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Accueil du site > Tribune Libre > Bibracte : une erreur de localisation inexcusable et scandaleuse

Bibracte : une erreur de localisation inexcusable et scandaleuse

En Gaule, depuis longtemps, l'autorité suprême était aux Héduens (César, DBG VI, 12). Bibracte est l'oppidum qui, chez eux, a l'autorité la plus grande (DBG VII, 55). Il est l'oppidum de beaucoup le plus important et extrêmement bien pourvu (sous-entendu en ressources agricoles) (DBG I, 23). L'Héduen Eporedorix, jeune homme né de ce lieu suprême, de la maison suprême... (DBG VII, 39, traduction au plus près du texte). César installe en quartiers d'hiver - pour le ravitaillement - une légion à Chalon, une autre à Mâcon et lui même hiverne à Bibracte (DBG VII, 90) avec sa cavalerie (DBG VIII, 2). 

Le déroulement des opérations, les distances indiquées par César, la localisation ou la description des champs de bataille - à Sanvignes contre les Helvètes, à Magetobriga contre les Germains - ne permettent de situer Bibracte qu'à Mont-Saint-Vincent et certainement pas au mont Beuvray (explications détaillées dans le texte qui suit, deuxième partie)

Entre le "Doubios" (la Dheune) et l'Arar (la Saône) habite le peuple des Héduens. Leur appartiennent la citadelle/place forte de Bibracte (φρούριον) et l'agglomération commerciale/cité (πόλιν ἔχον) de Cabyllynum/Chalon, sur la Saône (Strabon, géographie, II, IV, 3, 2).

Le texte de cet auteur grec qui écrivait vers l'an 18 après J.C. ne permet pas de mettre Bibracte au mont Beuvray mais dans l'ancienne ville murée de Mont-Saint-Vincent (explications détaillées dans le texte qui suit, première partie).

I. Strabon et le malentendu des deux "Dubis"

Μεταξὺ μὲν οὖν τοῦ Δούβιος καὶ τοῦ Ἄραρος οἰκεῖ τὸ τῶν Αἰδούων ἔθνος, πόλιν ἔχον Καβυλλῖνον ἐπὶ τῷ Ἄραρι καὶ φρούριον Βίβρακτα.

Entre le Δούβιος/Doubios/la Dheune et l'Ἄραρος/l'Araros/l'Arar/la Saône, se trouve le peuple des Eduens...

Dans la page Bibracte/discussion, après m'avoir traité d'ignare, on me soutient que Strabon parle du Doubs, le même "Dubis" évoqué par César et que, de toutes façons, sur le plan étymologique, le mot Dubis n'a pas pu se transformer en Dheune. Soyons sérieux ! Tous ces soi-disant spécialistes parlent en l'air en se reférant à des traductions souvent peu fiables. En réalité, Strabon utilise le mot "Doubios" et les écrits médiévaux permettent bien de retrouver l'évolution logique du mot : de Doubios en Dubios en Dubos en Dubina en Duina en la Dheune.

Personne ne prétend que les Eduens aient pu se trouver entre la Saône et le Doubs, d'autant plus que c'était le territoire bien attesté des Séquanes. On en a donc déduit que Strabon se trompait ainsi que les auteurs dont il s'inspire, ce qui est absurde. Une erreur de cette importance de la part d'un géographe grec est inconcevable à une époque où les grandes voies de circulation de la Gaule étaient parcourues par les marchands romains depuis déjà un certain temps. Ajouter à cela qu'il faudrait, dans cette hypothèse, admettre que Strabon ait fait la même erreur pour Lyon et les Ségusiaves, c'est du délire.

 Ceci étant dit, le texte de Strabon nous dit pratiquement tout sur le carrefour fluvial qu'était alors la région chalonnaise : L'Arar vient aussi des Alpes ; il forme la limite entre les Séquanes, les Aeduens et les [Lingons] , puis reçoit le "Δοῦβιν" (Dubis/le Doubs), autre rivière navigable, descendue également de la chaîne des Alpes ; de là réunis sous le nom d'Arar, qui a prévalu, ces deux cours d'eau vont se mêler au Rhône, dont le nom prévaut à son tour, et qui poursuit son cours sur Vienne... (Strabon, géographie, IV, I, 11, extrait du site de Philippe Remacle http://remacle.org/)

A moins que cela soit dû à la négligence d'un copiste, Strabon utilise indistinctement les mots Δοῦβις, Δούβιος, Δοῦβιν pour désigner soit le Doubs, soit la Dheune.

Les marchandises reçues d'abord par l'Arar passent ensuite dans le "Δοῦβις" (Dubis/Dheune), affluent de l'Arar (la Saône) ; puis on les transporte par terre jusqu'à la Sequanas (la Brenne, l'Armançon, la Seine) dont elles descendent le cours, et ce fleuve... jusqu'à l'océan (Strabon, géographie, IV, I, 14)... sans compter qu'il y a bien 1000 stades de Lugdunum (185 km) jusqu'à cette voie Sequanas (géographie, IV, 3, 3). Tout cela, je l'ai déjà expliqué dans mon étude sur les voies de l'étain en Gaule http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/d-alesia-a-bibracte-les-85643

César confirme les deux "Dubis" de Strabon. 

Quant au texte de César, si le mot latin utilisé est bien "Dubis" il est précédé dans les manuscrits par celui de "alduas" ; je dis bien "dans les manuscrits" car dans le texte retenu, on l'a tout simplement supprimé ou mis entre parenthèse car, n'en comprenant pas le sens, on a pensé que c'était une glose rajoutée par un copiste (DBG I, 38). Sachant que "al" est une abréviation attestée pour aliter ou alter et que duas évoque le chiffre deux, deuxième ou les deux, j'en déduis , en toute logique, qu'il s'agit d'une expression équivalente à "alterutrum", l'autre des deux. Il faut donc comprendre qu'en se plaçant à la confluence de Verdun-sur-le Doubs, César voyait à l'ouest, le Dubios de Strabon, alias Dubis (Dubios/Dubos/ Dubina/Duina,la Dheune) et à l'est, l'autre des deux Dubis (le Doubs). (Voir mon croquis en bleu, en haut et à droite).

II. César et le malentendu concernant la bataille des Helvètes.

Parler de malentendu est un euphémisme. Le terme de falsification me semble plus approprié. Car c'est bien une falsification que les partisans du mont Beuvray ont commise en faisant "obliquer" les Helvètes vers Montmort où aurait eu lieu, selon eux, la bataille. Et cela, alors que César dit textuellement qu'ils ont fait demi-tour (intinere converso, DBG I, 23), littéralement : leur cheminement ayant été inversé, ce qui signifie qu'ils sont revenus sur leurs pas.

Comme tout le monde s'accorde pour dire qu'ils venaient de Sanvignes, l'honnêteté intellectuelle voudrait qu'on les ramène à Sanvignes par le même chemin. Une étape aller suivie d'une étape retour. Mais cela signifie qu'il faut localiser Bibracte dans cette direction retour, vu que les Helvètes poursuivaient César qui s'y rendait pour se ravitailler. Et en effet, les preuves abondent pour faire de Mont-Saint-Vincent la Bibracte de César. Le druide Divitiac et le vergobret Liscus étaient à Bibracte/Mt-St-Vincent lorsque César s'entretint avec eux sur l'itinétaire aller (DBG I, 16-20). Les Helvètes s'étaient arrêtés au pied d'un mont (Sanvignes), à 8000 pas du camp de César (Gourdon au pied de de Mt-St-Vincent, DBG I, 21). 8000 pas, soit 11km800, c'est la distance à vue entre la hauteur de Gourdon et le mont de Sanvignes. Autre preuve du retour des Helvètes, la répétition à l'aller et au retour de "proximus collis". Il s'agit du mouvement de terrain où César a déployé ses légions, à l'aller lors de son coup de main manqué, et au retour lors de la bataille. Autres preuves encore, la description du champ de bataille par César qui se reconnaît parfaitement à Sanvignes ainsi que l'explication de son déroulement, la localisation de la bataille de Magetobriga (DBG I, 31) à Magobrigum/Mesvres au pied du mont Beuvray... mont Beuvray/Gorgobina qui ne peut donc être la Bibracte de César. Enfin, les quartiers d'hiver de César à Bibracte/Mt-St-Vincent, en retrait et en liaison directe avec ses légions installées à Mâcon et à Chalon.  

III. Mon long combat pour une archéologie de vérité et de qualité (extraits) 

Face au refus des maisons d'édition qui se font conseiller par des archéologues en cour : sept livres publiés en auto-édition, à mes frais. 249 articles publiés sur Agoravox dont quelques-uns que j'ai envoyés, pour les informer, au ministère de la Culture, à ses services, à des représentants de la nation et à des médias.

30/10/81. Lors d'une réunion sur le site d'Alise-Sainte-Reine, je prends position pour y situer l'Alésia de César - le Monde me cite dans son édition du 11/11/81 - mais ne sont retenus ni mon explication de la bataille, ni mes mises en garde sur la localisation de Bibracte. Le Monde précise que je suis en train d'écrire un livre sur la défaite (?) des Gaulois.

3/3/94. Malgré le désir du lieutenant-colonel Mourey d’organiser une causerie à Autun, la société éduenne n’entend pas l’inviter.

10/11/95. Ma société d'histoire se désolidarise de ma démarche.

14/4/99, FR3 Bourgogne : ma thèse fait légèrement sourire au mont Beuvray, simple agitation, juge-t-on ici, d'un amateur peu averti (cf. mon interview qui a précédé celle de Vincent Guichard).

Christian Goudineau, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire des Antiquités nationales, se déchaîne dans ses ouvrages et articles contre les historiens qui ne sont pas de métier mais quand un journaliste lui demande d"exposer ses arguments, il se défile. Je cite : « Il les écarte (mes arguments) avec le bouclier de la science et l’armure de l’institution, sans se donner la peine de les réfuter. ». Jean-Philippe Mestre, Le Progrès de Lyon du 18/04/1999.

2002. On me fait passer pour un farfelu. Du désir à la réalité, il y a un fossé. Ou plutôt... des fossés, relevés par les archéologues. Aux savantes interprétations, ces derniers opposent mille faits objectifs : plans, armes... (extrait du catalogue de l’exposition de Bibracte "sur les traces de César" sous l'autorité de Vincent Guichard, actuel directeur du Centre archéologique européen du mont Beuvray). Ma polémique tient du combat d'arrière-garde.

A Wikipédia, je me fais incendier par son représentant Luscianusbeneditus. Personne dans la communauté scientifique ne me répond car personne n'a à perdre de temps avec mes absurdités... Ma lecture de Strabon est totalement arbitraire... E. Mourey et ses élucubrations... mes lubies (page Bibracte discussion http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Bibracte).

11/6/2013. Au député Christophe Siruge qui l'interroge sur le bien-fondé de la localisation de l'oppidum de Bibracte au mont Beuvray, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, répond, en langue de bois, que les questionnements relatifs à la stricte identification de Bibracte au site du Mont Beuvray s'avèrent d'un intérêt accessoire.

Au mont Beuvray, le site internet de Vincent Guichard proclame toujours sans état d'âme qu'il est la capitale éduenne.

On ment au peuple en toute connaissance de cause.

E.Mourey, 9 juillet 2013


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18 réactions à cet article    


  • Emile Mourey Emile Mourey 9 juillet 2013 15:10

    @ durae.leges.sed.leges

    Ave ! Aurelie Filippetti quaestio est.
    Mons Beuvray Gorgobina est.
    Mons Sanctus Vincentius Bibracte est.
    Augustodunum est Autun et Bibracte (en français et en latin).
    Quae sunt Caesaris Caesari.



    • non666 non666 9 juillet 2013 16:20

      Il est tétu, le gueux !

      Le problème , mimile, c’est que t’es encore vivant.

      Dès que tu sera mort, un archéologue officiel reprendra ta thèse et « inventera » ton argumentation dans les manuels d’archéologie moderne.

      Mais vous comprenez bien, mon bon monsieur qu’on ne peut pas laisser un amateur avoir raison contre l’oligarchie sans risque de remise en cause de l’autorité en general.

      Or en ce moment, il est urgent de garder la population sous contrôle, soumise, et de maintenir l’illusion que ceux qui sont situés aux commandes savent ce qu’ils font et le font bien. 

      A ton décès, histoire de se dedouaner, un ou deux officiels citeront tes travaux « d’amateur » et mettant en surbrillances tes erreurs et en s’attribuants le reste....

      Je voulais juste te remonter le moral !


      • nenyazor 9 juillet 2013 20:38

        Et si Emile Mourrey se trompait ? Une hypothèse saugrenue vu que le premier venu à forcément raison contre l’oligarchie...

        Il a de bonnes intentions, mais ses méthodes de travail et son argumentation sont tellement mauvaises que ses résultats ne sont même pas à étudier :
        - prendre le résultat que l’on veut obtenir pour ensuite chercher une argumentation qui y conduit en tordant les sources
        - se baser sur des articles de presse régionale non spécialisée (donc réalisé par des gens qui n’y comprennent rien à l’archéologie)
        - bien d’autres mais ces 2 la suffisent bien


      • Emile Mourey Emile Mourey 9 juillet 2013 21:13

        @ nenyazor

        Pourquoi compliquer quand c’est simple ?
        Les premiers textes qui nous parlent de Bibracte sont Strabon et César. Ce sont Strabon et César qui vous indiquent l’emplacement de Bibracte, ce n’est pas Emile Mourey.

      • non666 non666 10 juillet 2013 11:40

        Oh , jolie inversion !

        Ce serait donc nous qui serions de mauvaises foi car, systématiquement opposé à l’ordre établi ?

        Agoravox, repaire d’anarchiste dont le colonel Mourey serait le representant le plus evident.

        Des militaires indisciplinés et factieux donc....

        Ah, ah, ah, quel humour !

        Bon, je connais pas le sujet mais moi, j’avais lu la guerre des gaules...en français.

        Avec Google earth ou le site d l’IGN on a accès a moult vision des trajets possibles.

        Si une vision alternative se propose , comme celle de mimile , et semble plus pertinente que la VO, on regarde, on ecoute et éventuellement on taquine le mimile pour enrichir le débat et le forcer a améliorer sa proposition.

        Un fait demeure : sur ce sujet là comme sur beaucoup d’autres, la VO n’est pas satisfaisante...

        même si sa thèse s’avère fausse in fine, il aura par son travail au moins éliminé une fausse piste.

        La VO, elle stagne sur ses erreurs depuis des decennies 


      • Emile Mourey Emile Mourey 9 juillet 2013 17:23

        @non666

        Bon commentaire. Le moral, ça va ; je fais les foins ; tracteur Pony Massey Harris de 1957. il fait un temps superbe.

        • Antenor Antenor 9 juillet 2013 19:00

          En admettant que Bibracte soit au Mont-Saint-Vincent, est-ce qu’on on ne pourrait pas plus simplement placer la bataille entre Romains et Helvètes du côté du Val de Saône ? Jully-les-Buxy est par exemple située à 26 km de Mont-Saint-Vincent soit exactement la distance (18 pas) qui sépare Bibracte du camp de César le matin de la bataille (D.B.G. I-XXXIIII).

          Je sais bien que tous les toponymes proches de Julius ne signifient pas forcément que César soit passé par là mais dans le cas présent, la coïncidence entre le nom et la distance méritent qu’on se pose la question. Il y a bien un « Julhat » au pied du Crest.


          • diverna diverna 9 juillet 2013 23:18

            J’ai une suggestion : vous avez besoin de vous faire (re)connaître et je pense que vos lectures des textes anciens et des cartes vous place en très bonne position pour proposer une lecture de la carte de Peutinger. Je sais, vous pouvez réagir en disant : quel rapport avec mes Eduens ?

            Je suis convaincu par vos liens entre la réalité du terrain (militaire ou administratif) et la lecture des textes anciens. Je me considère donc comme un « fan » ’si vous aviez un compte twitter ou facebook !
            Reste que je ne vous suis pas quand vous déclarez que c’est Héraclès qui a fondé telle ville (je n’ai pas gardé la référence mais c’est le genre de propos qui, j’en suis sûr, vous dévalorise (même si vous deviez avoir aussi raison (!) car il n’y a rien de solide pour soutenir de tels propos).


            • Emile Mourey Emile Mourey 10 juillet 2013 08:12

              @Diverna

              Concernant la carte de Peutinger, j’en ai fait un décryptage détaillé pour la Gaule et la Palestine. Cela fait l’objet d’une étude que j’ai faite dans les années 80 mais que je n’ai pas publiée pour la simple raison que j’y place Bibracte et Gergovie sur leurs véritables sites et que mes adversaires en profiteront pour dire que je triture la carte pour accréditer mes thèses. Mais vous avez raison, je pourrais la publier sur mon site internet www.bibracte.com.
              Concernant les fondations par Héraklès, notamment d’Alésia (Bibracte/Mt-St-Vincent), c’est Diodore de Sicile qui le dit, mais je suis bien d’accord qu’il s’agit de la vision qu’a Diodore de l’Histoire. J’ai même écrit un article où je montrais que le horst de Mont-Saint-Vincent a pu être la position centrale et retranchée d’un pagus néolithique.

            • octavien octavien 9 juillet 2013 23:46

              Monsieur Mourey

              il y a une chose que je ne comprend pas vous décrétez que Strabon a été d’une précision incroyable sur l’identification d’une ou deux rivière du centre de la Gaule (d’une Gaule où il n’a jamais mis les pieds).
              De ce fait on doit lui faire une confiance aveugle à Strabon ainsi qu’a votre interprétation de Strabon qui selon vous est précis au point de distinguer deux petites rivières du centre de la Gaule.
              Mais comment expliquer vous que Strabon ce soit horriblement planté sur l’orientation des Pyrénées. une orientation qui est quand même pas dure à trouver sur une route commerciale connu depuis bien des siècles et dans une région qui est en partie une province romaine depuis le milieu du II siècle av JC, la province de transalpine comprend la cité de Tolosa et de Tolosa au Pyrénées il n’y a pas très loin en distance (je peux en témoigner étant moi-même de la région).
              Donc arriver là votre construction s’effondre car il y a une loi d’airain en histoire (la seule) : il ne faut jamais se fier aveuglément aux sources qu’elles soient littéraires, artistiques, juridiques, archéologiques ou même de documents d’archives.


              • Emile Mourey Emile Mourey 10 juillet 2013 08:47

                @ Octavien

                Il est certain que Strabon est un compilateur mais quant à dire qu’il n’a jamais mis les pieds en Gaule, on ne peut pas l’affirmer.
                La description de Strabon est relativement précise en ce qui concerne les itinéraires fréquentés notamment par les marchands et, en particulier, les voies fluviales mais dans leurs tronçons parcourus. Quant à l’orientation des chaînes montagneuses, seul un oiseau pouvait s’en rendre compte à cette époque ; ou alors, concernant les Pyrénées, il aurait fallu qu’exista une route longeant la chaîne pour s’en rendre compte. Tout montre qu’à cette époque, la confusion régnait quant à l’orientation et pas seulement chez Strabon. Les relevés de Ptomélée sont difficilement exploitables. Seule l’étoile polaire servait de référence dans les déplacements. Voyez la carte de Peutinger, plusieurs siècles après Strabon, et la représentation encore très imparfaite des continents, des montagnes et des fleuves.

              • Le chardon Le chardon 10 juillet 2013 15:33

                Vous exagérez, pour comprendre l’orientation d’une chaine de montagne, il n’y a pas besoin de moyens techniques modernes. Les anciens n’étaient pas tous des abrutis. Les grecs anciens savaient calculer la circonférence de la terre à partir de l’ombre d’un gnomon, alors prétendre qu’ils n’étaient pas fichus de dire si une chaine montagneuse allait d’est en Ouest ou du Nord au Sud... C’est un peu gros.


              • octavien octavien 10 juillet 2013 21:32

                voilà qui est assez pratique comme raisonnement : les grecs, les romains et les habitants du coin sont incapables de faire la différence entre une orientation Nord Sud et une orientation Est Ouest (c’est l’erreur de Strabon sur les Pyrénées, pas mince comme erreur !!!!) mais Strabon ne se trompe pas sur deux petites rivières du centre de la Gaule en compilant des textes antérieurs et donc en ne faisant pas les relevés lui-même.

                or qui dit compilation dit augmentation des marges d’erreurs avec les problèmes de copie et de compréhension de la part d’un compilateur qui ne connaît pas vraiment les régions qu’il décrit.

                Pour résumé ce cas est l’illustration de votre méthode pour construire vos théories, je devrai dire votre non méthode qui consiste à prendre ce qui vous arrange dans les sources antiques à le décréter incontestable sans avoir de recul vis à vis de cette source puis quand ces même source vous mettent en difficulté vous trouvez un biais pour les ignorer.

                n’allez pas chercher plus loin la raison qui fait que tout le monde vous ignore pas de complot pas de mépris de la part d’une technostructure bureaucratique et malveillante simplement vos théories ne reposent que sur le « ça fais joli comme ça »

                ces théories sont au final très rigolote à lire (vos développements sur les Atlantes du massif central sont un grand morceau de bravoure) mais historiquement ce ne sont que des réveries.


              • Abou Antoun Abou Antoun 10 juillet 2013 11:22

                @l’Auteur,
                Honnêtement, Emile, je n’y connais rien en archéologie et puis la position de Bibracte je m’en fous un peu, beaucoup.
                Mais j’admire votre détermination, votre ténacité. J’aime bien les gens comme vous qui ne lâchent pas le morceau. et ceux qui lisent le grec et le latin plus encore. Alors je vous apporte mon soutien moral. En espérant que vous ayez raison, de toutes façons tenez bon !


                • soi même 10 juillet 2013 11:40

                  Bonjour Émile, bien sur que l’on ment, le site Alésais a été décrété pas des instances du II Empires qui cherchait un lieux historique pour concrétise l’élan romantique de se retrouver ses racines près romaine.
                  Le site a été choisie en raison de vestige pré romain qui avait été trouver et aussi pour la ligne de chemin de fer qui fessait partie de se choix géographique.
                  Et comme cette affaire, c’est révéler juteuse sommant et trébuchant, il est évident que ce lieux ne va pas être changer par des trublions en queste de véracité historique.

                  Comme disait Voltaire, l’Histoire est une fable convenue , et le 19 siècles a été riche en récriture historique, et faire le trie entre le bon grain et l’ivraie n’est pas une tache facile, surtout que ce qui sont les officielles de la mémoires se sont des entêtes qui se remet pas facilement en causse.

                  Ces dit, est il si important de revenir sur cette erreur, à lors qu’il y a d’autre plus infiniment grave ?


                  • Emile Mourey Emile Mourey 10 juillet 2013 12:57

                    A tous

                    Merci pour vos encouragements.
                    J’ai demandé à Luscianusbeneditus, le professeur qui m’incendie depuis des années sur la page discussion de Wikipédia, de venir débattre et de me contredire.

                    Cette affaire est importante à plus d’un titre.

                    Elle met en évidence le fonctionnement de l’Etat, les non réponses ou réponses langue de bois d’une ministre aux citoyens qui lui posent une question par la voie démocratique d’un député... mensonge caractérisé. Qu’on se rappelle que le peuple de Paris a coupé la tête de son roi parce qu’il avait l’impression d’avoir été trompé.

                    Mais aussi sur le plan de l’Histoire. Je suis en train de lire le livre que m’a conseillé Luscianus, le borgne. Augustodunum y devient une colonie latine fondée par l’empereur Auguste dès le début de notre ère, et par voie de conséquence, l’image d’une Gaule romanisée avec sa misérable ruine dite basilicale, mise au jour sur le mont pelé du Beuvray. Le problème est que l’Augustodunum du rhéteur gaulois Eumène n’est pas Autun mais Mont-Saint-Vincent, l’antique Bibracte, et que la colonie évoquée est Autun, une fondation éduenne, avant qu’elle ne soit littéralement reconstruite en grand par Constance-Chlore au début du IVème siècle. Ce livre repose donc, au départ, sur une erreur monumentale. Il est soutenu par la Sorbonne que protège le roi de France. C’est la suite de la soi-disant révolution Goudineau, archéologue auteur d’un roman sur Autun.

                    • soi même 10 juillet 2013 13:09

                      @ Emile, vous décrivez bien ce qu’à été la construction de l’histoire par des d’auteurs romantiques Français, à mes yeux le seul qui sort un peut du lot est Prosper Mérimée qui par sa fonction, en 1834 d’inspecteur général des Monuments historiques, à aidée à prendre conscience en France qu’il avait des Chef-d’œuvre architectural à préserver.


                      • REFLEX 10 juillet 2013 14:51

                        à l’auteur
                        Merci de permettre la remise en cause de la pensée unique ! Bibracte — Gergovie, même combat.
                        Gergovie situé à Merdogne représente une vitrine, pardon, un fonds de commerce pour La Roche Blanche,dont dépend Merdogne, avec , pas très éloigné, l’appui de l’ancien Président VGE.
                        les Cotes de Clermont Fd, soutenues par le Pr Eychard, ont rendu beaucoup plus d’éléments probants que Merdogne, mais les fouilles n’ont pas pu être poursuivies ( interdiction...)
                        M. Eychard n’est plus là pour défendre sa théorie, mais ce que l’on peut dire, c’est que les traductions (plutôt trahisons) du texte de La Guerre Des Gaules ne sont pas forcément acceptables, et on a bien l’impression qu’il ya parfois adaptation de la traduction en fonction du lieu dont on veut imposer qu’il soit le site réel de la Bataille de Gergovie.
                        Alors, comme Bibracte, on ne peut pas encore à ce jour savoir que penser ? Merci à vous de poursuivre dans vos recherches,
                         et comme dirait Caton s’il vivait aujourd’hui, « delenda pensée unique »

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