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Étirév 23 juillet 16:02

Les premières familles

Après un temps plus ou moins long, la maternité plusieurs fois reproduite constitue des groupes, formés d’une Mère et de ses enfants. Ce fut la première ébauche d’une famille, un lien unissant ces nouveaux êtres à leur Mère, un autre lien, l’affection fraternelle, les unissant les uns aux autres. Ils eurent des intérêts communs, un même nid, dans lequel ils avaient passé ensemble leurs premières années, un petit coin de terre, qui avait été le théâtre de leurs ébats. La Mère vivait au milieu de ses petits, dont elle était la source de vie et le génie tutélaire, elle les couvait, les soignait, les allaitait, tant que cela leur était nécessaire, et ne les délaissait que lorsqu’ils n’avaient plus besoin d’elle.

Tous les mammifères restés à l’état de nature nous donnent encore l’image de ce groupement familial dans lequel le mâle n’a pas de rôle ; il a cherché la femelle, dans un moment de besoin physiologique, mais, après le besoin satisfait, il s’est éloigné sans se douter des conséquences de son acte.

Cette première famille, dont la Mère est le centre, a gardé sa forme primitive pendant de longs siècles.

La période pendant laquelle la Mère, toute-puissante, a régné sans trouble, est celle qui a été désignée par le mot matriarcat, mot qui est entré dans la littérature historique pendant le 19ème siècle et qu’on doit à Bachofen.

Le mot Patar, dans le sanscrit primitif, ne signifie pas celui qui féconde, mais celui qui protège.

C’est le frère de la Mère. C’est pour cela que longtemps c’est lui, l’oncle, qui s’occupe surtout de l’enfant, et, quand les hommes de cette époque parlaient de la descendance, ils ne disaient pas « nos fils », ils disaient « nos neveux ».

M. Leblois dit : « Le mot Père, qui dans notre langue a un sens précis, n’avait pas ce caractère dans la langue aryenne. Patar était moins un nom, un substantif qu’une expression descriptive dont le sens était « celui qui protège  ».

« Matar voulait dire celle qui enfante. Fratar, celui qui aide. Swasar, celle qui réjouit. ».

Renan, dans l’Histoire du peuple d’Israël, nous dit :

« Le mot Patriarche ne se trouve pas avant le premier siècle de notre ère, mais il est bien fait ; nous l’employons ».

Et il l’applique aux primitives tribus matriarcales qu’il décrit en substituant le rôle du Père à celui de la Mère. Singulière façon de faire connaître l’histoire de l’humanité ! C’est, du reste, le système employé par la plupart des historiens.

Cette époque aujourd’hui retrouvée a été cachée pendant des siècles, et c’est la condamnation des historiens. Toutes les Écritures primitives qui la mentionnaient ont été altérées. C’est du 10ème siècle avant notre ère au 4ème siècle que cette œuvre de falsification a été accomplie ; on effaça de l’histoire le rôle de la Femme, son règne primitif, ses luttes, ses mérites, toutes ses grandeurs. Et quand le Droit paternel fut introduit dans le monde, vers le 11ème siècle avant notre ère, on mit le mot Père dans les Écritures révisées, partout où l’on trouvait le mot Mère.

La réalité, comme tout ce qui est très loin de nous, se perd dans les brouillards de l’histoire et semble invraisemblable, extravagante même à ceux dont la vue superficielle ne juge le passé que d’après le présent. C’est ainsi que la famille paternelle et le droit paternel de date récente sont nés d’un régime de renversement que nous, verrons plus loin commencer. Ce Droit est devenu pour les peuples dégénérés un fait si naturel qu’ils ont de la peine à concevoir et à croire que la famille maternelle n’ait jamais existé. L’esprit s’est fait au renversement, on l’a pris pour un état primitif, né de la Nature, alors que c’est un état secondaire, né d’une altération des lois de la Nature.

Figurons-nous un homme habitué à porter son habit à l’envers et que l’on n’aurait jamais vu que recouvert de ce vêtement dont la surface est une doublure ; l’œil s’y serait si bien fait que, si quelqu’un venait à dire que cet habit est retourné, qu’il a une autre face que nous ne voyons pas, personne ne le croirait et c’est la primitive surface qui semblerait la doublure.

Faitset temps oubliés


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