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Accueil du site > Tribune Libre > « Daniel est décédé »

« Daniel est décédé »

C’est par cette phrase que mon gendre m’a appris la mort de mon ex-premier mari. Père de mes deux aînés. Walter et Ariane.

Il s’est baissé et a passé la tête par la petite porte de mon grenier, sans entrer. Sur un ton informatif. Sans aucun pathos. Comme s’il avait dit : « Les courses sont arrivées. »

Cette mort, nous l’espérions rapide. Depuis un an, quatre cancers, une chimio qui l’avait détruit, des AVC, une bouche qui pendait, un oeil aveugle et pour sa femme, un calvaire. La veille encore nous regrettions que l’euthanasie ne soit pas possible en France. La veille encore, je disais : « Oui, ce serait tellement mieux de lui permettre de finir dignement. »

Mais là, cette phrase « Daniel est décédé » qui aurait dû me faire dire : « C’est bien » m’a étouffée. J’ai dit stupidement : « Ah ! Bon ? » Comme si c’était étonnant. Dans l’impossible soulagement. Dans l’impossible douleur. Grand vide.

Et comme je restais abasourdie, face à lui qui restait calme, il m’a dit !

-On va chez Nicole. Tu viens ?

 

Daniel est mort à 13 heures. A 15 heures les pompes funèbres sont venues. A 16 heures le corps était enlevé. La maison était vide.

 Cette promptitude, je ne l’avais jamais constatée, mes proches décédés étant morts loin de moi ou à l’hôpital. Mais là, cette situation était surréaliste. Si vite. Quelque chose de sale avait disparu.

Je me souvenais de toutes ces veillées funèbres, racontées ou filmées, avec l’arrivée de toute une famille, ces cierges autour du lit, ces vieux veillant le mort. Je pensais aux enterrements de la Chine ancienne à ces hommes grimpant sur les toits, hurlant par trois fois le nom du disparu, à ces pleureuses égyptiennes, à ces maisons ouvertes pour que les voisins viennent. Je pensais à ce que m’avait dit ce guide tunisien, à Djerba, qu’il n’y avait pas de pompes funèbres dans son île car c’étaient les amis et les voisins qui s’occupaient de l’enterrement. Mais là, il n’y a plus de voisins. Personne ne se connaît. Les familles sont éloignées. Il n’y a que les pompes funèbres qui viennent en une heure vous enlever vos morts défigurés par la chimio. Pour 3800 euros !

3800 euros ! Dans le désespoir on se rattache toujours à des problèmes secondaires. Enfin secondaires… Je pense à toutes ces familles qui vivent en sursis, qui sont tout à coup confrontées à un deuil qui les anéantit et qui doivent sortir 3800 euros ! Votre mari vient de mourir et vous discutez le prix ! « Non, pas ces poignées !... Les coussins de soie…Non.. ». Et comme il est dur de dire « Non » car on passe pour un salaud au plus profond de soi, et on dit « oui » en abaissant la tête entre ses larmes. Certes il y a des assurances. Norwich Union. Mais il y a surtout un commerce qui, dans une société qui explose, fait de la mort un moment de terreur et de honte. Que font-ils ceux qui ont peu d’argent ? Ils empruntent à Cetelem à 17% ? En fait quelques jours après Nicole a bien compris que ce chiffre 3800 aurait pu être inférieur. Mais comment marchander la dernière image de ceux qui nous quittent ?

Quelqu’un me dit :

-Walter et Ariane arrivent demain à 14h à Aix.

Bien. Ma fille cadette Anna-Eva ira les chercher. J’envoie alors un mail à mon fils Grégory qui est au Japon. Sa réponse arrive aussitôt.

« Marre d’être à 13000km et de ne rien pouvoir faire quand quelqu’un meurt. Je viens. J’ai un billet à 1000 euros. Je suis à Marseille mardi matin à 11H. »

Ce n’est pas rien pour lui, 1000 euros. C’est le prix d’un geste humain.

 

Comme, on le sait, le pire engendre le meilleur, ce décès va m’offrir ce qui ne m’est pas arrivé depuis deux ans, mes quatre enfants, ensemble avec moi.

Le deuil le plus horrible que l’on puisse connaître dans une vie est la perte de ses enfants. Non, qu’ils meurent, mais qu’ils fassent leur vie loin de vous. On a tant fait pour eux, ils ont été les dieux du temple, la joie de toutes les soirées, les rires de tous les anniversaires, le cœur de tous les projets et l’on a couru sur toutes les routes pour qu’ils soient habiles en tout. Ils ont appris les langues, la danse, la musique, le tennis ou le théâtre .Ils ont été préférés à tout, même aux hommes, pères ou amants. Et ils ne sont plus là.

Sans qu’il n’y ait rien à dire que cette phrase : « C’est la vie ! ».

Sans qu’on puisse être triste car ils sont heureux.

Non. Ce n’est pas toujours la vie. C’est la vie moderne car dans les vieilles vies, on restait plus proches.

 Je dis tout de suite à ma fille :

-Je veux une photo de vous quatre et de moi.

Son ami est un photographe de talent et il a déjà fait pour moi de superbes photos de famille. Nana, ma dernière, la mosaïste, est aussi tranchante qu’un silex.

-Quoi ? Une photo ? Mais c’est n’importe quoi ! Tu sais pourquoi ils viennent ? Ils ne vont pas vouloir poser pour des photos !!

-Oui, mais moi, je veux une photo.

-Tu leur en parleras si tu veux. Mais c’est pas le moment !

-Je le veux.

C’est moi la gamine capricieuse.

 Quand nous nous retrouvons mes quatre enfants et moi, la rareté est multipliée par le fait qu’ils sont sans leur famille. Nous sommes, autour de la table comme autrefois, eux et moi, dans l’insouciance d’autrefois, à faire assaut de bons mots. Dans ce concours qui fait que les uns emportent les rires des autres. L’humeur est à l’humour. On se lave des mauvaises pensées.

 

C’est alors qu’a lieu la fameuse séance photo. On me fait plaisir. On se retrouve dans mon grenier. Le lit est à peine rebaptisé. On s’installe en vitesse. Ca ne va pas être du grand art. Et pourtant elle est là cette photo qui sera éternelle. Cette éternité qui n’est pas pour nous, on l’a quand même sur un bout de papier.

 Quelle fierté, pour un père ou une mère, que ses enfants, ses beaux enfants envolés, riches de leur talent, qui pour un instant, si bref, se retrouvent dans la maison de leur enfance. Que d’années dans une poignée de secondes. Que de souvenirs dont la plupart sont morts car on se souvient si peu. En un instant ma mémoire saisit un bouquet d’images des uns des autres . Et, la photo finie, quatre prises seulement, nous rions ensemble. Qui a dit quoi ? Qui a fait rire les autres ? A-t-on dit à Greg qu’avec ses chaussettes il gâchait la photo ?

 

Le lendemain c’est l’enterrement. Une crémation dans un de ces lieux modernes. Une grande bâtisse. Finie la grandeur des églises. Dieu est mort lui aussi.

Il y a plusieurs salons : le salon pivoine, le salon dahlia, le salon je ne sais quoi. Il y a une volonté de bien faire. Nous sommes dans une petite salle.

-Vous pouvez voir le corps.

Je ne sais pas pourquoi je dis « oui ». Parce que si je disais « non » ce serait lâche ou gamin. Quelqu’un qui ne veut pas voir la réalité en face. « Voir la mort en face ». Il est dans une petite pièce, cercueil posé sur des tréteaux, je m’approche et soudain je le vois. Méconnaissable. Un peu monstrueux parce que ce n’est pas lui. Etrange. Avec les lèvres ouvertes sur les dents. J’ai l’impression qu’il bouge, que la pièce bouge. Je suis là devant le grand mystère de la mort, dit-on. Bientôt tout va brûler. Le beau costume, le linon du linceul. Tout un pan de ma vie disparaît. Ces simples phrases : « Daniel et Nicole viennent ce soir ». « Tu as vu Daniel ? » « Daniel est passé ». On ne les entendra plus. Plus jamais. 

Nous nous étions séparés après dix ans de mariage. Nous étions restés amis. J’adore sa femme. Je la vous, appuyée contre un mur. Elle porte un manteau rouge qu’elle a mis comme une robe de chambre. Elle va fumer de temps en temps. Soudain entre une fille qui se précipite dans ses bras en pleurant et ce sont les larmes de cette fille que je ne connais pas qui me ruinent. Celles de mon fils le Japonais aussi. Il était à Tokyo lors du tremblement de terre, venait à peine d’ouvrir un cabinet d’ostéopathie, tous ses projets ont été ruinés, il est parti au Canada, revenu à Hokkaido et ce qu’il pleure dans ce deuil qui l’accable c’est peut-être sa vie d’exilé fracassée.

 

On nous conduit très poliment dans un autre salon. Je pense que c’est boulot sympa, croque-mort. C’est le seul métier où personne ne va vous cracher à la tête en vous faisant des reproches. Ils sont très chics. On arrive donc dans une pièce claire. Nous sommes une trentaine. Et commence cette cérémonie qui n’en est pas une mais qui fait tout pour y ressembler.

J’ai repris mes esprits. Je me tiens bien droite ; On entend alors le premier air que Nicole a choisi. Le forfait de son enterrement lui permet de choisir deux airs à son gré. De la musique qu’aimait le défunt.

Dès les premières notes, je crève de larmes. Daniel aimait l’opéra. C’est un air de la Traviata. Je ne sais même pas lequel. Elle se meurt elle-même et toutes les morts se font écho, portées par cette musique sublime.

On dit qu’à partir d’un certain âge on pleure plus facilement. J’en connais la raison. On a tant de fois refusé de le faire. On a tant de fois été courageux, on a tant de fois serré les dents, les larmes que l’on n’ a pas voulu verser sont comme dans un congélateur et tout à coup, le temps passant, il n’y a plus de place et à la moindre tentative d’en rajouter, tout ruisselle. Je me liquéfie.

Je me demande un instant quel est ce monde où l’on souffre tant. Je me demande si nous ne sommes pas élevés par des êtres supérieurs invisibles pour qui nous produisons des émotions et qui s’en délectent. Après tout, les vaches ne savent pas qu’on les élève pour les manger. Ce sont peut-être des Idées dans le vaste ciel qui ont besoin de chair et qui se couchent sur nous, invisibles, quand nous pleurons. Se délectant elles aussi de la Traviata.

Ou bien, autre solution, nous nous croyons vivants mais nous sommes morts. C’est ici-bas un cercle de l’enfer de Dante. Un des moins épouvantables. Nous devons y expier des fautes pour lesquelles nous avons déjà payé pendant des milliards d’années. Nous étions déjà en Enfer du temps des dinosaures. Et là, on s’approche de la fin . Voilà pourquoi nous avons des mains, des lèvres et de l’amour. Plus un ciel bleu et des fleurs. Un encouragement à être sages pour en finir, vite, enfin aller au paradis !

Les soleils couchants

Revêtent les champs

Les canaux, la ville entière

De Hyacynthe et d’or.

Le monde s’endort

Dans une chaude lumière

Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

 

 Je me remets à peine de mes larmes quand mon fils Walter s’approche du cercueil pour lire un texte qu’il a écrit. Il va réussir cet exploit de mettre de la joie et de l’humour au milieu de tant de chagrin.

Ah ! Oui, j’ai oublié de vous le dire : Daniel est mort un 1 avril.

 

Cher papa,

Tu nous impressionnes. Tu nous as quittés un premier avril. Il fallait le faire ! Il y a 365 jours dans l’année. Sur ces 365 jours, il y en a un, un seul de drôle et c’est celui-là que tu as choisi.

Je reconnais là ton sens de l’humour. Je trouve que c’est un jour qui te va bien, en tout cas plus que si tu avais choisi celui d’un saint !

Après des repas fastueux, après avoir échangé nos convictions philosophiques et religieuses, tu disais : « Moi, je suis athée. Je ne crois pas en l’immortalité. » Eh bien je crois qu’en choisissant ce jour tu nous as prouvé le contraire, tout en restant athée, ce qui est assez exceptionnel.

Ben oui, parce qu’avec cette date il y aura toujours quelqu’un qui mettra en doute cette affaire : « Quoi Daniel décédé un premier avril ! Mon oeil ! Ce n’est pas possible ! Je n’y crois pas ! »

Si ça ce n’est pas une forme d’immortalité !

Tu me disais que tu étais content de ta vie et que tu pensais l’avoir réussie, eh bien je crois que si tu étais là, tu dirais avec un grand sourire que tu as réussi ta fin. Et là-dessus je crois que tout le monde est d’accord !

 

La cérémonie se termine. Il pleut. Il n’ y a pas de livre de condoléances. Ce n’était pas compris dans le forfait. Pour 3800 euros, on ne peut pas tout avoir.

Nous nous séparons pour nous retrouver une heure après et manger ensemble. Ces fameux repas d’enterrement où les vivants sont heureux de ne pas être morts.

En attendant il me faut passer chez moi où ma mère est en train de mourir.

Il y a des périodes comme ça.

Heureusement qu’en ce moment, pour la première fois engagée politiquement, je suis toute à la joie de voir mon pays se réveiller. Avoir des projets. Parler enfin d’amour. Je vis des instants d’intense poésie. Sur ma voiture un auto-collant : Jean-Luc Mélenchon. Prenez le pouvoir…

 

Sur la route j’écoute l’Alleluia du « Requiem » de Mozart.

Il pleut. Je pleure. Je pleure . Il pleut.

Un coup d’essuie-glace.

Et le soleil au sommet de la route.


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254 réactions à cet article    


  • Carmina Rougevif Carmina Rougevif 30 avril 2012 10:09

    Bisous. <3


    • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 10:12

      Merci de tout coeur.


    • latortue latortue 30 avril 2012 10:13

      Condoléances .
      mais certains moments pénibles de la vie devraient se garder pour soi ,comme un jardin secret ,un sillon triste dans sa mémoire,les vivres est asses difficile comme ça, les partager avec sa famille proche est une merveille de rapprochement d’amour et de réconfort ,mais les dévoiler a des étrangers n’apporte rien ,c’est un peu comme .........un manque de pudeur .


      • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 30 avril 2012 10:32

        C’est souvent vrai, Latortue, mais ici Ariane Walter fait travail d’écriture. D’ailleurs le décès date du 1er avril et nous sommes un mois plus tard. Ce n’est pas un défoulement impudique. Ariane ne parle pas de sa seule expérience, mais aborde une question universelle à travers un cas particulier. Ce texte nous renvoie à nous-même. 

        Tous, nous verrons nos parents et nos amis mourir, et nous mourrons à notre tour. C’est la seule chose arrivant dans les romans et les films qui nous arrivera aussi à coup sûr dans la vie réelle. Vérifions que notre philosophie de l’existence tient compte de cette réalité. 

      • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 10:40

        La tortue,

        J’ai bien pensé , évidemment, que ce reproche d’impudeur me serait adressé. J’ai hésité à publier ce texte, vous vous en doutez.
        mais parler de la mort des siens est un thème commun.
        je me souviens d’un très beau livre d’Annie Ernaux sur la mort de sa mère.
        je remercie Gaspard de la nuit de vous répondre en des termes qui me touchent.

        Il y a dans le deuil de tous un nécessaire partage. J’ai voulu parler de cette mort « moderne » que je découvrais. De la multiplicité des sentiments qui nous animent.De ces instants où nous sommes bousculés.
        On peut me reprocher la photo.

        Mais elle est pour moi le St Graal de l’avenir.
        La défense que la présence des uns oppose à la disparition des autres.

        Parler de soi est toujours gênant.
        Hugo, à qui on faisait ce reproche après la mort de sa fille Léopoldine avait répondu :

        « Moi qui parle de moi, je suis toi. » (La citation est inexacte.)


      • latortue latortue 30 avril 2012 10:53

        désolé mais c’est ce que je pense que vous ne soyez pas de mon avis c’est votre droit le plus complet ,certains moments de la vie se vivent dans l’intimité de sa famille et de ses amis ,et le fait de les étaler au grand jour pour faire comme vous dite ’’un travail d’écriture’’ c’est un peu comme faire un beau mot a tout prix ,étaler a la face du monde son chagrin ,mettre en scène sa famille ,désolé ça c’est une chose que je ne ferai jamais .
        Maintenant si ça peu apporter quelques chose a Ariane tant mieux ,mais permettez moi d’en douter faire son deuil ne signifie pas de l’étaler aux yeux de tout le monde .


      • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 11:02

        La Tortue,

        Ce sera ma dernière intervention.
        je vois que nous ne sommes pas d’accord.
        Ne nous heurtons pas ;

        Mais il n’ y a que ça dans toutes les civilisations, dans toutes les religions : étaler son deuil aux yeux du monde, de son village, de son pays,au yeux de l’histoire. et les pyramides, et les mausolées, et les élégies, et la littérature auto-biographique romantique.
        C’est une tradition aussi vieille que la mort.
         


      • lemouton lemouton 30 avril 2012 11:04

        Bonjour Gaspardnocturne


        C’est souvent vrai, Latortue, mais ici Ariane Walter fait travail d’écriture. D’ailleurs le décès date du 1er avril et nous sommes un mois plus tard. Ce n’est pas un défoulement impudique. Ariane ne parle pas de sa seule expérience, mais aborde une question universelle à travers un cas particulier. Ce texte nous renvoie à nous-même. 

        rien à rajouter si ce n’est +1..

        encore un trés beau texte Ariane.... smiley
        et j’espère qu’un jour il fera partie d’une compilation...



      • latortue latortue 30 avril 2012 11:05

        Désolé Ariane que vous le preniez comme ça, mais vous n’êtes pas Victor Hugo qui écrivait dans contemplation ’’quand je vous parle de moi je vous parle de vous ’’
        je n’apprécie pas cette façon de faire et je vous le dit c’est tout ,et je ne pense pas être le seul .Quand certains qui ont des articles interessant ne peuvent pas les faire paraitre ,que la modération laisse passer ce genre d’article qui n’apporte rien mais alors rien du tout me désole point
        bonne journée


      • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 11:12

        La citation exacte est « Ah ! Insensé qui crois que je suis pas toi ». Je la connaissais, mais j’ai voulu gommer « Insensé » !!!


      • Traroth Traroth 30 avril 2012 11:20

        @latortue : personne ne vous oblige à lire ce texte. Dès le titre et la première phrase, le sujet est clairement exposé. A vous de décider si vous voulez le lire ou non !


      • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 11:21

        Merci au petit mouton poétique !

        Et pourquoi n’aurais-je pas ma « compil » ,en effet ?
        il y a bien des albums photos. Pourquoi pas des albums de mots ?

        Une parenthèse sur l’origine du mot « album »
        Quand j’ai appris le sens de ce mot, j’en ai été charmée ;
        Il vient du latin « alba » (aube) qui signifie blanc.
        Un album, c’est donc la page blanche sur laquelle tout va s’inscrire.

        Une sorte de virginité que nous allons embellir ou gâcher.
        Cela dépend de nous.


      • latortue latortue 30 avril 2012 12:13

        Malgrés que nous ne soyons pas en accord ,je vous offre ce poeme de Verlaine ,
        sans rancune ,et je laisse aboyer,ceux qui ne peuvent comprendre qu’on exprime un point de vue différent sans pour autant ressentir de la haine .

        Il pleure dans mon coeur
        Comme il pleut sur la ville ;
        Quelle est cette langueur
        Qui pénètre mon coeur ?

        Ô bruit doux de la pluie
        Par terre et sur les toits !
        Pour un coeur qui s’ennuie,
        Ô le chant de la pluie !

        Il pleure sans raison
        Dans ce coeur qui s’écoeure.
        Quoi ! nulle trahison ?...
        Ce deuil est sans raison.

        C’est bien la pire peine
        De ne savoir pourquoi
        Sans amour et sans haine
        Mon coeur a tant de peine


      • Carmina Rougevif Carmina Rougevif 30 avril 2012 13:18

        C’est votre acharnement et votre bêtise qui sont impudiques. Attention, ici, en france, l’écriture est interdite à quiconque n’est pas Victor Hugo !


      • latortue latortue 30 avril 2012 13:46

        carmina qui fait preuve de bêtise ici ,vous et votre réflexion déplacée,désolé le beurrage de tartine c’est pas mon fort ,on ne me fait pas de cadeau je n’en fais pas ,il vaut mieux avoir a faire a des gens honnêtes qui disent ce qu’ils pensent sans ambages, qu’a des mielleux dégoulinants de contrition et de condescendance ,a moins bien sur d’adorer ça et d’en faire sa nourriture quotidienne ce qui n’est pas mon cas .
        merci a bientôt surement !!!!!!!!!!!!!


      • Corinne Colas Corinne Colas 30 avril 2012 17:00

        A vous, cela n’apporte rien mais à l’auteur, cela apporte un peu alors pourquoi s’y opposer ? Il s’agit bien ici de refuser au contraire : « un sillon triste dans sa mémoire ». Trop de pudeur nuit à l’humanité. 


      • Mais Ariane Walter, les disparus qui étaient chers, demeurent à jamais vivants en nous. Il suffit de les appeler quelquefois pour les voir surgir du tréfonds de notre mémoire, toujours souriants et pleins d’énergie.
        A une seule condition toutefois : n’avoir jamais assisté aux derniers jours de leur déchéance.
        Il est fortement regrettable dans nos sociétés d’avoir toujours évité de nous dire, dès l’enfance, que les deux seules vérités sur terre étaient justement la naissance et la mort. Et qu’on ait oublié de nous apprendre comment aborder ou acccompagner le grand départ.
        Pourquoi pas en chantant et dansant comme font certains ou en festoyant entre parents et amis en évoquant toujours dans la joie le disparu, comme on fait chez moi.
        Et puis si vous, moi et les autres, parlions un peu plus souvent de la vie, en utilisant si possible la meilleure de nos propres plumes. Comme vous le faites vous même sur d’autres sujets. 


      • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 01:18

        Corinne,

        oui, j’ai hésité à demander la publication de ce texte mais les réactions qu’il a suscitées ne me le font pas regretter au contraire. Car il y a eu bcp de sincérité entre nous.

        henri,

        Oui, je suis très sensible à la présence des morts autour de moi. Il y a une rêverie que je me donne parfois et que j’adore. c’est le matin quand je me réveille. Je rêve que je me réveille dans un village inconnu. je suis dans une chambre et dehors sur la terrasse je sais qu’il y a mes morts qui parlent en riant. Comme un matin d’été, quand on est un peu paresseux et que ceux qu’on aime sont déjà debout et rient dans les premières heures de la matinée.
        Quel immense apaisement.

        Merci à tous deux pour vos commentaires.


      • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 30 avril 2012 10:20

        1)
        Je ne parviens pas à comprendre la signification et la finalité de ce texte. Merci de m’expliquer.
        2)
        En fin de texte, la référence à Mélenchon me paraît déplacée, incongrue.
        3)
        La narratrice, Ariane Walter, écrit à la première personne.
        Elle est l’ex-épouse du défunt, Daniel.
        De lui, elle a eu deux enfants : Walter et Ariane.
        D’un autre homme, ou deux autres, elle a eu deux autres enfants : Grégory et Anna-Eva.
        Sur la photo, figurent Ariane Walter et ses quatre enfants : Walter, Ariane, Grégory et Anna-Eva.
        Question :
        « Ariane Walter » est-il un pseudonyme composé des prénoms des deux enfants aînés de l’auteur ?
        4)
        Mes excuses pour mon incompréhension.


        • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 10:32

          jean-Pierre : c’est un faire-part de décès.
          Un faire-part de décès plus personnel que ceux que l’on publie dans la presse.

          Ariane Walter est un pseudo composé , en effet , avec les noms de mes deux aînés.

          Mélenchon, à la fin, était dans ma pensée ce jour-là.
          C’est ce qu’on appelle « un paysage intérieur ».


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 30 avril 2012 10:53

            Je souhaite que votre démarche constitue une judicieuse thérapie pour vous.

            ============================================================


            Puis-je espérer une réponse au message suivant ?

            http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/extreme-droite-ou-extreme-droite-115728
            Pour Ariane Walter 
            (xxx.xxx.xxx.145) 28 avril 13:31
            Pour ou contre l’ouverture d’esprit ?
            Pour ou contre de nouvelles propositions ?
            Seriez-vous contre les deux ainsi que le laisse supposer votre commentaire ci-dessous ?

            Proposition LLABRÉS :
            Le programme de Mélenchon en 8 mn chrono
            12 mars 14:27

            12 mars 14:58, par Ariane Walter
            http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-programme-de-melenchon-en-8-mn-112265
            Jean-Pierre,
            Votre proposition ne manque pas d’intérêt mais je dois l’étudier plus attentivement avant de la commenter. je dirai que l’essentiel est qu’il y ait un partage équitable des richesses.
            Par Jean-Pierre Llabrés (xxx.xxx.xxx.82) 15 avril 14:06
            Avez-vous eu suffisamment de temps pour étudier ma proposition et vous trouver en capacité de la commenter ?


          • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 10:57

            Jean-Pierre,

            Je vous avoue que je ne l’ai pas fait. Veuillez m’en excuser. cette période électorale a été très prenante.


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 30 avril 2012 11:07

            Par Ariane Walter (xxx.xxx.xxx.145) 30 avril 10:57
            Si vous poursuivez dans cette voie, vous ne pourrez que continuer à répéter inlassablement et inutilement :
            « Nous vivons une époque de confusion qui n’a aucune nouvelle terre pour pouvoir s’échapper et reconstruire. »
            P.S. : au sujet des nouvelles propositions en tout genre, dont la mienne.
            « Que je puisse être éventuellement dans l’erreur ne vous donnerait pas nécessairement raison »
            (George Smiley, héros de John Le Carré)


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 30 avril 2012 11:39

            Pensées Des Morts

             par Georges Brassens 

            Voilà les feuilles sans sève
            qui tombent sur le gazon
            voilà le vent qui s’élève
            et gémit dans le vallon
            voilà l’errante hirondelle
            qui rase du bout de l’aile
            l’eau dormante des marais
            voilà l’enfant des chaumières
            qui glane sur les bruyères
            le bois tombé des forêts

            C’est la saison où tout tombe
            aux coups redoublés des vents
            un vent qui vient de la tombe
            moissonne aussi les vivants
            ils tombent alors par mille
            comme la plume inutile
            que l’aigle abandonne aux airs
            lorsque des plumes nouvelles
            viennent réchauffer ses ailes
            à l’approche des hivers

            C’est alors que ma paupière
            vous vit palir et mourir
            tendres fruits qu’à la lumière
            dieu n’a pas laissé murir
            quoique jeune sur la terre
            je suis dejà solitaire
            parmi ceux de ma saison
            et quand je dis en moi-même
            « où sont ceux que ton cœur aime ? »
            je regarde le gazon

            C’est un ami de l’enfance
            qu’aux jours sombres du malheur
            nous preta la providence
            pour appuyer notre cœur
            il n’est plus : notre âme est veuve
            il nous suit dans notre épreuve
            et nous dit avec pitié
            « Ami si ton âme est pleine
            de ta joie ou de ta peine
            qui portera la moitié ? »

            C’est une jeune fiancée
            qui, le front ceint du bandeau
            n’emporta qu’une pensée
            de sa jeunesse au tombeau
            Triste, hélas ! dans le ciel même
            pour revoir celui qu’elle aime
            elle revient sur ses pas
            et lui dit : « ma tombe est verte !
            sur cette terre déserte
            qu’attends-tu ? je n’y suis pas ! »

            C’est l’ombre pâle d’un père
            qui mourut en nous nommant
            c’est une sœur, c’est un frère
            qui nous devance un moment
            tous ceux enfin dont la vie
            un jour ou l’autre ravie,
            enporte une part de nous
            murmurent sous la pierre
            « vous qui voyez la lumière
            de nous vous souvenez vous ? »

            Voilà les feuilles sans sève
            qui tombent sur le gazon
            voilà le vent qui s’élève
            et gémit dans le vallon
            voilà l’errante hirondelle
            qui rase du bout de l’aile
            l’eau dormante des marais
            voilà l’enfant des chaumières
            qui glane sur les bruyères
            le bois tombé des forêts



          • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 11:53

            merci jean-Pierre,

            Brassens est pour moi un des plus grands poètes du 20 ème siècle. Je l’écoute souvent quand je voyage en voiture. Et cette chanson, magnifique, est parmi mes préférées.
            Je vais me la mettre sur deezer, d’ailleurs.


          • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 12:01

            J-Pierre :

            Pourquoi ce nom ?
            Parce qu’il est musical.
            Ensuite souvent les parents donnent leur prénom aux enfants et j’ai trouvé original de faire le contraire.

            Mais la racine exacte. Le moment du choix a disparu. je ne m’en souviens pas.


          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 30 avril 2012 13:21
            Pour Ariane Walter (xxx.xxx.xxx.145) 30 avril 12:01
            « Pourquoi ce nom ? »

            Je crois que vous avez fait un contresens.
            Veuillez regarder le lien de mon commentaire « Erratum », SVP.


          • trobador 30 avril 2012 16:16

            Jean-Pierre,


            C’est un poème de Alphonse de Lamartine mis en musique par Georges Brassens.



          • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 30 avril 2012 21:03

            Par trobador (xxx.xxx.xxx.16) 30 avril 16:16

            J’aurais pourtant juré mordicus que le poème mis en musique par Brassens était d’Alphonse de Lamartine !


          • trobador 30 avril 2012 21:52

            Faisons-nous un petit plaisir alors.

            Le poème dans son intégralité : (pensée et non pensées)


            Pensée des morts

            Voilà les feuilles sans sève
            Qui tombent sur le gazon,
            Voilà le vent qui s’élève
            Et gémit dans le vallon,
            Voilà l’errante hirondelle . 
            Qui rase du bout de l’aile :
            L’eau dormante des marais,
            Voilà l’enfant des chaumières
            Qui glane sur les bruyères
            Le bois tombé des forêts.

            L’onde n’a plus le murmure ,
            Dont elle enchantait les bois ;
            Sous des rameaux sans verdure.
            Les oiseaux n’ont plus de voix ;
            Le soir est près de l’aurore,
            L’astre à peine vient d’éclore
            Qu’il va terminer son tour,
            Il jette par intervalle
            Une heure de clarté pâle
            Qu’on appelle encore un jour.

            L’aube n’a plus de zéphire
            Sous ses nuages dorés,
            La pourpre du soir expire
            Sur les flots décolorés,
            La mer solitaire et vide
            N’est plus qu’un désert aride
            Où l’oeil cherche en vain l’esquif,
            Et sur la grève plus sourde
            La vague orageuse et lourde
            N’a qu’un murmure plaintif.

            La brebis sur les collines
            Ne trouve plus le gazon,
            Son agneau laisse aux épines
            Les débris de sa toison,
            La flûte aux accords champêtres
            Ne réjouit plus les hêtres
            Des airs de joie ou d’amour,
            Toute herbe aux champs est glanée :
            Ainsi finit une année,
            Ainsi finissent nos jours !

            C’est la saison où tout tombe
            Aux coups redoublés des vents ;
            Un vent qui vient de la tombe
            Moissonne aussi les vivants :
            Ils tombent alors par mille,
            Comme la plume inutile
            Que l’aigle abandonne aux airs,
            Lorsque des plumes nouvelles
            Viennent réchauffer ses ailes
            A l’approche des hivers.

            C’est alors que ma paupière
            Vous vit pâlir et mourir,
            Tendres fruits qu’à la lumière
            Dieu n’a pas laissé mûrir !
            Quoique jeune sur la terre,
            Je suis déjà solitaire
            Parmi ceux de ma saison,
            Et quand je dis en moi-même :
            Où sont ceux que ton coeur aime ?
            Je regarde le gazon.

            Leur tombe est sur la colline,
            Mon pied la sait ; la voilà !
            Mais leur essence divine,
            Mais eux, Seigneur, sont-ils là ?
            Jusqu’à l’indien rivage
            Le ramier porte un message
            Qu’il rapporte à nos climats ;
            La voile passe et repasse,
            Mais de son étroit espace
            Leur âme ne revient pas.

            Ah ! quand les vents de l’automne
            Sifflent dans les rameaux morts,
            Quand le brin d’herbe frissonne,
            Quand le pin rend ses accords,
            Quand la cloche des ténèbres
            Balance ses glas funèbres,
            La nuit, à travers les bois,
            A chaque vent qui s’élève,
            A chaque flot sur la grève,
            Je dis : N’es-tu pas leur voix ?

            Du moins si leur voix si pure
            Est trop vague pour nos sens,
            Leur âme en secret murmure
            De plus intimes accents ;
            Au fond des coeurs qui sommeillent,
            Leurs souvenirs qui s’éveillent
            Se pressent de tous côtés,
            Comme d’arides feuillages
            Que rapportent les orages
            Au tronc qui les a portés  !

            C’est une mère ravie
            A ses enfants dispersés,
            Qui leur tend de l’autre vie
            Ces bras qui les ont bercés ;
            Des baisers sont sur sa bouche,
            Sur ce sein qui fut leur couche
            Son coeur les rappelle à soi ;
            Des pleurs voilent son sourire,
            Et son regard semble dire :
            Vous aime-t-on comme moi ?

            C’est une jeune fiancée
            Qui, le front ceint du bandeau,
            N’emporta qu’une pensée
            De sa jeunesse au tombeau ;
            Triste, hélas ! dans le ciel même,
            Pour revoir celui qu’elle aime
            Elle revient sur ses pas, 
            Et lui dit : Ma tombe est verte !
            Sur cette terre déserte
            Qu’attends-tu ? Je n’y suis pas !

            C’est un ami de l’enfance,
            Qu’aux jours sombres du malheur
            Nous prêta la Providence
            Pour appuyer notre cœur ;
            Il n’est plus ; notre âme est veuve,
            Il nous suit dans notre épreuve
            Et nous dit avec pitié :
            Ami, si ton âme est pleine,
            De ta joie ou de ta peine
            Qui portera la moitié ?

            C’est l’ombre pâle d’un père
            Qui mourut en nous nommant ;
            C’est une soeur, c’est un frère,
            Qui nous devance un moment ;
            Sous notre heureuse demeure,
            Avec celui qui les pleure,
            Hélas ! ils dormaient hier  !
            Et notre coeur doute encore,
            Que le ver déjà dévore
            Cette chair de notre chair !

            L’enfant dont la mort cruelle
            Vient de vider le berceau,
            Qui tomba de la mamelle
            Au lit glacé du tombeau ;
            Tous ceux enfin dont la vie
            Un jour ou l’autre ravie,
            Emporte une part de nous,
            Murmurent sous la poussière  :
            Vous qui voyez la lumière,
            Vous souvenez-vous de nous ?

            Ah  ! vous pleurer est le bonheur suprême
            Mânes chéris de quiconque a des pleurs !
            Vous oublier c’est s’oublier soi-même  : 
            N’êtes-vous pas un débris de nos coeurs ? 

            En avançant dans notre obscur voyage,
            Du doux passé l’horizon est plus beau,
            En deux moitiés notre âme se partage,
            Et la meilleure appartient au tombeau !

            Dieu du pardon ! leur Dieu ! Dieu de leurs pères !
            Toi que leur bouche a si souvent nommé  !
            Entends pour eux les larmes de leurs frères !
            Prions pour eux, nous qu’ils ont tant aimé !

            Ils t’ont prié pendant leur courte vie,
            Ils ont souri quand tu les as frappés !
            Ils ont crié : Que ta main soit bénie !
            Dieu, tout espoir ! les aurais-tu trompés ?

            Et cependant pourquoi ce long silence  ?
            Nous auraient-ils oubliés sans retour ?
            N’aiment-ils plus ? Ah ! ce doute t’offense !
            Et toi, mon Dieu, n’es-tu pas tout amour  ?

            Mais, s’ils parlaient à l’ami qui les pleure,
            S’ils nous disaient comment ils sont heureux,
            De tes desseins nous devancerions l’heure,
            Avant ton jour nous volerions vers eux.

            Où vivent-ils ? Quel astre, à leur paupière
            Répand un jour plus durable et plus doux ?
            Vont-ils peupler ces îles de lumière ?
            Ou planent-ils entre le ciel et nous ?

            Sont-ils noyés dans l’éternelle flamme ?
            Ont-ils perdu ces doux noms d’ici-bas,
            Ces noms de soeur et d’amante et de femme ?
            A ces appels ne répondront-ils pas ?

            Non, non, mon Dieu, si la céleste gloire
            Leur eût ravi tout souvenir humain,
            Tu nous aurais enlevé leur mémoire ;
            Nos pleurs sur eux couleraient-ils en vain  ?

            Ah ! dans ton sein que leur âme se noie !
            Mais garde-nous nos places dans leur cœur ;
            Eux qui jadis ont goûté notre joie,
            Pouvons-nous être heureux sans leur bonheur ?

            Etends sur eux la main de ta clémence,
            Ils ont péché ; mais le ciel est un don !
            Ils ont souffert ; c’est une autre innocence !
            Ils ont aimé ; c’est le sceau du pardon !

            Ils furent ce que nous sommes,
            Poussière, jouet du vent !
            Fragiles comme des hommes,
            Faibles comme le néant !
            Si leurs pieds souvent glissèrent,
            Si leurs lèvres transgressèrent
            Quelque lettre de ta loi,
            Ô Père ! ô juge suprême !
            Ah ! ne les vois pas eux-mêmes,
            Ne regarde en eux que toi !

            Si tu scrutes la poussière,
            Elle s’enfuit à ta voix !
            Si tu touches la lumière,
            Elle ternira tes doigts !
            Si ton oeil divin les sonde,
            Les colonnes de ce monde
            Et des cieux chancelleront :
            Si tu dis à l’innocence :
            Monte et plaide en ma présence !
            Tes vertus se voileront.

            Mais toi, Seigneur, tu possèdes
            Ta propre immortalité !
            Tout le bonheur que tu cèdes
            Accroît ta félicité !
            Tu dis au soleil d’éclore,
            Et le jour ruisselle encore !
            Tu dis au temps d’enfanter,
            Et l’éternité docile,
            Jetant les siècles par mille,
            Les répand sans les compter !

            Les mondes que tu répares
            Devant toi vont rajeunir,
            Et jamais tu ne sépares
            Le passé de l’avenir ;
            Tu vis ! et tu vis ! les âges,
            Inégaux pour tes ouvrages,
            Sont tous égaux sous ta main ;
            Et jamais ta voix ne nomme,
            Hélas ! ces trois mots de l’homme :
            Hier, aujourd’hui, demain !

            Ô Père de la nature,
            Source, abîme de tout bien,
            Rien à toi ne se mesure,
            Ah ! ne te mesure à rien !
            Mets, à divine clémence,
            Mets ton poids dans la balance,
            Si tu pèses le néant !
            Triomphe, à vertu suprême !
            En te contemplant toi-même,
            Triomphe en nous pardonnant !



          • trobador 30 avril 2012 22:06

            mais c’est par Brassens que j’ai connu ce poème. Alphonse de Lamartine, la particule et tout ça, cela ne m’inspirait pas hélas.


          • Abou Antoun Abou Antoun 1er mai 2012 08:44

            Eh oui, Brassens a mis en musique Lamartine et Victor Hugo qui avaient atteint la notoriété sans lui.
            Mais il a aussi beaucoup contribué à rendre célèbres Francis Jammes, Paul Fort, Jean Richepin, Gustave Nadaud.
            Auteur compositeur, Tonton Georges était surtout un grand lecteur.


          • Fergus Fergus 30 avril 2012 10:44

            Bonjour, Ariane.

            Sincèrement désolé pour toi et pour tes proches. Mais je crains qu’avec ce texte, tu n’aies confondu AgoraVox avec Facebook.

            Cordialement.


            • Yohan Yohan 30 avril 2012 14:00

              D’accord avec Fergus. Ariane, après nous avoir pondu quantité d’aticles à la gloire de Méluche s’arroge le droit de nous déballer ses choses personnelles sur ce site. Manuqe plus qu’elle nous raconte ses vacances à Cuba


            • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 14:05

              Johan,

              Je suis justement en train de finir un article sur mes vacances à Cuba.
               Mais vous avez oublié de dire que j’avais déjà raconté mes vacances en Thaïlande !!!
              le vice ne passe pas !


            • morice morice 30 avril 2012 18:33

              infect personnage, ce scaphandrier.


            • Attilax Attilax 30 avril 2012 23:16

              Elle écrit en « Tribune Libre ». Comme son nom l’indique, elle peut y écrire ce qu’elle y désire, sous réserve que ce soit publié. Personne ne vous oblige à les lire.
              Merci Ariane pour cette tranche de vie. Je me suis posé les mêmes questions aux mêmes moments il y a peu...
              Fraternités.


            • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 01:21

              Merci Attilax de cette aimable mise au point....


            • citoyenrené citoyenrené 30 avril 2012 10:52

              touché par votre texte et le fond des choses qu’il pointe, même si l’on ne se connait pas, et avec retard, toutes mes condoléances et amitiés

              au risque d’être à côté de votre texte et de ce qu’il signifie,

              un « cadeau » qui je l’espère vous fera plaisir :

              ayant suivi avec passion les exposés de l’historien Henri Guillemin sur la Commune de Paris de 1871 et sur le gangster Bonaparte, j’ai trouvé ce week end une conférence du même Guillemin sur ROBESPIERRE,

              je cherchais cela pour comprendre pourquoi JL Mélenchon l’avait cité...sans être historien, je comprend aujourd’hui plus qu’hier l’importance et le relief historique du combat du Front de Gauche et de son porte drapeau

              bref, le lien vers cette conférence donnée au CERN en 1971

              http://cdsweb.cern.ch/record/902811

              désolé de répondre à côté du sujet, mais je suis sûr que cette conférence vous touchera positivement, peut être la connaissiez vous ou connaissiez cette période de l’Histoire avec précision


              • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 10:55

                Non, citoyen René,je ne connais pas cette période avec précision et je vous remercie de ce cadeau que je découvrirai avec grand plaisir car rien ne vaut une bonne lecture pour nous requinquer !!.


              • pissefroid pissefroid 30 avril 2012 18:49

                Citoyenrené, je viens d’écouter cette conférence et je ne regrette pas les deux heures d’écoute. Henri guillemin est un historien remarquable.
                Je le connaissais pour en avoir entendu parler au sujet de bonaparte.
                Cette conférence me conforte dans la bonne image que j’ai de Robespierre.


              • citoyenrené citoyenrené 1er mai 2012 17:14

                Pissefroid,

                je voudrais répondre avec le respect et la politesse qui conviennent, mais tout de même « Pissefroid » n’est pas la meilleure entrée en matière, sauf à en saisir l’inverse de chaude-pisse

                bref, excusez moi si ce n’est pas marrant,

                si cette conférence vous a plus, il est possible que la série 15*30min sur la Commune de Paris de 1871 vous plaise aussi

                quant à la série sur le gangster Bonaparte, elle m’a aussi beaucoup intéréssé, de même que l’ensemble du travail d’Henri Guillemin

                en tout cas, content si cette conférence vous a plu, enfin, que ça ma plaise à moi, on s’en fout, quel dommage que le sieur Guillemin ne soit plus pour lui adresser ces remerciements


              • citoyenrené citoyenrené 1er mai 2012 17:22

                ouh la faute

                « si cette conférence vous a plu » pas « plus »....décadence


              • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 10:52

                Fergus,

                Quel mépris...
                C’est une forme d’insulte qui traduit bien autre chose.
                Agoravox est une plate-forme libre. Encore.


                • lemouton lemouton 30 avril 2012 11:09

                  Quel mépris... 
                  C’est une forme d’insulte 


                   —> non.. non.. ne vous fachez pas... 
                  je pense simplement Fergus un peu maladroit, dans la circonstance...

                • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 11:13

                  Oui, ma réponse est cassante. Mais la sienne très maladroite ,en effet.


                • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 11:14

                  Tirons un trait.


                • Fergus Fergus 30 avril 2012 12:01

                  @ Ariane.

                  Désolé que tu le prennes ainsi car mon étonnement n’a rien à voir avec un quelconque mépris.

                  Certes, les problèmes que tu soulèves dans ce texte, et les sentiments que ce drame peut engendrer, dépassent le cas personnel et par conséquent puevent donner lieu à une réflexion plus générale. Mais ce n’est pas l’angle qu tu as choisi en donnant des détails très personnels et en illustrant l’article avec une photo de famille.

                  Jamais encore je ne me souviens avoir vu sur ce site un texte de cette nature, et j’en suis surpris, tout simplement. Mais encore une fois, n’y vois pas la moindre marque de mépris.

                  Bonne journée.


                • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 12:24

                  Fergus,

                  je te remercie de ce mot.

                  Mais la nouveauté, pourquoi pas ?


                • Fergus Fergus 30 avril 2012 12:45

                  @ Ariane.

                  Pourquoi pas, en effet ? Quoi qu’il en soit, je te renouvelle toute ma sympathie en ces pénibles circonstances.


                • Decaplan 1er mai 2012 07:16

                  Toutes mes pensées et compréhension vont à Ariane. Merci Ariane pour ce beau et authentique exercice d’écriture. Parce que inhabituelle sur ce site, votre démarche est, bien au contraire, une source d’enrichissement pour lui.

                  Je n’y vois aucune indécence, seulement une tentative de graver et partager ce moment fort, tissé d’une infinité de sentiments contradictoires et éphémères dans des mots. Vous le faites d’une manière admirable. Qui n’a pas vécu de pareils moments ? Qui n’a pas éprouvé le besoin d’en analyser les impressions et les partager avec ceux dont ils supposent l’empathie acquise ?

                  Notre vie, nos échanges, nos posts sur Agoravox sont faits de violence. Une violence qui atteint un degré tel que les mots n’arrivent plus à la qualifier que par des insultes, vrai aveu de faiblesse de notre part. Un peu d’humanité me paraît être la seule voie raisonnable envisageable.

                  Merci Ariane


                • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 09:00

                  Bonjour Decaplan,

                  Je lis votre post ce matin premier mai et j’en ai les larmes aux yeux. Parce qu’il me concole des craintes que j’ai eues et me témoigne ce sentiment d’encouragement et d’amour dont nous avons tant besoin dans nos vies.
                  Les critiques et les manifestations de haine que je rencontre parfois sur ce site, je les prends avec la décontraction d’un adulte qui lève les yeux au ciel et passe à autre chose.Nous sommes ici sur un lieu de (petit)pouvoir et cela ne pardonne pas.

                  je vous dirai que je n’ai pas fait de calcul particulier en me disant « tu vas écrire ça » car je ne suis (hélas !) absolument pas calculatrice mais au contraire instinctive, spontanée. ce qui ne veut pas dire pour autant que mes décisions soient toujours excellentes.Mais là, je crois que j’ai voulu retrouver ce désir au demeurant simple de partager ma peine et ma vie, Un autre deuil aussi qui est celui de bien des adultes éloignés de leurs enfants.C’était un peu comme un cadeau. Vous le prenez pour tel et je vous en remercie vivement.


                • lemouton lemouton 30 avril 2012 11:24

                  C’est fou comme les punaises frontistes rappliquent dès qu’elles voient afficher le nom d’Arianne Walter..

                  à l’affût pour moinser la moindre syllabe postée.... 
                   trés marrant... smiley

                  • Traroth Traroth 30 avril 2012 11:35

                    Oui, je me faisais la même remarque. Tous les prétextes sont bons. Ce texte est beau, très digne, émouvant, mais pour certains, critiquer frénétiquement sur - est la seule chose qui compte.


                  • Traroth Traroth 30 avril 2012 11:44

                    « cliquer frénétiquement »*


                  • appoline appoline 30 avril 2012 12:34

                    Détrompez vous, on peut ne pas être d’accord avec quelqu’un mais la perte d’un être cher est toujours une épreuve douloureuse.


                    Je suis désolée pour vous Ariane, condoléances à vous et vos enfants.

                  • BOBW BOBW 30 avril 2012 18:13

                    Effectivement ils me rappellent d’ailleurs l’horrible expression qui donne envie de vomir  qu’a osé prononcer leur« Gourou » dont le nom écorche mon oreille.   smiley


                    Un « Détail de l’Histoire » 

                  • Traroth Traroth 30 avril 2012 11:28

                    Merci pour ce texte qui permet à chacun d’entre nous de se souvenir de ceux qu’il a perdu et de se replacer dans la perspective du cycle de la vie et de la mort, qui peut sembler si insensé.


                    • Traroth Traroth 30 avril 2012 11:38

                      Je vous présente toutes mes condoléances, Ariane. Courage, le temps des cerises reviendra.


                    • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 01:28

                      Merci beaucoup Traroth. Certains s’expriment. D’autres pas. Mais ces heures-là, nous les connaissons tous. Et nous sommes obligés, aussi rudes soient-elles de les affronter. Quand ma fille Anna-Eva , en 2005, a perdu son fiancé qui avait trente ans, après un cancer qui avait duré trois ans, là, l’effroi était autre. Nous sommes traversés par ces peines comme par des lances.
                      Mais il nous faut faire face pour nous apercevoir un jour, incroyablement que ces morts horribles, ces absences infinies sont aussi des pensées douces. Il y a eu cicatrisation de la blessure qui emportait tout.
                      Etrangeté.


                    • morice morice 30 avril 2012 11:28

                      Les gens qui meurent, Ariane, vous montrent ce que vous êtes réellement, toujours : ils vous révèlent. Ils vous disent : prenez le parti de la vie, restez critique mais faites bien la part des choses : l’amour des siens et des autres est ce qui importe, le reste n’est que fariboles. Ils nous délivrent un message fort : vivre, c’est aussi se battre contre la bêtise qui fait qu’on prend à cœur des choses qui ne devraient pas prendre autant de place : ils nous disent « voyez, je vais mourir, mais faites-moi donc plaisir, en m’offrant ce que je n’ai pas réussi à faire : un monde meilleur ». Faites tout ce que vous pouvez pour ça.


                      Malgré nos divergences ici, je voulais vous témoigner de vos qualités de cœur Ariane : voyez bien que ces disparitions vont ont apporté quelque chose. Les gens qui sont partis, d’une certaine manière, peuvent être fiers de vous. Dites-vous ça en cas de décès : ne dites pas « ai-je bien fait tout ce que je pouvais faire ». Car en somme, il vous demandent de vivre... pour eux !

                      Mais je n’ai pas d’inquiétude : ils sont à mon avis fiers de vous.

                      • agent orange agent orange 30 avril 2012 12:28

                        Incroyable ! J’ai plussé morice.


                      • Bilou32 Bibi32 30 avril 2012 13:37

                        Très beau message Morice, vous apparaissez sous votre vrai visage, un homme de coeur !


                      • A. Nonyme A. Nonyme 1er mai 2012 00:32

                        Non c’est juste un autre Morice. Vous n’acez p


                      • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 01:37

                        Morice,

                        J’ai été très touchée de votre mot et je n’ ai pas répondu tout de suite tout simplement parce que je voulais bien le faire ce qui demande plus de réflexion.
                        On me dit « mais pourquoi publier sur Agoravox ? » Mais justement parce que c’est Agoravox.Parce que c’est là que nous écrivons des articles dont nous avons tous lieu d’être fiers, du moins ,moi,je suis fière de lire la qualité de tout ce que les autres apportent.
                        ne pas être de la même chapelle ne signifie pas ne pas être de la même religion, de la même sainteté qui est notre humanité.
                        je vous remercie vraiment de vos aimables paroles qui me touchent beaucoup.

                        Et je souhaite que cette amitié demeure malgré des différences qui ne sont rien à côté de la note fondamentale de notre recherche qui est d’aider à améliorer un monde mal en point.


                      • Yoann Yoann 30 avril 2012 11:34

                        Condoléances Ariane.

                        Et oui, on apprends dès la naissance, à manger, vivre, puis un métier, être parent, et finalement apprendre à faire son deuil de nos parents/proches et à mourir nous même ...
                        Du début à la fin, le plus important est finalement de bien remplir le milieu sans (trop) penser à l’inéluctable smiley


                        • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 01:39

                          Merci Yoann,

                          On n’y pense pas trop, évidemment à cet inéluctable jusqu’à ce qu’il nous rejoigne par l’annonce, par exemple, d’une maladie et là on va d’espoir en désespoir en sachant qu’il faudra faire face.


                        • francesca2 francesca2 30 avril 2012 11:36

                          e me souvenais de toutes ces veillées funèbres, racontées ou filmées, avec l’arrivée de toute une famille, ces cierges autour du lit, ces vieux veillant le mort. Je pensais aux enterrements de la Chine ancienne à ces hommes grimpant sur les toits, hurlant par trois fois le nom du disparu, à ces pleureuses égyptiennes, à ces maisons ouvertes pour que les voisins viennent. Je pensais à ce que m’avait dit ce guide tunisien, à Djerba, qu’il n’y avait pas de pompes funèbres dans son île car c’étaient les amis et les voisins qui s’occupaient de l’enterrement. Mais là, il n’y a plus de voisins. Personne ne se connaît. Les familles sont éloignées. Il n’y a que les pompes funèbres qui viennent en une heure vous enlever vos morts défigurés par la chimio. Pour 3800 euros !


                          J’aime beaucoup ce passage.
                          Dans nos sociétés modernes nous ne respectons plus les coutumes et nous ne savons plus dire adieux à nos proches.
                          Nous faisons maintenant le deuil de nos morts à coup d’antidépresseurs.

                          • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 11:40

                            Merci Francesca,

                            Je crois que c’est qui a été le plus terrible.
                            Cette mort expédiée.
                            Mais qui serait venu ? Pas de voisinage. Les amis et la famille loin...
                            Aucun rite.


                          • Xtf17 Xtf17 30 avril 2012 11:36

                            Mille mercis Ariane pour ce que vous donnez à travers vos textes.
                            Celui-ci touche au fond des choses, vivre et aimer.
                            Une pensée pour Mélenchon ne m’étonnes pas, j’ai eu la même en vous lisant, car c’est le même élan qui anime bcp de ceux qui l’écoutent, comme vous, comme moi.
                            L’Humain d’abord, et après la pluie, le soleil.


                            • lemouton lemouton 30 avril 2012 12:24
                              Bonjour Xtf17

                              L’Humain d’abord, et après la pluie, le soleil.

                              cela est vrai pour demain smiley

                              et nos défilés du 1er mai en France ..

                            • egos 30 avril 2012 11:39

                              Sur l’instant, le titre de votre article m’a rappelé le livre de Anne Philippe consacré à l’agonie de son mari.

                              Lui ressemblait il ?

                              Votre vie et toutes vos vies, celles de vos compagnons évoquent les fragrances séduisantes et les couleurs du printemps ,la chaleur de l’été.

                              La passion commune du théâtre de l’écriture, ces élans du coeur, tous les gestes quotidiens de l’existence, nous les imaginons et paraissent intacts.

                              Partagez vous votre peine avec vos lecteurs, nous n’avons rien à vous offrir en contrepartie,
                              Le don que vous nous faites, si ce n’etait les circonstances, serait une injustice nous laissant sans rachat possible votre débiteur,

                              gardant de part nous une vague et indicible mélancolie.


                              Nous ne cesserons jamais de vous lire.




                              • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 11:47

                                merci Egos,

                                Mais ne croyez pas que vous ne m’offriez rien. Il est bien évident que le partage a lieu. Qu’il est nécessaire. Que j’en ai éprouvé le besoin. Même en prenant des risques.
                                Que c’est une sorte de cérémonie où l’on vient serrer les mains et embrasser.
                                Et l’on a besoin de ce soutien. De cet amour.

                                Les mots , comme la photo, éternisent certains moments. C’est notre revanche.
                                J’ai l’impression qu’en écrivant ce texte et en publiant cette photo, acte insensé, j’ai pris une forme de revanche.
                                Merci, vraiment.


                              • Annie 30 avril 2012 11:42

                                J’ai été aussi touchée par ce texte, et je comprends le besoin de parler de la perte d’un être cher. En fait que serait la littérature sans l’évocation d’émotions profondes et personnelles.


                                • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 11:50

                                  Merci Annie.

                                  oui et si nous ne parlions pas de nos émotions , de toutes les façons, elles nous étoufferaient. Et celles des autres nous aident à canaliser les nôtres. Rien de plus nécessaire que ce partage qui fait oublier toutes les dissensions.


                                • Tall 30 avril 2012 11:46

                                  Tiens, on publie des journaux intimes maintenant sur avox ?

                                  A ce propos, Hollande est favorable à l’euthanasie.

                                  Tandis que Sarkozy, avec sa stratégie visant les électorats catholiques, tant de Bayrou que Le Pen, pourrait bien repartir à contre-sens là-dessus. Idem pour l’avortement et de la recherche sur les cellules embryonnaires.

                                  • Francis, agnotologue JL1 30 avril 2012 11:55

                                    Un très beau texte, Ariane,

                                    mes amitiés.


                                    • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 13:31

                                      Merci à toi JL,

                                      Hé oui, en ce moment la mer est houleuse...


                                    • vlane vlane 30 avril 2012 11:57

                                      bonjour
                                      c’est terrible à dire
                                      mais c’est toujours un plaisir de vous lire
                                      par tous les temps

                                      parler de soi de cette façon
                                      c’est parler de tout sauf seulement de soi

                                      des imbéciles vous diront
                                      qu’il est des choses à garder pour soi
                                      comme s’ils ne pouvaient comme vous
                                      les dire de cette façon si digne d’être lue

                                      c’est plus de que l’art
                                      c’est de l’amitié qui en appelle au vent

                                      j’ai une sainte horreur des compliments
                                      car j’estime que chacun doit connaître
                                      et ses qualités et ses défauts
                                      inutile de flatter les uns ni d’accentuer les autres
                                      sinon on s’y perd et on mélange tout

                                      mais face à un souffle comme le vôtre
                                      on ne peut qu’être subjugué
                                      par la facilité apparente
                                      avec lesquels vos mots
                                      semblent couler de source
                                      une source parfaitement simple
                                      comme une vérité sans fard

                                      je ne vous dis pas « courage »
                                      car vous n’en avez pas besoin
                                      pleurez pleurez
                                      les larmes ne sont pas faites
                                      juste pour la poussière

                                      cordialement


                                      • lemouton lemouton 30 avril 2012 12:12

                                        et VLAN... !! !. deuxième « baffe », après celle d’Ariane...

                                        c’est la matinée émotion smiley

                                        merci Vlane



                                      • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 13:47

                                        Vlane,

                                        quel cadeau magnifique vous me faites . Le plus beau bouquet de mots dont je pouvais rêver.
                                        car il console et justifie.
                                        En ce qui concerne l’écriture, pour vous remercier ,je vous répondrai plus longuement.

                                        Je ne sais si vous vous souvenez de « La peste » de Camus qui présente un personnage secondaire Joseh Grand , qui va, en fait, passer toute sa vie à écrire une seule phrase dont il ne sera jamais satisfait.Il est question « d’une amazone sur une alezane dans une allée du bois de Boulogne. »
                                        Très certainement, je l’ai vécu, car j’ai passé douze ans, au moins, à corriger une seule phrase quine me donnait pas satisfaction. (car elle était nulle.) Et je n’en sortais pas.
                                        Une trentaine d’années après, ayant,entre autre, donné dix ans de ma vie à 500pages de roman, ayant bcp appris, en écrivant sur Avox, j’ai trouvé une aisance et un plaisir que je n’avais pas.

                                        Car comme dit le poète :
                                        « cent fois sur le métier remettez votre ouvrage ! »

                                        Merci vraiment beaucoup.


                                      • Krokodilo Krokodilo 30 avril 2012 16:14

                                        Je crois que Stephen King a dit quelque chose de voisin, lui qu’à ses débuts on rangeait dans le genre fantastique-SF, souvent moins bien écrit (mais pas toujours) il faut le reconnaître, et qui a fini par atteindre des sommets dans la description psychologique (Dolorès Claiborne, 4 saisons) : en gros, il disait qu’à l’exception du génie, il faut écrire, écrire encore, etc. Et la vieille formule dit qu’il faut 10% de talent, 90% de travail.


                                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 avril 2012 11:59

                                        The show must go one .


                                        Affectueusement .

                                        • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 13:48

                                          merci Rocla. Affectueusement aussi à vous.


                                        • velosolex velosolex 30 avril 2012 12:09

                                          Face au scandale de la mort d’un proche,
                                          les jours heureux nous reviennent avec violence
                                          Chacun pleure à sa façon,
                                          et le besoin d’écrire se rapproche souvent de celui de crier.
                                          Il n’y a pas d’impudeur là où se trouve le sentiment
                                           Sincères condoléances


                                          • bernanke 30 avril 2012 12:11

                                            cet article est un moment clé dans la comprehension de l’humanité toute entiere , voir meme de la galaxie alpha
                                            et oui des gens meurent tous les jours , certain vienne juste de s’en apercevoir


                                            • Traroth Traroth 30 avril 2012 12:28

                                              C’est ça, on lui dira...


                                            • micmousse micmousse 30 avril 2012 12:12

                                              Condoléances Ariane


                                              • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 12:19

                                                Merci Micmousse , touchée ainsi que de tes habituelles interventions.


                                              • âne debout âne debout 30 avril 2012 12:14

                                                Je t’embrasse Ariane Walter, et Ariane et Walter.


                                                • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 12:20

                                                  Et moi j’embrasse toute la famille aussi !


                                                • foufouille foufouille 30 avril 2012 12:22

                                                  "« Oui, ce serait tellement mieux de lui permettre de finir dignement. »
                                                  ca aurait ete mieux si il avait survecu, meme pas dignement

                                                  pour le pognon, en cas de deces a l’hosto c’est pris en charge par la secu jusqu’a 3000
                                                  une assurance deces coutes peu cher aussi


                                                  • Traroth Traroth 30 avril 2012 12:30

                                                    survécu, survécu... vous n’avez pas encore réalisé que personne ne survit, au final ?


                                                  • foufouille foufouille 30 avril 2012 13:43

                                                    si tu preferes ne pas vivre 10 ou 20a de plus ...........


                                                  • Traroth Traroth 30 avril 2012 15:20

                                                    Oui, bon, c’est toujours trop court. Mais il est clair que je vivrais plus longtemps que si j’avais vécu moins...


                                                  • foufouille foufouille 30 avril 2012 16:42

                                                    ca aussi
                                                    trop de travail ou de chouille, ca use
                                                    faut pas depasser ses limites


                                                  • fredleborgne fredleborgne 30 avril 2012 12:29

                                                    Beaucoup de second degré dans ce texte apparemment personnel. Je ne comprends pas qu’on puisse le confondre avec un texte Facebook. Il faut de la force pour sortir du « pour tous » d’une expérience personnelle. Ainsi, quand on voit la référence à l’euthanasie, le prix des obsèques, devenues un vrai marché, pas vraiment compétitif, cette société qui sépare les membres d’une même famille au nom de la mondialisation un peu subie (1000 euros, pour l’expatrié, ce n’est pas rien), moi, je comprends l’apparition de Mélanchon en fin de texte.
                                                    Ariane sait à la fois cacher son chagrin par cette analyse de témoin (finalement, il ne s’agissait que de son ex-mari), que par sa souffrance réelle quand elle parle de sa mère malade, qui appelle une nouvelle et peut-être proche épreuve similaire.
                                                    Merci Ariane, pour ce partage douloureux et ...talentueux. Et tant pis pour les butors insensibles


                                                    • Traroth Traroth 30 avril 2012 12:31

                                                      Voila, c’est exactement ça !


                                                    • JACKTURF JACKTURF 30 avril 2012 12:34

                                                      Bonjour Ariane !

                                                      Sincère condoléance, mais personnellement j’ai perdu ma mère à 18 ans d’une tumeur au cerveau après avoir perdu mon Père, et si mes souvenirs sont encore exactes, les quelques amis autour de moi, ont suffit à ma peine.

                                                      Il faudrait donc de poser la question : Pourquoi suis-je obligé de me réfugier sur Internet pour assouvir cette peine ? Suis-je donc si seule ?

                                                      Allez reprend toi, tu n’es quand même pas une enfant seule face à la vie et assume donc comme une adulte les affres du destin sans avoir besoin de t’épancher plus avant !

                                                      Je ne parlerai pas d’impudeur car je ne te connais pas, mais peut-être d’une certaine forme de solitude, le nombre de gens autour de soi n’étant pas forcément signe d’amitié...

                                                      Très cordialement !


                                                      • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 12:28

                                                        Non, Jackturf, ne crois pas ça. Je suis très entourée. Et amicalement entourée.
                                                        Pourquoi écrire ?
                                                        Parce qu’écrire est ma vie, non ?

                                                        Montherlant, commentant la genèse de « La reine est morte », disait que tout ce qu’il vivait se retrouvait dans cette pièce.
                                                        Tout ce qu’on vit, immédiatement, on a envie de l’écrire. C’est une sorte de noblesse. De l’ennoblissement de soi mais aussi des évènements, des autres personnes. Ce sont des instantanés qui ont soudain vocation , pris dans des mots, à durer toujours.

                                                        Ton conseil, « ne t’épanche pas » est très amusant car il est la source de l’art depuis les premières peintures dans les cavernes.
                                                        Tu penses qu’il y avait des primitifs pour dire des autres :
                                                        « Ils nous conchient les cavernes, là, avec leurs graffitis ! On va leur couper les mains s’ils continuent ! »

                                                        Bonne journée !


                                                      • escudo escudo 30 avril 2012 12:37

                                                        Très beau texte, magnifiquement compose ! De l’art... très très rare sur agora !


                                                        amicalement.

                                                        • escudo escudo 30 avril 2012 17:46

                                                          Il y a beaucoup de crétins « moinsseurs » par ici je trouve... allez y les abroutis ! faite vous plaisir...


                                                        • lemouton lemouton 30 avril 2012 19:14

                                                          Il y a beaucoup de crétins « moinsseurs » par ici je trouve.

                                                          —> exact escudo... 
                                                          des moins que rien qui ne peuvent avoir qu’une action de leur niveau... smiley


                                                        • escudo escudo 30 avril 2012 21:34

                                                          Allez les débiles ! encore un petit effort ! il y a encore de la place...


                                                        • agent orange agent orange 30 avril 2012 12:42

                                                          Ariane
                                                          Merci pour ce joli texte
                                                          Sincères condoléances


                                                          • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 13:52

                                                            Merci Orange,

                                                            Instant de trêve, comme un instant de calme dans l’oeil du cyclone.
                                                            Envie de partir. De recommencer.


                                                          • JACKTURF JACKTURF 30 avril 2012 12:55

                                                            En fait je me suis peut-être mal exprimé !

                                                            Ce que je voulais dire c’est qu’un simple faire part sur le site suffisait, les réactions de sympathie auraient certainement été plus nombreuses !

                                                            Cet article ressortant plus du voyeurisme, j’ai l’impression que tu as mis tes lecteurs mal à l’aise, mais ne détenant pas la science infuse, je laisse cela à la libre appréciation de chacun  !


                                                            • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 13:16

                                                              Non, tu ne t’es pas mal exprimé. je conçois ta gêne.
                                                              J’ai voulu offrir quelque chose.
                                                              Partager.
                                                              Et certains le ressentent mal.
                                                              Ce n’est pas cette réaction qui pourrait me choquer.
                                                              Parfois la manière de la traduire, oui.

                                                              Et puis , il y a des moments , quand on ouvre son journal où l’on n’a pas envie de respirer la mort. Mais du moins le titre était explicite et on pouvait se dire ; « Très peu pour moi ».

                                                              J’ai eu de bons échos, de moins bons, n’est-ce pas le sort de toute production ?
                                                              Et si l’on ne plaît qu’à un seul, qui est touché, n’est-ce pas une bonne raison de le faire ?

                                                              car il y aura à ce moment-là une fraternité de condition dont nous avons tous besoin.


                                                            • latortue latortue 30 avril 2012 14:04

                                                              la chose qui me gène le plus c’est la photo avec les enfants, leur avez demandé la permission de les afficher a la face du monde comme ça sans pudeur leur image n’est pas votre propriété .le reste ma foi certains aime d’autres moins .


                                                            • aloha aloha 30 avril 2012 12:59

                                                              Le jour d’après.

                                                              Lorsque le visage enfin apaisé, maquillé, arrangé nous fait face dans cet immense silence. Alors la communication n’existe plus, l’insignifiance prend des proportions dantesques pour combler le vide. Le vide d’une salle impersonnelle, celui d’une vie à réapprendre.

                                                              C’est l’épreuve qui débute, longue et pénible. Le choc entre la vie et la mort, la seule peur commune à chacun de nous, immanquablement.

                                                              L’absurdité du réel dont subitement on ne voudrait plus rien voir.

                                                              Se recroqueviller comme dans un cocon loin de tout et tous.

                                                              Ou bien écrire et exploser à la face de la Terre entière, sa douleur, son manque. Partager un vécu, déjà mille fois vécu par tant d’autres. Révéler ce que d’aucun voudrait cacher derrière la pudeur.

                                                              La littérature eut été bien pauvre si tel eut été le cas. C’est un choix qui se respecte, pleinement, sur Agoravox comme ailleurs...


                                                              • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 14:22

                                                                Ma belle Aloha,

                                                                j’ai bien des regrets de ne plus te lire ici.
                                                                Je retrouve sous tes mots une expérience différente et identique. Le même flou en tout cas. Une défaite devant laquelle on est obligé de s’incliner. (Ca me rappelle quelque chose.)

                                                                Il faut témoigner, c’est sûr. Ce n’est pas le plus facile mais c’est le plus libérateur.
                                                                Et ici, sûrement ici.
                                                                Un hommage rendu à la belle liberté de ce site.

                                                                Bon vent à toi. (Tu sais ce que ça veut dire.)


                                                              • easy easy 30 avril 2012 13:13

                                                                A s’étaler, un peu, beaucoup, trop, on peut se découvrir, se répandre, s’égarer.
                                                                J’espère à chacun de savoir se garder et se perdre.




                                                                • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 13:19

                                                                  Easy,

                                                                  Oui, il y a des moments où l’équilibre est fâcheusement compromis et où l’aide des autres, qui vous soutiennent dans le vacillement, indispensable.

                                                                  Se garder se perdre, tout est chemin.


                                                                • jymb 30 avril 2012 13:34

                                                                  J’ai perdu un ( trés ) proche le premier avril dernier, tout comme vous, aprés quelques semaines d’une spirale descendante incoercible. Oui il s’agit de journées hors du réel, mais aussi terriblement brutales dans la nécessaire organisation, alors que l’on souhaiterait pouvoir réfléchir, méditer, ré-ouvrir les philosophes et les pères de l’église oubliés sur les rayonnages de sa bibliothèque.
                                                                  La mort nous oblige de manière abrupte à relire notre quotidien, nos choix , nos certitudes, nos priorités, nos opinions ... elle a toute sa place sur Avox

                                                                  Je vous offre le finale de la passion selon Saint Matthieu de JS Bach qui a clos les obsèques  :

                                                                  « Nous nous asseyons en pleurant et te crions dans ton tombeau
                                                                  Repose en paix, repose en paix !
                                                                  reposez, membres épuisés !
                                                                  Que le sépulcre et la pierre tombale soient un doux oreiller à l’âme inquiète
                                                                  Et qu’elle y trouve le repos
                                                                  Apaisés, les yeux se ferment alors »


                                                                  • jymb 30 avril 2012 16:15

                                                                    J’avais oublié de plusser, l’oubli est réparé ..


                                                                  • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 09:35

                                                                    Merci Jymb, de bien vouloir aussi, partager votre deuil avec moi.
                                                                    Merci pour ce très beau texte. J’aime bcp « reposez membres épuisés » en pensant à ceux qui meurent après une longue maladie qui ont tant lutté dans la souffrance ayant perdu à tout jamais la beauté et l’efficacité de leur corps.Et ce calvaire, cette agonie est tout à coup terminé. Il y a des limites que la souffrance et le supplice ne franchissent pas. C’est bien.


                                                                  • stardust stardust 30 avril 2012 13:38

                                                                    Merci Ariane pour ce très beau texte...universel !


                                                                    • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 14:15

                                                                      Merci beaucoup Stardust.
                                                                      hé oui, la claque est universelle et le courage qui va avec aussi...
                                                                      Mais jen’ai pas de leçon à vous donner dans ce domaine...
                                                                      Bien à vous.


                                                                    • Constant danslayreur 30 avril 2012 13:39

                                                                      Très beau texte, mes condoléances à vos enfants et à vous même et merci pour le partage.

                                                                      Si certains savaient à quel point les humains sont les mêmes... partout. 


                                                                      • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 14:17

                                                                        merci Constant,

                                                                        hé oui, les larmes de la tristesse, partout reflètent le même ciel.


                                                                      • Romain Desbois 30 avril 2012 13:45

                                                                        Slt Ariane

                                                                        Moi je prends ce texte comme une réflexion sur le sens de la vie en général. C’est lorsque l’on perd un être cher que l’on prend vraiment conscience de la vacuité des choses du quotidien.
                                                                        Et l’on se rend compte du temps perdu à se prendre la tête avec l’un ou avec l’autre. Que la vie déjà si pénible qu’il n’est nul besoin d’en rajouter en nous bouffant le nez les uns les autres.

                                                                        C’est ce qui m’avait fait fuir Agoravox. Cet endroit qui devrait nous permettre de nous exprimer devient le terrain de jeu de trolls ou finit par attiser les haines.

                                                                        Et si ce texte nous permettait de faire une pause ? Juste pour nous rendre compte que l’on ne peut être heureux sans les autres,. Que l’on ne peut être heureux seul plutôt ; sans que les autres aient au moins le bien être minimal.

                                                                        Que nous avons tous sur terre un point commun, tout être vivant , espérer vivre le mieux possible pendant ce passage sur terre. Et si la solution était que notre bien être ne soit pas au détriment des autres êtres vivants ?

                                                                        Ariane pas de phrase toute faite, convenue , si facile. Mais je sais que ce n’est pas ce que tu attends. Tant mieux , j’aime pas les phrases faciles.


                                                                        • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 14:13

                                                                          Merci Romain,

                                                                          Oui, de tels évènements remettent tout en place et la simplicité qu’il y a à être avec les siens, famille et amis, est tout ce qui importe.
                                                                          Il est vrai que les atmosphères tendues et orageuses , pour ne pas dire plus, sur certains fils d’AV sont pénibles. Elles ne résolvent rien. Voilà pourquoi je les évite.
                                                                          ne cherchons-nous pas tous à améliorer l’organisation de nos vies ?

                                                                          Il vaut mieux dès lors chercher à s’entendre et sauver ce qui peut être sauvé.
                                                                          Finissons sur un voeu pieu !


                                                                        • Willma Kalu. 30 avril 2012 13:59

                                                                          Etrange combien ce texte me rappelle les instants de la mort de ma mere ! 

                                                                          Si distants et si proches, Ariane et Willma. 
                                                                          Une larme que je ne peux arreter, malgre la presence de cces clients dans ce restaurant. 
                                                                          Et d’ailleurs, pourquoi l’arreter ?

                                                                          Much love, Ariane

                                                                          • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 14:07

                                                                            Oui, Wilma,

                                                                            Que les larmes coulent ou elles nous noient !
                                                                            Lointains mais très proches par ces mots et ce qu’ils évoquent.

                                                                            Très fraternellement près de vous.


                                                                          • Sacotin Sacotin 30 avril 2012 14:24

                                                                            Au début du texte d’Ariane Walter j’ai un peu tiqué, puis peu à peu j’ai « accroché » de plus en plus à ses phrases, peut-être parce qu’elle décrivait des situations que j’avais aussi vécues. « Dans les vieilles vies, on restait plus proches », dit-elle. Oui, et plus que oui. Il y a des détracteurs, cela peut se comprendre, mais je ne trouve pas son texte déplacé ici. Avec vous.


                                                                            • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 18:53

                                                                              Merci sacotin,

                                                                              je pense que la sincérité est toujours possible. heureusement. Ce que j’écris n’est qu’un écho à ce que d’autres on vécu. Et je pense que l’extrême personnalisation de la manière rend l’histoire plus offerte à tous.
                                                                              C’est ainsi que je l’ai voulu.
                                                                              Merci à vous


                                                                            • Zobi Aldo Rifort 30 avril 2012 14:26

                                                                              La mort est le dernier tabou qui reste à l’humanité. Le tabou le plus puissant.
                                                                              Une fois dépassé, nous pourrons redécouvrir notre éternité. Certes le corps physique n’est pas éternel mais sommes-nous ce corps ?


                                                                              • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 18:58

                                                                                Bonjour Aldo,

                                                                                Il y a un livre sur la mort qui m’a bouleversé, c’est « Le lion » de Joseph Kessel. Avec toutes les questions, justement, comme vous le dites, qui se posent alors.
                                                                                je vais peut-être dire quelque chose de choquant, mais il me semble que le cadeau lep lus immense de la vie, c’est la mort. Elle seule a cette réalité surréelle qui nous porte hors de nous un moment.
                                                                                Oui, c’est infiniment douloureux.
                                                                                Et parfois bien plus que lors de la mort d’un ex-mari quitté depuis longtemps.
                                                                                Mais c’est un premier pas vers un autre monde dont nous ignorerons toujours tout mais quinous nourrit de ses questions..


                                                                              • Zobi Aldo Rifort 30 avril 2012 19:53

                                                                                Salut Ariane,
                                                                                Pour moi, la mort ne s’oppose pas à la vie mais à la naissance.
                                                                                La vie englobe effectivement ces deux aspects naturels. C’est la peur associée à la disparition qui est le véritable frein. Parce que nous sommes ignorants de la vie. La vie nous fait passer par plusieurs états, par plusieurs rôles mais nous ne sommes ni ces rôles, ni ces états. Tout est question d’attachements (voir les enseignements orientaux)... Attachements à dépasser pour atteindre la vacuité, l’éternité. Mais tant que l’on ne les vit pas soi-même, c’est la porte ouverte à toutes les conjectures, dont se sont largement servies toutes les religions pour dominer les esprits, avec l’invention du Jugement, du péché, etc... Enfin, c’est comme ça que je comprends humblement les choses.


                                                                              • rocla (haddock) rocla (haddock) 30 avril 2012 19:58

                                                                                T’ as vu tu ris moins fort du coup... smiley


                                                                                Bonjour Aldo , 

                                                                                J’ aime bien vos commentaires .


                                                                                Souvent on Rifort pour mieux pleurer doucement .... smiley


                                                                              • Zobi Aldo Rifort 30 avril 2012 20:25

                                                                                Rira bien qui rira bien ;D


                                                                              • Valerianne Valerianne 1er mai 2012 16:40

                                                                                Bonjour,

                                                                                Moi il y a un passage d’un livre de Christian Bobin, « La plus que vive » (écrit après le décès de sa femme à 44 ans), que j’ai reçu lors d’une lettre de condoléances, qui m’a beaucoup parlé et beaucoup ému. Le voici :

                                                                                 

                                                                                ...Je me promène avec Clémence au parc de la verrerie. Il y a une cabine téléphonique installée pas loin des jeux. Parfois, le mercredi, quand je voyais qu’elle et moi allions rentrer à la maison plus tard que prévu, je t’appelais de cette cabine, je t’expliquais que nous ne serions pas là à l’heure convenue mais que nous rentrerions bien, sains et saufs, barbouillés de rires, qu’il ne fallait pas t’inquiéter. Clémence, une semaine après ta mort, me montre cette cabine dans le parc. “Et si on l’appelait”, me dit-elle. Je la fais entrer dans la cage de verre, je l’installe sur le rebord métallique qui sert pour les annuaires et je la regarde décrocher l’appareil, appuyer sur toutes les touches du cadran, et, pendant plusieurs minutes, se taire, écouter, n’intervenant que pour dire “oui, oui”. A la fin je lui demande : “Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?” Elle me répond : “Elle demande si tout va bien et si on est encore tous ensemble. Je lui ai dit que oui et que je continuais à faire des bêtises avec le gros bêta.” Puis nous sortons de la cabine et revenons au doux travail de rire et jouer.

                                                                                Il y a mille façons de parler aux morts. Il fallait la folie d’une petite de quatre ans et demi pour comprendre que nous avions peut-être moins à leur parler qu’à les entendre, et qu’ils n’avaient qu’une seule chose à nous dire : vivez encore, toujours, vivez de plus en plus, surtout ne vous faites pas de mal et ne perdez pas le rire."...


                                                                              • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 19:13

                                                                                Merci Valerianne.
                                                                                Ce passage est magnifique et met les larmes aux yeux.


                                                                              • Fenton 30 avril 2012 14:36

                                                                                Je pense que ce texte va bien au dela d’une histoire personnel, mais ne pas arriver 1 seconde à ne pas parler de Mélanchon sur Agoravox, là c’est grave.


                                                                                • Traroth Traroth 30 avril 2012 15:35

                                                                                  Il reste des personnes pour qui le combat politique est quelque chose de noble, qui dépasse le pugilat d’un match de foot.

                                                                                  De reniement en corruption et de copinage en « réalisme », la politique n’a plus pour beaucoup de gens aucun rapport avec un quelconque idéal. Une élection n’a souvent rien de bien enthousiasmant, et on vote souvent, comme on dit, pour le « moins pire ».

                                                                                  C’est très regrettable, et ce texte, qu’on partage les idées d’Ariane (ce qui est mon cas, l’honnêteté me pousse à le rappeler) ou non, est réconfortant, car il montre qu’il reste des gens pour qui une élection, c’est plus que simplement choisir le « moins pire » qui va dicter sa loi pendant 5 ans ! C’est une aspiration à mieux, pour soi et pour tout le monde !

                                                                                  Heureusement qu’il reste des gens pour qui le cynisme est un défaut, et pas une qualité.

                                                                                  Merci Ariane !


                                                                                • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 19:04

                                                                                  Merci Traroth d’avoir bien répondu à fenton.
                                                                                  je n’ai jamais considéré Mélenchon comme un homme politique tel qu’on peut en voir dans les rangs de l’UMP ou du PS. il en vient certes mais il a sur préserver une humanité, une sincérité qui ont embarqué les foules.
                                                                                  Tout le monde ne partage pas cet avis, certes.
                                                                                  mais je parle de mon ressenti et de fait, labourée par cette cérémonie, au moment de reprendre ma voiture, un auto-collant m’a rappelé que je vivais une période d’espoir.
                                                                                  Là aussi, la suite allait être rude.

                                                                                  mais nous sommes ,nous les humains, de grands combattants.
                                                                                  Quoiqu’il en soit , Fenton, merci d’avoir senti l’universalité de cette histoire.


                                                                                • bdosne 30 avril 2012 14:41

                                                                                  Je prends rarement la plume pour commenter les articles, mais une fois n’est pas coutume : tout simplement merci, Ariane, pour ce très beau texte, sur la forme et sur le fond.

                                                                                  Bien à vous, BD


                                                                                  • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 19:07

                                                                                    Et merci à vous BD, de l’avoir fait et de laisser de simples mots pour me le dire. Merci de ce soutien.


                                                                                  • keiser keiser 30 avril 2012 14:56

                                                                                    Agoravox serait donc devenu une grande famille où l’on pourrait y faire part de ses malheurs ?!

                                                                                    Au départ je redoutais la double claque infligée à Marianne mais au fil des commentaires , cela s’arrange .
                                                                                    Moi aussi , je me suis dit que l’exercice était scabreux , ce genre de douleur est tout à fait personnelle , je sais par expérience qu’elle ne se partage pas .
                                                                                    On aimerais la crier à tout les vents , pas pour chercher une quelconque compassion mais simplement comme un exutoire , il faut que ça sorte .
                                                                                    C’est ce que vous avez fait Marianne , c’est un peu osé , c’est vrai .
                                                                                    Mais bon , si votre texte à passé les barrages , c’est qu’il reste un peu d’humanité dans le monde des simples mortels .

                                                                                    Et puis après cette profusion d’opinions électorale qui ne nous laisse plus le temps de souffler .
                                                                                    Il est peut être bon de rappeler notre humble condition devant la mort .

                                                                                    Condoléances .  


                                                                                    • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 19:09

                                                                                      Bonsoir Keiser,

                                                                                      je retiens donc que le fait que ce texte nous a permis de parler d’humanité commune.
                                                                                      Alors, là, alors là, c’est énorme !
                                                                                      Merci de ce grand compliment.


                                                                                    • Loatse Loatse 30 avril 2012 14:58

                                                                                      Bonjour ariane,

                                                                                      Par ce texte, tu sors des sentiers battus... c’est très bien ainsi, c’est humain... Agoravox n’est il pas une petite communauté ?

                                                                                      et puis nous vivons toi et moi sur les rives de la méditerranée, la parole y est plus libre, nous y sommes plus curieux les uns des autres, ne nous contentant pas de façade.. loin de l’anonymat parisien, nous sommes invités sans cesse à nous dire...

                                                                                      Je m’étonne toujours (pour les râleurs ici présents) comment nous pouvons prétendre nous intéresser à ceux que nous ne connaissons pas, par le biais d’articles sur les maux de notre société et en même temps ignorer l’expression d’une douleur...

                                                                                      L’humain d’abord trouve ici tout son sens.

                                                                                      je t’embrasse bien fort, arlane...

                                                                                      loatse


                                                                                      • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 19:15

                                                                                        MerciLoatse,

                                                                                        bien sûr que sur AV nous formons une communauté. Bien sûr que nous nous retrouvons souvent les mêmes jour après jour. En connaissant nos opinions, parfois nos caractères mais rien de nos vies.

                                                                                        C’était un désir étrange que celui de partager une telle intimité.
                                                                                        mais il était impératif.
                                                                                        Difficile à expliquer.
                                                                                        Comme si le fait de le publier était indispensable.

                                                                                        Très angoissant, Tu n’en doutes pas.
                                                                                        Mais si presque tous, aujourd’hui, nous nous retrouvons dans cette humanité là, n’est-ce pas un moment heureux ?

                                                                                        je t’embrasse très fort aussi.


                                                                                      • Ariane Walter Ariane Walter 30 avril 2012 19:16

                                                                                        merci St Just. Bien à vous.


                                                                                      • lloreen 30 avril 2012 15:19

                                                                                        arielle
                                                                                        C’est très émouvant et combien vrai.
                                                                                        Soyez assurée de ma sympathie.Sincères condoléances à votre famille.


                                                                                        • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 09:38

                                                                                          Merci Lloreen et à bientôt, inlassable guerrière.


                                                                                        • Zangao Zangao 30 avril 2012 16:10

                                                                                          J’ai aimé ce texte pour tout ce qui est dit entre les lignes, pour ce qu’il laisse transpirer de la perte de notre humanité, de la dénonciation de la toute puissance du tarif par dessus tout, de l’éloignement.....
                                                                                          Excellent texte. Bravo Ariane.


                                                                                          • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 09:42

                                                                                            Oui, Zangao, c’est un tout. On est tellement sensible à ces moments-là que tout est ressenti plus violemment. Et les trois points que vous citez sont on ne peut plus réels. Oui,ce texte dit : voilà ce que sont devenus nos enterrements . Nos vies de famille. Un deuil qui va au-delà de celui d’une personne.


                                                                                          • Proudhon Proudhon 30 avril 2012 16:15

                                                                                            Sincères condoléances Ariane et laissez dire les mauvaises langues qui oublient le mot liberté d’écrire.
                                                                                            Ils leur restent la liberté de lire ou ne pas lire...

                                                                                            J’ai retenu cette phrase :
                                                                                            « Depuis un an, quatre cancers, une chimio qui l’avait détruit »

                                                                                            Beaucoup d’omerta sur les gros risques de la chimio qui sont souvent pire que le cancer lui-même et à laquelle humainement le malade se raccroche comme dernier espoir.

                                                                                            Avez-vous remarquer le nombre importants de cancers déclarés depuis un an. Omerta aussi sur ce phénomène exponentiel. Demandez aux infirmières que vous connaissez.


                                                                                            • Ariane Walter Ariane Walter 1er mai 2012 09:50

                                                                                              Bonjour Proudhon.

                                                                                              Il est clair que c’est à partir du moment où cette chimio a commencé qu’il a été , en quinze jours, transformé en légume. Son corps ne l’a pas supporté et ses veines ont explosé.
                                                                                              Il avait 72 ans. Il avait bcp bu et fumé et avait toujours dit, « je préfère vivre comme j’en ai envie. ca ne m’intéresse pas de vivre vieux. »
                                                                                              Il fallait faire l’impasse sur ces soins dangereux.
                                                                                              Mais c’est une décision que chacun doit prendre.
                                                                                              Il avait envie d’aller manger avec nous dans un certain resto. Et on n’a pas pu le faire. c’est pour moi un immense regret.
                                                                                              Je le revois , avant sa chimio : « hé oui, j’ai 4 cancers et je suis en pleine forme. »

                                                                                              Mais quand viennent certaines heures, nous sommes traqués.Quant au nombre des cancers, en effet, j’en entends parler de tous les côtés.


                                                                                            • artam 30 avril 2012 16:21

                                                                                              Bonjour Ariane.

                                                                                              Toutes mes pensées vont vers vous et votre famille. De tout coeur.

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