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Bac philo 2021 : L’inconscient échappe-t-il à toute forme de connaissance ?

Bac philo 2021 : L'inconscient échappe-t-il à toute forme de connaissance ?

Introduction : 

Le mot "inconscient" et le mot "connaissance" semblent antinomiques. Ce qui est inconscient est ce qui échappe à la conscience et donc ce qui échappe à toute possibilité de connaissance. Mais la question, telle qu'elle est formulée suppose qu'on pourrait connaître l'inconscient, non pas directement, mais indirectement. Nous nous demanderons dans un premier temps ce qu'est l'inconscient, puis si l'on peut connaître l'inconscient et enfin quel intérêt il y a à connaître l'inconscient.

1. Qu'est-ce que l'inconscient ?

La notion d'inconscient remet en cause la conception classique d'un homme maître de lui grâce à sa conscience. L’homme serait au contraire déterminé par des forces obscures, auxquelles il ne pourrait pas avoir accès.

Pour Descartes, l'esprit s'identifiait avec la conscience, avec la pensée claire et distincte. On pouvait avoir accès, par la conscience, à tout ce qui se passe en nous, sans possibilité d'erreur.

Dès le XVIIème siècle, bien avant Freud, un contemporain de Descartes, Leibniz, a répondu à Descartes que cette conception du psychisme humain est insuffisante. Pour Leibniz, contrairement à Descartes, on ne peut pas rendre compte du psychisme, et même du comportement en général, sans reconnaître l'existence de pensées inconscientes.

On n'a pas accès à tout ce qui se passe en nous. La pensée n'est pas toujours pensée consciente : nous pensons toujours mais nous n'avons pas conscience de toutes nos pensées.

Freud élabore le concept d’un inconscient, instance à la fois psychique et distincte de la conscience, qui a ses propres structures et ses propres lois de fonctionnement et d’action.

Dans ce qu'il appelle la "topique" (représentation spatiale du psychisme humain), Freud compare l'appareil psychique à une maison à trois étages. Ces trois parties (conscient, préconscient, inconscient dans la première topique/ moi, surmoi, ça dans la seconde) se distinguent l'une de l'autre et possèdent leurs propres contenus et lois de fonctionnement, le plus souvent en conflit.

Pour Freud, l'inconscient est l'ensemble des désirs les plus primitifs, souvent sexuels, qu'ils soient refoulés ou originaires, constitutifs de tout homme. En général, on dit que ce sont des désirs refoulés (dans l'enfance) qui le constituent.

Ce qui est nouveau, c'est que l'inconscient freudien est "agissant" (il est doté d'une énergie qui le pousse vers le haut, et de résistance formée par des conflits continus), et a un contenu propre (des désirs refoulés). C'est donc une entité réelle. Le concept d'inconscient s'enrichit donc : il n'est plus seulement un réservoir de "contenus" échappant à la conscience.

Ces contenus sont dotés d'une signification, ils sont acceptables ou non par la conscience, et donc, "refoulés" par la conscience dans l'inconscient. L'inconscient a donc acquis, par rapport à la tradition classique, un sens positif : lieu psychique qui a ses contenus représentatifs spécifiques, une énergie et un fonctionnement propre. Ce n'est pas latent, mais "interdit de cité" : c'est ce que la conscience ne veut pas savoir, et cela, parce que "ça" va contre nos valeurs morales. On ne peut donc pas y accéder facilement.

2. Peut-on connaître l'inconscient ?

L'inconscient n'est pas une chose, il n'est pas de l'ordre des phénomènes directement observable. On ne peut donc pas, à proprement parler le connaître à la manière des phénomènes qu'observent des sciences comme la physique, l'astronomie ou la biologie.

L'hystérie, les lapsus, les actes manqués, les rêves, tous ces comportements qui auparavant étaient considérés soit comme banals, soit comme absurdes (donc : sans signification) sont les moyens qu'a trouvés l'inconscient pour se faire entendre, pour s'exprimer. Par là, on satisfait en quelque sorte symboliquement nos désirs réprimés.

Mais là où l'inconscient se manifeste le plus, c'est la nuit pendant le sommeil. Alors, la censure laisse se manifester les contenus inconscients, qui font surface dans les rêves.

Comme le dit Freud dans Introduction à la psychanalyse, le rêve est la voie royale qui mène à l'inconscient. "le rêve est la satisfaction inconsciente et déguisée d’un désir refoulé" : satisfaction déguisée pour que justement la conscience en laisse émerger des fragments plus ou moins nombreux et cohérents, dans lesquels elle ne reconnaît pas ce qu’elle avait d’abord refoulé.

D’où cette satisfaction au réveil : satisfaction liée au sentiment, à l'impression, d'avoir réalisé un désir, et d’avoir pu tromper la conscience.

On peut donc connaître l'inconscient en analysant nos rêves, en cherchant sous le contenu apparent, le contenu latent (caché) du rêve. 

3. Quel intérêt y a-t-il à connaître l'inconscient ?

L'enjeu est de nous inciter à réfléchir honnêtement sur la nature de nos désirs et les véritables motifs de nos pensées et de nos actions pour cesser de nous mentir à nous-mêmes. Nous devons mettre de côté notre "amour propre" et abandonner "la bonne opinion que nous tenons à avoir de nous-mêmes" pour regarder nos désirs en face, non pas pour les assouvir systématiquement au dépens des autres, comme Gygès dans le mythe de Platon, mais pour faire en sorte que nos désirs inconscients deviennent conscients. 

La connaissance de soi-même, des souvenirs refoulés dans l'inconscient, la reconnaissance des pulsions inavouables du "ça" (l'inconscient) doivent nous aider en les nommant à exorciser nos désirs en éclairant leur provenance et à nous libérer des "monstres" qui sommeillent en nous.

Freud oppose les "arguments logiques" et les "intérêts affectifs" : les arguments logiques, ce sont les raisonnements conformes à la raison, au bon sens ; les intérêts affectifs, ce sont les désirs profonds, les émotions, les sentiments.

Selon Freud, les arguments logiques ne peuvent rien contre les intérêts affectifs. Ce point de vue rejoint celui de Spinoza dans l'Ethique : la raison ne peut rien contre le désir, mais seulement un désir plus fort. La défaite de la raison face aux passions et au désir vient de l'opposition entre le "principe de réalité" et le "principe de plaisir"... Le principe de plaisir a toujours tendance à l'emporter sur le principe de réalité.

On peut vérifier la justesse de ce point de vue dans le domaine de la passion amoureuse et dans celui des passions nationalistes évoquées par Freud dans les Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort, paru en 1915, durant la première Guerre mondiale. Comme chacun sait "l'amour rend aveugle" ("le cœur a ses raisons que la raison ignore", dit Pascal) et aucun raisonnement ne peut convaincre quelqu'un "qu'il a fait le mauvais choix" s'il est profondément amoureux, car nos "choix" amoureux - on a tort de parler de "choix" quand c'est le désir qui choisit et non la raison - dépendent bien souvent d'intérêts inconscients sur lesquels les arguments logiques n'ont pas de prise.

Cette prépondérance de la vie affective sur l'intellect, le fait, comme le dit Freud que la vie intellectuelle est entièrement sous la dépendance de la vie affective justifie selon lui la pratique psychanalytique au niveau individuel pour dénouer les conflits entre le "moi" et le "ça" en aidant le patient à prendre conscience de ses motivations inconscientes. Mais Freud est également préoccupé par les "névroses collectives" comme les passions nationalistes qui sévissent autour de lui et dont il constate les effets destructeurs. A l'instar d'Emmanuel Kant dans son Projet de paix perpétuelle, Freud se demande s'il est possible d'éviter la guerre et d'empêcher les hommes de sombrer dans la barbarie.

Au cours de la cure psychanalytique, on donne le nom de résistance à tout ce qui, dans les actions et les paroles de l’analysé, s’oppose à l’accès de celui-ci à son inconscient. Par extension, Freud a parlé de résistance à la psychanalyse pour désigner une attitude d’opposition à ses découvertes en tant qu’elles révélaient les désirs inconscients et infligeaient à l’homme une « vexation psychologique » (vocabulaire de la psychanalyse).

Freud dit que les propriétés essentielles de l’inconscient sont le refoulement : opération par laquelle le sujet cherche à repousser ou à maintenir dans l’inconscient des représentations (pensées, images, souvenirs, liées à une "pulsion") et la pulsion : processus dynamique consistant dans une poussée - charge énergétique, facteur de motricité qui fait tendre l’organisme vers un but.

Il y a des conflits entre conscience et inconscient, les contenus inconscients cherchant à sortir pour reparaître à la conscience, et la conscience y oppose la force de son refus.

Jacques Lacan, disciple de Freud et principal représentant de la psychanalyse en France, insiste sur la résistance de l'analyste et parle de la résistance comme d'un refus de jouer le jeu de l'analyse. La notion de "résistance" est fondamentale dans le processus psychanalytique, avec la notion de "transfert".

La résistance et le transfert ont d'abord été perçus de manière négative par Freud lui-même car ils semblaient empêcher la cure d'avancer ; Freud a compris par la suite que ces deux phénomènes étaient inévitables car liés au fonctionnement-même de la psyché et aux rapports entre le moi et le ça et pouvaient contribuer au processus de guérison, l'obstacle pouvant se muer en instrument thérapeutique : la résistance, ainsi que la dénégation (Verneinung) ou le déni qui est une forme de résistance particulière, permet de cerner le complexe dont elle est le symptôme, au même titre que les rêves, les actes manqués et les lapsus.

Freud donne l'exemple d'un "homme intelligent" qui est sous l'emprise de la passion amoureuse ou nationaliste. L'amour est une force positive, un puissant auxiliaire au service de la vie, mais il peut aussi obscurcir notre jugement et se muer en passion destructrice. Il est bon d'aimer son pays, mais non de détester les autres. Lors du déroulement de la cure psychanalytique, l'analyste va se heurter à la "résistance" de l'inconscient (les désirs refoulés) d'un homme intelligent qui souffre d'une passion de ce genre car il ne veut pas que soit mis au jour les "vraies raisons" qu'il a d'agir et de penser comme il le fait. En effet, notre inconscient est foncièrement conservateur et n'a pas envie de changer.

Cependant, le sujet peut réussir, avec l'aide de l'analyste, à lever la résistance, au bénéfice de son intelligence et de sa faculté de comprendre, en laissant parler l'inconscient par la méthode des "associations libres", par exemple en évoquant un souvenir d'enfance ou un rêve.

La dimension éthique de la psychanalyse

Freud n'a pas fait l'apologie de l'irrationnel, et des "forces obscures" de la libido et de l'instinct de mort dont il se méfiait comme de la peste et dont il avait prédit les ravages présents et à venir.

Héritière de la "Haskala" (judaïsme des Lumières), la psychanalyse est une volonté de faire émerger le sujet, ce n'est pas une descente à la cave, mais une montée vers la lumière : "Wo Es war, soll Ich werden." ("Là où c'était, je dois advenir") : "Partout où/ Chaque fois qu'/ il était inconscient, un élément doit parvenir à la conscience du Moi. "Es ist Kulturarbeit wie die Trockenlegung der Zuydersee."... "C'est un travail de civilisation, comme l'assèchement du Zuydersee.", ajoute Freud. La connaissance de soi-même, des souvenirs refoulés dans l'inconscient, la reconnaissance des pulsions inavouables du "ça" (l'inconscient) doivent nous aider en les nommant à exorciser nos désirs en éclairant leur provenance et à nous libérer des "monstres" qui sommeillent en nous.

Conclusion :

L'inconscient n'est pas un phénomène observable. On ne peut donc pas le connaître directement à la manière des phénomènes qu'observe (ou que crée) la science dans les laboratoires. Le type d'expériences que l'on peut faire n'est pas reproductible et on a pu dire que l'inconscient ne relevait pas du savoir, mais de l'interprétation. Pourtant, des phénomènes comme les rêves les lapsus, les actes manqués montrent qu'il y a en nous une dimension cachée qui échappe à notre conscience. Connaître cette dimension cachée et agissante qui influence notre vie affective est un enjeu majeur.

 

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47 réactions à cet article    


  • Ah. Le retour de Freud. qu’en pense Michel Onfray ????


    • Il est dit qu’un rêve qui n’est pas analysé est comme une lettre qui n’est pas ouverte...Et quand l’inconscient collectif qui actuellement fonctionne majoritairement en mode déni et mouton pèse sur tout une civilisation c’est très risqué. C’est comme une lumière qui s’éteint peu à peu jusqu’à nous mener dans les zones les plus obscures du passé..... Celui qui perd la mémoire risque bien d’être confronté au MOIRES... On y échappe pas...voir le film : Malpertuis...


      • Vivre est un village Vivre est un village 25 juin 09:19

        Michel Onfray est un jouisseur de Freud qui ne veut pas avouer sa jouissance, c’est à dire qui se refuse à reconnaitre l’apport de son travail sur lui même financé par Lucien Jerphagnon https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Jerphagnon...

        Je parerais de face caché, sa face lumineuse la plus lumineuse en ce moment étant sa revue FRONTPOPULAIRE en forme d’épée pour servir, tel un preux chevalier, cette devise de La Boétie « Soyez résolu à ne plus servir et vous voilà libres » https://frontpopulaire.fr/o/Content/co359687/des-nouvelles-du-front-avec-michel-onfray-et-stephane-simon https://frontpopulaire.fr/o/MagazineArticle/ma2675/il-etait-une-fois-le-reveil-du-peuple-francais


        • @Vivre est un village oui, mais très étonnant. Onfray comme un aveu d’erreur a invité une freudienne à ses séminaires : https://www.youtube.com/watch?v=ggX6XsxMHDE&t=199s


        • Vivre est un village Vivre est un village 25 juin 14:14

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          L’hyper modernité et son atomisation narcissique a engendré un nouvel Homme, loin d’un ancrage névrotique, pas franchement psychotique : le Pervers. Qui est-il ?

          Myriam Illouz nous a fait une magnifique conférence dans le cadre de l’Université Populaire de Caen au Théâtre du Rond-Point à Paris totalement impromptue puisqu’elle s’était fiat voler son ordinateur avec le sujet qu’elle souhaitait, initialement, ,présenter...

          Demander à Myriam Illouz qu’elle travaille avec Edwy Plenel est totalement inutile, donc je ne le fais pas et je suis désabonné à Mediapart, je ne le ferai pas, non plus, directement moi même...

          A bientôt.
          Amitié.


        • Lampion Séraphin Lampion 25 juin 09:20

          Pour Freud, l’inconscient fonctionne comme le langage, on le discerne et on l’analyse avec les outils de la grammaire et la stylistique : métaphores et métonymies en particulier.

          Cela signifie-t-il que les animaux ne disposant pas de l’expression orale à double articulation n’ont pas d’inconscient ?

          Pourtant, mes chats rêvent, j’en suis sûr, et ils ne parlent pas (enfin, les miens !).


          • @Séraphin Lampion oui, les animaux rêvent : j’ai vu un jour ma chienne dormant être essoufflée est ses pattes galopaient.


          • mmbbb 26 juin 10:05

            @Séraphin Lampion si cela a ete demontre Mais Freud c est déjà dépasse , la philo est une chose et l avancee de la science notamment celle du cerveau par l imagerie médicale en est une autre .
            C est la limite de la philo lorsque cette ci touche désormais les domaines de la science Du temps de Freud , nous en etions a Charcot et le cerveau etait qu une matiere mollle 
            Les rèves servent a la « reprogrammation » de notre cerveau selon certain scientifique . 


          • il est dit que la glande pinéale active la zone des rêves. Le rêve de tout artiste surtout surréaliste est d’avoir comme une caméra qui filme ses rêves. Mais en plusieurs dimensions. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Nos rêves sont le miroir du cosmos, comme des Dieux anciens (chaque planète se réfère à la mythologie et le dieu de l’inconscient est Pluton) qui nous visitent la nuit. Pour l’avoir expérimenté, il y a des GRANDS rêves qui parfois nous ramènent des millénaires dans le passé. Nous somme bien visités ; Comme une inquiétante mais merveilleuse étrangeté. Pourquoi Onfray a-t-il « zappe » cette partie la plus importante de l’oeuvre freudienne. Un homme qui analyse ses rêves comme le fit Freud ne peut être pervers.


            • Que les mots disent bien les choses : les MOIRES. 

              Dans la mythologie grecque, les Moires (en grec ancien Μοῖραι / Moîrai) sont trois divinités du Destin : Clotho (« la Fileuse »), Lachésis (« la Répartitrice ») et Atropos (« l’Inflexible »). Elles sont associées aux cycles cosmiques, aux grandes déesses de la nature, de la végétation et de la fertilité1.

              Elles deviennent les Parques, dans la mythologie romaine. Mé (je) MOIRE. se rappelait qui nous sommes...et d’où nous venons. Je EO, EGO, EON. 


              • Les Parques (le parc à rêves) : Jacques Lacarrière (bien nommé) : « elles sont le symbole de l’évolution de l’univers, du changement nécessaire qui commande aux rythmes de la vie et qui impose l’existence et la fatalité de la mort »1.


                • Clocel Clocel 25 juin 09:37

                  Je vous propose d’autres sujets de philo, plus,,, contemporains.

                  On en est là.

                  Attention aux images, c’est du brutal...


                  • Yann Esteveny 25 juin 09:39

                    Message à Monsieur Robin Guilloux,

                    Voici les bons sujets :

                    https://twitter.com/BobbyPlato/status/1405451140410576902/photo/1

                    Respectueusement


                    • Jean Claude Massé 25 juin 09:54

                      Mais notre inconscient ne peut-il pas être manipulé par autrui ?

                      Car j’ai l’impression que notre conscient est largement inopérationnel et dans de nombreux domaines.

                      En prenant connaissance de ce texte, j’ai l’impression par exemple de trouver l’explication au phénomène qui place la consommation en vertu première à toute autre préoccupation du monde occidental.

                      Notre inconscient ne serait-il volontairement exacerbé par l’envahissement des discours néolibéraux aidés par la maitrise des techniques de communications invasives. 


                      • @Jean Claude Massé
                         oui, si on laisse la porte ouverte...


                      • Merci Monsieur Guilloux... l’essence ciel...


                        • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 25 juin 10:15

                          On ne devrait pas parler d’inconscient sans parler de conscience.
                           

                           « Il n’y a pour une conscience qu’une façon d’exister, c’est d’avoir conscience qu’elle existe. » disait Sartre

                           
                          Je pense que Sartre comme Freud et beaucoup d’autres confondent la conscience et l’esprit ou tout au moins, placent la conscience dans l’esprit. confondant la conscience et la conscience morale.

                           

                          « Nous devons faire la distinction entre la conscience et l’esprit, être ouverts à la possibilité que rien n’existe en dehors de la conscience, mais que beaucoup de choses existent en dehors de notre esprit humain. La croyance que rien n’existe en dehors d’un esprit humain limité est une forme d’ignorance que l’on nomme solipsisme. (primaire). »

                           

                          Et ce qu’on désigne par inconscient c’est la part de notre conscience qui échappe (rédhibitoirement) à notre esprit.


                          • Decouz 25 juin 10:32

                            oui il y a souvent confusion entre conscience, en tant que jugement moral (ou autre) et conscience comme être témoin de ce qui se passe en nous (sans jugement)

                            De même on confond conscience, attention, pensée.

                            La conscience du corps (prioperception) est le plus souvent non perçue, mais elle peut l’être, il n’y a pas de pensée, mais lorsque l’on est attentif au corps il y a attention.

                            On peut penser sans conscience, si on se borne à faire des raisonnement logiques dans tel ou tel ordre, mathématique, juridique.


                            • rogal 25 juin 10:45

                              « Pour Descartes, l’esprit s’identifiait avec la conscience,. avec la pensée claire et distincte. ».

                              Identifications de vous, Maître, plutôt que de Descartes.


                              • Platon : si tu avais conscience du mal que tu fais à autrui, c’est comme si tu te le faisais à toi-même. Ne pas confondre : réflexion, pensée, libre arbitre et conscience. Je pense donc je suis est une absurdité totale. Je « me » pense en tant que juge de mes actions, est plus correct.


                                • La conscience suppose un tiers(le surmoi) qui arbitre...Le surmoi peut-être archaïque et très sévère, jusqu’à bloquer la prise de conscience jusqu’au déni. C’est moi CA, non.... Evacuons. Un surmoi bienveillant est fondamental pour circuler dans la vie..


                                  • Gollum Gollum 25 juin 11:18

                                    Bonjour.

                                    Un peu dommage de ne pas évoquer les autres figures majeures de la discipline : Rank, Adler, CG Jung, Reich et bien d’autres...

                                    Votre texte donne l’impression d’une belle unanimité sur les fondements théoriques or il n’en fut rien.

                                    Le disciple qui s’est le plus éloigné de Freud fut Jung dont les bases n’ont rien à voir avec les théories freudiennes..

                                    Il ne faut pas croire non plus que Jung fut isolé et un cas à part. Il eut une descendance féconde : James Hillman, Pierre Solié, Von Franz, Barbara Hannah et bien d’autres..

                                    Je pense que cet « oubli » est inhérent à votre affiliation à l’EN qui désire faire oublier ce genre de choses.. plus ou moins inconsciemment.. cela va de soi.. smiley

                                    Je sais pertinemment que vous même êtes intéressé par Jung. Dommage que cela ne se sente pas dans ce texte.

                                    Et enfin, ne pas oublier non plus le courant transpersonnel à travers les figures de Maslow, Stan Grof, etc...

                                    La révolution psychédélique en cours eut due être évoquée aussi.


                                    • Gollum Gollum 26 juin 08:13

                                      @Christian

                                      Ken Wilber exact. Très bon auteur. Les autres je connais pas.


                                    • pemile pemile 25 juin 11:29

                                      L’inconscient échappe-t-il à toute forme de connaissance ?

                                      Ou l’iceberg de nos connaissances ne sont-elles pas plutôt majoritairement accessibles et gérées par notre inconscient et notre conscient n’en étale que qu’une confiture pour être visible ?


                                      • Vivre est un village Vivre est un village 25 juin 16:44
                                        Conclusion 

                                        Si l’on définit l’inconscient comme une simple privation de conscience, alors il semble difficile de le connaître comme on connaît d’autres phénomènes qui nous entourent. Si au contraire, on s’y intéresse comme à une force psychique ou un principe explicatif, il semble possible d’en décrire les structures et le fonctionnement objectif. Nous avons vu que d’après la théorie psychanalytique, nous avons tous un inconscient structuré à peu près de la même manière. 

                                        Cependant, nous avons également compris que le concept même d’inconscient déjouait l’opposition « Sujet / Objet » qui est à la base de la définition de la connaissance. La connaissance de l’inconscient va de pair avec la naissance d’un Sujet qui, sans pouvoir être totalement transparent à lui-même, se construit autour d’un récit psychanalytique.

                                        https://www.philomag.com/articles/corriges-du-bac-philo-filiere-generale-linconscient-echappe-t-il-toute-forme-de


                                      • pemile pemile 25 juin 17:22

                                        @Vivre est un village « Si l’on définit l’inconscient comme une simple privation de conscience »

                                        Plutôt ce qui échappe à la conscience à un instant t ?

                                        Ce qui n’a plus besoin d’être conscient ? (un pianiste qui joue sans avoir besoin d’avoir « conscience » du mouvement de chacun de ses doigts)

                                        Un geste réflexe de rattraper un objet qui tombe (auquel on tient particulièrement)

                                        « Nous avons vu que d’après la théorie psychanalytique, nous avons tous un inconscient structuré à peu près de la même manière. »

                                        A l’époque de Freud, le cerveau était une boite noire et la religion encore bien prégnante, je préfère l’étude des états modifiés de conscience (produits chimiques ou accidents, EMI, hypnose).

                                        Considérez vous l’hypnose comme une privation de conscience ?


                                      • eau-pression eau-pression 25 juin 17:44

                                        @Vivre est un village

                                        L’inconscient est partagé selon la règle : c’est celui qui dit qui l’est.


                                      • Passionnée de généalogie, il me semble que nous pourrions émettre cette hypothèse. Jehanne d’ARC, premier grand cas d’hystérie proche de Sigismond de Luxembourg. La ressemblance physique avec Freud est troublante : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sigismond_de_Luxembourg


                                        • jehanne d’ARC a rencontré Jean de Luxembourg. La légende est cocasse. Etymologie de Luxembourg (Fiat LUX : lumière) : Les origines et le nom de Luxembourg sont étroitement liés à un personnage et à un lieu. ... Aujourd’hui, la ville et le pays portent le même nom. Selon la légende le comte Sigefroi se serait uni à Mélusine, femme-poisson qui fait partie du folklore européen et qui aurait disparu dans les flots de l’Alzette.Jean de Luxembourg et l’empereur Sigismond (1410-1437) étaient donc cousins au cinquième degré.


                                          • Lampion Séraphin Lampion 25 juin 16:07

                                            En tous cas, l’inconscient n’échappe pas aux radars : quand j’ai été flashé à180, le gendarme m’a dit : « mais vous êtes complètement inconscient ! »


                                            • Albert123 25 juin 16:32

                                              a part sniffer de la coke et escroquer des bourgeoises avec des inepties encore glorifiées aujourd’hui au sein d’une éducation nationale et d’un secteur universitaire devenus de véritables usines à programmer des idiots, Freud n’a rien produit qui soit susceptible de justifier le temps encore gaspillé à son sujet.


                                              • Lampion Séraphin Lampion 25 juin 17:43

                                                @Albert123

                                                lui non, mais son neveu, oui


                                              • chantecler chantecler 25 juin 17:22

                                                Et pourtant il y a des phénomènes qui échappent à la conscience :

                                                Les rêves ,

                                                Les actes manqués.

                                                Les maladies psycho somatiques : on peut faire des ulcères ,des maladies dermato , des accidents cardiaques , etc etc ...sans cause évidente


                                                • pemile pemile 25 juin 17:28

                                                  @chantecler « Et pourtant il y a des phénomènes qui échappent à la conscience : »

                                                  Le fameux (fumeux) « on n’utilise que 10% de notre cerveau » serait plutôt : nous n’avons conscience que de 10% de l’activité de notre cerveau ?


                                                • chantecler chantecler 25 juin 17:49

                                                  @pemile
                                                   ???


                                                • Taverne Taverne 25 juin 17:26

                                                  Nos bacheliers ont eu là une question difficile.

                                                  L’inconscient ne pourrait donc se capter que par des voies accidentelles : lapsus, actes manqués, rebuts de rêve que le cerveau n’a pas eu le temps d’effacer ?

                                                  Pourtant, j’y ajouterai ma touche personnelle en disant que l’inconscient est aussi une source de créativité dans l’art et dans la poésie. La poésie que l’on compose révèle des choses que notre conscience n’aurait pas comprises toute seule. On peut donc, à mon avis (je parle d’expérience pour la poésie), appréhender l’inconscient par la création.


                                                  • pemile pemile 25 juin 17:31

                                                    @Taverne « Nos bacheliers ont eu là une question difficile. »

                                                    Parce que la notion d’inconscient est trop marquée (bornée) par la psychanalyse ?


                                                  • Taverne Taverne 25 juin 19:45

                                                    @pemile

                                                    C’est vrai. C’était un peu le piège. Il fallait parler aussi de l’art. On pouvait évoquer au minimum les surréalistes.


                                                  • Gollum Gollum 26 juin 08:16

                                                    @Taverne

                                                    l’inconscient est aussi une source de créativité dans l’art et dans la poésie.

                                                    Dans les sciences aussi. En fait, partout.


                                                  • Zolko Zolko 25 juin 18:28

                                                    mouais :

                                                     

                                                    On peut donc connaître l’inconscient en analysant nos rêves

                                                    ...

                                                    Conclusion :

                                                    L’inconscient n’est pas un phénomène observable.

                                                     

                                                    élève distrait qui ne se relit pas lui-même. La question était de savoir si l’inconscient échappe à TOUTE forme de connaissance, et vous démontrez dans votre essai qu’il existe des méthodes pour accéder en partie à la connaissance de l’inconscient, mais vous concluez que l’inconscient n’est pas observable.

                                                    Par ailleurs, toute la 3-ième partie est hors-sujet.

                                                     

                                                    Je vous met une petite moyenne 10/20 pour l’effort.


                                                    • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 juin 14:40

                                                      @Zolko

                                                      La contradiction n’est qu’apparente. On ne peut pas accéder à l’inconscient directement, on ne peut pas en effet l’observer, mais on peut y accéder indirectement par ses manifestations comme le rêve, les actes manqués ou les lapsus. La troisième partie correspondait à l’une des consignes de l’épreuve qui est de montrer l’enjeu du problème. Quel intérêt y a-t-il à réfléchir à cette question ? Je ne pense pas que ce soit hors sujet de montrer l’enjeu éthique de la psychanalyse. Je reconnais que je n’ai réfléchi qu’à la psychanalyse freudienne et qu’il y en a d’autres, mais elles reconnaissent toutes l’existence de l’inconscient. Janet, Adler, Jung, Binswanger, etc.


                                                    • pemile pemile 26 juin 14:45

                                                      @Robin Guilloux "On ne peut pas accéder à l’inconscient directement, on ne peut pas en effet l’observer, mais on peut y accéder indirectement par ses manifestations comme le rêve, les actes manqués ou les lapsus."

                                                      Les expériences d’états modifiés de conscience (EMC) ou de mort imminente (EMI) permettent aussi quelques explorations.


                                                    • Decouz 25 juin 19:02

                                                      On peut aussi parler d’une indéfinité d’états de conscience, certes sommeil, coma, anesthésie, inconscience, je ne perçois plus le corps.

                                                      Mais l’hypnose ou d’autres états modifiés laissent subsister une conscience diffuse, je suis dans un état second, mais j’ai conscience de ce qui se passe.

                                                      Dans les états modifiés sous l’emprise des drogues, tantôt la « monture » prend le dessus et la conscience disparait, tantôt le moi reprend plus ou moins les rênes.

                                                      Quant à la connaissance, dans le sens d’une connaissance objective, il y a débat, certains arrivent à penser que les processus mentaux pourraient être totalement objectivés, alors que d’autres pensent que la subjectivité et ses états peuvent être connus, mais pas par les sciences expérimentales.

                                                      Si on introduit la dimension spirituelle et que l’on passe du moi individuel au soi divin, on a d’un coté la conscience divine, absolue, et une gradation d’états, des états de conscience supérieurs (symbolisés par les anges), des états inférieurs à l’homme, mais la conscience est le fait de tous les êtres vivants, il y a seulement une différence de degrés.


                                                      • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 26 juin 08:37

                                                        @Decouz
                                                         
                                                         d’une certaine façon, votre commentaire va dans le même sens que le mien hier : même les êtres dénués de « moi » ont une conscience, par définition de la vie.
                                                         
                                                         Les gens qui croient que les robots, à force de perfectionnements, pourraient

                                                        acquérir une conscience font la confusion entre conscience morale et conscience. 
                                                         
                                                        Si l’on pouvait télécharger un cerveau sur un ordinateur, on ne pourra jamais télécharger la conscience vu qu’on ne sait pas ce qu’elle est autrement que par cette définition : elle est et demeurera le mystère de la vie. La conscience relève de la transcendance.
                                                         
                                                        Devant les prodiges de la nature, même le plus savant d’entre nous est un ignorant. celui qui prétend que la nature n’a pas pu faire cela toute seule sans un esprit créateur (le croyant) et celui qui croit que l’homme pourrait le faire (le matérialiste) sont aussi présomptueux l’un que l’autre..


                                                      • Djam Djam 25 juin 20:18

                                                        « Pourtant, des phénomènes comme les rêves les lapsus, les actes manqués montrent qu’il y a en nous une dimension cachée qui échappe à notre conscience. Connaître cette dimension cachée et agissante qui influence notre vie affective est un enjeu majeur. »

                                                        « Rêves, lapsus et actes manqués » sont de simples théories, des supputations qui n’ont jamais pu être démontrées scientifiquement. Le problème c’est que la lexique freudien à envahi les esprits des « modernes » qui n’en finissent plus d’interpréter les agissements d’autrui à la « lumière » (?) de ces théories fumeuses.


                                                        • ribouldingue ribouldingue 26 juin 01:37

                                                          Psy est un métier pas trop compliqué. Le mec roupille sur une chaise en faisant semblant de t’écouter, pendant que toi allongé sur un divan tu vas te chercher des problèmes que tu ne peux même t’imaginer qu’ils existaient.

                                                          Moi, avant je pissais au lit pendant mon sommeil complètement inconscient. Et j’avais honte ! Par contre en me réveillant le matin j’étais conscient que je ne rêvais plus puisque trempé dans mes draps.

                                                          A la longue j’en ai eu marre de payer les laveries pour laver mes draps sales.

                                                          Comme j’avais 15000 balles, j’ai pris conscience que je devais voir un psy pour régler mon problème.

                                                          Vous me croirez ou pas, le psy m’a soigné. Maintenant je pisse au lit mais je suis fier et en plus je fais des économies de laverie.

                                                          Merci freud sans toi je serai encore dans ma pisse et dans la merde.


                                                          • vesjem vesjem 26 juin 09:51

                                                            « Ce qui est inconscient est ce qui échappe à la conscience et donc ce qui échappe à toute possibilité de connaissance »

                                                            erreur ; on ne peut pas empêcher son cerveau de « fonctionner » ; ce qui veut dire que la conscience (comme le libre arbitre, d’ailleurs) n’existe pas ;

                                                            donc, le fonctionnement inconscient du cerveau « enrichit » sa connaissance inconsciente 

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