans le IIème siècle, L’ancien symbolisme, dont la signification était connue et facile à comprendre, y devient un surnaturel fantastique en prenant les idées abstraites symbolisées pour des réalités concrètes. Cette transformation de l’idée se retrouve dans tous siècles, c’est l’éternel manteau de l’ignorance et de la bêtise posé sur l’éternelle Vérité.
L’Apocalypse en est un des plus frappants exemples. Ceux qui savent la lire et la comprennent y voient de grandes choses, de tout temps elle a eu un grand prestige. Ceux qui ne comprennent que la lettre sans apercevoir l’esprit n’y voient qu’une vision étrange d’un illuminé.
On nous dit que c’est Jean l’Evangéliste qui est l’auteur de l’Apocalypse. Or, comme Jean, c’est Johana, nous ne doutons pas que c’est cette grande femme, fondatrice du premier Christianisme, le seul vrai, qui a écrit le livre dans lequel, découragée après toutes ses luttes, toutes les persécutions subies, elle met son dernier cri d’espérance : « Si la femme n’a pas triomphé avec nous, elle triomphera dans l’avenir », après que le règne de l’homme aura apporté au monde toutes les tribulations qu’elle annonce.
Johana, comme auteur de l’Apocalypse, est appelée saint Jean le Théologien ; c’est une façon nouvelle de la désigner.
Nous la connaissons déjà sous le nom de Jean-Baptiste, sous celui de Jean l’Evangéliste ; elle est aussi Jean l’Ancien, et nous ne savons pas si le Jean, chef des Zélotes, qui défendit les Israélites dans le Temple de Jérusalem lors du siège, ce n’est pas encore elle.
On intitule son livre « la Révélation de saint Jean le Théologien ». Or révéler, c’est re-voiler, et Johana, loin de revoiler, a au contraire dévoilé la science cachée ; ce sont, ceux qui sont venus après elle qui ont revoilé sa science.
Ainsi, le premier verset de son livre altéré par les Paulinistes dira : « La révélation de Jésus-Christ qu’il a reçue de Dieu pour faire connaître les choses qui doivent arriver bientôt et qu’il a déclarée et envoyée par son ange à Jean, son serviteur. »
Donc, c’est Jésus-Christ, le personnage inventé par Paul, qui envoie sa révélation (re-voilation) à Johana ! Qu’on juge, par ce premier verset, des absurdités qu’on va mettre dans le reste du livre.
L’Apocalypse semble avoir été, d’abord, le livre rituélique des « Mystères Johanites ».
Dans un lieu désert, à Pepuzza, voisin de l’île de Pathmos se tenaient les assemblées mystiques des Phrygiens qui attendaient la Jérusalem Céleste. C’est là qu’on se rendait pour célébrer les Mystères ; on allait s’y faire initier par Johana et ses disciples, en attendant la Théophanie, l’apparition de la Déesse Christ réintégrée dans sa suprématie. Synésius appelle les nouveaux venus « hommes initiés aux Théophanies ». « Le Temps est proche », disait-on, et on attendait le grand Juge, espoir qui berçait les initiés qui aspiraient au retour prochain de la Justice et de la Lumière qui devait éclairer la Terre.
Les Prêtresses de Pepuzza prenaient le titre de Prophétesses, Elles traçaient le tableau des malheurs des peuples sous le règne de l’homme et se lamentaient comme on s’était lamenté dans les Thesmophories des Mystères de Béotie.
C’est surtout contre la prétention de l’homme d’élever son sexe jusqu’à la hauteur des puissances cosmiques et d’en faire un Dieu créateur que ces femmes se révoltent, et, pour conserver la vérité que ce nouveau dogme obscurcit et prétend remplacer, on s’occupait surtout, dans ces Mystères, de faire connaître la Science qui explique l’action des sept « Principes cosmiques » organisateurs de l’Univers, dont on rappelle la puissance pour l’opposer aux rêveries de ceux qui ont grandi l’homme jusqu’à en faire le créateur de l’Univers.
Dans les Mystères de Phrygie, nous trouvons à Pepuzza une société secrète où, dans une cérémonie d’initiation, sept jeunes prêtresses vêtues de blanc entraient dans le Temple, tenant dans leurs mains chacune un flambeau dont la lumière était colorée ; en se plaçant les unes à côté des autres, les sept flambeaux reproduisaient l’arc-en-ciel.
Ce qui prouve que l’Apocalypse était le livre rituélique de ces Mystères, c’est que, dans la revision qui en a été faite, on retrouve la caricature des cérémonies faites à Pepuzza.
Ainsi, on fait dire à Jean que, étant dans l’île de Pathmos, il vit sept chandeliers d’or (I, 12), et au milieu des sept chandeliers quelqu’un qui ressemblait au fils de l’homme, vêtu d’une longue robe (le costume des Prêtresses) et ceint sur la poitrine d’une ceinture d’or (le cordon de l’ordre secret).
Apocalypse 1.16. Il avait dans sa main droite sept étoiles, une épée aiguë à deux tranchants sortait de sa bouche, et son visage resplendissait comme le soleil quand il luit dans sa force.
Et il dit :
Apocalypse 1.20. Voici le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite et des sept chandeliers d’or. Les sept étoiles sont les anges des sept Églises, et les sept chandeliers que tu as vus sont les sept Églises.
Voilà le « fils de l’homme » qui va devenir un Dieu doué de la puissance des forces cosmiques. L’épée aiguë à deux tranchants qui sort de sa bouche, c’est la radiation astrale ; c’est pour cela que son visage resplendit comme le soleil quand il luit dans sa force.
Est-ce assez grotesque ? Pourquoi l’auteur de l’Apocalypse est-il appelé « le Théologien » ?
Suite…



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