Vendredi 21 avril 2013 :
Campagne de Sarkozy : un
proche du fils de Kadhafi décrit le circuit bancaire.
Après les révélations
de l’interprète personnel du dictateur, l’ancien directeur de
cabinet de Saïf al-Islam Kadhafi enfonce le clou.
Les accusations
s’accumulent. Jeudi soir dans une interview à « Complément
d’Enquête », l’ex-interprète personnel de Kadhafi réitérait
des accusations de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en
2007 par l’ancien régime libyen.
Vendredi 21 juin, c’est au
tour de Mohammed Ismail, ancien directeur de cabinet de Saïf
al-Islam Kadhafi, l’un des fils du « Guide » libyen, de
décrire le circuit bancaire utilisé selon lui par le régime libyen
pour financer la campagne de l’ex-chef de l’Etat, révèle Mediapart.
Le parquet de Paris a
ouvert en avril dernier une information judiciaire sur les
allégations de Ziad Takieddine, qui a dit avoir des preuves du
financement par la Libye de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
L’information est ouverte
pour les chefs de « corruption active et passive »,
« trafic d’influence », « faux et usage de faux »,
« abus de biens sociaux » et « blanchiment,
complicité et recel de ces infractions ». L’ex-chef de l’Etat
a toujours démenti.
Au sujet du financement de
la campagne, « une partie des fonds a transité par la North
Africa Commercial Bank, à Beyrouth, et, à partir de là, vers un
compte bancaire en Allemagne relié à Ziad Takieddine ; d’autres
montants ont été canalisés par l’entremise de comptes bancaires au
Panama et en Suisse », explique dans un courriel Mohammed
Ismail, qui vit actuellement dans la clandestinité.
Il y a un an, cet ancien
homme clé du régime de Kadhafi avait déjà transmis à Mediapart
la retranscription du premier échange téléphonique officiel entre
Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, une fois le premier élu
président de la République.
Dans son courriel,
Mohammed Ismail souligne aussi que « l’accord » pour
libérer les infirmières bulgares en 2007 « impliquait l’achat
par la Libye d’un réacteur nucléaire d’Areva, et
l’approvisionnement de l’armée libyenne en missiles Milan. Des fonds
ont été transférés en Suisse ».
Vendredi, l’entourage de
Nicolas Sarkozy a répliqué que ces nouvelles accusations étaient
« sans aucun fondement », affirmant que l’ancien
interprète de Kadhafi « disait exactement l’inverse il y a
un an » au « Figaro », et rappelant que Nicolas
Sarkozy avait porté plainte en avril 2012 contre Mediapart.
Malgré les accusations,
l’ancien président serait « très calme, serein et
méticuleux », selon FranceTVinfo. « Au fur et à mesure
la justice va faire son travail », « on constate qu’il
y a beaucoup de choses qu’on lui met sur le dos », affirment
ses proches, qui évoquent « une focalisation du pouvoir en
place ».
http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20130621.OBS4070/sarkozy-finance-par-kadhafi-nouvelle-accusation-sarkozy-dement.html