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Confinement meurtrier : le retour du boomerang

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Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, a offert bien peu de détails sur la façon dont il compte redresser les finances publiques lors de la présentation du « Portrait économique du Canada »

Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, a offert bien peu de détails sur la façon dont il compte redresser les finances publiques lors de la présentation du « Portrait économique du Canada » à la Chambre des communes à Ottawa.

Ces 343,2 milliards $ de déficit budgétaire fédéral représentent 10 fois le déficit de l’an dernier (2019), et bien plus que les 256 milliards prévus il y a trois semaines à peine par le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux. Ainsi, la dette souveraine canadienne va-t-elle bondir à 1200 milliards d’ici mars 2021, contre 765 milliards en mars 2020… déficit fédéral auquel s’ajouteront sous peu les déficits des dix gouvernements provinciaux (!)

 

This article is available in 5 languages on this webmagazine : https://les7duquebec.net/archives/256280

 

C’est le retour du boomerang économique que le gouvernement a lancé contre la population canadienne en mars dernier par le confinement meurtrier imposé. L’objet de cette mise en scène parlementaire et médiatique était de conditionner l’opinion publique à endosser la responsabilité pour ce déficit astronomique. Le ministre des Finances a déclaré : « Le nouveau déficit fédéral que l’on prévoit est dopé en majeure partie par les mesures mises en œuvre pour lutter contre la crise de la COVID-19 : on y a consacré plus de 230 milliards en soutien direct et 85 milliards en aide indirecte. » Quand les médias auront bien inculqué l’idée que le gouvernement a confiné drastiquement la population et paralysé l’économie pour le « mieux-être » de la populace (sic) alors le ministre Morneau sera plus loquace sur les façons de rembourser la dette canadienne de 1200 milliards de dollars CND.

Ces déficits catastrophiques et ces dettes gigantesques dévoilent que c’est via leurs États fétiches que les grands capitalistes s’accaparent progressivement la grande part de l’économie nationale et qu’ils forcent la circulation spéculative du capital en ces périodes de préparatifs de guerre mondiale.

C’est pourquoi la guerre des clans fait rage parmi les factions du grand capital et les économistes du secteur privé, revenus de leur torpeur, s’attendent à une contraction record du PIB réel canadien d’environ 6,8% en 2020 et à une baisse « sans précédent » au premier semestre de 2021. Le secteur qui a le plus écopé est, sans grande surprise, celui des services… Le secteur qui fournit le plus grand nombre d’emplois au Canada.

 Les travailleurs, les rentiers, les chômeurs, les pauvres canadiens, environ 5,5 millions de gagnes petits (30% de la population active), sauront alors le prix des confettis de « cadeaux » qu’ils auront à rembourser via leurs impôts. Pour ce qui a trait aux cadeaux somptueux offerts aux milliardaires de l’industrie et de la finance ils seront pris en charge par l’État des riches… qui, même s’il l’ignore, ne crée aucune richesse, à peine peut-il émettre des obligations bidon qui demain seront sans valeur marchande : « Pour gérer cette dette colossale, le gouvernement émettra « un niveau sans précédent d’obligations à long terme »… En d’autres termes, la faillite technique du gouvernement canadien est repoussée sine die… mais elle les attend au tournant.

Le prolétariat canadien n’a que faire des prêts et des cadeaux de Grecs des gouvernements Trudeau – Legault et des autres. La crise économique systémique mondialisée était déjà amorcée avant la pandémie et avant le confinement paralysant. Ces mesures de confinement totalitaire n’ont fait qu’aggraver la descente aux enfers dont les gouvernements veulent aujourd’hui nous faire porter le fardeau. Voilà pourquoi les gouvernements maintiennent leur pression et leur chantage et nous imposent des mesures de ségrégation sociale totalitaires. La responsabilité du prolétariat mondial est de refuser de quémander la charité à l’État des riches, de refuser toute mesure de confinement et d’isolement social, et d’exiger qu’on nous laisse travailler et manifester en paix en attendant que l’on soit prêt à régler la crise économique systémique mondialisée.

Nous n’avons rien à attendre des dieux de la peste.

 


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5 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 13 juillet 09:43

    Le terrorisme de la dette... « La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit » se plaît à rappeler souvent Dame Valérie Bugault qui est bien utile pour comprendre ce qui se passe.

    Lire, relire « la stratégie du choc » est tout aussi essentiel.

    Le premier objectif de la pandémie est atteint, il a fait exploser le peu de cohésion qui nous restait en de multiples chapelles où la foi du charbonnier l’emporte sur la raison raisonnante.

    Nous sommes à la veille de grandes boucheries sociales.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 juillet 10:32

      Le « prolétariat » (sic) peut-il lutter contre la « destruction créatrice » ?

      Dans son livre « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » (1942), l’économiste autrichien Schumpeter considérait que l’innovation était la force motrice de la croissance économique sur le long terme, et il appelait « destruction créatrice » un phénomène chronique, observable dans l’histoire, consistant selon lui en un transfert de position dominante des entreprises traditionnelles vers les entreprises les plus innovantes. L’innovation serait «  systémique  » et redéfinirait les dynamiques économiques en permanence : « Le système capitaliste n’est jamais stationnaire, et il ne pourra jamais le devenir ».

      L’innovation donnerait donc à l’entreprise qui la porte un monopole temporaire lui permettant de reconfigurer le marché : transfert de la valeur, destruction d’emplois et création de nouveaux métiers. Par exemple, en lançant son smartphone, Apple a détruit une grosse partie de la valeur financière et économique de Nokia, mais est à l’origine du développement d’applications mobiles qui pèse lourd économiquement.

      Il s’agit d’un phénomène intrinsèque du système économique capitaliste caractérisé par sa nature cyclique et alterne entre les phases d’expansion et de récession, à l’image des « révolutions industrielles », et selon des cycles de plus en plus courts. Ce serait à la fois l’explication et la cause de la restructuration de l’économie de marché reposant sur l’offre et la demande et se régulant pas soubresauts. C’est un phénomène contre lequel il est quasiment impossible de lutter, en témoignent les nombreuses innovations de rupture qui ont stimulé la consommation :

      Quand il y a innovation, il n’y a pas qu’une destruction d’emplois ou de valeur (comme avec le basculement de l’analogique vers le numérique), mais une reconfiguration de la structure production-distribution tout en optimisant les taux de profit qui concerne de nombreux domaines :

      Au sujet de l’innovation, il est important de préciser que celle-ci peut se présenter sous différentes formes :

      • le produit (passage à l’ère du numérique)
      • le procédé (division du travail et robotisation)
      • commercialisation (e-commerce)
      • les sources d’approvisionnement (énergies renouvelables, terres rares)
      • les structures des entreprises passant de l’intégration à la sous-traitance (Uber, AirBnB).
      • Les circuits de distribution passant du petit commerce à la grande distribution puis aux plateformes numériques

      Or, la destruction créatrice ne concerne pas que l’économie réelle, elle englobe le monde de la finance qui a besoin, pour se régénérer de cycles justifiant la mise en place de prêts privés pour relancer la production anéantie par les guerres comme l’a été le plan Marshall. Les stratèges de l’axe City/Wall-Street/BCE ont trouvé une alternative à la guerre militaire pour détruire une partie de l’économie afin de relancer la machine : la guerre sanitaire sous forme de confinement.

      Pour l’instant, en France en tous cas, la réaction du « prolétariat » semble davantage consister à exiger des garanties de protection sanitaires pour reprendre le travail qu’à démystifier cette vaste opération de destruction qui ne sera pas « créatrice » pour tout le monde, mais le sera certainement pour la « big pharma », le monde du « numérique » et du « connecté », et certains groupes financiers (qui n’auront aucun scrupule à anéantir leurs confrères-concurrents).


      • Robert Bibeau Robert Bibeau 13 juillet 17:28

        @Séraphin Lampion

        Toujours intéressantes vos interventions M. Lampion.

        J’endosse votre description de la situation à la Schumpeter  qui décrit bien du côté bourgeois la course à la plus-value relative maintenant que la plus value absolue est acquise. Autrement dit = OUI l’innovation  dans le procès de production  commercialisation est propulsée par la recherche de la plus-value relative mais NON le système ne parviendra pas à s’en sortir ne vous en déplaise.

        Je vous cite : « Les stratèges de l’axe City/Wall-Street/BCE ont trouvé une alternative à la guerre militaire pour détruire une partie de l’économie afin de relancer la machine : la guerre sanitaire sous forme de confinement meurtrier. » Ne soyez pas surpris si je vous pique votre formule = je l’adore.

        Vous devez vous méfier de la propagande des médias mainstream à propos de la classe ouvrière ... qui ne s’assoupit pas du tout. Quoiqu’il en soit  de la conscience présente du prolétariat = quand il sera jeté au précipice de la faillite étatique ou il réagira sauvagement et spontanément ou il périra  et si le prolétariat périt le système périra avec lui ( smiley

        Robert Bibeau 


      • caillou14 rita 13 juillet 10:39

        Va falloir faire tourner la planche à billets pour amoindrir la chute ?

        La planète au bord de l’implosion ?

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