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Bases du système substituable au capitalisme ultra-libéral : première partie

 

 L’objectif recherché est de remplacer le système capitaliste ultralibéral et mondialiste, en état de mort cérébrale et en situation d’échec, qui gouverne encore l’ensemble de la planète, avant qu’il ne précipite l’humanité entière dans l’anarchie, la guerre et le chaos. Il faut mettre en place un nouveau système d’organisation de la société qui bénéficie à l’ensemble de la collectivité nationale, et dans ce cadre, il faut réformer la gouvernance et l’appareil administratif de l’état.

 

 I- LA REFORME DE L’APPAREIL ADMINISTRATIF DE L’ETAT :

 

L’appareil administratif de l’Etat souffre de maux chroniques :

 

-la bureaucratie, qui tend à créer sans cesse de nouvelles structures qui viennent se superposer aux anciennes sans jamais les supprimer entièrement, d’où l’inflation systématique des services et organigrammes et la redondance des compétences et responsabilités,

 -la complexité croissante des lois et règlements en vigueur,

- la volonté de couvrir à tout prix la responsabilité individuelle de ses agents,

-l’incapacité permanente d’établir des textes simples, courts, transparents et efficaces.

 Pour toutes ces raisons, l’administration tend, sous des prétextes douteux - comme, par exemple, assurer un meilleur contrôle ou éviter toute ambiguïté des textes - à régler le moindre détail et à ajouter des couches toujours plus complexes de règles en demandant à ses administrés de fournir et de remplir des documents justificatifs toujours plus nombreux et plus redondants.

 Cette mauvaise gouvernance provoque un gâchis énorme de ressources humaines et financières, et instaure une lourdeur de fonctionnement et une absence de réactivité, tout à fait nuisibles à l’ensemble de la société, au fonctionnement de l’économie et aux activités des entreprises.

S’y ajoute l’effet pervers et redoutable de l’existence d’une aristocratie cooptée, composée des anciens élèves de quelques grandes écoles ( ENA , Polytechnique..), qui trustent les postes de direction de la haute administration sur la base de leur appartenance aux grands corps et de leur classement de sortie, au lieu d’être nommés en fonction de leur compétence, de leur expérience, et au vu des résultats.

Ce mécanisme aristocratique est d’autant plus dangereux qu’il a institué, au bénéfice de ses participants, un système aberrant de passerelles entre le secteur privé et la haute administration permettant de multiples allers-retours, propices à la confusion et aux conflits d’intérêts.

En outre, ce système est tel que tous ces jeunes gens, incontestablement brillants, cultivés et intelligents, qui sortent de ces grandes écoles et grands corps, sont nommés, dès la fin de leurs études, ou au plus tard, 3 à 5 ans après, à des postes de responsabilité et/ou dans des cabinets ministériels, sans avoir la moindre expérience de la réalité et de la vie, leur intelligence étant supposée pallier le manque de pratique, ce qui est, bien évidemment, totalement faux.

Pire, on les retrouve aussi, catapultés à la tête de grandes entreprises ou de grandes banques, aux activités complexes et très techniques, après avoir, certes, occupé d’importantes responsabilités dans la haute administration ou dans les cabinets ministériels, mais sans avoir la moindre connaissance technique et pratique de l’activité de l’entreprise qu’ils sont censés diriger, ce qui provoque périodiquement de véritables catastrophes industrielles ( cf. exemples récents d’Areva et de Vivendi ).

 

En conséquence, il faut mettre en vigueur les réformes suivantes :

Toute création de nouvelle structure administrative et /ou d’un service doit être obligatoirement compensée par la suppression parallèle d’une autre structure et/ou d’un autre service.

A compétence identique et à volume d’activité constant, il est interdit de prévoir des ressources financières et des effectifs supplémentaires suite à la création d’une nouvelle structure et/ou d’un nouveau service.

Toute création d’un nouveau texte de loi et/ou de règlement doit être compensé par la suppression simultanée d’un texte de loi et /ou de règlement en vigueur.

Tout nouveau texte de loi et/ou de règlement doit être obligatoirement limité à 50% du volume du texte auquel il se substitue. Lorsque la loi et/ou le règlement nouveau ne remplace aucun texte en vigueur, sa taille maximale est limitée à 10 pages A4.

Avant l'adoption définitive, la rédaction des textes finals des lois et règlements est révisée et modifiée de façon à éviter l’utilisation de tout jargon juridique et technique inutile.

La refonte et la simplification du code civil, du code pénal, du code de travail et des dispositions règlementaires, fiscales et sociales sont entreprises avec l’objectif impérieux de parvenir à des textes d’une longueur maximale de 100 pages A4, par domaine considéré, dans un délai maximum de 5 ans.

La responsabilité des agents de l’Etat est renforcée. Ces agents sont habilités à décider, dans le cadre de leur fonction, les détails d’application des textes des lois et règlements non spécifiés par les textes. Leurs décisions sont exécutoires.

Leurs décisions peuvent faire l’objet sous 15 jours, de demande de réexamen par tout administré concerné auprès du niveau du supérieur hiérarchique de l’administrateur ayant pris la décision, puis peut faire l’objet de recours à l’arbitrage des tribunaux administratifs au cas où ce supérieur confirme, dans un délai de 15 jours, la décision prise par son subordonné. Les recours formulés par l’administré ne sont jamais suspensifs des décisions contestées.

Le recrutement aux postes vacants de la haute fonction administrative ( Directeur et au-delà ) est effectué chaque année, par concours spécifique, ouvert à l’ensemble des diplômés de l’enseignement supérieur, bac+5, ayant une expérience de 15 ans minimum, décomptée à, partir de la fin des études universitaires, dans une fonction publique ou privée.

 

L’ENA est supprimée. Les grands corps sont également supprimés. Les allers-retours entre la fonction publique et le secteur privé sont limités à un seul aller-retour et à une durée maximale de 10 ans.

Tout haut fonctionnaire qui exerce une fonction dans le privé pendant une période de 10 ans ou qui souhaite repartir dans le privé, après avoir déjà quitté puis réintégré l’administration, est rayé définitivement du cadre administratif de l’Etat et ses droits acquis à la retraite sont gelés à la date de son nouveau départ ou à la date anniversaire des 10 ans de son départ.

Ces dispositions sont applicables, mutatis mutandis, lorsqu’ un haut fonctionnaire exerce un mandat politique.

 


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14 réactions à cet article    


  • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 13 octobre 2020 10:24

    Et les châtiments qu’ils méritent pour en arriver là où on en est ?

    Sans châtiment, pas de renouvellement.


    • heber 13 octobre 2020 10:32

      @Daniel PIGNARD

      Personnellement , je ne m’intéresse pas à la vengeance que je considère stérile et inutile, je souhaite regarder uniquement vers l’avenir et le positif.


    • babelouest babelouest 13 octobre 2020 11:58

      @Daniel PIGNARD le châtiment est totalement inutile : il faut et il suffit d’empêcher de nuire certains, en leur enlevant TOUTE possibilité de communiquer, d’une façon ou d’une autre. C’est complètement différent, au moins dans l’esprit.


    • charlyposte charlyposte 13 octobre 2020 16:40

      @Daniel PIGNARD
      Dieu reconnaîtra les siens !!!


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 octobre 2020 10:48

      Que la bête soit ultra-libérale ou ultra-totalitaire, la bête reste la bête. Les « réformes », ce sont des cautères sur des jambes de bois.


      • Buzzcocks 13 octobre 2020 11:50

        Attention, les libéraux ne considèrent pas notre monde comme libéral. Eux parlent d’un capitalisme de connivence. La bureaucratie nationale ou européenne, est la volonté de quelques grands groupes industriels pour verrouiller tout le système. Ainsi, si vous voulez postuler à un appel d’offre, vous êtes obligés d’avoir une armée de juristes pour postuler ou être certifié de telle ou telle norme demandant des dépenses pour obtenir la certification.

        Rachida Darty est députée européenne, et avocate pour le groupe Renault. On peut penser que ce n’est pas elle qui va trop emmerder les groupes automobiles pour réduire les émissions de polluants.

        Rachida Darty est de droite, pour la libre entreprise, mais une liberté un peu controlée.


        • eddofr eddofr 13 octobre 2020 12:35

          Le capitalisme ultralibéral est une utopie qui souffre du même défaut que l’utopie communiste : elle suppose qu’aucun acteur ne cherchera a abuser d’une position dominante.

          Dans le communisme, se sont les bureaucrates qui abusent.

          Dans le capitalisme, se sont les « grandes entreprises », les bureaucrates, les actionnaires, les gangsters, les mafias, le politiciens véreux, les marchands de nuits, les fraudeurs de tous poils, ..., qui abusent.

          Le seule système qui marche, c’est la démocratie directe et transparente.

          Dans une vraie démocratie, peut importe le système économique, capitalisme ou communisme, ça marche pareil.

          Bon, après, faut vouloir vivre dans une démocratie directe et transparente (il y a tellement de cons).


          • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 octobre 2020 13:12

            @eddofr

            « Le seule système qui marche, c’est la démocratie directe et transparente.  »

            pour dire que « ça marche », il faut le justifier par des exemples et des tests de fiabilité
            alors, ça a marché où et quand ?

            rappel : la « démocratie » antique d’Athènes ne concernait ni les femmes, ni les esclaves, ni les « hommes libres » vivant dans la cité sans en être citoyens, une « démocratie » qui ressemblait à celle de la république des doges de Venise : quelques riches marchands et propriétaires se concertant pour faire fructifier leur business.


          • heber 13 octobre 2020 14:16

            @eddofr
            la démocratie directe avec 60 millions de citoyens est une illusion . Ce serait l’anarchie et la non-décision permanente


          • heber 13 octobre 2020 14:19

            @Séraphin Lampion
            C’est exact la démocratie grecque et romaine , outre qu’elles ne s’appliquaient qu’à des villes de taille réduite, ne concernait surtout qu’un minimum de citoyens , les pauvres , les ilotes( esclaves ) et les femmes n’ayant aucun droit à s’exprimer.Il s’agissait en fait de la démocratie réservée à une oligarchie cooptée et largement héréditaire.


          • eddofr eddofr 13 octobre 2020 14:28

            @Séraphin Lampion

            La démocratie (à moins qu’on veuille imaginer une démocratie mondiale et universelle, et encore, les petits hommes verts en seraient exclus) est indissociable de la citoyenneté.
            Si les étrangers ne sont pas citoyens, si les esclaves ne sont pas citoyens, si les prisonniers ne sont plus citoyens, si les femmes ne sont pas citoyens, cela ne remet pas en cause le fonctionnement de la démocratie, seulement sa portée.

            La démocratie n’est pas non plus nécessairement politique, elle ne s’applique pas non plus forcément à tous les domaines de la vie commune.

            La démocratie Athénienne est un exemple recevable de démocratie directe politique.
            Les entreprises en autogestion en sont un exemple recevable de démocratie directe économique.
            Certains couples, sont un bon exemple de démocratie directe « familiale ».

            Quand aux tentatives de démocratie directe politique « récentes » qui fonctionnent, il n’y en a pas, où alors pour des durées extrêmement courtes (toutes les velléités de démocratie directe ont été bien vite écrasée par des forces « extérieures »).


          • eddofr eddofr 13 octobre 2020 14:41

            ça c’est toi qui le dit.

            Et je te fais exactement la même réponse que m’a fait Séraphin : « Donnes des exemples de démocratie directe à 60 millions qui n’ont pas fonctionné ! » 

            La démocratie directe n’est pas nécessairement l’anarchie, et elle n’exclue pas des mécanismes de régulation ou de fluidification, tels que des « commissions », des présidents de séance (élus ou tirés au sort), des votes à majorité relative ou qualifiée, un conseil d’état chargé de juger de la constitutionalité des lois, et donc une constitution qui ne soit modifiable que par un mécanisme spécifique, plus exigeant (+ de x% ou voter 2 fois à 6 mois d’intervalle, ou autre chose), ...


          • xana 13 octobre 2020 20:00

            Il n’y a JAMAIS eu de démocratie digne de ce nom.

            Cela ne signifie pas qu’il n’y en aura jamais, mais qu’on ne peut pas donner un exemple.

            L’homme a inventé beaucoup de choses, mais il lui paraît souvent impossible de s’imaginer dans un monde vraiment démocratique. C’est juste un manque d’imagination, ou un REFUS d’imaginer quelque chose qui vous déplaît, mais qu’on n’ose pas refuser.

            Jusqu’à l’avènement d’Internet, il était illusoire que des milliers de citoyens puissent voter un texte depuis chez eux. Aujourd’hui c’est facile.

            Avant les ordinateurs, il était pratiquement impossible d’établir en quelques instants une liste de votants choisis au hasard, dans la liste des citoyens, à qui on pourrait demander leur opinion sur tel ou tel sujet. Aujourd’hui c’est très facile, et le collège des votants peut être totalement différent d’une consultation à l’autre. Ceci signifie que -à condition de le vouloir il devient impossible de connaître l’immense majorité de ceux qui voteront demain, et donc d’influer sur leur vote. C’est la fin de la corruption du moins si on le désire réellement.

            Bien entendu, on me répondra que ces citoyens pris au hasard ne sont pas compétents pour des décisions. C’est possible, mais c’est loin d’être sûr. Et puis, quel est le choix ? D’une part des citoyens peut-être peu compétents, mais qui votent selon LEUR intérêt de citoyen, ou au contraire des « représentants » élus grâce à l’argent d’on ne sait pas trop qui, probablement compétents car ce sont presque tous des avocats, mais qui défendent les intérêts de ceux qui leur ont payé leur élection, et dont le moins qu’on puisse dire est que ce ne sont pas les intérêts de peuple, mais ceux de la maffia nationale ou internationale ...

            Je crois qu’il sera nécessaire de mieux éduquer la population pour l’avenir ; mais même dans la situation actuelle le vote populaire direct est de beaucoup préférable à celui de représentants dont on ne sait pas qui ils représentent !


            • heber 14 octobre 2020 07:07

              eddofr et xana

              Dans un monde parfait, vos conceptions de la démocratie directe où tous les citoyens s’exprimeraient directement sur les problèmes importants, grâce aux nouvelles technologies, est techniquement possible et théoriquement le plus juste et le plus démocratique, c’est un fait.

              Toutefois, je crois que ce modèle est totalement illusoire car il suppose une auto-discipline, un exercice responsable  et un respect des autres qui n’existent malheureusement pas dans notre monde actuel.L’exemple de ce propre site où de nombreux participants n’ont que l’insulte et le mépris à la bouche , chaque fois qu’un interlocuteur défend une position différente de la leur , est malheureusement illustratif de cette impossibilité.

              Instituer un système de démocratie directe ,ouvert à des millions de participants, se terminerait par une anarchie et une violence incontrôlables, la lutte entre le bien( la position de chacun) et le mal ( la position des autres) se substituant au débat d’idées rationnel et respectueux des diverses opinions et de la liberté de les exprimer.

              En outre, sur le plan pratique, organiser des consultations multiples et régulières à l’échelle d’un pays de plusieurs millions d’habitants serait extrêmement coûteux et lent , ce qui paralyserait les décisions et enlèverait toute efficacité au dispositif.

              Ce qui peut fonctionner à l’échelle d’une petite communauté ou d’une petite entreprise n’est pas transposable à grande échelle, en tout cas , à mon avis.

              Je crois donc indispensable de conserver le système représentatif mais en l’encadrant par des dispositions propres à éviter les travers actuels que vous dénoncez avec raison.Ce sera l’objet d’un de mes futurs papiers.

              Cordialement, merci pour vos idées.

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