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Accueil du site > Tribune Libre > 2021 : le plus fort déficit commercial de la France ?

2021 : le plus fort déficit commercial de la France ?

Le déficit commercial de la France s’est élevé en août à 6,9 milliards d’Euro et à 67,9 milliards sur 12 mois glissants, nous continuons donc notre descente aux enfers des importations. Mais qu’elles en sont les causes et qui sont nos principaux fournisseurs avec lesquels ce déficit se creuse ?

Le déficit 2021 risque fort de battre des records et au rythme actuel, de dépasser les 70 milliards d’Euros. Nous serons le plus fort déficit de la zone euro, alors que dans le même temps l’excédent de l’Allemagne dépassera sûrement les 220 milliards d’euros comme chaque année. Les causes sont connues et habituelles : des importations importantes de produits énergétiques (Pétrole et Gaz) et de produits industriels. En face des exportations à la traîne : à l’exception des produits agricoles, et de l’aéronautique (qui a du mal depuis la pandémie de COVID) nous exportons peu du fait de notre désindustrialisation massive.

Les importations d’abord : ces dernières se montent en moyenne mensuelle à environ 47 milliards en juillet soit en tendance à 564 milliards sur l’année (nous étions à 493 en 2020). Le déficit mensuel de l’énergie à lui seul est de 3 milliards d’Euros par mois ce qui nous amènerait à 36 milliards sur l’année (plus qu’en 2020 où nous étions à 25,7 milliards). Ceci est dû à la reprise des transports avec la fin des confinements et à la hausse des prix du pétrole et du gaz. Notre deuxième poste est constitué par les biens industriels : nous importons pour 43,3 milliards en moyenne en juillet, ce qui nous amènerait à 519 milliards pour 2021.

Pour les exportations, nous sommes sur une tendance de 36,6 milliards par mois pour l’industrie, ce qui ferait 439,2 milliards sur 2021 (nous étions à 428 milliards en 2020). Cette faiblesse de nos exportations est désormais structurelle du fait de notre désindustrialisation. Il nous faudrait reconstituer un appareil productif diversifié (ce qui prendrait plusieurs années) pour pouvoir importer moins et exporter plus.

En réalité, ces chiffres doivent être fortement nuancés : notre déficit industriel est bien plus grave qu’il n’y paraît. En effet, nos exportations sont le fait de travailleurs qui sont payés avec les salaires d’un pays développé. Mais nos importations sont le fait de pays à bas salaires pour une bonne partie.

Ainsi, en 2020 les deux pays depuis lesquels nous avons le plus importé sont l’Allemagne (71,7 milliards d’euros) et la Chine (50,5 milliards). Mais le premier de ces pays utilise pour ses exportations des produits intermédiaires fabriqués en Europe de l’Est avec des salaires 2-3 fois inférieurs aux nôtres (donc si ces produits étaient fabriqués en France, il couterait 2-3 fois plus cher mais fournirait aussi du travail à de nombreux ouvriers même en tenant compte d’une plus forte automatisation).

La situation est encore pire avec la Chine : avec un niveau de vie qui est en parité de pouvoir d’achat 2,5 fois inférieur au notre et des salaires ouvriers 4 à 5 fois inférieurs, c’est en réalité comme si nous importions au bas mot l’équivalent de 150-200 milliards d’euros de produits s’ils étaient fabriqués en France (notre PIB était de 2300 milliards d’euros en 2020). Si ces produits avaient été fabriqués en France, ils auraient représentaient l’équivalent à minima de 6% du PIB, soit 1,5 million d’emplois directs ! 

Ceci prouve l’urgence d’une vraie politique industrielles seule à même de limiter notre déficit commercial et de créer de la croissance et de l’emploi.


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12 réactions à cet article    


  • Schrek Docteur Faustroll 6 octobre 16:31

    ça coûte si cher que ça, les masques ?


    • rhea 1481971 6 octobre 17:49

      Tout a été fait pour développer le tertiaire qui ne s’exporte pas.


      • mmbbb 7 octobre 11:14

        @rhea 1481971 une des consequences de la lumineuse intelligence de notre élite .
        Quand on a observe le tapage concernant Tapie, un homme d affaire qui recu tant des louanges mais n ayant pas crée un seul emploi, les Francais sont devenus de parfaits abrutis


      • titi 7 octobre 13:43

        @L’auteur

        « Si ces produits avaient été fabriqués en France, ils auraient représentaient l’équivalent à minima de 6% du PIB, soit 1,5 million d’emplois directs ! »

        S’ils avaient été produits en France, ils n’auraient certainement pas été vendus.... ils n’auraient donc représenté rien du tout.


        • fcpgismo fcpgismo 7 octobre 14:03

          Pauvre attardé mental, la croissance c’est de la destruction de nos réserves de survie et de l’augmentation du réchauffement climatique.

          C’est de frugalité dont nous avons besoin pas de croissance, croassence pauvre batracien, une moelle épinière vous aurait amplement suffit…


          • mmbbb 8 octobre 08:16

            @fcpgismo Je parie que vous vivez dans une grotte La preuve vous avez Internet


          • egos 7 octobre 17:03

            Cette politique industrielle existe pourtant depuis plusieurs décennies sous diverses appellations : délocalisations, abandon de filières, mutation tertiaire (finance, services, tourisme, spéculation immobilière), fabless companies (cf Tchuruk Alcatel) et autres balivernes qui firent l’ordinaire de la communication des majorités de droite et de gauche en direction d’un peuple engourdi et rêveur,

            les autres étant impitoyablement relégués au rang de de déclinistes, une variété ante 09/11 du complotiste contemporain.

            La réindustrialisation du pays et conséquemment l’équilibre du commerce extérieur supposent, outre une volonté inoxydable du peuple et de ses dirigeants autant vouloir marcher sur l’eau - un plan d’investissements massifs *, le ciblage de secteurs et filières porteurs, une large autonomie des opérateurs, le gout du risque assumé, un environnement juridique, règlementaire et fiscal stable,

            un dépoussiérage intensif de couches successives de scories bureaucratiques accumulées depuis des décennies, le curage des fossés politico-administratifs datant de la période féodale dont le tracé est entravé par toutes sortes de dépôts et d’obstacles.

            Que faire lorsque nous sommes simultanément logés aux antipodes des ces pré-requis ?

            * cf flux d’investissements financiers mondiaux, c’est mal engagé.


            • Zolko Zolko 7 octobre 21:32

              Ceci prouve l’urgence d’une vraie politique industrielle

              le constat est implacable, oui

               

              seule à même de limiter notre déficit commercial et de créer de la croissance et de l’emploi

              là par contre, c’est moins clair : pourquoi seule la croissance pourrait créer des emplois ?

              Par exemple, en favorisant les produits réparables, on crée des emplois locaux on ne peut pas délocaliser tout en baissant le PIB, et tout en gardant la richesse réelle intacte.

              De la même façon, en taxant à fond les emballages, par exemple à travers les déchetteries, on favorise la production locale qui a besoin de moins d’emballages que les produits qui viennent de l’autre côté de la planète. Sans taxe d’importation, on favorise à la fois l’économie locale ET la préservation de la planète. C’est pas beau la vie ?

               

              Mais c’est vrai qu’il faut une vraie politique industrielle pour cela et pas une idéologie théorique.


              • titi 7 octobre 22:01

                @Zolko

                Pourquoi la fabrication des produits industrielles est elle partie en Asie ?
                Croire que c’est pour faire baisser le prix de revient est une erreur : c’est pour faire baisser le prix de vente.

                La « réparation » c’est une chimère :
                Les pièces de rechange coutent plus chère qu’un produit assemblé, et l’heure de travail d’un technicien qualifié dans nos contrées ça se facture 50 euros.
                C’est économiquement insoutenable.

                « De la même façon, en taxant à fond les emballages, »
                C’est déjà le cas : ça s’appelle Ecoemballage.


              • Zolko Zolko 8 octobre 00:13

                @titi

                Les pièces de rechange coutent plus chère qu’un produit assemblé, et l’heure de travail d’un technicien qualifié dans nos contrées ça se facture 50 euros.


                FAUX : je viens de faire réparer ma machine à laver, un circuit avait grillé. La machine coûte environ 300-500€ (Faure, fabrication française), et la carte de remplacement 150€. J’ai trouvé un technicien sur un forum qui me l’a réparé pour 35€ plus pièces et transport, soit 50€ effectivement (bien-vu). C’était quand-même 10 fois moins cher qu’une machine neuve.
                 
                Ce que vous voulez sans-doute dire c’est que les produits made in PRC coûtent moins cher que réparer un produit made in la France. Et même ça, je ne suis pas certain.

              • titi 8 octobre 14:32

                @Zolko

                Dans votre exemple pour cette première panne vous avez donc pratiquement dépenser entre 40% et 60 % de la valeur d’achat de votre machine.
                Si dans les deux ans qui viennent vous refaite la même opération alors vous aurez payé deux fois la machine.

                Alors qu’en changeant de machine, vous auriez bénéficié de 2 ans de garantie.

                C’est donc le « risque de panne » dans les deux prochaines années qui validera ou non votre choix, alors même que nous sommes en présence d’une « fabrication française »

                « ai trouvé un technicien sur un forum qui me l’a réparé pour 35€ »
                Quel type de forum ?
                Vous êtes sûr que ces 35 euros seront déclarés ? Les cotisations Ursaaf payées ?
                Je suis quasiment sûr que non.


              • titi 8 octobre 14:35

                @Zolko

                J’ajoute concernant l’électroménager que si l’assemblage peut en effet être fait en france , les pièces viennent d’ailleurs.

                Il y a eu une standardisation énorme ces dernières années . Un standardisation vers plus de plastique, plus de prix bas.

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Christophe Bugeau

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