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Accueil du site > Tribune Libre > Catalogne, et si… ?

Catalogne, et si… ?

Aux dernières nouvelles, après que Manolo Rajoy, Premier Ministre d'Espagne, ait demandé, ce matin, à Carles Puidgemont que ce dernier détermine exactement sa position face à sa déclaration d'indépendance dont il a immédiatement suspendu ses effets, le Gouvernement espagnol a démarré la procédure d'application de l'article 155 de la constitution, impliquant la mise sous tutelle de la Generalidad Catalana, supprimant temporairement son autonomie. Cette réaction était absolument inévitable du point de vue du droit et les séparatistes en étaient aussi totalement informés. Sachant cela, les séparatistes savaient également que la farce du referendum illégal et de la déclaration d'indépendance aboutirait à cette situation... Pourquoi dans ce cas s'être embarqué dans cette impasse ?

Il faut replonger dans l'histoire de l'Espagne pour comprendre l'antagonisme qui règne entre le pouvoir central et la Catalogne. L'Espagne est constituée, depuis sa constitution de 1978, de dix-sept provinces autonomes, chacune gérée par un gouvernement et un parlement local, sous couvert d'un gouvernement fédéral central à Madrid, un peu à l'image des États-Unis d'Amérique. Chaque région bénéficie d'une large liberté en terme d'organisation locale, culturelle, politique, économique et même linguistique, à l'instar de la Catalogne, justement, qui impose le Catalan comme seule langue officielle, même au sein des administrations de la région, et qui dispose même du privilège de différencier sa propre police, constituée dans un corps particulier, les "Mossos d'Esquadra" .

Le désir d'indépendance de la Catalogne remonte très loin dans l'histoire de la péninsule ibérique, au moins à l'époque de l'éclatement du royaume d'Aragon, durant la "reconquista", dont elle n'était qu'un simple compté, elle aurait à cette époque escompté devenir à son tour un royaume à part entière. Or, ce qui peu à peu est devenu le royaume d'Espagne, sans entrer dans les détails, n'a pas consenti cette indépendance régionale, compte tenu également des accord conclus avec la France à cette époque. Ce volet pseudo historique n'est qu'un petit survol pour expliquer que le "problème Catalan" n'est pas né d'hier et qu'il encombre depuis longue date tous les pouvoirs qui se sont succédés depuis.

Officiellement, pour compenser la "frustration" Catalane de cette "non indépendance", les gouvernements successifs ont su faire preuve d'une grande bienveillance, accordant à cette région beaucoup plus de privilèges que pour d'autres. Officieusement, il est également bon de souligner que, par jeux politiques, certains politiques ont aussi accordé des privilèges à un électorat Catalan très utile pour accéder au pouvoir… Mais là n'est pas le sujet. Bref, depuis des décades, la Catalogne est effectivement privilégiée et dispose de tous les moyens de pression pour obtenir quasiment tout droit et liberté désiré, alors, que demander de plus, sachant que, une Catalogne indépendante, surendettée et non reconnue par les autres nations n'a pas grand espoir de prospérer sereinement ?

Or, aujourd'hui, que peut-on constater ? Que sur un coup de bluff, perdu d'avance, le nouveau Président de la province de Catalogne, Carles Puidgemont, fait voler en éclat tous les acquis ancestraux de cette région, en a fait fuir les grands acteurs économiques locaux qui ont préféré délocaliser leurs activités dans les régions voisines, déclencher la seule réaction légale en pareil cas, à savoir l'article 155 de la constitution espagnole qui, de plein droit, autorise le gouvernement central de mettre la région belligérante sous tutelle intégrale et risquer lui même les affres de la justice pouvant aller jusqu'à une incarcération de très longue durée pour rébellion. Ce "suicide" politique ne paraît-il pas surprenant ?

Avant d'aller plus loin, il est bon de rappeler le contexte de l'Espagne contemporaine et surtout, depuis les dix dernières années. Exemplaire durant des décennies, aux yeux de l'Union Européenne, pour son miracle économique et son taux de croissance extraordinaire, l'Espagne s'est brutalement réveillée en 2007 quand la bulle immobilière frelatée, interconnectée étroitement avec l'économie étasunienne, a fini par crever, laissant un pays face à une dette monstre et une déflation titanesque, générant de vrais bouleversements sociétaux avec un taux de chômage avoisinant les vingt pour cent. Les diverses enquêtes qui s'en suivirent pour trouver et punir les responsables de cette situation ont de fait révélé la trame d'une corruption généralisée sur tout le pays, et la justice a entrepris une véritable opération "mains-propres" qui a immédiatement touché des acteurs et partis politiques plus renommés les uns que les autres.

Pour ceux qui auraient un peu suivi les actualités espagnoles, les cas "Gürtel", "Bigote", "Rumasa", "Barcenas", "Pujol", "Urdangarin", "Caixa Catalunya", "Tarjetas Black" et une soixantaine d'autres cas de corruption en cours d'instruction devant les instances judiciaires du pays (http://www.eldiario.es/politica/corrupcion-Irene-Montero-afeado-PP_0_654084870.html) leur seront très familiers. Ce qu'il faut aussi observer, c'est que ces cas ont tous des points communs, l'un par le fait que les mis-en-causes soient majoritairement des affiliés du PP (Partido Popular) dont l'actuel Premier Ministre Manolo Rajoy est issu, l'autre, chacun de ces cas de corruption a une connexion, au moins, avec la Catalogne. De là à dire que cette région est un véritable nid de corrompus, non, mais la coïncidence est toutefois étonnante. Bref, de l'opinion publique espagnole qui l'exprime elle-même dans nombreuses manifestations régulière, l'Espagne est un pays corrompu.

Après cet aparté, revenons donc au "suicide politique" de Puidgemont et voyons ensemble quelles en auraient pu être les raisons. La première théorie, c'est simplement l'acte d'un indépendantiste forcené, immature, irresponsable, entraîné presque malgré lui dans un mouvement de type "baroud d'honneur" qui pourrait faire de lui, dans certains milieux militants radicaux, le héros qui osa braver le pouvoir envers et contre tous. Certes, ça peut coller quand on survole la biographie du personnage (http://www.francetvinfo.fr/monde/espagne/referendum-en-catalogne/coupe-de-beatle-fausse-carte-d-identite-et-game-of-thrones-qui-est-carles-puigdemont-l-independantiste-catalan-jusqu-au-boutiste_2405949.html). Ceci dit, il n'est toutefois pas allé au bout de ce qui aurait pu être ce type de délire "superhéroïque" en ayant très vite fait marche arrière après avoir déclaré l'indépendance de la Catalogne "du bout des lèvres".

Pour creuser un peu plus donc, osons la question de savoir à qui profiterait alors cette sécession improbable. De tous ces corrompus que j'évoque plus haut, Pujol, premier président de la Catalogne entre 1980 et 2003, et sa famille, règnent en maîtres sur la Catalogne depuis l'après-guerre civile espagnole. En gros, c'est l'éminence grise de tous les politiques qui se sont succédés à la présidence de la région et s'est outrageusement enrichi sur le dos du denier public en ayant su rester impuni. (https://www.courrierinternational.com/une/2014/12/17/affaire-pujol-cinq-membres-de-la-famille-mis-en-examen) Mais, s'il avait réussi à soudoyer les acteurs judiciaires Catalans jusqu'à présent, Il n'en va pas de même avec l'appareil judiciaire central qui s'occupe actuellement de son cas. Or, Pujol et associés ont tous les moyens, par le chantage et par les finances d'avoir pu fomenter cet espèce de coup d'état, sachant qu'une fois la Catalogne indépendante, la justice de Madrid ne pourrait plus rien contre eux.

La troisième théorie est que, finalement, les frasques de Puidgemont bénéficient directement le gouvernement espagnol, Manolo Rajoy et le PP. En effet, on pourrait aisément imaginer que le fardeau Catalan pesant depuis trop longtemps sur le pouvoir et toutes les manigances politiques du pays, certains aient pu envoyer Puidgememont tel un cheval de Troyes, (contre rémunération et/ou avantages en nature) chargé de provoquer les conditions pour la mise en œuvre de l'article 155 qui débarrasse définitivement l'Espagne de la menace indépendantiste par la mise sous tutelle de toute la région et le retour de la stabilité, faisant de Rajoy, pour le coup, le véritable héro lui assurant sa prochaine réélection à la Présidence du gouvernement.

Bon, cette approche vaut ce qu'elle vaut au plan théorique, j'en conviens... Cependant, ce qu'il faut retenir de cette aventure, c'est que le Ché était bien unique et personne ne pourra le remplacer, même pas Puidgemont, que ceux qui ont voulu voir la Catalogne tel un exemple de libération du peuple se sont foutu le doigt dans l’œil, d'autant que se libérer de l'Espagne pour rester sous le joug de l'UE, je ne vois pas trop l'intérêt et que, pour finir, les problèmes de mes voisins ne me regardent pas et que j'aurais dû balayer devant ma parte avant d'avoir prétendu une pseudo analyse géopolitique, domaine dans lequel je ne suis titulaire d'aucun diplôme… Sur ce, Viva España !


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67 réactions à cet article    


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 octobre 20:07

    Article intéressant, qui nous change des habituelles jérémiades des néo cons, qui trouvent très bien le referendum en Catalogne, au Kosovo ou au Soudan.
    Mais pas bien du tout celui de Crimée....


    Une autre hypothèse, c’est que tout ce cirque a pour but de créer une telle crise institutionnelle, que Bruxelles va servir de médiateur. Pour faire quoi ? Sans doute pour pousser Madrid à accorder l’indépendance à la Catalogne. Rajoy va-t-il laisser démanteler l’Espagne ? La suite nous le dira.

    Les médias font silence sur « les euro-régions à taille européenne » . Politiques et médias nous racontent une fable sur les économies ainsi réalisées, alors que chaque étape de décentralisation a coûté plus cher que la précédente !

    Les euro-régions poursuivent l’objectif d’une Europe fédérale, (donc politique et pas seulement économique), depuis le Congrès européen de la Haye en 1948.
    A terme , les euro-régions à taille européenne, doivent faire disparaître les Etats Nations, et passer sous la coupe directe de Bruxelles. La Catalogne quitterait alors l’ Espagne pour se soumettre à la gestion directe de Bruxelles. Indépendance en trompe l’oeil !

    Le seul Parti politique qui explique les euro-régions depuis 2013, c’est l’ UPR.

    Les euro-régions peuvent être un découpage d’un pays souverain, ( c’est ce qu’ a fait Hollande avec son redécoupage en 13 régions à taille européenne).


    Mais elles peuvent être aussi, à cheval sur les frontières. Territoires transfrontaliers, appelés « GECT ». C’est le cas de « la Région Languedoc- Catalogne ».

    Le Groupement européen de coopération territoriale Pyrénées-Méditerranée

    "L’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée est créée le 29 octobre 2004 entre l’Aragon, la Catalogne, les Îles Baléares, le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. En mai 2006, l’Aragon a suspendu sa participation. Des structures aragonaises continuent cependant à participer à certains réseaux euro régionaux de la société civile.

    Depuis août 2009, le GECT Pyrénées-Méditerranée, nouvel instrument juridique doté d’une personnalité propre, aide l’Eurorégion à poursuivre ses objectifs, en particulier la coopération transfrontalière, transnationale et inter-régionale et la cohésion économique, sociale, et territoriale."( ...)


    Pareil pour la Région Aquitaine - Pays Basque espagnol.

    • Philippe MEONI Philippe MEONI 11 octobre 21:00

      @Fifi Brind_acier

      Bonsoir et merci pour votre commentaire. Pour annoncer la couleur, je suis moi-même adhérent de l’UPR depuis 2014 suite à la superbe démonstration de François Asselineau du piège qui s’est refermé sur les nations européennes. 
      J’ai volontairement occulté l’aspect européen de l’équation que je propose dans mon article pour la simple raison que, pour le moment, l’UE s’est volontairement abstenue d’un soutien ostensible envers les desiderata indépendantistes de la Catalogne, probablement pour ne pas trop dévoiler le sombre dessein que Bruxelles destine à nos pays.
      Du reste, j’ai encore beaucoup de difficultés à cerner si, dans la finalité, l’UE considérera chaque région telles des mini-nations indépendantes individuelles directement rattachées à un pouvoir central européen ou si es région resteront malgré tout sous tutelle du pays d’origine.
      C’est d’ailleurs ce qui me laisse un peu dubitatif voyant le comportement de Rajoy, qui semble ferme sur le fait que l’Espagne doit conserver son intégrité territoriale et ses frontières géographiques, ce qui irait à l’encontre de la stratégie européenne. Avez vous un avis sur le sujet ?

    • McGurk McGurk 12 octobre 01:18

      @Fifi Brind_acier

      * « Les euro-régions poursuivent l’objectif d’une Europe fédérale, (donc politique et pas seulement économique) »

      Si cela suit l’exemple de la Catalogne, ce sera à but ethnique. Exactement comme en Russie...


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 05:50

      @McGurk
      Bonjour, il suffit de lire l’article 4 des GOPé, la feuille de route de la Commission européenne. Il ne s’agit plus seulement de directives économiques mais de directives politiques.


      Hollande y a répondu en bidouillant « 13 régions à taille européenne » et Macron en coupant les financements aux Communes et aux Départements, pour qu’ils crèvent plus vite !

      Que demande Bruxelles dans l’ article 4 des GOPé ?
      « Simplifier les échelons administratifs ». Traduction de l’ UPR :

      "Voilà l’une des motivations avancées par les pouvoirs publics pour adopter une nouvelle loi de décentralisation.

      Il faut pourtant noter qu’aucune des lois précédentes de décentralisation n’a apporté d’économies substantielles. Bien au contraire, les coûts des collectivités locales ont généralement eu tendance à exploser [9].

      Cette injonction de réduction des échelons administratifs témoigne donc, non seulement que la République française n’existe plus comme État souverain et indépendant, mais aussi qu’en dépit de leur nom, les GOPÉ ont aussi des visées géopolitiques. Ce qu’elles visent, ce ne sont pas seulement des économies budgétaires, c’est aussi, et ni plus ni moins, que le démantèlement des grands États nations d’Europe, au premier rang desquels la France, avec des grandes régions qui traiteront directement avec Bruxelles [10].

      En fidèle employé de l’oligarchie euro-atlantiste, François Hollande parle d’ailleurs lui-même de « régions à taille européenne » [11].


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 06:59

      @McGurk
      La Charte européenne des langues minoritaires qui sert, soit disant, à justifier et à définir « les malheureux peuples colonisés - par les méchants Etats colonisateurs - et - impérialistes », est copiée sur la carte de l’ Europe des ethnies d’Hitler.


      Toutes les structures pour une Europe des euro-régions sont déjà en place.

      - La Charte européenne des langues minoritaires.

      - Le Comité européen des régions

      - Les territoires transfrontaliers. Les CEGT.
       Ils le disent clairement : « C’est pour effacer les frontières ! »


      Les séparatistes nous prennent pour des truffes, en parlant d’Impérialisme des Etats à leur égard. Ils ont inventé de toutes pièces un discours de victime.
      Ils bénéficient des mêmes droits que tous les autres citoyens.
      Les régions les plus riches payent pour les régions les plus pauvres, comme la Corse.
      Et personne ne les empêche d’être bilingues ou trilingues !
      Leur discours victimaire est aussi faux qu’indécent.

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 08:01

      @Philippe MEONI
      Vous auriez le temps de venir commenter sur Agoravox ?


    • Philippe MEONI Philippe MEONI 12 octobre 10:04

      @Fifi Brind_acier, @McGurk Bonjour

      Merci avant tout d’avoir pris le temps, dans vos commentaires, de publier les liens relatifs à la stratégie de l’UE. Effectivement, on voit clairement se dessiner peu à peu le plan d’une europe fédérale, c’est incontestable. 
      Ce qui me pose question, au sujet de « l’affaire Catalane », comme le rappelle BA dans les commentaires qui suivent, c’est que La Commission européenne vient de prendre position : elle est pour le maintien de l’unité de l’Espagne. Elle est contre l’indépendance de la Catalogne.
      Du reste, Rajoy et Sanchez (chef du PSOE, l’opposition socialiste) se sont mis d’accord pour réformer la constitution dans un délai de six mois pour recadrer le champs de l’autonomie des régions.
      Dans ces conditions contradictoires, j’avoue que j’ai de plus en plus de difficultés à comprendre la situation globale...

    • McGurk McGurk 12 octobre 12:51

      @Philippe MEONI

      L’UE est comme l’ONU. On croit, à tort, que c’est une institution « partiale » comme est censée être la justice, mais en vérité le seul critère qui prévaut c’est « la loi du plus fort ».

      Lorsque l’ONU s’en est pris aux USA, ceux-ci les ont menacés de se retirer et de supprimer leur important financement. Curieusement après ça, la polémique s’est tue d’un coup.

      Idem pour l’UE : Les lois européennes encadrent nos lois de telle manière que la marge de manœuvre, déjà pas grande (même principe pour la politique), est extrêmement restreinte. Par contre, l’UE affirme vouloir négocier les traités libéraux sur le commerce international en passant outre l’avis des pays membres.

      On nous dit que c’est une « Europe des nations », mais en vérité notre souveraineté est de plus en plus ténue. On parle même d’une « armée européenne » voire d’un « FBI européen ».
      Ensuite ce sera quoi ? La langue anglaise pour tous ?


    • Philippe MEONI Philippe MEONI 12 octobre 13:51

      @McGurk
      Bonjour, merci pour votre commentaire et ce que vous développez, je l’avais déjà bien compris. C’est surtout en termes de stratégie vis à vis du cas « Catalan » que je m’interroge, sur le positionnement paradoxal de Bruxelles à ce sujet... À moins peut être que l’UE ne veuille cette fédération qu’au plan commercial direct et beaucoup moin sur le plan politique, et là, cela expliquerait le soutien qu’elle apporte au gouvernement central espagnol...


    • Durand Durand 12 octobre 16:18

      @Fifi Brind_acier


       Désolé mais j’ai du mal à voir le projet fédéral ! 
      Le modèle actuel va être peaufiné pour continuer à affaiblir les états-nations, certes, mais je pense que vous fantasmez concernant le projet d’Europe fédérale. L’Europe va rester au milieu du gué indéfiniment car ce modèle apporte déjà toute satisfaction à l’oligarchie et celle-ci voudra plutôt l’étendre au monde entier.. Je ne vois pas pourquoi l’oligarchie pousserait à la construction d’une Europe fédérale qui serait obligatoirement dotée d’un pouvoir politique central, comme aux États Unis ou en Russie, bien moins facile à manipuler que les instances actuelles de l’UE. 

      Je pense que les fédéralistes européens ne vont pas tarder à se rendre compte qu’on les a fait patienter pour qu’ils restent des défenseurs de la construction européenne mais qu’à l’évidence, ils se sont fait manipuler au même titre que tout le monde. Le but des « faiseurs d’Europe » était la paralysie politique de l’Europe,... or le fédéralisme implique un gouvernement fédéral doté de pouvoirs politiques issu d’élections et je vois mal l’oligarchie se titrer une balle dans le pied alors que le système dictatorial actuel lui est infiniment plus profitable !

      Pour moi, à part quelques modifications possibles à la marge, la construction européenne s’est achevée avec Lisbonne. Les régions qui obtiendraient leur indépendance auraient exactement les mêmes rapports avec les instances européenne que les états actuels et leurs citoyens n’auraient pas plus de pouvoir que les citoyens des grands états-nations. L’Europe des grandes régions, possédant chacune leur propre parlement fantoche, ne fonctionnrera pas différemment que l’Europe actuelle des 27 car elle seront tenues d’avoir une Constitution respectant le TUE et le TFUE, c’est à dire une constitution donnant la primauté absolue au droit communautaire, y compris sur les constitutions nationales ou régionales... 


      Le problème de la Catalogne et de la sécession des régions révèle une énorme faille dans le système de fonctionnement de l’UE... 

      On peut comprendre que les rédacteurs des traités n’aient pas pu insérer de dispositifs destiné à réintégrer automatiquement les régions sécessionnistes dans l’UE car les États s’y seraient opposés pour protéger leur integrite nationale. Sans doute avaient-t-ils prévu de gérer ces affaires au coup par coup...
       Mais maintenant que l’occurrence s’y prête, Bruxelles soutient officieusement l’état espagnol... Pourquoi ce soutient, si les Commissaires (et d’autres...) voyaient dans cette sécession un pas supplémentaire vers la construction européenne telle qu’ils la souhaitent ? 

      Soros finance les indépendantismes, y compris en Europe... Quels ont été pour le moment le résultat de ces velléités, ailleurs dans le Monde, à part l’explosion des États qui les ont subies ? Pourquoi voudriez-vous que le résultat en soit différent en Europe ? Or une destabilisation dans un pays de l’UE est une destabilisation pour l’ensemble de l’UE... 

      Problème : rien n’est prévu dans les traités et les instances de l’UE sont paralysées... Toute décision officielle de l’UE (il n’y a pas eu la moindre déclaration d’une position communecommune officielle jusque là...) privilégiant la sécession et facilitant la réintégration de la Catalogne comme nouvel État membre, soulèverait un tollé général de la part de nombre de gouvernements et de peuples européens... Mais à ne rien décider, ces instances laissent s’envenimer un conflit qui pose déjà la question de l’avenir de l’UE, alors que l’UE a atteint son stade d’achèvement avec Lisbonne et qu’ils ont tout intérêt à cultiver indéfiniment l’illusion du contraire... 

      L’Union Européenne n’a plus d’avenir et ils le savent : cela fait 60 ans qu’ils y travaillent ! Et la crise catalane agit comme un révélateur de cette réalité.

      Ils sont coincés...



    • Philippe MEONI Philippe MEONI 12 octobre 17:04

      @Durand

      Bonjour Durand, je suis très tenté de rejoindre votre postulat qui me paraìt le plus logique selon mes propres observations, merci pour ce commentaire pertinent  smiley

    • Durand Durand 12 octobre 18:50

      @Philippe MEONI,


      Si l’on regarde le problème catalan par le biais de l’immigration, elle aussi financée par Soros et telle qu’elle a été traitée politiquement par les gouvernements catalans, on retrouve les mêmes logiques... 

      Pujól dirige toujours la Catalogne en sous-main et a intérêt à la sécession vu le nombre d’affaires qu’il a sur le dos avec la justice de Madrid... Il est assez riche et puissant pour faire équipe avec Soros...

      Soros veut la peau de l’UE... Pourquoi exactement ?..., je ne saurais trop m’avancer mais je crois que l’UE est devenue l’herbe où se battent les éléphants,... et il ne fait pas bon être l’herbe !...
      Je disais que le problème catalan dépassait déjà le cadre de l’Espagne,... mais je pense qu’il dépasse aussi celui de l’UE, devenue un enjeu pour des puissances extérieures concurrentes...

      Le Traité de Lisbonne a certes rempli son rôle de planification et de verrouillage pour les constitutions des 27, mais ayant été rédigé un peu trop à la hâte, il se pourrait bien que le problème catalan soit révélateur d’une ineptie de fonctionnement qui pourrait bien muter en système d’autodestruction...

      Si Bruxelles soutient Madrid contre Soros, c’est que la secession représente un danger plus grave pour l’UE que de laisser le PP espagnol mater les séparatistes catalans... Le problème va se corser si Puigdemont refuse de revenir sur la déclaration d’indépendance et je ne vois pas pourquoi il renoncerait...

      Pourrait y avoir du sport...



    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 19:54

      @Philippe MEONI
      La question de l’autonomie divise les politiques . Et aussi le viol de la Constitution espagnole.

      La semaine dernière la Commission voulait reconnaître le résultat du referendum, puis elle change d’avis. Le referendum était illégal, la Commission ne peut pas ouvertement dire qu’elle est d’accord pour violer la Constitution espagnole, alors que les citoyens européens lui reprochent son manque de démocratie...


      Si la Constitution espagnole est changée dans 6 mois, elle introduira peut-être le referendum et les Catalans revoteront. A ce moment là, ce sera légal.
      Le recul de la Commission est conjoncturel, pas éternel. 

    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 20:19

      @Durand
      Je n’ai pas dit qu’ils réussiront l’ Europe fédérale, mais ils essayent !

      "2012 L’ Europe face au tabou du fédéralisme’, déclaration de Baroso :
      José Manuel Barroso en a fait mercredi l’horizon politique de l’Europe devant le Parlement européen à Strasbourg. « N’ayons pas peur des mots, a dit le chef de la Commission en déclinant un programme qui s’étend bien au-delà des élections européennes de 2014. Nous devons aller vers une fédération d’États-nations.


      Les Verts : pour un fédéralisme durable

      Libération : seule solution le Fédéralisme

      Le Monde : Pour un fédéralisme européen

      Euractiv : quel modèle de fédéralisme pour l’ Europe ?

      Euractiv : Le conditions idéales pour un fédéralisme européen ( Groupr PPE)

      Face à la crise en Catalogne un fédéralisme européen ? etc

    • Philippe MEONI Philippe MEONI 12 octobre 20:45

      @Durand

      D’accord avec vous encore une fois, j’évoque d’ailleurs le cas Pujol dans la seconde hypothèse de mon billet...

    • Durand Durand 12 octobre 21:23

      @Fifi Brind_acier


      « Je n’ai pas dit qu’ils réussiront l’ Europe fédérale, mais ils essayent ! »

      Et moi je pense qu’ils veulent laisser croire qu’ils essayent pour ne pas se mettre à dos les fédéralistes... Je le penserai tant que je n’aurai pas la preuve qu’une Europe fédérale présenterait plus d’avantages pour l’oligarchie que l’Europe actuelle et surtout, tant que je n’entendai pas l’Allemagne, la Hollande et la Belgique déclarer qu’ils sont prêts à amputer leurs budget au profit des États du Sud... Je pense qu’ils ne sont pas prêts à y consentir et je ne vois vraiment pas ce qui les y obligerait...

      Mais vous avez peut-être quelques idées ?



    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 octobre 06:52

      @Durand
      Asselineau explique comment Bruxelles a imposé la Charte des langues minoritaires pour faire éclater les Etats Nations, en cachette des peuples
       - Vidéo 9 minutes.


    • Durand Durand 13 octobre 10:38

      @Fifi Brind_acier


      L’éclatement des États-nations n’implique pas forcément une fédéralisation de l’Europe. L’UE peut très bien continuer à fonctionner comme elle le fait actuellement avec des euro-régions à la place des États. 

      Je crois que les rédacteurs duTraité de Lisbonne, dans la précipitation, ont commis une énorme erreur et, sans le vouloir, ont promu un système de fonctionnement qui se révèle aujourd’hui auto bloquant car justement, il rend quasi impossible le démantèlement territorial des États-nations et leur remplacement par les Euro-régions... 

      Il faut arrêter de « faire comme si... » et ouvrir les yeux sur une réalité qui, même si Asselineau ne la dénonce pas, n’en demeure pas moins une réalité. 



    • Philippe MEONI Philippe MEONI 13 octobre 11:27

      @Durand

      Votre hypothèse est logique cependant, à votre avis, quid de l’organisation budgétaire relative à la défense, la sécurité publique, la santé publique, l’éducation nationale, la sécurité sociales/retraites, le transport public, la distribution de l’eau potable, de l’énergie, des communications... ?

    • Durand Durand 13 octobre 12:13

      @Philippe MEONI


      Le problème de la défense est toujours la pierre d’achoppement de la construction européenne depuis la CED... 

      Quand on touche à la défense, on touche au plus intime de la souveraineté, de la diplomatie et donc des intérêts extérieurs de chacun, si légitimement différents... On écorche alors immédiatement les esprits réalistes qui somnolent d’un seul œil au sein de chaque nation et notamment dans le personnel diplomatique et dans celui du la défense nationale. 

      Une monarchie telle que l’Espagne possède en outre un atout majeur pour mettre à mal cette tentation : un Roi capétien dont de nombreux Espagnols, de droite comme de gauche, sont fiers de disposer le portrait en bonne place dans leur habitation.

      Les autre problématiques que vous soulevez pourraient très certainement faire l’objet d’accords entre les parties, mais un Système de défense ne peut pas avoir plusieurs chefs.



    • Durand Durand 13 octobre 12:15


      Une critique phrase par phrase de la déclaration d’indépendance de Puigdemont par le quotidien El Mundo...


      Extrait 1 :

      « Las instituciones españolas se han convertido en parte de esos ataques y han dejado indefensa a la ciudadanía de Cataluña. »

      Critique :

      « Las instituciones españolas, incluidas las catalanas, no sólo no deben mantenerse neutrales ante la vulneración de la ley, sino que están obligadas a velar por su cumplimiento. El espíritu dadaísta de la declaración de independencia brota en cada una de las palabras de esta frase. Como si el Rey de España pudiera ser árbitro de la destrucción de la nación de la que emana su legitimidad. En cuanto a la indefensión de los catalanes, no hay mayor desprotección que la arbitrariedad, es decir, la ausencia de ley que propicia la insubordinación planificada y estratégica de los Mossos. »

      Traduction (non garantie) :

      « Les institutions espagnoles se sont compromises en partie dans ces attaques et ont laissé sans défense la citoyenneté de la Catalogne. »

      Critique :

      « Les institutions espagnoles – y compris les catalanes – ne doivent pas seulement se maintenir neutres devant la violation de la loi, mais elles ont l’obligation de veiller à son accomplissement. L’esprit dadaíste de la déclaration d’indépendance s’exprime dans chacun des mots de cette phrase. Comme si le Roi d’Espagne pouvait être l’arbitre de la destruction de la nation dont émane sa légitimité !Quant au manque de protection des catalans, il n’y a pas de plus grande vulnérabilité que l’arbitraire, c’est-à-dire l’absence de loi propice à l’insubordination planifiée et stratégique des Mossos. »

      Extrait 2 :

      « El nuevo Estado se compromete a (...) continuar siendo parte de los tratados internacionales. »

      Critique :

      « En otra entrañable muestra de wishful thinking, el independentismo confunde deseo y realidad e ignora, conscientemente, todas las advertencias que han recibido de las autoridades europeas. Un territorio que sale de uno de los Estados miembros signatarios del Tratado de Adhesión deja de formar parte de la Unión Europea y, en caso de que desee ingresar, debe someterse a todos los procedimientos. »

      Traduction (non garantie) :

      « Le nouvel État proclame continuer à faire partie des traités internationaux. »

      Critique :

      « Dans un autre accès de »prophétie auto réalisatrice« , les indépendantistes confondent désir et réalité et ignorent, consciemment, tous les avertissements qu’ils ont reçus des autorités européennes : un territoire qui sort de l’un des États membres signataires du Traité d’Adhésion cesse de faire partie de l’Union Européenne et dans le cas où il désirerait y rentrer, devrait se soumettre à toutes les procédures prévues. »


    • Philippe MEONI Philippe MEONI 13 octobre 13:07

      @Durand

      Justement, dans la configuration d’une Catalogne éventuellement indépendante, aux intérêts divergent à ceux du reste de l’Espagne et pouvant potentiellement générer des conflits allant jusqu’à être armés, ceci induirait que cette Catalogne indépendante devrait, elle aussi, se doter d’une propre force militaire, ne serait-ce que pour la défense de son territoire souverain, non ?

    • Durand Durand 13 octobre 14:52

      @Durand


      C’est bien le moindre de ce qu’une Catalogne souveraine devrait exiger d’elle-même ! Car l’Espagne serait capable d’entretenir indéfiniment un différent territorial qui mettrait la Catalogne dans l’impossibilité de remplir les critères d’adhésion à l’OTAN, comme le fit le coup de maître de Poutine avec la Crimée vis à vis de l’Ukraine... 

      La Catalogne ne pourrait donc compter que sur elle-même ! 

      Problème : une défense nationale coûte très-très-très cher et viendrait grever un budget qui, en plus des plumes que la Catalogne perdrait en faisant secession (déménagement des sièges des plus grandes entreprises..., largement favorisé par Madrid...) aggraverait encore la chute de son bilan, déjà mis à mal par la gestion désastreuses des marionnettes dadaïstes de gouvernement dont elle est affublée depuis des années...

      Vous aurez beau prendre le problème par tous les travers, il y aura toujours quelque chose d’irréel, de surnaturel et d’irréaliste dans cette velléité catalane de secession... 

      Toute réflexion se voulant réaliste à propos du problème de la Catalogne doit exclure la raison des cerveaux de ses dirigeants actuels et la faiblesse de la part du staff de Madrid. 

      Quiconque connaît suffisamment le peuple espagnol sait qu’il préférerait se couper un bras en quittant l’UE, plutôt que de céder aux pressions de celle-ci, si l’idée saugrenue lui venait de se mettre du côté des sécessionnistes, voire-même de protester contre une répression violente (et prévisible si Puigdemont maintient sa déclaration...) des sécessionnistes. 
      Les Espagnols possèdent ce qu’on aussi les Russes : un passé récent de souffrance matérielle qui leur donne des capacités de résilience hors du commun ainsi que la fierté naturelle des peuples trop longtemps considérés « inférieurs » par l’Occident bien-pensant... 

      Avec la Catalogne et son contexte politico-mafieux, l’aberration du Traité de Lisbonne, le tout dans une ambiance de délitement économique et moral de l’ensemble de l’Occident, Soros a peut-être trouvé le talon d’Achille de l’UE et il me semble qu’il est déjà trop tard pour empêcher l’aboutissement inéluctable de cette affaire :

      – une implosion non concertée de l’UE à court ou moyen terme qui va engendrer un reset global que l’équilibre de la terreur nucléaire soutenu par la Russie et la Chine rendra obligatoirement, sinon pacifique, du moins maîtrisable, sans nouvelle conflagration mondiale.

      Je suis donc pessimo-optimiste,... suis-je pour autant réaliste ? Seul l’avenir...










    • Philippe MEONI Philippe MEONI 13 octobre 15:26

      @Durand

      Oui oui, je suis totalement d’accord avec votre point de vue et j’en étais arrivé plus ou moins aux mêmes conclusions sauf ce petit bémol : L’UE impose déjà un très fort diktat, au moins budgétaire et économique, et pourtant, une majorité d’espagnols restent européistes ET atlantistes... Je suis expat’ en Espagne depuis 2005 et je suis témoin de ce fait au quotidien... à savoir, lors de la grande crise des expropriations, le public solidaire a résisté s’en prenant simplement aux messagers sans avoir fait la connexion avec la cause profonde et réelle de ces « exactions » ! Et pour cause, aucun média alternatif espagnol n’a pour le moment remis en cause les méfaits de Bruxelles et les impacts sur l’Espagne, et ce, malgré l’exemple Grec...

    • Durand Durand 13 octobre 15:52

      @Philippe MEONI



      J’ajoute que les Pujol-Puygdemont-Soros peuvent très bien considérer qu’une impossibilité de rejoindre le giron de l’UE n’est pas un si lourd handicap...

      En effet, qu’est ce qui empêcherait les Catalans de provoquer un afflux rapide des banques et autres entreprises en créant des conditions fiscales équivalentes à celles de l’Irlande ou du Luxembourg ?

      Si Soros sent qu’il tient le bon bout, il mettra le paquet et saura pallier sans limites aux besoins économiques de la Catalogne et de ses marionnettes politiques et ce, d’autant plus qu’il a dû parier des sommes colossales sur l’effondrement de l’UE... 

      Le financement de la sécession de la Catalogne doit lui sembler un investissement très modeste au regard des retombées qu’il en attend... Et c’est un vieux briscard qui ne s’invite pas pour un poker s’il sait qu’il ne peut pas suivre... !

      Tout ça pour dire que je vois mal Puigdemont faire marche arrière...



    • Philippe MEONI Philippe MEONI 13 octobre 16:27

      @Durand
       

      Que Puidgemont ne fasse pas marche arrière, soit, mais Rajoy n’acceptera jamais le mauvais rôle historique de l’homme qui a morcelé l’Espagne... Si Puydgemont ne recule pas, le gouvernement espagnol n’a guère d’alternative pour ne pas perdre la face : L’article 155...

    • Durand Durand 13 octobre 16:49

      @Philippe MEONI


      Nos coms se sont croisés !

      Le mien répond peut-être déjà en partie à votre juste objection mais j’ajouterai que cette crise ne pourra que mettre en lumière – et pas seulement pour le peuple espagnol – les vraies raisons des sacrifices injustes auxquels il a été contraint. 

      Mais il se pourrait qu’un énorme changement survienne sans que les peuples espagnol, français,italien et bien d’autres ne comprennent réellement le problème de fond qui l’aura provoqué car il se pourrait bien qu’une des raisons majeures d’un tel bouleversement soit peu ou pas évoquée... 

      En effet, il existe une inconpatibilité/incongruité morale majeure entre un concept protestant et anglo-saxon de réussite économique occidental profondément amoral et une France, une Espagne et une Italie catholiques ainsi qu’une Grèce orthodoxe qui essayent de s’y accrocher... 

      La prise en compte de ce point de vue nous replace dans le temps long d’un conflit historique millénaire entre deux conceptions de la vie et de l’humanité, avec ses croisades, ses guerres de cent ans et toutes celles qui ont suivi, coloniales et autres, qui n’en font qu’une, finalement...

      J’attire votre attention sur la voie choisie par Poutine à ce sujet et qui décontenance la quasi totalité des observateurs géopolitiques actuels,... « la troisième voie » selon certains,...qui, comme par hasard, a été ouverte par un Français trop peu célèbre : Pierre Teilhar de Chardin... 




       

    • Durand Durand 13 octobre 16:54

      @Philippe MEONI


      Oui, l’article 155 et la baston... 

      Soyez prévoyant !



    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 octobre 20:13

      @Durand
      Les euro-régions à la place des Etats, c’est justement ça le Fédéralisme !!


    • Durand Durand 14 octobre 00:45

      @Fifi Brind_acier

      Les euro régions ne changeraient pas le fonctionnement de l’UE et dans ce cas, l’UE est donc déjà fédéraliste ! 
      Mais contrairement au souhait d’une majorité de fédéralistes européens, l’UE ne sera jamais dotée d’un État fédéral constitué et encore moins démocratique...




    • Gorg Gorg 12 octobre 00:00

      @Philippe MEONI

       Merci pour votre article... intéressant. J’avoue que je ne comprends pas la raison farouche de la volonté d’indépendance de la Catalogne pour les mêmes raisons que vous soulignez :

      « d’autant que se libérer de l’Espagne pour rester sous le joug de l’UE, je ne vois pas trop l’intérêt »

      Les pistes que vous évoquez (si elles sont sérieuses et vérifiées) donnent matière à réflexion...

      Bonne soirée à vous


      • baldis30 12 octobre 10:02

        @Gorg
        bonjour,

        en fait il y a une autre piste, bien argentée, et bien dorée... à l’or fin (1) .... venant d’un horizon complètement différent :

        https://groups.google.com/forum/# !topic/fr.rec.sport.football/CX_9Vi8IHJo

        En fait pas si différent lorsqu’on sait pourquoi ( j’écris bien POURQUOI) la voie ferrée, électrifiée, double voie de Givors à Nîmes n’est pas ouverte au trafic voyageurs .... le même pays étranger mis en cause ??? ( triple interrogation pour bien masquer ma perplexité et exposer mes doutes .... majeurs !)

         Bizarre ... vous avez dit bizarre .....comme c’est bizarre .... !

        (1) le provenance de l’or n’est pas définie dans cet article...


      • Philippe MEONI Philippe MEONI 12 octobre 10:20

        @baldis30


        Lec clubs de foot Catalans ont tout à perdre avec l’indépendance qui les excluerait directement des compétitions espagnoles très juteuses en revenus financiers.

      • baldis30 12 octobre 22:34

        @Philippe MEONI
        bonsoir,

        au-delà du foot , il n’y a pas que l’Allemagne qui cherche un débouché vers la méditerranée ou l’Adriatique, il y a des ports sur la Méditerranée dévolus quasiment à un trafic précis pour un pays étranger ... Mais voilà l’un de ces ports est limité en trafic ... faut en trouver un autre ....

        la stratégie des voies ferrées encore à écartement différent (mais pour combien de temps ..).entre le sud de la France et le nord de l’Espagne est très facile à imaginer sous peu .... et se place bien dans un contexte bruxellois ....


      • McGurk McGurk 12 octobre 01:12

        @Philippe MEONI

        * « l’Espagne est un pays corrompu. »

        Comme à peu près tous les pays du monde.

        Lorsqu’on voit les proportions de l’affaire Balkany, on comprend que ce n’est que le sommet de l’iceberg.

        Les employés racontent que le type avait tellement d’argent qu’il avait des liasses de billet dans les poches de sa robe de chambre et que d’autres traînaient sur la table de la salle à manger. Ils en étaient écœurés.

         * "La première théorie, c’est simplement l’acte d’un indépendantiste forcené, immature, irresponsable, entraîné presque malgré lui dans un mouvement de type « baroud d’honneur » « 

        C’est bien pire que ça. C’est déjà faire sombrer son parti, des peines de prison lourde pour l’ensemble du gouvernement régional pour cause de sédition, les entreprises qui s’en vont, la reprise en main de la région par l’armée et peut-être même une guerre civile.

        En gros faire sombrer toute une région à cause d’un égo surdimensionné, d’un programme irréaliste et parfaitement illégal.

        Mais ils peut aller bien plus loin avec des visées sur tout le sud de la France à dire qu’ »autrefois ces régions appartenaient à un seul et même pays« . Un peu comme un retour au Moyen-Âge. C’est un fait, c’est d’ailleurs clairement marqué sur le site du Conseil régional du Languedoc (comme l’a exposé Asselineau)...

        * » et s’est outrageusement enrichi sur le dos du denier public en ayant su rester impuni.« 

        C’est là le principe même de l’indépendance. N’ayant pas assez de pouvoir, ils se sont rêvés à être des nouveaux princes de leur futur royaume. Un pays »de riches« (on a bien entendu »qu’ils payaient trop« ), parce qu’est-ce qu’on en a marre de payer pour ces putain de pauvres ! Un peu comme si Neuilly faisait sécession pour ne pas payer pour le 93.

        Bien sûr, cela révèle surtout le profond égoïsme des leaders, le désintéressement au sujet de leur peuple (qu’ils foutent dans la merde pour rien) et les autres espagnols - qu’ils ont l’air de mépriser cordialement en plus...

        * »faisant de Rajoy, pour le coup, le véritable héros lui assurant sa prochaine réélection à la Présidence du gouvernement.« 

        Cette hypothèse est des plus folles, c’est un coup a faire éclater tout le pays et pas seulement une seule région. Trop de risques pour un résultat très aléatoire.

        Ce qu’il aurait fallu faire et dès le début, c’est interdit les mouvements indépendantistes qui mènent fatalement à ce genre de situations. A l’heure actuelle, étant donné l’énième geste de provocation de ce leader incontrôlable, il faudrait qu’ils pensent tout de même rapidement à mettre toute cette clique sous les verrous.

        * »Cependant, ce qu’il faut retenir de cette aventure, c’est que le Ché était bien unique et personne ne pourra le remplacer, même pas Puidgemont"

        Mais qu’est-ce qu’il vient foutre là, lui ? Le Che était un tueur unique, c’est certain.
        Il a été remplacé par tous les malades mentaux manipulateurs qui l’ont suivi et cela continuera tant qu’on osera admirer un taré et qu’on le vénèrera tel le messie.

        Puidgemont est un criminel - dans le sens juridique - car il a violé sciemment la loi de son propre pays (qu’il a l’air de détester comme un scorpion) et ce à de très nombreuses reprises. Il n’a pas hésité un instant à mettre les Catalans en danger et ce quel que soit leur avis, servant avant tout ses propres intérêts. Il devrait depuis longtemps être en cellule.


        • bob14 bob14 12 octobre 06:36

          J’espère que les « Catalans » vont viré le BOUFFON à la tête de cette région espagnole !


          • BA 12 octobre 07:50

            La Commission européenne ne reconnaît pas le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.


            Mercredi 11 octobre 2017 :


            Cet après-midi, les masques sont tombés.


            La Commission européenne vient de prendre position : elle est pour le maintien de l’unité de l’Espagne. Elle est contre l’indépendance de la Catalogne.


            En clair : la Commission européenne ne reconnaît pas le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.


            La Commission européenne est anti-sociale, anti-populaire, anti-démocratique.


            Mais ça, on le savait déjà.


            Quant à nous, notre mission est claire :

            • détruire la Commission européenne

            • détruire l’Union européenne.


            Lisez cet article :


            Catalogne : la Commission européenne appelle au « plein respect de l’ordre constitutionnel espagnol ».


            La Commission européenne a répété avec force mercredi qu’elle attendait un "plein respect de l’ordre constitutionnel espagnol« au lendemain d’une  »déclaration d’indépendance" de la Catalogne par le président séparatiste Carles Puigdemont, qui l’a aussitôt suspendue.

            "La Commission suit de près la situation en Espagne et réitère son appel antérieur pour un plein respect de l’ordre constitutionnel espagnol", a déclaré le vice-président de l’exécutif européen, Valdis Dombrovskis, au cours d’une conférence de presse à Bruxelles.

            "Nous faisons confiance aux institutions espagnoles, au Premier ministre Mariano Rajoy avec lequel le président Jean-Claude Juncker est constamment en contact, et à toutes les forces politiques qui oeuvrent à une solution", a ajouté M. Dombrovskis, tout en précisant immédiatement que cette « solution » doit être trouvée « dans le cadre de la Constitution espagnole ».

            "Nous soutenons les efforts pour surmonter les divisions et la fragmentation afin d’assurer l’unité et le respect de la Consitution espagnole", a insisté le Finlandais.


            https://www.romandie.com/news/ZOOM-Catalogne-la-Commission-europeenne-appelle-au-plein-respect-de-l-ordre-constitutionnel-espagnol/851718.rom



            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 octobre 08:00

              @BA
              L’histoire n’est pas terminée... Ne croyez pas tout ce que raconte la Commission, elle sait très bien attendre le temps qu’il faut. D’ailleurs ça remue aussi en Italie...


            • Lugsama Lugsama 12 octobre 09:43

              @Fifi Brind_acier

              Vous avez une drôle logique, contrairement à ce que vous écrivez depuis le debut de la crise ce sont bien les nationalistes eurosceptiques de toute l’Europe qui soutiennent les nationalistes catalans, tous les leadeurs européens ont confirmés qu’ils ne reconnaitraient pas la secession.. L’Union Européenne, union avant tout marchande, n’a aucun intérêt à perdre une région prospère et voir l’Espagne sombré dans l’instabilité.

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