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Giuseppe di Bella di Santa Sofia

C’est fascinant de voir avec quel aplomb ce genre de papier feint de découvrir les soubresauts linguistiques d’un pays en guerre, tout en oubliant l’essentiel : la politique d’éradication pure et simple de la langue ukrainienne menée par Moscou depuis des siècles.

Parce qu’avant de pleurer sur des histoires de dessins animés ou de cimetières, il faudrait peut-être rappeler un minimum d’histoire. La russification en Ukraine, ce n’est pas un détail de l’histoire moderne : c’est un plan méthodique, institutionnel et brutal, des décrets tsaristes d’Ems et de Valouïev interdisant l’imprimerie et l’enseignement en ukrainien, jusqu’aux purges et aux famines soviétiques programmées pour briser l’intelligentsia locale. Bref, une tentative séculaire d’assimilation forcée pour effacer une identité entière.

Aujourd’hui, faire chouiner la machine à propagande russe parce qu’un État agressé tente de retrouver sa souveraineté culturelle après des décennies de colonisation, c’est du grand art. La quasi-totalité des Ukrainiens est bilingue, et bon nombre de soldats qui meurent au front sont russophones, ce qui prouve bien que le problème n’a jamais été la langue que l’on parle chez soi, mais l’arme que l’on pointe sur le pays.

Mais bon, pourquoi s’encombrer de faits historiques et de crimes de guerre réels quand on peut tranquillement dérouler les éléments de langage du Kremlin depuis son canapé ?



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