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Accueil du site > Tribune Libre > De la linguistique de la médiocratie...

De la linguistique de la médiocratie...

Dans mon beau Maroc il faudra quand même bien un jour, entre deux coups de hautes directives régaliennes et les errances d’une représentativité vautrée et incompétente, s’interroger sur la médiocrité et la vacuité d’une société qui engendre - à la cadence d’une usine à saucisse- de jeunes andouilles analphabètes et immatures prenant un pied certain à polluer l’espace médiatique de toute la force rétrograde de la déplorable éducation ne leur ayant été que très parcimonieusement accordée... parce que donnée, nécessite quand même un niveau de conscience, de responsabilité et d’altruisme beaucoup plus élevé.

Oui, ces minables d’entre les ordinaires, cédant à la toute-puissance de leur carapace bétonnée que seule la connerie est capable de vêler, se la jouant super héros d’un rêve en film de cul sur fond rouge d’un passe-porc, maîtres du monde un instant, purgeant à la vidéo leurs frustrations adolescentes avec cette promesse de refoulé chronique d’un jour je me vengerai…façon Rocco, à coups de bite, la seule langue jugée universelle.

Du « être un homme » on ne leur apprît que la version le mâle est fait par moult épisodes de réformes scolaires traînant dans le sillage d’un langage très approximatif la horde de carcasses décérébrées des générations sacrifiées.

Quand ça n’est pas ces non recensés aux urnes du libre arbitre dont les barbes à naître prennent racine dans le substrat fertile d’une pensée unique, le mental fragile, ne maitrisant qu’une seule langue pour arpenter le côté obscur du déni de soi : celle des soixante douze vierges conjuguée à tous les tons. Une grosse erreur d’interprétation linguistique d’après Ibn ahmad

Grosse déception en perspective pour toute la horde pileuse vénérant la vie comme sous acide, la mort comme un mauvais trip, comment passer de rien à tout par la mitraille, la ceinture explosive, quitte à embrasser au passage la première cause à la con qui passe, le premier Jihad bricolé, le dernier mouvement sectaire un peu in à tirer son coup comme on peut sur le chemin de la rédemption.

Mais si l’on rembobine un tant soit peu la version originale des mille et une nuit de l’échec scolaire on a vite fait de se rendre compte que côté conscience, cette jeunesse en est trop dépourvue pour avoir réussi cet échec toute seule, la langue du déboire ayant très peu de vocabulaire et l’onomatopée n’y ayant jamais représenté un vecteur de conscience, juste un grand désarroi qu’ils ont bien du mal à exprimer.

Oui, il va bien falloir un jour se pencher sur la cause réelle qui peine tant à se dire.

Mais comment formuler cette grande débâcle sociétale quand déjà ceux qui ont réussi, que l’on croyait sauvés, traînent encore comme une malédiction les stigmates linguistiques de la mort cérébrale annoncée de notre société…


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14 réactions à cet article    


  • Chourave Bécassine 13 octobre 16:47

    Les analphabètes sont encore plus redoutables quand ils sont bilingues.


    • popov 14 octobre 02:17

      @kb

       
      Bonjour. Article écrit dans un français impeccable.
       
      Pour faire court, ne faudrait-il pas chercher la cause de cette médiocrité dans la bédouinisation de vos sociétés et qui a été véhiculée par l’islam : mariages consanguins qui maintiennent le QI moyen à un niveau très bas, tradition de soumission abjecte à un texte pourri, culture de la nullité dans tous les domaines... ?

      • kb kb 14 octobre 12:05

        @popov
        Merci pour l’impeccable qui confirme que l’enseignement dispensé jusque dans les années quatre-vingt n’à plus rien à voir avec la parodie d’enseignement actuel.

        Sinon le terme « bédouinisation » renvoie à un orientalisme désuet qui consiste à ancrer une vision passéiste du monde arabo-musulman, mis dans un même sac, dont l’islam est le principal vecteur que l’on veut nous faire croire de la débâcle.

        Un moyen comme un autre de se laver la conscience sur les effets pervers d’une colonisation qui en fait n’a jamais cessé...elle à juste revêtu une autre forme plus sournoise.

        En 2005 j’avais écris cet article abordant ce sujet..

        Juste pour dire que notre problème est beaucoup plus structurel que religieux


        • popov 14 octobre 17:49

          kb

           
          Elle a bon dos la colonisation.
           
          Il faut se poser la question : le monde islamique est-il à la traîne parce qu’il a été colonisé ou a-t-il été colonisé parce qu’il était arriéré ?
           
          Le Japon est-il un des pays les plus avancés du monde parce qu’il n’a pas été colonisé ou a-t-il échappé à la colonisation parce qu’il a su se remettre en question et se moderniser en quelques décennies ? 
           
          Le Maghreb n’a pas toujours été en retard sur le reste du monde, bien au contraire. Il a fourni des empereurs romains et des théologiens chrétiens. 
           
          Comment se fait-il que les technologies ramenées de Chine par les islamiques (poudre à canon, boussole, papier, imprimerie) on propulsé la Renaissance et la révolution scientifique en Europe et rien du tout dans le monde islamique, si ce n’est à cause de l’influence funeste de l’islam ?


          • kb kb 14 octobre 19:20

            Oui elle a bon dos la colonisation et il est navrant de constater l’impact funeste des médias pour qui l’histoire civilisationnelle débute le 11 septembre et lorsque vous ramenez le peu d’avance qu’aurait pu avoir le maghreb à une influence romaine ou chrétienne (deux entreprises coloniales des plus dévastatrices) ça donne de de quoi crier plus à l’ignorance qu’à du révisionnisme

            A lire entre les lignes on n’est pas loin de penser que jamais la chrétienté n’a pardonné à l’Islam l’occupation de l’Espagne des siècles durant. Jamais, elle n’a fait grâce au conquéreur de l’Andalousie, des Pyrénées et d’une partie de la France, des raids meurtriers sur les régions littorales du Languedoc, de Provence et d’Italie…

            Rappelons que la haine à l’égard de l’islam et des musulmans, encore si vive aujourd’hui atteignait son paroxysme du VIIème au XVIIIème siècle :

            « Les sarrasins (c’est à dire les arabes), écrit le pape Jean VIII, se sont abattus sur la terre comme des sauterelles… » et «  ayant attaqué la métropole d’Aix, et l’ayant prise, la dépouille entièrement. C’est ainsi qu’écrivent à la même époque les moines de Vézelay, ajoutant que les arabes écorchèrent vifs hommes et femmes pris prisonniers ».

             En outre, tout indique que la réalité et la spécificité religieuse de l’Islam sont demeurées longtemps méconnues par les auteurs chrétiens : La Chanson de Roland qualifie l’Islam de secte païenne et le considère comme une déviance par rapport au dogme catholique.

             Et cette image négative de l’Islam doit beaucoup à l’Espagne chrétienne, bastion de la résistance contre l’envahisseur musulman, assimilé pour les besoins de la cause à des créatures d’apocalypse.

             Les chrétiens préparèrent ainsi les esprits à une croisade, à une reconquête totale et à une mobilisation sans précédent décrétée en 1095 par le pape Urbain II contre « un peuple barbare, cruel, méprisable, tyrannique, esclave des démons ». Et Saint Bernard écrira au XIIème siècle, pour justifier l’action des croisés que sont les Templiers : « Le chevalier du Christ est le ministre de Dieu pour le châtiment des méchants…..Quand il tue ‘un musulman’, il n’est pas homicide mais, si je puis dire, malicide ». L’évêque de Paris, Guillaume d’Auvergne, ajoute avec répulsion que ces ‘infidèles’ sont des êtres de débauche et de perversion.  Ils sont en outre « fourbes, sadiques voire serpents, vipères, dragons, démons comme les dépeint encore la Chanson de Roland.

             Cette grossière caricature de l’Islam que l’église, pendant longtemps, s’est employée à diffuser en vue de modeler l’imaginaire de leurs disciples est d’un simplisme mesquin : « Les païens ont le tort, et les chrétiens le droit ».

             Mais les intellectuels tels qu’Abélard au XIIème, Roger Bacon au XIIIème qui ont appris à côtoyer et à apprécier les arabes musulmans préconisèrent de reconnaître l’existence, voire la qualité de L’Autre.

             Le poète Wolfram Von Eschenbach fit écho dans ses œuvres de critiques à l’égard d’une église intolérante, orgueilleuse et dominatrice.

             Et l’illustration la plus spectaculaire d’un esprit d’ouverture à l’égard de la civilisation musulmane a été donnée par l’empereur Frédéric II en butte à l’hostilité persévérante, acharnée de la papauté.

             Mais ces attitudes d’ouverture restent minoritaires. Seule l’intolérance demeure l’idéologie dominante : Marco Polo décrit les musulmans comme « de mauvaises gens, coupe-bourses, voleurs, meurtriers et traîtres » ajoutant que la « maudite loi que leur a donné leur prophète leur commande tout le mal qu’ils peuvent faire aux autres gens ».

             Cette « maudite loi » qu’est l’Islam est incarnée, aux XIVème et XVème siècle par une force nouvelle, les Turcs : Constantinople succombe, et avec elle le millénaire empire byzantin.

            a suivre...

              


            • kb kb 14 octobre 19:26

              suite 1

              En effet, l’empire Ottoman est arrivé à un niveau de puissance inégalé doté d’une armée redoutable et possédant un arsenal tel que le monde n’en avait encore jamais vu, notamment des fusées volantes et une artillerie de premier ordre.

               Que pouvait donc Bysance et l’empereur Constantin XI devant de tels moyens, même soutenus par les prières de milliers de prêtres et de moines qui se relayaient sans cesse dans les églises et les couvents de la métropole.

               Après deux mois de siège de Constantinople et un bombardement intense, les troupes osmaniques envahirent la ville, l’empereur Constantin fut tué, la population massacrée, le Sultan Mehémet II renversa les ornements sacrés des églises, proclama la déchéance des images chrétiennes et la victoire de l’Islam : l’empire Ottoman venait de conquérir sa capitale.

               La chute de Bysance en 1453 avec la prise de Constantinople par les Turcs, constitue un des plus grands faits de l’histoire du monde :

               Les royaumes chrétiens et musulmans tombèrent par pans entiers sous la domination des sultans ottomans.

               L’image satanique de l’Islam ressurgit alors. Le célèbre réformateur religieux Luther, au XVIème siècle, avertit les chrétiens : "Vous ne luttez pas contre des êtres de chair et de sang....soyez certains que vous luttez contre une grande armée de diables....Il faudrait contre ces diables une grande croisade".

              pour les chrétiens, la religion musulmane est désormais l’erreur et le seul salut pour les musulmans est de se rallier à la seule vérité qu’incarne l’Eglise.

               Dés lors, l’incompréhension est à son comble : Le musulman, traité d’infidèle utilise le même terme pour désigner le non-musulman. Et Bernard Lewis ( Comment l’islam a découvert l’Europe, la Découverte 1984 ) donne un exemple frappant de l’optique reductionniste commune à la tradition chrétienne et à la tradition musulmane : deux oeuvres, l’une de l’histoire arabe d’Ibn Khaldoun (fin XIVème siècle), l’autre de Bossuet (XVIIème siècle), portant le même titre « l’histoire universelle » ; ce titre recouvre en fait, pour le premier, la seule histoire du monde musulman, pour le second la seule histoire du monde chrétien. Chacun, convaincu de sa supériorité intrinséque et de détenir la seule Vérité, ignore l’Autre. 

               Et simultanément à la même époque, les encyclopédistes et hommes de lettres articulent leurs attaques virulentes sur Mahomet en personne, bien avant charlie, le faisant passer pour un faux prophète ». Et de le traiter avec une férocité inouïe de « sorcier, infâme, débauché, voleur de chameaux, cardinal qui, n’ayant pas réussi à se faire pape, inventa une nouvelle religion pour se venger de ses collègues ».

               Ces préjugés injustes à son égard connaissent leur paroxysme au XVIIème siècle. Sa vie n’inspira pas seulement les auteurs de dictionnaires et d’encyclopédies, mais aussi et non moins violemment, les auteurs de pièces de théâtre et de romans : Voltaire y voit un fanatique, Goethe, un assassin.

               Il est surprenant de constater que tous lui sont résolument hostiles.

               En fait, ces idées injustes reflètent l’image singulièrement déformée que l’Europe chrétienne se donne de Mahomet : Les eclesiastiques ont compris qu’il fallait remplacer la lutte armée par la lutte idéologique. Ausi, le missionnaire prend-il la succession du croisé. Bien entendu, si la stratégie change, l’optique reste la même : la religion de l’Autre est l’erreur et le seul salut pour cet Autre est d’abandonner son identité.

               Ce n’est qu’au terme du XVIIIème siècle, à l’époque des grands voyages de reconnaissance, que nombre d’européens, sans renier leurs croyances, sauront s’ouvrir au monde musulman, et leurs réflexions vont incliner vers un libéralisme religieux de plus en plus affranchi du dogme chrétien.

               Et Lamartine d’écrire à propos de Mahomet dans son livre intitulé Histoire de la Turquie :

               « Jamais homme ne se proposa….un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la Divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie.

               « Jamais homme n’entreprit, avec de si faibles moyens, une œuvre si démesurée aux forces humaines puisqu’il n’a eu, dans la conception et dans l’exécution d’un si grand dessein, d’autre instrument que lui-même….

               « Enfin, jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et si durable révolution dans le monde puisque, moins de deux siècles après sa prédication, l’islamisme, prêché et armé, régnait sur les trois Arabies, conquérait la Perse, le Khorasan, la Transoxiane, l’Inde occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Ethiopie, tout le continent connu de l’Afrique septentrionale, plusieurs des îles de la méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule.

               Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur le tiers du globe habité : mais il a remué, de plus, des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes ; il a fondé, sur un livre dont chaque lettre est devenue loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toute langue et de toute race, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des idoles et la passion de Dieu Unique….. » 

               Cette tradition de méconnaissance, voire de mépris qui caractérisera dans son ensemble le rapport du monde chrétien au monde musulman, connaîtra une certaine accalmie à partir de la fin du XIXème et ce, grâce à des hommes de grande tolérance et à forte personnalité telles que les Bonaparte, Lyautey, Lawrence d’Arabie ….et fait exceptionnel, le charismatique pape Jean-paul II.

               Mais le drame est que le monde musulman ne s’avèrera quant à lui dans l’ensemble, pas plus enclin à tenter de combler ce fossé de méconnaissance et d’incompréhension. 

               Et nous vivons aujourd’hui les conséquences de douze siècles d’incompréhension mutuelle.

               Pourtant la contribution des musulmans à la civilisation humaine est exceptionnelle :

               Ce sont les chercheurs musulmans qui ont sauvé le patrimoine grec de la disparition et de l’oubli en le traduisant et transmettant l’héritage à l’occident.

               C’est Ibn Nafiss qui découvre la circulation du sang.

               Ce sont les arabes qui sont les inventeurs de la méthode inductive et les véritables créateurs de la recherche expérimentale ; ce sont eux qui ont créé l’optique, la physique et la chimie expérimentale, l’algèbre et l’arithmétique, la trigonométrie sphérique, la géologie, et la sociologie….Ils ont légué à l’occident comme présent le plus précieux de tous, leur méthode de recherche scientifique.

                 


              à suivre...

              • kb kb 14 octobre 19:33

                suite 2

                 L’empereur allemand Frédéric II de Hohenstaufen, touché par le souffle vivifiant de l’esprit arabe, attira auprès de lui les érudits musulmans et ce, au mépris des interdictions et des attaques de l’Eglise catholique romaine. Mais la position de l’Empereur est demeurée inébranlable affirmant que « le Germain comme l’Arabe possédaient cette qualité unique : la vision claire et pénétrante de la nature réelle des choses….Eux seuls, sans préjugé aucun, savent observer, examiner et explorer la réalité sensible ».

                 D’ailleurs, c’est ce même empereur qui est le véritable fondateur d’une nouvelle vision du monde en Europe : Pour lui, le monde chrétien n’accordait guère d’importance à la nature concrête qu’en fonction de Dieu et de l’âme, ajoutant que l’intelligentsia européenne, formée par la théologie chrétienne, est absorbée uniquement par la contemplation de l’Au-delà. Quant au monde des faits, elle ne s’y interessait guère.

                 Frédéric II s’érigeait contre de telles fantaisies affirmant entre autres "Que notre intention est de rendre perceptibles les choses qui sont, et telles qu’elles sont réellement".

                 Ces paroles marquent le tournant de la vision du monde occidental :

                 Il fut en effet le pionnier de la science européenne. Il inaugure toute un lignée de penseurs qui conduit vers la renaissance avec Albert le Grand, Roger Bacon, Léonard de Vinci, Copernic, Galilée et autres qui ont à des degrés divers, subi l’influence arabo-islamique à travers la Physique expérimentale d’Ibn El Heitem, le botaniste Ibn EL Beitar, les astronomes Al-Kindi et Al-Bitouqui, les connaissances arabes relatives au magnétisme, à la boussole, aux matières explosives, à la pharmacologie, à la médecine.....

                 Au contraire du christianisme, l’Islam a encouragé des sciences qui lui étaient nécessaires pour fixer les heures de prière, pour mesurer les mouvements des astres, soigner les malades, prévenir les épidémies dans les grandes cités......

                 Et Mahomet avait imposé la recherche du savoir comme un devoir religieux :« Qui aspire au savoir, adore Dieu ». Pour lui, les sciences servent la gloire de Dieu : Pour l’amour d’Allah  « reçois le savoir, même de la bouche d’un infidèle ».

                 Toutefois l’environnement mondial, bouleversé depuis la chute de Bysance, relégua cette quête transcendante du savoir dans les confins de l’oubli, et le monde musulman dans les ténèbres d’un isolement total : L’heure de la décadence avait sonné pour l’Islam. 

                 En 1482, les rois catholiques, Ferdinand II d’Aragon et Isabelle de Castille, décidèrent d’éliminer définitivement l’Islam de l’Espagne. Une nouvelle croisade contre les musulmans arabo-bérbères fut lancée.

                 La reddition de Grenade, dans la nuit du 1er au 2 janvier 1492, fut célébrée comme un fait extraordinaire dans toute la chrétienté. On y voyait la revanche du monde chrétien sur le monde musulman après la prise de Constantinople.

                 Aussi, les chrétiens espagnols, préconisaient-ils l’occupation des terres de l’Islam situées sur le littoral nord-africain dés le parachèvement de la reconquête et du refoulement définitif des maures de l’Espagne ; idée par ailleurs appuyée par le pape Alexandre VI, qui parla en 1493 du possible partage du monde à coloniser afin que " la foi catholique et la religion soient exaltées et répandues.....et que les nations barbares soient subjuguées et réduites à la foi".

                 Une telle idée n’avait jamais effleuré la pensée des conquérants ottomans et arabo-bérbères qui, en enlevant une grande partie de l’Europe,

                n’avaient guère cherché à convertir les populations colonisées, mais d’être plutôt les maitres des territoires conquis et d’en tirer les revenus, notamment fiscaux.

                 Dés lors, l’Europe chrétienne allait s’étendre, conquérir, dominer et coloniser :

                 En 1415 déjà, Don Joaô 1er, roi du Portugal, s’empara de Ceuta avec une flotte de plus de 200 navires transportant une armée de 50 000 hommes ; elle devint ainsi la première conquête des portugais  dans le nord du Maroc. Après la mort de Don Sébastien de Portugal à la bataille de l’Oued el Makhazine à Ksar El Kebir en 1579, Ceuta passa à l’Espagne en 1580.

                 Mellila, port marocain de la méditerranée fut enlevée à son tour en 1497 par Pierre Estopinan, officier attaché à la maison du Duc de Medina-Sidonia qui la céda en 1506 à la couronne d’Espagne.

                 Et à l’instar du Portugal et de l’Espagne, les autres puissances européennes souhaitèrent se lancer à leur tour dans les guerres de colonisation. Mais suite à la défaite de Sébastien 1er, elles abandonnèrent toute velléité d’occupation forcée du Maghreb et ce, pendant plusieurs siècles.   

                    

                à suivre


                • kb kb 14 octobre 19:39

                  suite 3

                  Ce désir de revanche et de conquête ne revient qu’au début du XIXème siècle puisqu’il fallait au préalable affaiblir l’empire ottoman, en éveillant le sentiment nationaliste au sein des peuples soumis et en leur fournissant des encouragements et des armes qui donnèrent aux mouvements d’indépendance nationale, la force et la cohésion sans lesquelles elles n’auraient jamais pu briser le joug du Sultan :

                   Le soulèvement des Grecs en 1822, donna le premier signal du démembrement.

                   Roumains, Serbes, Bulgares et Albanais suivirent le mouvement.

                   L’émancipation des peuples chrétiens des Balkans était déjà un fait accompli.

                   Au lieu de calmer les rebellions nationales au sein de l’empire malade, les puissances européennes les enfiévrèrent et les nourrirent de haine à l’égard de l’autorité sultanienne, profitant simultanément de l’état critique des finances de l’empire dont l’endettement extérieur atteignait des sommets abyssaux : les emprunts étrangers n’étaient accordés qu’ en échange de garanties et de gages ( concessions, octrois de monopoles, exploitations des mines, quais, docks, entrepôts, chemins de fer, banques, exploitations pétrolières, droits de douane.....

                   Ainsi, les Puissances pompaient-elles avidemment les richesses du pays. De sorte qu’une grande partie du revenu national allait directement dans les coffres-forts des banques de Londres, de Paris, de Vienne et de Berlin.

                   Le pays se putréfiait à vue d’oeil et les Sultans sentaient monter vers eux la colère de leurs sujets.

                   L’Empire, appelé désormais "l’Homme malade", agonisait :

                   Tout donnait une impression de misère et de vétusté.

                   Au lieu de remédier à cette pénible situation, le Sultan couvrit ses territoires d’un ensemble de réseaux d’ ’indics’ ayant pour mission exclusive de surveiller la population. Aussi, n’y avait-il de liberté ni de sécurité pour personne et les prisons regorgeaient de détenus.

                   Le mécontentement était quasi-général....

                   C’est à cette période précisément que l’Angleterre, la France et finalement l’Italie s’emparèrent de toutes les possessions africaines ottomanes, ainsi que des îles les plus importantes de la Méditerranée orientale.

                   L’Algérie, la Tunisie, l’Egypte, Malte, la Crète furent perdues à tour de rôle.

                   Et la superficie de l’empire ne cessait de se rétrécir au profit des nations chrétiennes.

                   Ce n’était évidemment pas par philanthropie que les puissances européennes soutenaient les mouvements d’indépendance nationale. C’était simplement parce que ce levier commode, leur permettait d’affaiblir le dernier des empires de l’Islam et facilitait leur propre mainmise sur les possessions ottomanes. 

                   Ces conquêtes s’étaient déroulées sous le signe d’une nouvelle colonisation qui préfigure une "vocation civilisatrice". Aussi, l’aventure colonialiste fut-elle menée de pair avec la participation effective des grands évêques.

                   La mission chrétienne et l’Etat colonial s’étaient partagés la besogne selon leurs compétences respectives : Aux coloniaux d’assurer la sécurité et de fournir l’aide matérielle et financière ; aux missionnaires d’accomplir la grande oeuvre civilisationnelle, de fonder les écoles et un réseau d’oeuvres médicales et sociales.

                   L’Eglise allait en effet s’affirmer grâce à ses actions sur le terrain. Et Arthur Conte d’affirmer : "La colonisation fut une véritable épopée au temps des croisades et se continua à présent au siècle des lumières« . C’était pour nous rappeler que  »les croisés furent les ancêtres des colons".

                   C’était au début du XXème siècle, au moment de la désintégration et de la chute de l’Empire ottoman qu’apparaît Mustapha Kémel.

                   Il a immédiatement compris que rien n’écarterait l’usure fatale de l’Empire. Aussi, s’était-il plongé corps et âme dans une oeuvre harassante pour la création d’une jeune nation turque, transformée de fonds en comble et bouillonnante de vitalité. Loin de son esprit cet empire « réac, attardé et has been », composé d’une mosaïque de peuplades majoritairement sous-développées.

                   Il trancha subitement et avec force la question en proclamant le caractère républicain et laïc de son régime :

                   " L’homme politique qui a besoin des secours de la religion pour gouverner n’est qu’un lâche ! s’écrie-t-il. Or, jamais un lâche ne devrait être investi des fonctions de chef de l’Etat".

                   " Nous avons énormément souffert par le seul fait que nous sommes demeurés stationnaires alors que le reste du monde continuait à progresser. C’est maintenant à notre tour d’aller de l’avant. Nous aspirons à la civilisation et à la science ; c’est là que doit mener notre voie".....

                    La chute de l’Empire ottoman, la colonisation du monde islamique par les puissances chrétiennes européennes et l’émergence, pour la première fois, d’un régime laïcisé au sein de la nation mahométane, avaient sérieusement ébranlé l’Islam sans pour autant entamer la foi religieuse de ses fidèles.... 

                    Et la colonisation ne fera qu’exaspérer les autochtones musulmans et cimenter leur union dans un combat souvent harassant et cruel contre les armées d’occupation ; ce combat étant par ailleurs fréquemment mené au nom d’un Islam politique, rigoriste et djihadiste

                   Seul le Maroc berbéro-arabe, ayant échappé à la tutelle ottomane et demeuré indépendant, faisait l’objet de convoitises de la part des puissances européennes qui rêvaient chacune en son fonds intérieur, de s’en emparer. La France en particulier, depuis la prise d’Alger, manifestait ardemment auprès de ces mêmes puissances son profond désir de s’approprier l’Empire chérifien. Elle, qui a usé par le passé de subterfuges pour faire main basse sur le Maroc.

                   Et dés 1808 déjà, Napoléon 1er au zénith de sa gloire, envoya au Royaume un espion, un certain Antoine Burel, polytechnicien et officier du génie, déguisé en émissaire porteur d’une lettre au Sultan. Mais sa véritable mission est de rendre compte de l’état des fortifications et de la force des armées afin de permettre l’élaboration d’un plan pour la conquête du pays. L’Empereur Moulay Slimane reçut en grande pompe M. Burel accompagné du consul de France à Tanger et désigna son frère Moulay Abdeslam pour le représenter dans les pourparlers avec les émissaires français. Ces derniers firent remarquer au prince marocain que le Maroc collabore étroitement avec l’Angleterre et qu’il a permis aux troupes britanniques d’occuper l’îlot de Perejil à côté de Ceuta, et que c’était là « une agression manifeste et que la neutralité s’y trouvait blessée ».

                  à suivre...


                  • kb kb 14 octobre 19:41

                    suite 4

                     Moulay Abdeslam lui répondit que le Maroc observait une neutralité absolue et ne ferait la guerre qu’à ceux qui le voudraient.

                     Le soir même, les français furent congédiés et un secrétaire du Sultan les accompagna jusqu’à Tanger.

                     Mais les difficultés de la France en Espagne avec la capitulation du général Dupert le 22 juillet 1808 et l’évacuation française de Madrid suite à la révolte des espagnols, décida Napoléon de surseoir à toute conquête du Maroc.

                     Moulay Slaoui, proche du souverain chérifien, considéra l’empereur français comme « le grand coupable qui est sans cesse occupé à injurier tous les serviteurs d’Allah ».

                     La politique napoléonienne au Maroc se soldait alors par un grand échec.

                     Depuis, le Maroc s’isolait à peu prés totalement du monde extérieur : La plupart des ports furent fermés aux étrangers et un droit de 50% fut imposé sur les importations, tandis que les exportations des produits marocains (blé, huile, laine et autres) furent prohibés. La colonie européenne se réduisit à une centaine de personnes à Tanger où les consuls vivaient relégués, sans contact avec les réalités du pays. Moulay Slimane voyait dans le contact et le commerce avec l’étranger un appauvrissement économique et un risque pour l’Islam.

                     Et c’est l’occupation française de l’Algérie en 1830 qui allait basculer cet isolement.

                     La prise d’Alger prélude dés lors à la création d’un véritable empire d’où « la civilisation chrétienne rayonnera sur les contrées à conquérir où tant de mœurs cruelles existent encore ». Cette « mission civilisatrice » allait se faire évidemment avec l’appui de la papauté.

                     Prospère Mérimée qui séjournait à Madrid lors de la guerre hispano-marocaine (1859-1860) décrivit l’état d’esprit de la population ibérique : « Toutes les parties se sont remises pour la guerre sainte : Femmes, enfants, vieillards, carlistes et libéraux ont le même cri : El Moro ! On se croirait aux croisades ».

                     Et c’est sous l’étendard de cette vocation que la France fera main basse sur le Maroc, après l’établissement de son protectorat sur la Tunisie.

                     Mais le Maroc posait problème : Il intéressait simultanément nombre de puissances :

                    -  les espagnols présents depuis des siècles dans leurs présides, n’ont pas perdu l’idée de prolonger la Reconquista sur le sol marocain.

                    Les allemands de Guillaume II ne dissimulent guère leurs visées économiques sur le pays.

                    Les britanniques et les italiens sont attirés par la position stratégique du Maroc en méditerranée.

                    Pour la France, le Maroc représente le prolongement naturel de son ‘Algérie’.

                     Pour cet ensemble de raisons, le Royaume chérifien allait devenir un vaste troc négocié par l’Hexagone avec les autres puissances.

                    voilà un peu long certes, mais j’espère que ça vous aidera à mieux comprendre les sens insufflé à la forme pronominale de "effets pervers de la colonisation"

                    maintenant si vous préférez rester dans le subjectivisme des journaux télévisés et de l’histoire rapportée par leurs « grands spécialistes » vous ne manquerez certainement d’arguments tout autant sophistes les uns que les autres pour vous conforter dans votre vision des choses

                    merci encore pour votre intérêt pour mon article qui n’avait pas la prétention d’aller chercher l’origine de la débâcle de notre enseignement jusque dans les pages profondes du conflit de civilisations. en fait je voulais mettre le doigt sur l’incapacité de ce gouvernement (marocain) et de ses prédécesseurs à mettre en place une stratégie de l’enseignement public efficace...c’en est tellement désopilant que l’on est à se demander si cette gabegie sociale n’est pas volontaire afin de maintenir les gros nuls au pouvoir


                    cordialement

                    et fin du commentaire bien sur


                    • popov 15 octobre 16:57

                      @kb

                      Merci pour ce long rappel historique tellement détaillé qu’il me semblerait impoli de ne pas y répondre même si vous semblez désireux de clore le débat. Je ne suis pas historien, je ne suis qu’un petit physicien qui a fait carrière en informatique en Asie. J’observe l’Europe au télescope depuis mon fuseau horaire de Yakoutsk. Initialement, je suis venu sur Agoravox pour pratiquer un peu le français, une langue que j’ai apprise dans mon enfance mais que je n’ai eu pas l’occasion de pratiquer dans la vie de tous les jours depuis une quarantaine d’années.

                      Je me suis sans doutes mal exprimé. Je n’ai pas cité les empereurs romains et théologiens chrétiens d’origine berbère pour faire l’éloge de l’empire romain ou du christianisme, mais pour rappeler qu’à cette époque, le Maghreb était au même niveau civilisationnel que le reste de l’empire romain. 

                      Je reconnais, et salue au passage, l’engouement soudain pour la connaissance qui s’est produit dans le monde islamique vers le 9ème siècle au contact de la Chine, de la Perse, de l’Inde, de la Mésopotamie et du monde gréco-romain.

                      Il faut reconnaître qu’à cette époque, les mahométans n’étaient pas encore en majorité dans les pays conquis. Les savants de l’époque étaient pour la plupart des Perses, même s’ils sont connus sous leurs noms arabes. Le rôle des Bédouins s’est limité à mettre en contact diverses civilisations par leurs conquêtes et à assurer une prospérité qui a permis à ces savants le luxe de se livrer à des recherches.

                      La méthode scientifique dont on trouve l’embryon chez Eratosthène et Archimède et qui libère la pensée de tout a priori philosophique ou théologique a en effet été re-découverte par les arabo-musulmans.

                      Mais les théologiens, comme Al Ghazali, étaient là pour mettre fin à cette passion soudaine.

                      Cet éminent intellectuel, auteur de plusieurs dizaines de livres de philosophie, était sans doutes le mieux placé pour comprendre où frapper pour étouffer dans l’œuf cette pensée rationnelle naissante. Il construisit donc une philosophie islamique dans laquelle le concept de relation causale est remplacé par ce que l’on appelle l’occasionnalisme : quand on approche une flamme d’une bougie, on donne à Allah l’occasion de manifester son pouvoir en enflammant la mèche. Il n’y a aucune relation de cause à effet. Allah pourrait très bien ne pas enflammer la bougie, mais il le fait de façon prévisible pour ne pas déconcerter les humains.

                      Le pilier de la pensée rationnelle est le concept de relation de cause à effet. Quand on approche une flamme d’une bougie, la mèche de la bougie s’enflamme. La cause, c’est la flamme qu’on approche ; l’effet c’est la flamme de la bougie. On peut alors raffiner l’analyse, voir que la chaleur de la flamme vaporise des matières contenues dans la mèche, qui à une certaine température se combinent à l’oxygène de l’air pour produire à leur tour la chaleur qui entretient la réaction chimique.

                      Il est clair que l’occasionnalisme a été inventé pour préserver le statut des « savants » islamiques qui voyaient en cette science naissante une concurrence au coran qu’ils prétendaient contenir tout ce qu’il y a lieu de savoir, et dont ils étaient les interpréteurs auto-attitrés.

                      Sans cette théologie, les arabes auraient marché sur la lune au 17e siècle. Mais voila, cette aberration a pris racine. Et la seule science qui a pu encore se développer un peu après Ghazali, c’est la mathématique, qui menaçait beaucoup moins la théologie que les sciences naturelles.

                      Le papier, l’idée de base pour l’imprimerie, la boussole et la poudre à canon nous viennent de Chine par l’intermédiaire des arabes. L’Occident a utilisé l’imprimerie pour accélérer la diffusion de la connaissance, la boussole pour traverser les océans et la poudre à canon pour foutre un raclée aux pirates mahométans qui infestaient la Méditerranée. Les arabo-islamiques ont utilisé la boussole pour trouver la direction de La Mecque, pas pour s’aventurer loin des côtes et découvrir l’Amérique.

                      Le monde arabe possédait avant l’Occident tout ce qui en Europe a produit la révolution scientifique. Ils se sont couchés dessus par crainte de se faire accuser d’hérésie. Au cours des 5 derniers siècles, le monde arabe n’a strictement rien produit d’utile à l’humanité. Toute la matière grise a été utilisée à produire des listes de ce qui est haram et de ce qui est halal (un peu comme les bulles papales).

                      De toute cette science arabe, il ne reste que des mots : alambic, alcool, algèbre, alkali, algorithme.

                      Qu’est-ce qui a provoqué ce déclin ? On peut citer plusieurs causes :

                      • La diminution progressive des populations non-islamiques qui étaient le lien entre l’islam et les cultures précédentes, la démographie étant biaisée en leur défaveur puisque les enfants des mariages mixtes devenaient automatiquement mahométans.
                      • La destruction de la bibliothèque de Bagdad par les Mongols.
                      • L’arrivée des Turcs qui, s’ils excellaient dans l’art de la guerre et de l’administration d’un empire ne semblaient pas très attirés par les concepts abstraits.
                      • Pour le Maghreb, les invasions hilaliennes dont parle Ibn Khaldoun dans ses prolégomènes que l’on peut lire en ligne en français ici

                      Personnellement, je pense que la philosophie d’Al Ghazali a été déterminante. Pourquoi en effet s’interroger sur les causes et les effets si en fin de compte il faut reconnaître que c’est Allah qui est derrière tout pour ne pas mourir hérétique ?

                      Le monde islamique compte un (1) prix Nobel de physique : le génial pakistanais Abdus Salam qui est un des pionniers de la théorie du boson de Higgs.

                      Ce n’est pas beaucoup pour plus d’un milliard de mahométans. Et ce n’est évidemment par un Arabe. Mais c’est encore trop, car comme il appartenait à la branche des Ahmadis, considérée comme hérétique par les crétins wahhabites, lui qui était un des piliers du programme nucléaire pakistanais, il a du s’exiler.

                      À sa mort, son corps a été rapatrié et sur sa tombe, il était écrit : « Premier prix Nobel musulman ».

                      Un crétin de juge sunnite a fait effacer le mot « musulman ». Il ne reste que « Premier prix Nobel ».

                      Comme vous le rappelez très bien, l’islam et le christianisme ont beaucoup de défauts en commun, mais le christianisme a fait au moins une bonne chose en Europe : contrairement à l’islam, il a interdit les mariages entre cousins germains.

                      Voici quelques articles sur le sujet de la consanguinité dans les pays islamiques :

                      http://numidia-liberum.blogspot.jp/2013/01/islamisme-et-cinsanguinite.html

                      http://lepeuple.be/le-sujet-tabou-la-consanguinite-chez-les-musulmans/83956

                      http://tpeconsanguiniteegypteancienne.e-monsite.com/blog/une-consanguinite-inquietante-dans-le-monde-arabe-et-en-egypte.html

                      http://www.parolesdedieu.fr/islam-et-consanguinite/

                      Tout cela ne parle que du QI moyen. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut y avoir de génies dans le monde islamique. Cela veut simplement dire qu’il y en a moins que là où le QI moyen est plus élevé, et que ce génie a peu de chance de s’épanouir sur un terrain stérile.

                      Ceci nous ramène à votre sujet. Si cela peut vous consoler (mais j’en doute car je ne vous crois pas homme à vous réjouir du malheur des autres), le QI moyen baisse en France, de même que le niveau de l’enseignement. Il fallait s’y attendre : ce n’est pas en important en masse des populations à bas QI moyen qu’on va relever celui de la population nationale. Alors, il faut baisser la barre pour ne pas stigmatiser les cancres. Si ça continue, les diplômés seront bientôt incapables de lire leur diplôme.

                      Et j’arrive à la même conclusion que vous : cela semble voulu en « haut lieu » pour produire une population de lobotomisés taillables et corvéables à merci.


                      • kb kb 16 octobre 13:23

                        @POPOV

                        Merci encore une fois d’accorder autant d’intérêt si bien documenté à ma petite contribution et désolé si je vous ai semblé vouloir clore le débat mais ça n’était pas du tout mon intention.

                        Sans doute avez-vous un peu raison lorsque vous attribuez à Ghazali le déclin scientifique du monde musulman même si je doute fortement que son concept philosophique ait eu pour objectif d’asseoir une quelconque suprématie des scientifiques de l’époque. Ghazali n’a magnifié Dieu dans son concept que pour éviter justement qu’il n’arpente le côté obscur de la philosophie menant à une conception nihiliste d’un monde où la volonté de puissance fait loi. Ce qui a fini par arriver à en juger par celle dont font preuve les grandes puissances semant chaos et désolation dans un but purement prédateur caché sous un gros mensonge d’intention œcuménique de démocratisation.

                        Quant aux liens proposés pour illustrer ce corollaire sophiste de la consanguinité sur la débilité ambiante du monde arabo-musulman ils restent autant douteux que ridicules par leur volonté de nuisance même pas cachée à lire les titres des pages et des sites. Je peux vous renvoyer à des sites qui expliquent tout et son contraire par les mêmes procédés.

                        L’argument du premier lien suffit à lui seul à réduire à néant toute la théorie insidieuse de l’impact de la consanguinité. Comment, un peuple (juif), dont la consanguinité est pratiquée à un degré encore plus poussé  que celle pratiquée chez les musulmans (chez les juifs, les mariages entre oncles/nièces et tantes/neveux sont aussi permis) présente le plus grand nombre de prix Nobel ?

                        Sans doute faut-il chercher les causes ailleurs. Il n’y a pas de peuple plus débile que d’autres. il n’y a que des volontés politiques et des structures de développement et d’apprentissages différents. et vu ce qui est en train de se manigancer actuellement on n’est pas de considérer que celle du monde arabo musulman ont été réduites à néant par la volonté destructrice d’un occident n’ayant jamais pardonné à l’islam de lui renvoyer l’image de sa propre dégénérescence humaniste car si en corollaire, être intelligent et développé consiste à posséder la plus grande capacité de nuisance (bombe atomique et autres arsenaux de guerres) je préfère encore rester du côté des humains même si jugé débile.


                        • kb kb 16 octobre 13:25

                          sinon un petit lien avec un point de vue un peu plus rationnel



                          • popov 17 octobre 16:42

                            @kb

                             
                            J’avoue que j’ignorais que certains juifs pratiquent eux aussi les mariages consanguins. J’ai vérifié et cela semble bien être le cas. Cela explique peut-être pourquoi leurs barbus ressemblent tant aux vôtres.
                             
                            Bon, alors, si les mariages consanguins n’ont rien à voir avec le comas intellectuel dans lequel croupissent les pays islamiques, quelle peut bien en être la cause ?
                             
                            Vous accuser le méchant occident d’en vouloir au monde islamique pour des conflits passés et de comploter pour vous empêcher de vous développer. Même si cela était vrai, cela n’explique pas le fait que le monde islamique n’a produit aucune connaissance utile à l’humanité depuis au moins 5 siècles. Alors, il faut bien chercher le coupable ailleurs, même s’il s’agit d’un tabou dans vos pays. Pour moi, c’est l’islam, mais libre à vous de ne pas le dire. Il serait dangereux de répéter aujourd’hui, dans les pays islamiques, certaines parole de Mustafa Kemal à propos de l’islam.
                             
                            Ceci dit, l’occident a autant le droit d’en vouloir à l’islam pour des problèmes passés, que le monde islamique d’en vouloir à l’occident pour la colonisation ou les croisades. Quoique la situation ne soit pas exactement symétrique : l’occident, représenté par certain chef d’état, est prêt à proclamer que la colonisation fut un crime contre l’humanité. On attend toujours le monde islamique faire une déclaration semblable à propos de l’invasion de la péninsule ibérique et des Balkans ou de l’esclavage transsaharien et autres forfaits. Et on risque d’attendre encore longtemps.
                             
                            Si les oligarques occidentaux ont décidé de saper le niveau de l’éducation, c’est bien en Europe qu’ils le font, en y provoquant une espèce d’invasion hilalienne. Les descriptions peu flatteuses que fait Ibn Khaldoun des Bédouins s’appliquent à la lettre à certaines racailles.
                             
                            Autre chose : vous accusez l’occident de foutre le bordel dans les pays islamiques au prétexte d’y apporter la démocratie. Je suis là dessus tout à fait d’accord avec vous. Et vous devez sans doutes regretter que le Maroc fasse de même au Yémen en participant à l’Opération Tempête Décisive. 

                          • kb kb 18 octobre 16:02

                            @Popov

                            Je ne suis pas particulièrement adepte du discours exutoire accusant le « méchant » occident de tous les maux du monde musulman et je reste capable de distanciation pour mener une autocritique sévère à l’encontre d’une pensée islamique (et non l’islam de manière intrinsèque tel qu’enseigné par notre prophète [saw] ) battant de l’aile sous la poussée (à partir du Xe siècle) d’une autorité savante encore bien plus virulente que Ghazali que vous aviez évoqué précédemment.

                            les premiers siècles de l’Hégire s’étant  caractérisés par une attitude de tolérance à l’égard de la liberté d’exégèse dans le domaine religieux, ce qui présentait le risque de voir ce libre examen des écritures  donner naissance à des dizaines d’écoles de pensée islamique disposant chacune de son propre corpus théologique, les ulémas ne pouvaient que craindre de voir ce nombre se multiplier à l’infini et finalement dénaturer le message islamique originel.

                            La solution qui se proposa alors à l’autorité savante du Xe siècle pour parer à cette situation fut de précipiter l’établissement d’un consensus (ijmâ‘) interdisant le libre examen des Écritures ; ce consensus désigné sous l’appellation de « fermeture de la porte de la jurisprudence » (ghalq bâb al-ijtihâd) s’exprima dans la pratique par le devoir de taqlîd ou « conformisme » ; précepte impliquant de limiter l’activité du savant à l’explication et à l’interprétation du dogme tel qu’établi par les précurseurs de la pensée islamique ; à partir de là, toute velléité de novation, de critique ou de remise en doute des enseignements des Anciens allait systématiquement être taxée d’hérésie. La pensée éminemment « progressiste » dont se prévalaient les premiers docteurs de l’islam ne tarda alors plus à faire place à une nouvelle attitude de frilosité intellectuelle et de défiance collective à l’égard des sciences rationnelles, en particulier la philosophie.

                            L’anathème antiphilosophique devint ainsi la règle dans l’imaginaire collectif musulman et n’épargna plus aucun esprit religieux ; pour le hanbalite Ibn al-Djûzî (1114-1200) par exemple, la philosophie serait « le principal facteur ayant perverti la foi musulmane »

                             Ibn al-Salah (1181-1245) ira plus loin dans l’invective en affirmant que « la philosophie est la source de l’idiotie et de la décadence, l’essence de la perdition et de l’égarement, de l’erreur et de la perversion. » Le juriste hanafite Ibn Nadjîm (1519-1562) ne dit pas autre chose lorsqu’il déclare qu’il « existe plusieurs catégories de savoirs [dont] certains sont interdits par la religion : ce sont la philosophie, la magie, l’astronomie et la sorcellerie » Quel raccourci ! En arriver ainsi à mettre sur un même pied d’égalité négative la philosophie et la magie en dit long sur le niveau de décadence atteint par la pensée islamique entre le XIe et XIIIe siècle.

                            Mais ça n’est là qu’une  petite partie des causes ayant participé par une sorte de cloisonnement doctrinal au déclin de la civilisation islamique. De mon modeste avis, ce sont les invasions mongoles du XIIIe siècle qui sont venus porter le coup de grâce à cette civilisation qui ne s’est jamais remise de la chute de Bagdad  et de ses conséquences désastreuses en matière de destruction du  patrimoine aussi bien savant qu’économique. Ce qui a pu être sauvé fut de nouveau, en partie détruit et en partie récupéré lors de  la reconquista castillano- portugaise en péninsule Ibérique.

                            Juste pour dire que la décadence d’une civilisation n’est pas un  problème de gènes véhiculé par je ne sais quel effet causal de la consanguinité, une grosse aberration méprisante et raciste, mais celui d’un mouvement de tensions géopolitiques où très souvent les religions ont servi de boosters dynamiques. D’ailleurs il y a une grande similitude entre la chute de Rome sous les invasions barbares et celle de Bagdad par les mongols.

                            Sinon juste d’un point de vue d’honnêteté intellectuelle il n’y a pas de comparaison possible entre l’occupation de la péninsule ibérique par les arabes et la colonisation occidentale lorsque l’on compare ce que chacune a apporté en matière de développement.

                            Toujours est-il que la nouvelle chute de Bagdad semble fortement véhiculer un symbole messianique d’après les déclarations d’anthologie de ses instigateurs, rois d’un nouvel empire que l’on ne peut que qualifier de barbare malgré son apparence civilisée.    

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