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Après les déclarations de Trump, encore une fois Europe et Amérique, une histoire inachevée

Au moment où Trump vient de signifier aux Européens, la place qu'il entend leur assigner, il est utile de relire ces lignes écrites par Trotsky sur les rapports entre l'Europe et l'Amérique.

Certes, les conditions historiques sont différentes et pourtant ces lignes restent d'une brûlante actualité et expriment les rapports réels entre les classes que les fanfaronnades de Merkel ou Hollande ne pourront plus longtemps dissimuler.

Une période historique s'achève, celle où pour ses propres besoins, l'impérialisme américain a pris en charge la reconstruction économique de l'Europe et du Japon.

La légende d'une construction européenne conduite pour assurer la paix et la prospérité va se fracasser sous nos yeux et le vieux conflit, le conflit fondamental de notre temps, celui pour la domination mondiale, va resurgir avec une force et une violence inconnue depuis des décennies.

Sous la menace de la révolution et face à l'effondrement de tous les États bourgeois et pour la nécessité où ils se trouvaient de reconstituer un marché mondial, les États-Unis ont du reconstruire l'Europe et restaurer ainsi l'ancienne division du travail.

Ce faisant, ils faisaient aussi renaître le vieil antagonisme entre l'Europe et l'Amérique et aussi entre les États européens eux mêmes.

La puissance économique et commerciale acquise par l'Allemagne est un problème pour les autres bourgeoisies européennes, mais aussi et cela est beaucoup plus grave pour Mme Merkel, pour les États-Unis eux mêmes.

Ce que dit Trump aux européens, c'est d'abord qu'il va leur ramener à leur vraie place, engager une guerre impitoyable contre eux pour réduire leurs parts du marché mondial, ces cochons d'européens devront payer et payer le prix fort.

Ce qu'il leur dit aussi, c'est que cette guerre sera menée sans accords , ni traités qui puissent limiter la puissance américaine.

Derrière l'unité de façade maintenue par les traités, l'Europe est en ruines et surtout les vieux antagonismes entre bourgeoisies européennes trouvent leur expression au sein même de l'Union européenne.

L'idée d'un développement harmonieux et synchrone des économies de la Grèce, de l'Italie et de l'Allemagne est depuis longtemps à ranger au rayon des accessoires, demandez simplement à M Tsipras ce qu'il en pense, vous le trouverez à genoux et faisant semblant de diriger un pays affamé.

M Trump est donc partisan d'accords bilatéraux avec chacun des 'acteurs' européens, jouant les uns contre les autres, utilisant l'Angleterre ou l'Espagne et concentrant ses coups contre l'Allemagne et la France.

Quant à la Russie, M Poutine sera ravi de rendre à l'Europe la monnaie de sa pièce, mais surtout le projet de Trump n'a rien d'amical et prépare d'immenses bouleversements.

Non seulement la pression militaire sur la Russie, comme sur la Chine sera maintenue et accentuée, mais surtout il va exiger de la Russie comme de la Chine l'ouverture totale de leurs marchés aux capitaux et aux entreprises américaines et pousser jusqu'à leurs ultimes conséquences la restauration du capital dans ces pays.

Nul doute que dans cet objectif, il trouvera des appuis solides au sein même des fractions les plus corrompues des oligarques russes ou des bureaucrates chinois.

 

Bien entendu, ces bandits voudront se payer sur la bête et se trouverons dans l'obligation de reporter sur des millions d'hommes et de femmes le poids de leur crise.

Dans leur agonie, ils tenteront à coups de réformes de frapper encore la classe ouvrière et la jeunesse, de s'attaquer plus encore aux salaires, aux retraites, aux régimes de protection sociale.

Il le feront alors qu'ils sont tous rejetés et honnis par leurs peuples, ils le feront dans une situation de dislocation de toutes leurs institutions et représentations politiques.

Ils le feront dans une situation où la lutte de classes peut surgir à tout moment sous une forme qui menace leur domination même.

Comme le disait Trotsky en 1926, révolution et contre révolution sont à l'ordre du jour en Europe et dans le monde.

Nul n'en connaît l'issue, sinon que le malheur s'abattra sur les vaincus.

 

Léon Trotsky, Europe et Amérique


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8 réactions à cet article    


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 20 janvier 2017 13:16

    un peu tôt pour juger définitivement, vous ne trouvez pas ?


    • rakosky rakosky 20 janvier 2017 13:46

      @Olivier Perriet

      Bien sur, j’indique simplement ce que je crois être la tendance générale des développements à venir.
      Il n’en reste pas moins qu’il devra faire face à crise politique qui ravage son propre pays et qui pourrait prendre une nouvelle ampleur.Il devra faire face aussi au mouvement ouvrier américain que la direction de l’AFL-CIO ne pourra plus museler comme sous la présidence Obama..
      Par ailleurs, déstabiliser la Chine, la Russie ou l’Europe par une pression économique ou militaire accrue comporte des risques géostratégiques certains et surtout peut provoquer des explosions sociales incontrolées
      Je vais faire comme vous, attendre et voir...
      Cordialement

    • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 20 janvier 2017 14:12

      Vieille Europe et Amérique c’est kif kif ! 


      Voilà pourquoi la Nouvelle Europe domestique de Bruxelles ne sera pas... Puisqu’il y a déjà la Vieille Nouvelle Europe sur les Terres Indiennes qui ne se laissera pas faire ! 

      Vous avez écouté Macron hier ? Voir mon commentaire suite à l’article : 

      Et suite à l’article :

      Et pour comprendre plus : 



      • jesuisdesordonne jesuisdesordonne 20 janvier 2017 14:29

         Effectivement Olivier est raisonnable quand il dit :
        « un peu tôt pour juger définitivement, vous ne trouvez pas ? »
        Sinon, la grille de lecture de l’antinomie entre les nations avec laquelle on nous appris à regarder l’histoire depuis notre tendre enfance n’est, en plus, pas nécessairement la plus pertinente comparée à celle de la lutte des classes.
        En particulier quand vous dites ;
        "La puissance économique et commerciale acquise par l’Allemagne est un problème pour les autres bourgeoisies européennes, mais aussi et cela est beaucoup plus grave pour Mme Merkel, pour les États-Unis eux mêmes."
        Mais non, car ce sont les mêmes bourgeoisies pour lesquelles les frontières nationales n’existent pas. Les difficultés économiques des nations sont pour eux une opportunité pour piller les peuples, les gens qui produisent des richesses, en privatisant les biens collectifs acquis depuis plusieurs générations.
        La guerre réelle est aussi une opportunité pour racheter par appartement les pays vaincus via la dette et les dommages de guerre à rembourser aux vainqueurs.
        Or l’UE a déjà ouvert les portes en grand. Ouvrir nos marchés aux pays tiers était l’objet même de la construction de l’UE.
        Voir les origines de la construction européenne sur le site de l’UPR. Cependant, ce n’est plus les Etats-Unis qui en profitent exclusivement mais d’autres pays tels que la chine.
        Si de surcroit TRUMP constatait que la soumission au lobby militaro-industriel qui veut débarquer des chars et en déverser des bombes sur le continent n’est plus le meilleur plan pour faire fortune, la nouvelle donne ne serait pas de nature à nous faire sombrer dans le désespoir, non ?
        Voir la conférence d’Annie Lacroix Riz
        Le choix de la défaite
        https://youtu.be/IU3FZlKmTQA


        • roman_garev 20 janvier 2017 15:49

          « Non seulement la pression militaire sur la Russie, comme sur la Chine sera maintenue et accentuée, mais surtout il va exiger de la Russie comme de la Chine l’ouverture totale de leurs marchés aux capitaux et aux entreprises américaines et pousser jusqu’à leurs ultimes conséquences la restauration du capital dans ces pays. »


          Faux (pour le moins, en ce qui concerne la Russie). Pour exiger quoi que ce soit de la Russie, il faut en avoir des moyens. Quels moyens possède Trump qui n’étaient déjà pas utilisés par les néocons qui dirigeaient Obama ? Et d’autre part, le marché russe est trop modeste (comparé à ceux des USA, de la Chine et de l’UE) pour que Trump y prête une attention spéciale. 
          Non, Trump aura besoin de prévenir la puissance militaire russe (dépassant de loin la chinoise) d’intervenir à l’appui de la Chine. C’est son seul but réel envers la Russie. Pour arriver à ce but il tentera, tout au contraire, de proposer à la Russie des préférences économiques et technologiques.

          • roman_garev 20 janvier 2017 16:03

            « Nul doute que dans cet objectif, il trouvera des appuis solides au sein même des fractions les plus corrompues des oligarques russes... ils tenteront à coups de réformes de frapper encore la classe ouvrière et la jeunesse, de s’attaquer plus encore aux salaires, aux retraites, aux régimes de protection sociale. »


            L’auteur, vous ne pigez ABSOLUMENT rien dans la situation actuelle dans la Russie pour craindre (ou espérer, qu’en sais-je ?) des actions quelconques de la part des oligarques russes actuels contre le peuple. Vous vous êtes trompé du pays et de l’époque, mon vieux. 

            Quant à Trotsky et ses idées maniacales sur la « révolution permanente », cherchez-les parmi les néocons. Mais ils ont déjà essuyé un écrasement parfait. Il paraît que la classe ouvrière étasunienne (si on emploie vos termes) ont déjà gagné leur lutte de cette décennie en mettant M. Trump à la présidence.

            • leypanou 21 janvier 2017 10:38

              Nul doute que dans cet objectif, il trouvera des appuis solides au sein même des fractions les plus corrompues des oligarques russes ou des bureaucrates chinois. : pas nécessairement corrompu, mais tout simplement par conviction idéologique.
              Cet article de PC Roberts/M Hudson est à ce titre intéressant à lire.


              • TSS 21 janvier 2017 18:41

                Trump veut supprimer l ,le CETA,le TAFTA et se replier sur le marché US

                 c’est bon pour nous... !!

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