Faisons une projection pessimiste sur l’évolution du conflit social, et plus particulièrement la détermination des employés des raffineries pétrolières, au premier rang desquelles, TOTAL, entraînant arrêt de production et blocage des dépôts de ravitaillement.
On entend déjà les menâtes sarkozystes nous répéter qu’il n’y a pas de raison de paniquer, et qui culpabilisent les automobilistes, qui, cédant à la panique, créeraient la pénurie. Rien de nouveau dans la méthode rhétorique de ce gouvernement. Toujours trouver un responsable autre que lui-même.
Il n’en reste pas moins qu’il y a un véritable danger d’assèchement des stations services à court terme. Pas tant à cause des stocks, certes, mais surtout en raison de la difficulté que rencontreront les camions citernes pour s’approvisionner sur site.
Que va faire SARKOZY. Négocier, certainement pas. Envoyer les CRS, ce serait plus dans sa façon de faire. Mas il reste une autre option, le chantage à l’emploi. Ce n’est pas SARKOZY lui-même qui le brandira, il se contentera, comme toujours de l’instrumentaliser
On sait la volonté de TOTAL de délocaliser ses raffineries, prétextant une reconversion des sites Français en direction des énergies renouvelables. En réalité, TOTAL entend profiter jusqu’au bout du lobby pétrolier, installé pour plusieurs décennies encore, et a dans ses cartons la délocalisation de ses raffineries en Arabie Saoudite, dans le seul souci d’alléger ses frais de gestion.
FAIRE DU FRIC TOUJOURS PLUS DE FRIC
Souvenons-nous de l’épisode qui a frappé la raffinerie de DUNKERKE, première promise à la délocalisation. C’était le 12 janvier dernier. Les salariés décidaient alors d’occuper les locaux et d’interrompre la production. La menace de voir d’autres raffineries, notamment EXON, se joindre à ce mouvement, a conduit le gouvernement à s’en mêler pour obtenir un sursis d’au moins 5 ans, de la part de TOTAL, avant que la délocalisation ne prenne effet.
Quelle aubaine pour cette société, qui a, rappelons-le, engrangé plus de 12 milliards d’€ de bénéfices, qui trouverait dans cette éventuelle « chienlit » , un extraordinaire moyen de pression sur les salariés. Admettons que TOTAL laisse faire les syndicats suffisamment longtemps pour déclarer des pertes conséquentes.
Dans un premier temps TOTAL menacera de délocaliser si les employés ne reprennent pas sans tarder le travail. Sans doute, ceux-ci, devront s’y résigner majoritairement. Mais le machiavélisme pourrait ne pas s’arrêter là. Une fois le travail repris, TOTAL nous expliquera que le coût financier des grèves l’oblige à réfléchir à d’autres solutions. Et la délocalisation trouvera son alibi, avec la bénédiction de l’Etat et sans doute du FMI.
Alors qu’en réalité Total ne veut pas payer les taxes écologiques européennes qui lui tomberont bientôt dessus. L’entreprise préfère aller là où on extraie le pétrole brut et où les charges sont les moins élevées, pour conserver et augmenter ses marges.
Sinistre monde que celui-ci qui oppresse les travailleurs pour enrichir les actionnaires.
Christian