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Afrique 2019, jamais libérée – toujours néocolonisée et convoitée

 Mais ce pétrole, ce gaz, ce minerai (cobalt, coltan, titane, or, argent et diamant) ces terres rares, ces bancs de poissons, ce bois précieux, toutes ces richesses étaient présentes en Afrique depuis les premières prédations mercantiles occidentales, qu’est-ce qui a vraiment changé dans l’économie politique mondiale pour soudainement provoquer cette recrudescence d’activités subversives des grandes puissances s’affairant au pillage de l’Afrique ?

 

Pourquoi Dakar attire les espions ? 

À la question : « Pourquoi Dakar attire les espions ? » un journaliste africain répond « Les spécialistes du renseignement sont formels : l’odeur du pétrole et du gaz a fini de mettre le Sénégal sur orbite » et il ajoute : « De la France aux États-Unis, en passant par la Russie, Israël, la Grande-Bretagne, l’Afrique du Sud, la Chine, les pays du Golfe…, aucun pays influent ne veut être en reste (…) le nombre impressionnant de drones d’observation et de surveillance qui ont pris d’assaut notre espace aérien. Sans parler des sociétés militaires privées, appelées « Contractors », utilisées par les grandes puissances ». (1)

Mais ce pétrole, ce gaz, ce minerai (cobalt, coltan, titane, or, argent et diamant) ces terres rares, ces bancs de poissons, ce bois précieux, toutes ces richesses étaient présentes en Afrique depuis les premières prédations mercantiles occidentales, qu’est-ce qui a vraiment changé dans l’économie politique mondiale pour soudainement provoquer cette recrudescence d’activités subversives des grandes puissances s’affairant au pillage de l’Afrique ? Pourquoi les pays pauvres d’Afrique, néocolonisés et jamais libérés, sont-ils devenus sources d’une rivalité accrue entre marchands d’armes sans état d’âme ? Même que la partie russe se plaint des comportements de son concurrent américain :

« Les sanctions prises contre notre complexe militaro-industriel sont de toute évidence une concurrence déloyale et peu scrupuleuse, parce qu’outre l’introduction de sanctions, les États-Unis demandent aux pays d’Afrique de renoncer à l’achat de matériels militaires et d’armements russes par l’intermédiaire de leurs ambassadeurs. » Selon M. Lavrov, Washington explique qu’en faisant cela « les Américains compensent le manque d’équipements correspondant dans tel ou tel pays ». « C’est une brutale exclusion du marché, par le biais de méthodes de chantage et d’ultimatums », a résumé le ministre. (2)

 

C’est qu’une nouvelle crise économique systémique pointe à l’horizon comme nous l’annoncions dans un article récent. (3) Les planètes financières – bancaires – monétaires – boursières sont alignées et tous les feux sont au rouge, le grand capital n’attend plus que le signal du coup d’envoi qui prendra probablement la forme d’un krach boursier débridé. Deux indices probants de cette calamité en gestation nous sont donnés par l’intensification de la guerre commerciale qui oppose les grandes puissances et par l’accélération de leurs préparatifs militaires que notre webmagazine expose depuis une semaine dans une série d’articles dramatique (4). Dans notre bilan de fin d'année 2018, où nous analysions « l’imprévisible » confirmation de la décision prise par l’état-major de campagne électorale de Donald Trump, de déguerpir de Syrie, et de réduire la présence américaine au Moyen-Orient afin de dégager des troupes d’agression pour d’autres théâtres d’opérations. L’Europe de l’Est, la mer de Chine et l’Afrique nous sont apparues comme les trois pôles de futurs affrontements entre puissances aspirantes à l’hégémonie économique mondiale. (5)

 

Cet article est disponible en trois langues sur le webmagazine
http://www.les7duquebec.com/7-au-front/afrique-2019-jamais-liberee-toujours-neocolonisee-et-convoitee/

 

 

Pourquoi l’Afrique ?

L'Afrique est le dernier continent dont le mode de production capitaliste doit compléter l’intégration à l'économie capitaliste de marché mondialisée, globalisée, industrialisée, robotisée et urbanisée. Certaines régions d’Afrique vivent encore sous une économie de chasseurs-cueilleurs, dans les pays du Sahel l’esclavage (qui ne dit pas son nom) perdure, de nombreux pays africains sous-développés vivent sous un mode paysan quasi féodal à très faible productivité, alors que ce continent renferme non seulement d’immenses richesses à exploiter, mais deux-milliards de bras à surexploiter sous travail salarié et un milliard de bouches à mercantiliser. L’Afrique se présente, après l’Inde, comme la dernière chance du monde capitaliste de prolonger son agonie.

Mais pour cela, le prolétariat africain – le dernier prolétariat en voie de constitution sur cette terre de misère – devra souffrir et il sera le centre de rivalités interimpérialistes ce qui signifie que des guerres en tout genre seront fomentées par les services secrets des puissances sous « false flag » du type « Boko haram » et autres agences de recrutement de mercenaires pseudo djihadistes, mais véritables barbouzes à la solde des puissances qui se disputent ce dernier marché à développer.

 

 

 L’Afrique est passée sans transition et à marche forcée du tribalisme des modes de production primitifs (chasse – pêche – cueillette – agriculture de subsistance) au nationalisme raciste et chauvin du mode de production capitaliste dépendant et néocolonisé. Ce que la gauche de concert avec la droite mutante a qualifié de « fin de l’ère coloniale – et d’avènement de l’ère des libérations nationales » (sic) que nous avons stigmatisée dans notre livre « La question nationale sous l’impérialisme moderne  » (6). Cette période de restructuration des empires coloniaux d’extraction des ressources en empires commerciaux et financiers (la Françafrique en étant l’illustration). 

 

Ce qu’ils ont fait de l’Afrique

Les puissances impérialistes érigèrent une cinquantaine d’États nationaux fantoches dont ils attribuèrent la gouvernance à des thuriféraires nationaux et nationalistes – prenant grand soin de se garder pour chaque pays un ou quelques laquais de rechange – tout disposés à se vendre et à tramer une guerre de « libération nationale » (sic) ou un coup d’État de palais- à la tête de l’armée officielle (dont les officiers ont été formés en métropole) ou à la tête de factions criminelles « révolutionnaires » stipendiées. Voilà en quelques mots ce qui résume les dernières cinquante années d’évolution politique de ce continent martyr, le tout entrecoupé de guerres fratricides, de génocides, de massacres sans nombre et de famines endémiques. Toutes ces jacqueries jacobines et ce nationalisme raciste et réactionnaire ne furent possibles que parce que ces États-nations en gestation ne possédaient ni petite-bourgeoisie cohérente, ni classe ouvrière conséquente, ce qui change rapidement depuis que ce continent est devenu un terrain d’affrontement entre les deux grands blocs concurrents (Chine-Russie-OCS) et (USA-OTAN).

Que les intellectuels et les gauchistes africains cessent de se questionner sur l’incapacité des élites africaines à édifier des États-nations conquérants reposant sur la surexploitation d’un prolétariat moderne. Il ne fut jamais dans les intentions des puissances néocoloniales de permettre à l’un ou l’autre de ces gouvernements par procuration de s’émanciper. Le dernier en date qui n’avait pas compris son rôle de chien de garde et qui eut la prétention de battre monnaie africaine « souveraine » a fini sa vie dans le caniveau après avoir financé la campagne électorale de Sarkozy. (7)

Les malheurs de l’Afrique ne proviennent pas de lacunes démocratiques électoralistes bourgeoises, et ne procèdent pas de la trahison des élites capitalistes ou d’une propension héréditaire à l’autoritarisme dictatorial chez ces peuples « primitifs » (sic) comme disent les racistes. Les malheurs de l’Afrique procèdent tous du postcolonialisme que les puissances capitalistes ont imposé à ce continent l’enfumant de fadaises à propos d’utopiques « décolonisations » qui ne sont jamais venues.

Rassurez-vous cependant, l’heure de l’industrialisation mécanisée et numérisée et de la complète intégration à l’économie de marché globalisée de l’Afrique semble arrivée. Classe petite-bourgeoise (que d’aucuns aiment appeler classe moyenne) et classe prolétarienne surexploitée se développent rapidement et cela ne fait que commencer. Chaque grande puissance belligérante apportera ses investissements afin de construire les infrastructures nécessaires à l’exploitation de ces millions d’ouvriers requis pour extraire et transformer ces matières premières en marchandises à commercialiser afin de réaliser le profit, objectif ultime de cette opération de développement.

Malheureusement pour le prolétariat africain naissant ce développement aura un cout important, car ces puissances concurrentes se feront la guerre commerciale, juridique, diplomatique, politique et finalement militaire de façon d’autant plus intensive que ce continent est le dernier à se repartager et les profits escomptés sont immenses et finalement c’est la survie de leur mode de vie bourgeois qui est en jeu.

 

Le prolétariat africain en première ligne

Pourtant le prolétariat africain bénéficie de deux avantages dans sa lutte de classe à finir contre sa bourgeoise locale et leurs suppôts néocoloniaux. Étant le dernier contingent de notre classe sociale à affronter le grand capital international, il bénéficie de toute l’expérience de lutte du prolétariat international. Deuxième avantage, un contingent non négligeable d’ouvriers africains, dans les grandes mines d’Afrique du Sud notamment, mène la lutte depuis des décades et jouit d’une riche expérience et d’une conscience de classe élevée. Ne pas oublier que ces mineurs sud-africains ont été parmi les premiers au monde à mener une grève générale en dépit des apparatchiks syndicaux traitres. Une centaine de mineurs le payèrent de leur vie, gloire à leur courage. 

 

Notes

 

  1. http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/cia-mossad-dgse-chinois-russe-pourquoi-dakar-attire-les-espions/
  2. https://reseauinternational.net/moscou-les-usa-exhortent-lasie-et-lafrique-a-renoncer-a-lachat-darmes-russes/
  3. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/une-nouvelle-crise-economique-a-t-elle-commence/ et http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/rothschild-cede-son-activite-de-services-fiduciaires-faut-il-paniquer/
  4. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-troisieme-guerre-mondiale-est-commencee/ et aussi http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/ils-fourbissent-leurs-armes-et-se-preparent-a-la-guerre/ et http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/lunion-europeenne-vote-pour-les-missiles-usa-en-europe/ et
  5. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-centre-des-tensions-mondiales-se-deplace-brexit-route-de-la-soie-vendetta-italienne-guerre-commerciale/ et http://www.les7duquebec.com/7-au-front/pourquoi-la-seconde-guerre-mondiale-na-pas-provoque-la-revolution-proletarienne-internationale/
  6. Robert Bibeau (2017) Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne http://www.les7duquebec.com/7-au-front/question-nationale-et-revolution-proletarienne-2/

Kadhafi http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/comprendre-le-drame-libyen-apres-le-saccage-du-grand-capital-occidental/


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5 réactions à cet article    


  • Spartacus Spartacus 16 janvier 13:36

    Affligeant ce gloubiboulga coco bobo dans son immeuble à Montréal qui prend les africains pour des cons et le continent pour des habitants de demeurés.

    Quelle horreur ce capitalisme qui a mis un téléphone mobile entre chaque main et désenclavé tous les villages. Permis d’acheter avec, et d’avoir une banque à domicile.

    Quelle horreur ces marchands de panneaux solaires dans chaque échoppe qui permettent d’avoir de l’électricité même aux lieux les plus reculés.

    Que dire de des « méchantes routes bitumée » capitalistes sont en train de remplacer les pistes à 4X4.

    Et ce vil gaz capitaliste qui fait cuire le poulet et évite la déforestation pour la cuisine.

    Un voyage en Afrique ferait comprendre au bobo a quel point le capitalisme partout ou il arrive libéré les énergies, enrichit les populations et les pays.


    • Alren Alren 16 janvier 16:38

      @Spartacus

      Ce que la capitalisme fait à grand prix -pour enrichir les parasites sociaux propriétaires d’actions - un service public bien pensé le ferait mieux pour moins cher !

      L’explosion de gaz qui a tué quatre personnes à Paris dont deux pompiers, vient du fait que l’entreprise publique GDF a été cédée aux appétits capitalistes avec pour résultat, comme toujours d’une augmentation du prix du gaz et d’un entretien négligé du réseau.
      le réseau de gaz parisien est devenu dangereux tout comme le métro de Londres après sa privation par Thatcher.

      Bibeau vit peut-être à Montréal mais vous, Spartacus, ne vivait pas en Afrique !!!

      Car vous sauriez que les Africains sont loin d’avoir tous un portable à la main (et d’ailleurs le réseau est loin d’être complet !)
      Vous sauriez que la déforestation continue à grande échelle non pas pour cuire les aliments mais par les entreprises capitalistes étrangères qui abattent des arbres multicentenaires pour les exporter à grand profit vers les pays riches !
      Les panneaux solaires sont fabriqués en Chine, pays dont le statut "capitaliste’ doit être très nuancé. Toutes les échoppes sont loin d’en être équipées et la puissance électrique fournie est insuffisant pour faire fonctionner des réfrigérateurs-congélateurs.
      Les routes bitumées ont été faites au rabais par les Chinois en échange de matières premières ou produits agricoles ainsi achetées bon marché.

      Mais pour répondre à Bibeau, si certains pays d’Afrique font encore l’objet d’un pillage de la part des néo-colons (englobant donc les Chinois), c’est avec l’accord des dirigeants corrompus.


    • MagicBuster 16 janvier 15:07

      https://www.contrepoints.org/2014/02/12/156396-immigration-africaine-pourquoi-quittent-ils-leur-pays

      Pourquoi veulent-ils quitter leur pays ?

      Pourquoi un tel afflux d’immigrés vers l’Occident ? Pourquoi ces gens prennent-ils des risques frôlant le suicide ? Pourquoi ? Ils se retrouvent face à un choix difficile : « Avancer, c’est mourir ; reculer, c’est mourir. Alors, mieux vaut avancer et mourir. »

      On assiste à un suicide collectif  ; à la différence que nous ne sommes pas volontaires pour suicider notre pays et ses enfants.


      • foufouille foufouille 16 janvier 20:27

        il faudrait les payer 10 fois plus cher que les autres. et encore ......


        • Kikim 16 janvier 21:47

          Personne ne quitte son pays par plaisir. Il faut arrêter de soutenir les dictateurs africains, arrêter de declencher des guerres pour vendre des armes et aider ces pays à se développer. C’est le seul moyen de stopper l’immigration.

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