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Accueil du site > Tribune Libre > Déclaration d’impôts, contribution sociale généralisée (CSG) : (...)

Déclaration d’impôts, contribution sociale généralisée (CSG) : rétablir la vérité contre les arnaques Macron

A l’heure où des millions de travailleurs remplissent leur déclaration de revenus, ils ont l’occasion de constater que le prélévement à la source n’est pas la simplification annoncée. Loin de là.

Pour le moment l’impôt à la source n’est pas la révolution fiscale que d’aucuns voulaient décrire : chaque travailleur peut observer, pour peu qu’il regarde les pages réservées aux riches concernant les déclarations de revenus annexes, les interminables niches fiscales offertes aux plus riches.

 

Comme l’ont toujours dit les communistes en chantant l’Internationale :

L’État opprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux

L’Internationale

En système capitaliste, l’impôt écrase les travailleurs et profite aux capitalistes.

Comme un travailleur averti en vaut deux, quelques explications sur les impôts et notamment la CSG peuvent vous être utiles.

Hausse de la CSG, l’arnaque Macron

À entendre nombre de commentateurs et économistes bon teint, quand ce n’est pas certain de leurs soi-disant “syndicalistes” mais véritables accompagnateurs, le gouvernement d’Edouard Philippe sous la houlette de Emmanuel Macron a assommé les travailleurs durant des semaines et des mois sur la hausse de la CSG de 1,7 %. Frappant jeunes travailleurs et retraités, travailleurs du publics comme du privé. Une hausse qui soi-disant était modérée. Et qui n’est pas pour rien dans le bouillonnement de la colère populaire.

Il est bon de rétablir la vérité sur ce qu’est un point de pourcentage, à ne pas confondre avec le pourcentage. Quelques explications concrètes avec Jean-Luc A. de la CGT de Tarbes :

Un point de pourcentage est une unité utilisée pour désigner la différence arithmétique entre deux pourcentages. Pour éclairer le propos, prenons l’exemple suivant : passer de 3 % à 10 % est une augmentation de 7 points de pourcentage (10 points – 3 points = 7 points) et non une augmentation de 5%. Lorsque le gouvernement augmente le taux d’un impôts de 5% de 1 point de pourcentage, c’est en réalité une hausse de 25% de la somme payée par le contribuable concerné. Ce calcul vaut pour la CSG comme pour tous les impôts et taxe. Il est identique pour tout autre prélèvement social et/ ou d’augmentation.

Pour la CSG elle n’a donc pas augmenté de 1,7 % mais de 1,7 point. Parlons concret pour mesurer ce que cela veut dire :

Pour prendre l’exemple d’un retraité qui perçoit une pension de 1250 € brut mensuel, cela représentait en 2017,avec une CSG au taux de 6,60%,une retenue de : 1250 x 6,60% =82,50€.

En 2018, la CSG prend 1,7 point supplémentaire,c’est-à-dire que le taux de la CGT passe de 6.6% à 8,30% (6.6+1.7=8.3). En 2018, la retenue sur la pension est donc de : 1250 x 8,30% ce qui donne : 103,73€.

Et c’est mathématique passer de 82,50€ à 103,75 € représente une augmentation de 25,76%. Ce qui représente une perte mensuelle de 21,25€ soit 255€/an pour ce retraité ne roulant pas sur l’or contrairement à ce qu’en dit Macron et son gouvernement.

D’ailleurs si la CSG avait augmenté de 1,7% le nouveau taux à appliquer aurait du être de:6,60% x 1,7% =6,71%.

Une fois cette notion arithmétique rétablie, il convient de ne plus confondre point et pourcentage, et en conséquence le prélèvement de l’impôt au titre de la CSG a bien augmenté de 25,76% sur le montant de cette pension. Chacun et chacune peut même faire son propre calcul sur la pension qu’il perçoit.

 Mais rassurons-nous… si on peut dire, car la ministre Muriel Pénicaud -sous la pression des Gilets Jaunes – nous avait annoncé (17 décembre 2018-tous médias confondus) qu’ “il y aura un très gros chèque jusqu’avant l’été” pour les retraités. 

Alors retraités et futurs retraités, prenez soin de ne pas baisser la garde, et souvenez-vous que travailleurs en activité ou retraités, jeunes et personnes âgées, les travailleurs ont tous les mêmes intérêts. L’occasion de rappeler que le recul sur cette augmentation massive de la CSG ne concerne que les plus petites pensions de retraite. Mais pas les travailleurs du privés ni les agents publics. Pendant ce temps, l’ISF, impôt sur la fortune, est lui bel et bien supprimé, soit un cadeau d’environ 4 milliards d’euros à quelques milliers des plus riches de France.

Impôts à la source : vers la fusion impôt sur le revenu et CSG pour la généralisation de l’arnaque

Cette explication mathématique apportée, c’est l’occasion aussi d’expliquer la vraie raison et les vrais buts de la réforme du prélévement à la source. Ce n’est pas une nouvelle pour ceux qui nous lisent, le PRCF dénonçant cette réforme anti sociale depuis toujours et notamment lorsqu’elle a été lancée par le gouvernement Hollande Valls Macron en 2016 (lire ici).

Les vrais conséquences du prélèvement à la source, ce n’est pas une simplification ou une baisse d’impôt pour les travailleurs mais c’est de :

  • supprimer des agents publics : en confiant la collecte de l’impôts aux comptables et DRH des entreprises, c’est le secteur privé qui collecte l’impôt. Et non plus des fonctionnaires. Au passage tant pis pour la confidentialité de l’impôts, votre collecte pouvant très bien être sous traités n’importe où dans le monde. La réforme permettrait de supprimer plus de 10 000 emplois
  • jackpot pour les entreprises privées. Avec le prélévement à la source, la collecte des 75 milliards d’euros annuels d’impôts sur le revenu est confiée à aux entreprises privées. De la trésorerie facilement gagnée pour plusieurs mois, au détriment des salariés. Un montant supérieur à l’impôt sur les sociétés. Et on ne parle pas ici des risques de fraude (le taux de recouvrement de la TVA par les entreprises serait proche de 50% contre 98% pour le recouvrement de l’impôt sur le revenu avant prélèvement à la source).

Si la collecte de l’impôt va baisser, pourquoi le gouvernement se lance dans cette réforme alors ? Le vrai but c’est de permettre de regrouper la CSG et l’impôt sur le revenu et à terme de s’en prendre aux cotisations sociales. C’est poursuivre le travail entamé avec la CSG. Tant qu’il y avait une année de décalage, impossible de fusionner ces deux impôts. C’est désormais possible et cela pourrait être dramatique pour les travailleurs.

D’abord ce prélévément à la source et la fusion avec la CSG permet beaucoup plus facilement de procéder à des hausses de taux. Il suffit de voir ce qui s’est produit avec la hausse massive de la CSG par le régime Macron.

Ensuite, cela permet de faire figurer cotisations sociales et impôts sur la même fiche de paye. Or il ne s’agit pas du tout de la même chose.

Dans le premier cas, il ne s’agit pas d’impôt : les cotisations sociales, même si elles ne finissent pas en billets directement dans votre poche, sont du salaire. Un salaire mutualisé entre tous les travailleurs et payant la protection sociale : retraite, sécurité sociale, dépendance, maladie, chômage. Ces cotisations sociales ne peuvent servir qu’à cela, à travers le budget de la sécurité sociale. Un budget plus important que celui de l’Etat.

Dans le second cas, c’est des impôts. Qui peuvent servir au régime Macron… à financer les 4 milliards d’euros de cadeaux aux milliardaires en leur supprimant l’ISF. Avec la CSG, c’est une partie des cotisations sociales qui a été transférée comme impôt. Avec la fusion CSG, IR, ce serait la poursuite de la fin des cotisations sociales, de la sécurité sociale et in fine une gigantesque baisse de salaires qui ne dit pas son nom.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

https://www.initiative-communiste.fr/articles/declaration-dimpots-contribution-sociale-generalisee-csg-retablir-la-verite-contre-les-arnaques-macron/


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25 réactions à cet article    


  • Luniterre 30 mai 19:26

    Très officiellement, la CSG, en droit français, est et reste un impôt, et non une cotisation sociale :


    https://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/protection-sociale/financement/qu-est-ce-que-csg.html


    Ce qui n’apparaît pas forcément très clairement dans cet article...


    Donc, si l’on veut financer mieux la sécu, c’est l’assiette des cotisations sociales qu’il faut élargir à toutes les catégories qui en bénéficient, et non pas élargir l’impôt.


    Et donc, en fait abolir carrément la CSG.


    Une revendication que l’on entend pas souvent, néanmoins, même « à gauche », où la CSG se trouve le plus souvent défendue, et non combattue... !


    Evidemment, cela suppose de pouvoir payer ces cotisations, d’une part, donc avec des augmentations de salaires, et de faire payer plus ceux qui peuvent le plus, en terme de justice sociale, à savoir les groupes qui font des superbénéfices financiers.


    Donc cela impose une nouvelle répartition de ces cotisations, inégalitaire de fait, pour faire payer plus les « gros » et moins les « petits ».


    C’était une revendication « gilets jaunes », au départ, mais très vite oubliée...


    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/02/gilets-jaunes-un-cahier-de-revendications-adresse-a-lassemblee-nationale/


    https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/04/23/1er-mai-pour-de-nouveaux-droits-sociaux-abolition-de-la-csg/


    Un préalable : abroger le CICE :


    https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771


    https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771/u/24378388


    https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771/u/24474182



    Luniterre


    • Et hop ! Et hop ! 1er juin 14:21

      @Luniterre

      Vous avez raison, la CSG et la RDS sont des aberrations technocratiques dont le Ministère de Finances est devenu coutumier, c’est pour ça que le Code Général des Impôts fait 40 000 pages, alors qu’il pourrait en faire 40.

      Les recettes de la Sécurité Sociales doivent être faites exclusivement par l’URSSAF, qui comme sont nom l’indique est l’Union pour le Recouvrement de la Sécuriét Sociale et des Allocations familiales).

      Si les recettes sont insuffisantes, il faut élargir l’assiette, et diminuer l’évasion sociale et la fraude.
      Élargir l’assiette à d’autres revenus que les salariés : revenus et plus values boursières, retraites importantes.
      Diminuer l’évasion sociale des délocalisations en prévoyant des cotisations sur les importations de marchandises produites dans des pays à bas coûts.


    • titi 2 juin 14:47

      @Et hop !

      Le RDS, c’est l’Etat qui prend à sa charge la dette de la sécu et qui fait financer cette dette par un nouvel impôt.

      C’est bien parce que les cotisations sociales ne permettent de financer la sécu que la CSG a été mis en place et qu’elle frappe tous les revenus y compris du capital.

      Vu que de toutes façons les dettes générées par l’URSSAF sont reprises par l’Etat, je pense qu’au contraire, c’est l’URSSAF qu’il faut démanteler.
      Cela permettra de se débarrasser des « organismes paritaires » ou plutôt « parasitaires »


    • Luniterre 2 juin 17:50

      @titi
      Manque de pot pour cette argumentation sommaire, le constat est que les comptes de la sécu étaient quasiment à l’équilibre pour 2018 et même prévus « excédentaires » pour 2019, avant le tour de bonneteau joué par Macron le 10 Décembre dernier...

      Vu les arrangements déjà existants entre l’Etat et le patronat, liquider la sécu, tout transférer sur l’impôt, c’est transférer encore plus de charges sur les salariés, sinon carrément tout... !

      Pour autant, et bien au contraire, rien n’empêche de rationaliser encore bien davantage la sécu, et précisément dans le sens de plus de justice sociale et de transparence des comptes, et plus de lutte contre la fraude, aussi, évidemment.

      Luniterre


    • egos 31 mai 01:03

      En prime au dispositif de fusion GSG (applicable sans seuil de revenu) et de l’IR (payable au de la d’env 10000 €), le ministère de finances aurait la faculté d’abaisser ou évacuer cette pratique et donc taxer tous les revenus au premier €.

      Outre l’élargissement de base d’imposition qui affectera de plein fouet les faibles revenus, la mesure dispensera l’état de toutes les aides financières (apl, prise en charge des différentes forme de maintien à domicile des personnes âgées est.) et ouvrira la faculté à Bercy d’introduire de nouvelles taxes en gestion (ie dépendance),

      en cela rien de nouveau, l’état, macronien ou PS, fait feu de tout bois.

      La fiscalité nationale à encore de beau jours devant elle,

      notamment lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre les recommandations d’un vice-président de GS : réduire le pouvoir d’achat de 30%,

      suggestion partiellement mise en œuvre ne serait-ce que pour les pensions de retraite.

      Sous une forme ou une autre, la majorité de la population connaitra le même sort.


      • Et hop ! Et hop ! 1er juin 13:56

        @egos

        GS, GSG, IR, vous travaillez dans l’Administration ?


      • Eric F Eric F 31 mai 09:17

        Il faudrait revoir le tableau des impacts de la hausse de 1,7 points de CSG sur les retraites, car cette hausse est désormais supprimée pour ceux dont la retraite est inférieure à 2000 euros, le surcroit perçu début 2019 leur sera remboursé. En outre le dégel de la valeur de la retraite a été annoncée jusqu’à cette même valeur. Les arnaqués sont donc ceux qui ont une retraite dépassant 2000 euros. Hollande avait dit qu’on est riche au dessus de 4000 euros par unité de consommation, mais pour Macron déjà à 2000 euros on est trop riche si on est retraité, donc il faut augmenter les prélèvements et continuer à geler les revenus. Par contre à 20 000 euros de revenus financiers on est un mécène de l’économie et un philanthrope et donc il faut baisser les impots (flat tax). Ce sont donc bien les classes moyennement aisées qui trinquent le plus sous ce quinquennat, catégorie dont beaucoup votent masochistement pour leur arnaqueur.


        • Et hop ! Et hop ! 1er juin 13:53

          @Eric F

          L’augmentation prévue du taux de la CSG sur les petites retraites a certes été supprimée, mais pas la CSG que Macron leur a imposé quand il était ministre des finances.


        • Eric F Eric F 2 juin 23:12

          @Et hop !
          Certes, mais ce n’est pas à mettre sur le compte de son propre quinquennat. Quoiqu’il en soit, ce qui est doublement pénalisant, c’est que les prélèvements ont été augmentés, alors que le montant des pensions sont gelés gelé depuis plusieurs années consécutives, Pourtant le code de la sécurité sociale stipule qu’elles sont réévaluées de l’inflation, et au minimum de 1% même si l’inflation est inférieure. Il y a certes un problème de déséquilibre démographique cotisants/bénéficiaires, mais en ce cas la CSG n’aurait effectivement pas du être ajoutée par surcroit, et le réajustement des pensions aurait du être plus dilué dans le temps, en même temps que des financements complémentaires étaient introduits (s’il y a baisse de natalité, il devrait y avoir mécaniquement baisse des couts de néonatalité et de congés parentaux par exemple).


        • Et hop ! Et hop ! 6 juin 20:40

          @Eric F : «  Certes, mais ce n’est pas à mettre sur le compte de son propre quinquennat. »

          Non, ça date de quand il était ministre des finances.


        • Julot_Fr 1er juin 12:13

          Il faut arreter a tout mettre sur le dos du « capitalisme », ca montre qu’on ne comprends rien => Le jeu politico economique n’oppose pas le capitalisme au communisme MAIS les loi pour les riches (parasite en chef) aux lois pour le peuple (productifs).

          => La 3em voie de DeGaule c’est un melange de capitalisme et de communisme.

          Actuellement effectivement les ultra riches beneficient unilateralement de toutes les lois mises en place par l’UE.


          • Eric F Eric F 2 juin 23:21

            @Julot_Fr
            ni la suppression de l’ISF ni la flat tax ne sont exigées par l’UE, le problème est la concurrence mondialisée avec son dumping fiscal -pas spécifiquement en intra UE, mais aussi vers la Suisse ou Singapour par exemple (cf Cahuzac)-. Donc l’auteur a raison de mettre en cause le capitalisme et le libéralisme financier mondialisé pour le creusement des inégalités (du reste, les inégalités progressent plus vite encore sur les autres continents qu’en Europe) (lien)


          • Et hop ! Et hop ! 1er juin 13:48

            «  Chacun et chacune peut même faire son propre calcul »


            Mais pourquoi vous vous sentez obligé d’ajouter : « et chacune », c’est une redondance grotesque.


            « Chacun peut même.... » c’est tous les lecteurs, jeunes et vieux, riches et pauvres, femmes et hommes


            • titi 2 juin 15:02

              La CSG est un impôts qui s’applique à tous les revenus.

              Pourquoi les revenus des retraités y échapperaient ils ?

              Pour mémoire c’est justement quand ces retraités étaient actifs que, pour financer les déficits sociaux la CSG et le RDS ont été mis en place.

              Ils ont votés il y a 30 ans pour des gouvernements qui ont mis en place ces impôts.
              Ils ont refusés il y a 30 ans de regarder les problèmes en face, et ont remis le traitement des déficits aux calendes grecques.

              Et bien finalement ces calendes sont arrivées.

              Tous les nœuds mènent au peigne !

              Le RDS est un « cadeau » des anciens actifs, qui n’ont pas voulu admettre que le système par répartition ne fonctionnait pas, et qui a été fait aux actifs actuels.

              Les actifs actuels financent deux fois le super-système-que-tout-le-monde-nous-envie-en-se-gardant-bien-de-le-reproduire. Ils financent le fonctionnement actuel par leurs cotisations, et ils financent les écarts antérieures par le RDS. 

              Les retraités ne sont pas à plaindre


              • Luniterre 2 juin 18:06

                @titi

                Il y a retraités et retraités...

                Personnellement j’en suis à nouveau à survivre avec moins de 800 euros par mois en 2019...

                En tant que retraité je trouve tout à fait normal de payer une cotisation sociale, plutôt qu’une CSG, même, à condition qu’il me reste de quoi vivre... !

                Le « plan Macron à 1000 euros » reste une chimère par nature inaccessible pour des milliers de gens dans mon cas !

                Encore une annonce type « poudre aux yeux »... Les cas de carrières complètes aboutissants à moins de 1000 euros ne seront sans doute pas très nombreux en débuts de retraites en 2020, du moins, je l’espère pour eux ! Et pour les autres, plus nombreux, vu les carrières incomplètes suite au chômage endémique ces dernières années, rien de changé, donc !!!

                Une fois de plus, c’est Macron-l’arnaqueur, mais ça marche, semble-t-il...

                Luniterre


              • titi 2 juin 18:33

                @Luniterre

                Le système par répartition est une chaine de Ponzi.
                Ca fait 50 ans qu’on sait qu’on va dans le mur.

                Chaque fois qu’il y a eu des tentatives pour le réformer, ça a été une levée de boucliers. La dernière tentative sérieuse c’est Juppé en 1995.

                Les 800 euros que vous touchez sont payés par la dette.
                Je ne dis pas que vous ne les méritez pas.
                Je dis juste que le système est comme ça, et que ça ne durera pas. 

                Dans une chaine de Ponzi quand il y a plus de personnes qui « sortent » de la pyramide que de personnes qui y « rentrent » alors la pyramide s’effondre.
                Et compte tenu de la démographie, et du chômage qui fait qu’il ne suffit plus d’importer des immigrés pour compenser c’est exactement la situation actuelle.

                Macron fait comme les autres avant lui : il met des rustines, il colmate, mais ça ne sert à rien. Ca ne tiendra pas dans le long terme, mais il s’en fout : il veut que ça tienne jusqu’aux prochaines élections.
                Croire que le système de répartition actuel pourra être maintenu, c’est croire au Père Noël.
                Il y aura nécessairement une génération de cocus : ils auront cotisé mais ils n’auront droit à rien.

                Et désolé, mais quitte à faire je préfère que ce soit votre génération que la mienne. 
                 


              • titi 2 juin 18:36

                @Luniterre

                Et j’ajoute que l’impôt CSG a un grand avantage par rapport aux cotisations…

                Il n’ouvre aucun droit.

                Ca permet d’avoir des « entrants forcés » qui ne deviendront jamais des « sortants ».

                 


              • Eric F Eric F 2 juin 23:39

                @titi
                Ce n’est pas une chaine de Ponzi car il n’y a pas divergence à l’infini, même si la population stagne, il restera toujours des cotisants actifs (par ailleurs l’assiette des cotisation pourra à l’avenir faire contribuer la valeur-ajoutée de l’automatisation). Notez aussi que la génération actuellement en retraite a assuré sa relève démographique par une natalité positive (charge individuelles et collectives de soins et d’éducation), ce qui n’est pas le cas dans la plupart des autres pays l’Europe (à vous de continuer).
                En outre, contrairement à vos affirmations, il y a bel et bien eu des réformes alourdissant les conditions de retraite à taux plein, notamment allongement de la durée de cotisation (en ce qui me concerne, je n’ai eu l’intégralité des trimestres qu’à un peu plus de 65 ans). De plus, les pensions sont gelées depuis plusieurs années, donc perdent en pouvoir d’achat, Il y a évidemment des problèmes, tel le déséquilibre structurel de certains régimes spéciaux surbonifiés, et effectivement certaines clauses acquises pourraient devoir être remises en cause.


              • titi 4 juin 11:28

                @Eric F

                Bien sûr que si que c’est une chaine de Ponzi.

                Oui il y aura toujours des actifs. Mais lorsque le ratio actif / retraité arrivera à un seuil où en se levant le matin, l’actif se dira je bosse pour des clopinettes cas son salaire sera amputé de cotisation et bien le système tombera.

                La natalité positive en France n’est due qu’à l’immigration. Or on a atteint un seuil de tolérance.

                 


              • Eric F Eric F 5 juin 21:37

                @titi
                non, car il y a adaptation progressive : augmentation de la durée pour obtenir une retraite à taux plein, gel des pensions (quasi continu depuis 2013), et qu’il y a des potentialités d’élargir l’assiette des cotisations (par exemple les frais de maternité et d’éducation diminuent avec la baisse de natalité, ce qui peut conduire à réorienter une part de budget, les cotisations patronales peuvent être basées sur la valeur ajoutée plutôt que la masse salariale, etc.). Les scénarios actuels maintiennent la part des retraites dans le PIB à 14%, sans tenir compte des évolutions des autres facteurs, ni bien évidemment des besoins démographiques., il y a une marge de manoeuvre.


              • Eric F Eric F 5 juin 23:36

                (suite)
                Vous écrivez « l’actif se dira je bosse pour des clopinettes cas son salaire sera amputé de cotisation et bien le système tombera ». Bien au contraire, il devra

                défendre un système qui lui permettra d’en bénéficier lui-même ensuite, sous peine d’avoir perdu les droits pour lesquels il a déjà cotisé, même si le rendement (taux de remplacement) se réduit peu à peu jusqu’à un étiage d’ici une quinzaine d’année.

                La compensation migratoire de la baisse de natalité est un autre sujet. Dans les sociétés traditionnelles (dont notre ruralité jusqu’au milieu du siècle dernier), les foyers assurent une descendance qui prenne ensuite en charge leurs vieux jours. Désormais la retraite est organisée au niveau de la société, la nécessité de descendance directe est moins pressante. Les pays à forte démographie naturelles connaissent moins l’immigration.


              • titi 6 juin 08:10

                @Eric F

                « de la durée pour obtenir une retraite à taux plein »

                Oui oui c’est bien cela.
                Bientôt un jeune Français qui sortira de l’école après un Bac +5 devra cotiser 50 ans pour avoir une retraite : autrement dit il n’aura pas de retraite, il n’en jouira pas.

                Et vu que le jeune francais est moins bête que celui de 1981, et qu’il comprend très bien qu’un départ anticipé signifie pension minable, alors il prendra a sa charge un complément pour pouvoir jouir quelques années d’une pension acceptable.

                Il cotisera donc deux fois.


              • Eric F Eric F 6 juin 12:34

                @titi
                L’allongement de la durée de cotisation est effectivement un biais piégeux, car on fait semblant de dire que la retraite est à 62 ans, alors que concrètement ce sera plutôt 65 ou 67 ans la réalité, c’est pourquoi il est légitime que les générations actives se battent pour leurs droits. Au lieu de se crisper sur l’âge minimal de départ (62 ou 63) selon les schémas des carrières d’antan sur lesquelles se basent les syndicats ouvriéristes, c’est bien la question de la durée cotisée pour une retraite à taux plein qui doit être au centre de la lutte (173 trimestres, soit 43 ans pour ceux nés en 1973 : il faut verrouiller contre toute tentative de l’augmenter par d’autres biais dans le système « à points » de la réforme en cours), ainsi que cette question d’élargir l’assiette de financement et la part du PIB, évoqué dans mon commentaire d’hier.


              • Garibaldi2 3 juin 02:13

                Ce qui est étonnant c’est que quand on parle des personnes actives, on oublie toujours les gains de productivité considérables réalisés entre 1945 et 2019.


                • Eric F Eric F 3 juin 09:57

                  @Garibaldi2
                  Entièrement d’accord !
                  J’ai vu il y a quelques temps une vidéo très surprenante, expliquant que dans les années 50, il avait été établi que les gains de productivité futures feraient que quelques décennies plus tard, avec quelques heures de travail par jour, un seul salaire assurerait les revenus d’une famille. Or les gains de productivité prévus ont effectivement eu lieu, mais il faut néanmoins deux salaires à temps plein pour assurer un pouvoir d’achat satisfaisant, donc la question se pose : qui a « engrangé » les gains de productivité ? (certes le standard de vie a changé, mais ça ne couvre qu’une partie du gain).

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