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Accueil du site > Tribune Libre > Développement durable et biodiversité : quand les politiques européennes (...)

Développement durable et biodiversité : quand les politiques européennes menacent la survie de la Méditerranée*

JPEG Comme aime parfois à nous le rappeler la Divine Providence, un curieux hasard du calendrier à fait coïncider, à quelques jours d’intervalles, plusieurs informations que l’on pourrait qualifier de contradictoires en matière de préservation de la biodiversité méditerranéenne.

Vous l’ignorez peut-être, mais l’Europe dispose d’une compétence exclusive concernant « la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la Pêche » (article 3 du Traité sur l’Union européenne).

En février 2016, elle a donc engagé un processus, dit de « Catane », qui vient d’aboutir le 30 mars dernier à la signature de la Déclaration de Malte, « MedFish4Ever », pour mieux gérer les stocks de pêche sur les dix prochaines années. Cet accord a été signé entre la FAO, la CGPM, la Commission et le Parlement européens, huit États membres côtiers de l’UE (Espagne, France, Italie, Malte, Slovénie, Croatie, Grèce et Chypre) et sept pays tiers (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Turquie, Albanie et Monténégro). En parfait accord avec sa nouvelle politique commune des pêches développée depuis 2014, qui estime qu’environ 90% des stocks halieutiques évalués sont surexploités en mer Méditerranée, le commissaire européen chargé de l’environnement, des affaires maritimes et de la pêche, M. Karmenu Vella, s’est félicité de cette signature dans un communiqué de presse : « Aujourd’hui est un jour historique. En signant la déclaration de Malte MedFish4Ever, nous affirmons notre volonté politique d’entreprendre des actions concrètes en matière de pêche et d’autres activités qui ont une incidence sur les ressources halieutiques, sur l’économie bleue, sur l’inclusion sociale et sur la solidarité entre les rives nord et sud de la Méditerranée. J’espère que la présente déclaration sera considérée comme un tournant vers un avenir meilleur à la fois pour les pêcheurs, les communautés côtières et les ressources halieutiques ».

Ce qui signifie en langage clair pour les profanes qui méconnaissent le milieu de la pêche et de la protection de l’environnement qu’on est tous « cuits ».

En effet, dormez tranquilles braves gens des incompétents notoires prennent en charge l’avenir de notre planète et mènent tambour battant des politiques qui, depuis le traité de Rome de 1957 instituant la Communauté économique européenne, sont parvenues à une éradication du vivant à un niveau jamais observé depuis l’apparition de l’humanité sur terre.

J’ai déjà exposé les raisons de cette situation dans deux articles récents : « Méditerranée (Mare nostrum) : une mer assassinée – Réchauffement climatique, pollution, surpêche » et « Pourquoi n’y a-t-il (presque) plus de poissons en Méditerranée (et partout ailleurs) ? », ainsi que dans un livre et un article de 2012 présentant le rapport parlementaire du sénateur Roland Courteau sur la situation de la mer Méditerranée : « La pêche méditerranéenne est-elle menacée de disparition ? » ; qu’il me soit donc permis de faire l’économie de la démonstration de mes allégations concernant l’incompétence de nos politiques en matière de préservation des ressources naturelles et de la biodiversité. Il me semble plus important de relayer des informations qui viennent enfin, pour la Méditerranée (mais le principe est le même pour tout ce qui touche à la biodiversité), étayer ce que nous sommes nombreux désormais à constater sur place (il serait plus que temps) : à savoir que, comme toujours, les politiques européennes mettant en œuvre l’une de ses compétences exclusives concernant « la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la Pêche » ne s’attaquent qu’aux symptômes de la maladie qui touche ce secteur sans traiter à la racine le mal qui le ronge.

Pire encore ! J’affirme également qu’au travers de ses politiques, l’Europe n’a de cesse, depuis sa création, de jouer au pompier pyromane. Jeu pervers par excellence !

Et de cela, j’en dirais un mot.

La signature de l’accord « historique » vanté par le commissaire européen chargé de l’environnement intervient quelques jours à peine après la publication dans la revue scientifique Nature d’une étude unique en son genre. En effet, pour la première fois dans le domaine de la recherche, des scientifiques ont compilé des données portant sur la chaîne alimentaire d’une mer entière et sur une large période (1950-2011) et ses conclusions sont sans appel : les organismes du bas de la chaîne alimentaire, à savoir le phytoplancton et le zooplancton, baissent de 23% ; les populations des espèces de poissons commerciales et non commerciales reculent de 34% ; les prédateurs supérieurs (thonidés, requins) chutent de 40% et les mammifères marins de 41% (sic !).

À l’origine de cette perte sans précédent de la biodiversité marine, de nombreux facteurs anthropiques tels que la pêche intensive et l’aquaculture (conséquences de la PCP européenne d’avant 2014), la pollution, l’urbanisation (destruction et/ou dégradation de l’habitat) et les espèces invasives (ex. caulerpas taxifolia) qui agissent de manière synergique avec le changement climatique mondial. Une situation qui n’est pas en voie d’amélioration étant donné l’augmentation rapide de ces facteurs de stress.

Toutefois, outre le travail titanesque et la pertinence de cette étude, ce qu’elle relève avant tout, à l’inverse des politiques européennes qui mènent une campagne de propagande dans les médias qui « frise » à la désinformation du public à l’encontre de la filière pêche, c’est notamment le fait que : « [les causes] qui semblent avoir le plus d’impact, ce sont les pollutions terrestres et le réchauffement climatique » selon Philippe Cury, directeur de recherche à l’Institut pour la recherche et le développement (IRD), qui rajoute : « Cette pression humaine affecte directement la production en phytoplanctons qui forment la base de l’alimentation de toutes les espèces présentes ». Mais pas uniquement, faut-il préciser, puisque, comme j’ai pu l’analyser dans mon livre La Méditerranée (Mare Nostrum) – une mer assassinée, la production primaire agit aussi comme une formidable « pompe à carbone » qui piège le CO2 dans le fond des océans durant des milliers d’années. Autrement dit, les pollutions terrestres, grandement favorisées par les politiques économiques et agricoles européennes développées jusqu’alors, réduisent les ressources halieutiques et aggravent le réchauffement climatique alors qu’elles s’affichent comme un partenaire privilégié de la société civile pour la protection de la biodiversité et du climat tout en adoptant, dans les faits, des mesures qui tendent à leur destruction et/ou leur dégradation.

Diantre ! Le renard est dans le poulailler et le coq continue de chanter.

Tant que nous ne comprendrons pas cela, nous ne pourrons pas adopter les mesures correctives nécessaires pour changer de cap et retourner une situation moins délétère.

Le drame de l’histoire, c’est que nos dirigeants européens n’en ont pas encore conscience, comme en attestent leurs tergiversations concernant le glyphosate et les perturbateurs endocriniens. Or, si l’on tient compte de l’accélération de la perte de la biodiversité en Méditerranée, ne serait-ce que depuis ces dix dernières années (2007-2017) et à la vitesse où nos institutions réagissent, lorsque les données de cette étude seront prises en compte – si elles le sont un jour – et intégrées à des programmes politiques qui s’attaquent véritablement aux causes de ce fléau, il ne restera plus rien à sauver en Méditerranée.

La façon dont l’Europe prend en charge la gestion de la Méditerranée, considérée comme un « haut spot » pour les changements climatiques et la biodiversité, est un parfait exemple de ce qu’il ne faut surtout pas faire si l’on souhaite parvenir à des résultats tangibles dans la résolution de problèmes. C’est un schéma qui prévaut pour toutes les politiques européennes, et plus particulièrement : la politique semencière de l’Union européenne et sa politique en matière de biocarburants ; la réglementation des pesticides et les OGM ; l’utilisation d’engrais azotés et ladite « bioéconomie » ; etc. Bref, c’est toute l’idéologie qui sous-tend la construction européenne qu’il faudrait revoir de fond en comble. C’est dire le chantier à entreprendre pour sauver cette Europe du naufrage qui la guette et qu’annoncent déjà de nombreux observateurs tant l’entêtement de ces dirigeants vire à l’obsession.

Alors de quoi s’agit-il au fond ?

Pour le comprendre et comme j’aime à le répéter souvent, il faut revenir aux sources, aux « fondamentaux » qui ont présidé à la construction de l’Europe, c’est-à-dire la politique agricole commune (PAC) basée sur un modèle productiviste et industriel avec toutes les dérives que l’on connait aujourd’hui et dont l’ampleur reste encore à mesurer (même par l’étude citée supra qui est pourtant l’une des plus complètes et des plus alarmantes jamais réalisées à ce jour). À ce schéma ubuesque se profile désormais une autre alternative qui est celle de l’agroécologie. Celle-ci promeut non pas l’uniformité, mais la diversité ; non pas les monocultures, mais les polycultures et le polyélevage ; non pas le remplacement des travailleurs agricoles par des machines pour gérer de grandes surfaces, mais un retour à l’humain pour optimiser de petites portions de terre ; etc. Ces nouvelles méthodes maximisent les interactions entre les plantes, les arbres et les animaux, en vue de limiter le recours aux intrants externes ce qui à terme bénéficie à l’ensemble des populations et de la planète.

Ce qui est en cause derrière cette concurrence entre deux modèles qui, in fine, détermine les nouveaux clivages politiques que l’on rencontre aujourd’hui, c’est en réalité une opposition plus fondamentale entre deux manières de concevoir les interactions complexes entre une logique économique et une logique écologique. La première obéissant aux lois du marché, à ses exigences intrinsèques et à ses objectifs de croissance, la seconde prenant compte de la réalité du monde actuel et le fait que nous vivons sur une planète aux ressources finies que nous atteindrons très prochainement si l’on en croit Les limites de la croissance telle que présentées par le rapport Meadows en 1972 à la demande du Club de Rome. (Un résumé très clair de ce document est accessible en visionnant l’interview de Gaël Giraud, chef économiste de l’Agence Française de Développement. À écouter TRÈS attentivement pour sortir des illusions avec lesquelles nous bercent nos politiques. Pour approfondir le sujet : conférences « Les journées de Tam dao : énergie, climat et prospérité ».)

Parallèlement à ces informations illustrant l’inconséquence et l’irresponsabilité des politiques européennes en matière de « conservation des ressources biologiques », un livre récent vient au soutien des arguments avancés ici. Il s’agit d’un ouvrage au titre évocateur : Biodiversité, quand les politiques européennes menacent le vivant, paru le 7 mars dernier et écrit par Inès Trépant qui travaille depuis 2004 au Parlement européen et dont le synopsis précise : « La protection de la biodiversité est un enjeu sociétal majeur. Cependant, l’Union européenne échoue systématiquement à répondre aux objectifs qu’elle s’est fixés en la matière. Comment expliquer cela ? Quels sont les enjeux ? Et surtout comment y remédier ? Le modèle agricole économique européen, qui porte le sceau de l’idéologie néolibérale, et génère une perte de biodiversité en Europe avec les engrais chimiques épandus dans les champs, les plantes génétiquement modifiées et les “bios”carburants s’avère mortifère pour la biodiversité. Agriculture industrielle, dérives du “tout technologique” et mirages de la “bio”économie portent en germes des bouleversements écologiques sans précédent. Mais il n’y a pas de fatalité. La nature et les lois qui la régissent sont une source féconde d’inspiration. À travers une analyse de sept mécanismes européens de destruction de la biodiversité, Inès Trépant jette des ponts entre le monde politique et le milieu naturaliste. Elle met en lumière l’urgence de décloisonner les politiques environnementales, agricoles, énergétiques, industrielles et commerciales en Europe, replaçant la biodiversité au cœur du projet économique européen. Un changement radical s’impose et des alternatives existent pour sortir du toujours “plus de croissance” et renouer avec la nature. »

Un constat que je posais aussi dans mon livre : « La biodiversité de la Méditerranée occidentale vie aujourd'hui ses dernières heures dans un silence de cathédrale. Cette “apocalypse” annoncée à l’horizon 2030 par le rapport de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques enregistrée à l’Assemblé nationale et au Sénat le 21 juin 2011 est d’ores et déjà un fait acquis pour certaines zones de cette mer antique, Mare Nostrum, berceau de notre civilisation. Seuls un effort titanesque et une forte prise de conscience de la part de la société civile pourraient encore sauver ce qui peut l’être. La raison imposerait de mettre en œuvre un plan d’urgence pour susciter cet élan salvateur, car nos dirigeants s’illusionnent autour de la Directive Cadre “Stratégie pour le milieu marin” (DCSMM) et de son Plan d'action pour le milieu marin (PAMM) basée sur des données qui éludent les principales observations attestant des plus importantes dégradations subies par cette mer. »

Le problème reste cependant entier lorsque l’on constate avec quel aveuglement nos dirigeants politiques persistent dans leurs erreurs radicales, mais des études scientifiques dès plus sérieuses viennent enfin étayer le constat posé ici. Combien de temps faudra-t-il attendre pour que le message passe ? Là est la véritable question à laquelle nous aurons quelques éléments de réponses avec le résultat des prochaines élections présidentielle et législative, car c’est aujourd’hui une priorité absolue pour l’avenir même de l’humanité au-delà des guéguerres de nos petits égos personnels. La décision qui s’impose à nous de plus en plus vertement est également un choix psychologique qui consiste à opter pour le principe de plaisir (logique économique) ou le principe de réalité (logique écologique). L’une est incompatible à toute vie sur terre, l’autre la préserve.

À nous de choisir désormais, pour le meilleur ou pour le pire !

Philippe Vergnes


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48 réactions à cet article    


  • tinga 14 avril 12:34

    Cause perdue, les criminels font la loi, si on tient compte de l’inertie de certains systèmes, nous avons franchi la limite, la méditerranée, berceau des civilisations occidentales commence à ressembler à un cimetière, pour les humains, plantes, poissons, tout comme nos sociétés qui sombrent dans la vacuité. Cependant, à peu près tout le monde s’en fout, et pour les océans, la situation ne porte pas vraiment à l’optimisme.


    • Philippe VERGNES 14 avril 14:23

      @ Bonjour tinga,


      Très honnêtement… oui : la bataille est perdue en ce qui concerne certaines zones de la Méditerranée. Tout du moins pour la prochaine génération a minima compte tenu de cette inertie que vous évoquez. Et il est vrai qu’à peu près tout le monde s’en fout, à un tel point que s’en est affligeant. Et croyez-moi, j’en connais quelque chose… et ce depuis plus de vingt-cinq ans. Mais l’erreur consisterait à ne pas en rendre compte, car comme le disait Antoine de St Exupéry : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible. » Or, pour rendre possible un certain avenir, encore faut-il témoigner très justement de ce qu’est le présent. Ce qui n’est pas le cas avec la doxa dominante. D’où l’intérêt de ce genre d’article, même si encore trop de monde s’en fout comme vous dîtes.


    • JC_Lavau JC_Lavau 14 avril 13:20

      Encore et toujours la propagande carbocentriste, pour expulser les réalités.

      Question crédulité, il en tient une couche...

      • Philippe VERGNES 14 avril 14:08

        @ Bonjour JC_Lavau,


        S’il subsistait encore quelques doutes quant à ce dont certaines personnes fort instruites et cultivées puissent faire preuve d’une imbécilité récurrente, au sens médical du terme, sous certains aspects de leur personnalité, un tel commentaire vient incontestablement les lever.

        Faites votre part du job en vulgarisant et en rendant accessible à n’importe quel quidam les raisons pour lesquelles les thèses du « réchauffement climatique » (qui ne sont évoquées ici qu’en raison du fait qu’elles sont pointées du doigt par les « carbocentristes » comme l’une des deux principales causes de la disparition de la biodiversité) sont absconses et vous ferez avancer la « cause » en luttant efficacement contre les bonimenteurs qui nous gouvernent.

        Au lieu de cela, vous préférez critiquer un auteur, et son article, qui s’en prennent justement à l’un des deux grands mensonges préférés de nos « élites » en ce qui concerne la perte de la biodiversité marine. C’est-à-dire, la surpêche, notamment en Méditerranée, car il n’y a de « surpêche » qu’en raison d’une grave pollution qui réduit drastiquement les capacités de reproduction des espèces.

        Or ce faisant, vous vous rendez bien plus complice des imposteurs que vous détestez tant que je ne puis le faire dans ce modeste article. Il est bien malheureux que vous n’en soyez pas conscient, car on peut dire que d’une certaine façon, vous dépensez toute votre énergie à mettre votre « intelligence » au service même de ceux que vous exécrez. Je ne connais guère de procédé plus pervers (au sens étymologique du terme) que celui-ci.

        Êtes-vous un agent infiltré du « système » que vous n’avez de cesse de vilipender par ailleurs ?

        Cordialement,

        P.S. :
        Question crédulité, je me demande bien qui est le plus crédule entre celui qui connait parfaitement ses limites et ne prend pas le risque de les dépasser en traitant un sujet qu’il ne saurait défendre (ici le « réchauffement climatique »), ou bien celui qui, en toute bonne inconscience, fait le jeu de ceux-là même qu’il prétend combattre ? La question reste entière.


      • JC_Lavau JC_Lavau 14 avril 19:39

        @Philippe VERGNES. Le travail a déjà été fait ici, je ne vais pas le répéter chaque semaine.

        « On ne répète pas la messe pour les sourds » répliquaient les petits scouts cathos.

      • Philippe VERGNES 14 avril 20:13

        @ JC_Lavau,


        C’est très bien. Vous aurez un bon point ou si vous préférez une image pour avoir fait vos devoirs consciencieusement. Il vous aurait suffi de commencer par là au lieu de toujours chercher à disqualifier d’autres que vous qui traitent du sujet de fond évoqué ici, à savoir les mensonges de nos couilles-vernants.

        Vous avez vous aussi un problème de quéquette pour chercher à rivaliser avec eux de la sorte ?

        Vous m’excuserez par avance, mais je ne suis pas dans la béatitude de Saint JC_Lavau (ni même dans celle de quiconque d’ailleurs). D’où le fait que je ne puisse pas forcément être informé de tous les articles que vous avez publiés ici où là précédemment. Ce simple détail de bon sens échapperait-il à ce point à un esprit aussi scientifique que le vôtre ? Diantre ! De quel sortilège s’agirait-il donc ?

        Je lirais plus attentivement vos proses, mais dites-moi, je n’ai pas lu que vous fassiez référence une seule fois aux pollutions qui sont pourtant à la base de mes articles. Cela aussi vous aurait-il échappé ? N’êtes-vous donc pas en mesure de comprendre que n’importe quel prétexte est bon, chez nos gouvernants, pour ne pas s’occuper du problème de fond qui nous touche tous, à savoir justement les pollutions qui font désormais de par le monde plus de morts que toutes les guerres qui s’y déroulent (en attendant la prochaine qui devrait, elle, résoudre tous nos problèmes).

        La thèse carbocentriste du réchauffement climatique est-elle donc la seule qui trouve grâce à vos yeux ? Les pollutions, non, on en tient pas compte ? Elles ne sont strictement pour rien dans la perte de la biodiversité ? C’est cela selon vous ?

      • JC_Lavau JC_Lavau 14 avril 20:26

        @Philippe VERGNES. Si tu as quelque chose de sérieux à dire, n’y mélange pas le délire carbocentrique radoté par la presse aux ordres.


      • Philippe VERGNES 15 avril 01:38

        @ JC_Lavau,


        Il est malheureux que vous n’ayez pas encore remarqué que si je mélange le délire carbocentrique radoté par la presse aux ordres c’est avant tout parce que la dite presse aux ordres désigne la perte de la biodiversité comme résultant de la surpêche (ce qui peut être vrai dans certaines régions du globe, mais pas en Méditerranée) et du réchauffement climatique plutôt que de la pollution.

        Or, ce que je dis moi c’est tout le contraire. Réglons d’abord le problème de la pollution et nous verrons bien ensuite s’il y a toujours surpêche et réchauffement climatique.

        Si vous ne réagissiez pas de façon pavlovienne à chaque fois que l’on parle de réchauffement climatique, peut-être pourriez-vous saisir ces nuances.

      • JC_Lavau JC_Lavau 15 avril 07:00

        @Philippe VERGNES. Si tu as quelque chose d’exact à dire, alors n’y mélange pas le discours carbocentriste. Le dioxyde de carbone ne dirige ni le climat, ni le pH des océans ; ce n’est qu’une micro-variable noyée dans les grosses variables. En Méditerranée, il y a des volcans de subduction, et aussi des plutons encore chauds.


      • Philippe VERGNES 15 avril 09:06

        @ JC_Lavau,


        « On ne répète pas la messe pour les sourds » répliquaient les petits scouts cathos.

        C’était à vous que vous adressiez en écrivant ce mantra ? Non ?

        Je « repépis » pour les sourds et les malentendants : ce n’est pas moi qui mélange le vrai et le faux (comme vous le disiez en commentaire après avoir moinsé cet article en modé), c’est le discours officiel de l’Europe depuis quelques années. Je n’ai donc pas d’autres choix que de partir de cette base informative pour construire un contre argumentaire. Je me charge du problème de la pollution, car depuis le temps que j’y travaille, j’ai suffisamment de billes dans mon sac pour le faire. Je ne serais pas crédible à attaquer les infos dans un domaine où je n’y connais strictement rien. Ce qui par ailleurs me discréditerais totalement auprès de mes interlocuteurs et me ferais passer pour un « illuminé ».

        Si vous avez les moyens de le faire, plutôt que de faire chier ceux qui déconstruisent, dans leur domaine de compétence, le discours manipulateur dominant, ne vous gênez surtout pas de le faire. Votre aide sera la bienvenue. Mais mettez de côté vos réflexes pavloviens à chaque fois que vous entendez parler de réchauffement climatique, ça vous donne un genre quelque peu autistique.

      • JC_Lavau JC_Lavau 15 avril 11:23

        @Philippe VERGNES. Citation du Ph. Vergnes : « comme j’ai pu l’analyser dans mon livre La Méditerranée (Mare Nostrum) – une mer assassinée, la production primaire agit aussi comme une formidable « pompe à carbone » qui piège le CO2 dans le fond des océans durant des milliers d’années. Autrement dit, les pollutions terrestres, grandement favorisées par les politiques économiques et agricoles européennes développées jusqu’alors, réduisent les ressources halieutiques et aggravent le réchauffement climatique ».


        Dans ces conditions, il est un peu tard pour prétendre que vous ne recopiez pas le délire carbocentriste ressassé par la presse aux ordres.

        Si vous avez quelque chose à dire sur la pollution, parlez pollution, ne recopiez pas les délires carbocentristes obligatoires-dans-la-meute.


      • Philippe VERGNES 15 avril 12:04

        @ JC_Lavau,


        Tout délire possède une part de vérité, sinon, il ne pourrait probablement pas tenir la distance sauf dans les cas trop flagrants de psychose.

        La doxa dominante explique que les premiers maillons de la chaîne alimentaire des mers et des océans agit comme une formidable « pompe à carbone » du fait même du cycle de vie de ces micros organismes. Peu m’importe que cette information soit vraie ou fausse, si elle est vraie, pourquoi dans ce cas favoriser des politiques qui détruisent ces micros organismes ; si elle est fausse, pourquoi donc mentir et mener des politiques qui détruisent ces micros organismes ?

        Dans l’un ou l’autre de ces deux cas, les arguments de mes contradicteurs se retournent contre eux, soit en faisant valoir leur incompétence et leur manque de bon sens, soit en dévoilant leur manipulation.

        Capito ? Où est-ce encore trop compliqué pour vous ?

        Dans le discours politique actuel de l’Europe qui mêle surpêche, réchauffement climatique et pollution, je ne peux parler pollution qu’en éliminant la surpêche et le réchauffement climatique. C’est-à-dire en les faisant passer au second plan, là où la doxa dominante les met au tout premier plan. Si je m’y prenais autrement, j’échouerais à coup sûr. Déjà que j’ai affaire à des sourds et aveugles, si en plus je dois me taper des « éclairés » nul en stratégie de communication, la tâche devient impossible.

      • JC_Lavau JC_Lavau 15 avril 15:03

        @Philippe VERGNES. La doxa dominante est détenue par des fraudeurs aux ordres.


        Prétendre qu’il soit nécessaire à autre chose qu’eux-mêmes au phytoplancton de consommer du CO_2, est se foutre du monde. Ça leur est nécessaire et vital. Et la vie n’a pu démarrer, au début sans photosynthèse encore et en milieu réducteur, qu’avec un dioxyde de carbone dissous et atmosphérique incomparablement moins rare qu’à présent. Le CO_2 disponible est une ressource rare, limitante, et encore en déficit tragique, suite à la glaciation de Würm. Toutes les serres bien contrôlées ont une atmosphère enrichie en CO_2.

        Si tu veux agir sur le plancton, laisse béton toutes ces fables carbocentriques. Elles accumulent les contre-vérités et les fraudes, aux ordres de gredins.

      • Christian Labrune Christian Labrune 14 avril 15:33

        Je me dis quelquefois que la perte de la biodiversité pourrait avoir du bon. Si la sous-espèce écologiste du genre homo sapiens disparaissait, par exemple, il me semble qu’on ne s’en porterait pas plus mal.


        • Philippe VERGNES 14 avril 18:56

          @ Bonjour Christian Labrune,


          Je souhaitais vous apportez une réponse, mais je ne trouve absolument rien d’intelligent à dire tant il est vrai que les cons rabaissent toujours à leur niveau ceux qui prennent le soin de leur répondre.

          Une autre fois peut-être.

        • Christian Labrune Christian Labrune 14 avril 22:15

          je ne trouve absolument rien d’intelligent à dire

          @Philippe VERGNES

          Vous m’en voyez tout à fait marri, mais j’essaierai de m’en consoler.
          Ce qu’il y a de bien tout de même, avec les écologistes, et quand on est un con, c’est qu’au nom de la sacro-sainte diversité, on a des chances d’être toujours protégé, même si on peut-être aussi féroce, comme c’est mon cas, qu’un tigre de Sibérie ou qu’un varan de Komodo.
          Mais ne vous inquiétez pas trop,
          je retourne illico
          dans mon petit enclos.


        • Philippe VERGNES 15 avril 01:29

          @ Christian Labrune,


          Non... décidément, j’ai beau cherché, je ne trouve toujours rien à dire si ce n’est que de mon point de vue, je vous aurez plutôt pris pour un gros minet ou un gecko qu’autre chose. Comme quoi, parfois, c’est fou comme certains ont la curieuse capacité de se monter le bourrichon.

        • Christian Labrune Christian Labrune 15 avril 11:21

          @Philippe VERGNES
          J’aimerais bien disposer des pattes du gecko et pouvoir me balader au plafond plus discrètement qu’un oiseau dont on ne peut pas bien longtemps ignorer la présence.
          « Grosminet », ça me rappelle des choses : quand les socialistes démolissaient l’Education nationale, grâce aux syndicats de la FEN qui s’étaient faits les exécuteurs des basses oeuvres du ministère, c’était le nom qu’on avait donné, moi et les copains du groupe Désespérer Billancourt, au, syndicat majoritaire qu’on roulait dans la farine à tous les coups sur le forum du SNES. Grosminet ne va pas sans Titi, et nous étions Titi. C’est du moins ainsi que nous percevaient ceux qui lisaient les échanges sans préjugés et comptaient les coups.
           


        • Philippe VERGNES 15 avril 12:27

          @ Christian Labrune,


          LOL !

          Pour les gecko, personnellement j’adore, j’en ai plein chez moi et je prends bien soin à ne pas les déranger. Pour ce qui est de savoir qui se prend pour Titi ou « Grosminet » ici même, j’ai passé l’âge de m’identifier à ce genre de personnage ou même à un tigre de Sibérie, un varan de Komodo, voire un diable de Tasmanie ou je ne sais quoi encore (un requin blanc ???), et je laisse à d’autres le soin de comptaient les coups en lisant ces échanges. (re-LOL !)

          Bha à part ça moi ça va... et vous ? 

        • Christian Labrune Christian Labrune 15 avril 13:39

          Bha à part ça moi ça va... et vous ?

          @Philippe VERGNES
          je ne savais pas qu’on pouvait trouver des geckos ; dans les animaleries où je passe quelquefois, à Bercy ou sur les quais, je n’avais jamais vu de ces sortes de reptiles.
          Ma petite perruche bleue, depuis quelques semaines, paraît mourante, et comme je m’identifie plus facilement à ces charmantes créatures qu’à mes semblables, je me sens un peu mourant, moi aussi. je dis cela pour répondre à votre bienveillante question.
          Vos précédentes cruautés, il est vrai, sont peut-être pour quelque chose dans cette mélancolie, mais de la part des écologistes, il faut s’attendre à tout, c’est la loi de la nature.

          Auriez-vous des nouvelles de Madame Duflot ? On n’en entend plus jamais parler, et cela me crève le coeur. J’ai la nostalgie de ses interventions à l’Assemblée, qui me mettaient toujours en joie. Sa place serait au Panthéon, évidemment, avec la Madone du Poitou qui aura su si merveilleusement nous préparer, nous autres qui ne voyons pas plus loin que le bout de notre nez, aux visions de l’Apocalypse qui nous attend. Mais chaque chose en son temps. Sic transit gloria mundi !


        • Philippe VERGNES 15 avril 14:15

          @ Christian Labrune,


          Si vous aussi vous êtes un amoureux des geckos, je vous enverrais des photos. Par chance, on en trouve encore par chez nous.

          Ne vous chagrinez donc pas de mes petites « cruautés » : « qui aime bien, châtie bien », je serais bien en peine que vous vous déprimiez à cause de moi. Comme quoi la façon dont nous sommes perçue diffère considérablement de celle dont on se perçoit. Qui aurait imaginé qu’un tigre du Sibérie ou un varan de Komodo puisse sombrer dans la mélancolie pour si peu ?

          Si vous cherchez Mme Duflot, je vous suggère toutefois de changer d’animalerie, ce n’est pas ici que vous la trouverez. Ici justement, on défend les professionnels de la mer accusés injustement de surpêche par votre amie et ses collègues de l’UE qui semblent tant vous manquer.

        • Christian Labrune Christian Labrune 16 avril 12:48

          @Philippe VERGNES
          Trève de plaisanteries. Je viens de lire votre article. Vous me direz que c’est par là que j’aurais dû commencer, mais dès lors qu’on se couvre de l’uniforme des écologistes, toute suspicion de la part du lecteur devient extrêmement légitime.

          Ce qui caractérise l’idéologie de l’Eglise écologiste, c’est la clairvoyance dont elle prétend se prévaloir. Comme les premières sectes chrétiennes, elle annonce l’apocalypse et la fin de temps pour les prochaines années.

          Or, tout donne à penser, lorsqu’on prend en compte l’évolution de la culture scientifique, qu’il n’y a pas beaucoup de rapport entre les prévisions de l’écologie et l’avenir du monde. On est arrivé à un moment de l’évolution où la logique du vivant devient de plus en plus facile à décrypter, et maîtrisable. La convergence des recherches dans les domaines de l’intelligence artificielle et des nanotechnologies, lesquelles permettent d’organiser la matière atome par atome, rend caduques vos considérations sur la disparition du vivant. On n’aurait jamais cru possible, il y a quarante ans, de décrypter le code génétique des espèces. C’est déjà fait pour l’homme, et le coût de ces sortes d’investigations ne cesse de baisser ; ce qui était une performance de laboratoire est devenu désormais le résultat d’un processus automatisé d’une grande banalité. Inutile donc de s’émouvoir sur la disparition des espèces. On pourra les ressusciter mais, tout aussi bien, en fabriquer d’autres qui n’ont jamais existé et qui pourraient répondre aux exigences de la seule fantaisie esthétique : on n’a plus besoin de la force animale, et les moteurs sont plus efficaces que la masse musculaire des habitants du crétacé.

          Dans les années 80, les thèses de l’IA forte étaient encore très contestées par les spiritualistes qui voyaient l’espèce humaine comme le sommet indépassable de l’évolution. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ce qui limite encore l’intelligence artificielle, c’est l’insuffisance de machines, structurées selon le schéma de Von neumann même si leur architecture est « massivement parallèle », qui ne permettent pas d’implémenter facilement une logique d’interconnexions synaptiques aussi complexe que celle du cerveau humain, mais dans dix ans, les ordinateurs à Qbits, qui existent déjà, seront tout à fait au point et on approchera de ce moment que Von Neumann avait prévu dès les années cinquante et que les post-humanistes - qui ne sont pas du tout des rêveurs -, appellent « singularité ». Autrement dit, l’intelligence humaine, qui évolue fort lentement (nous ne sommes guère plus intelligents que nos ancêtres du néolithique), sera bientôt dépassée par celle d’un système artificiel dont la mémoire déjà très bien constituée (l’internet) aura précédé l’existence. L’évolution humaine touche donc à son terme, et dans moins de deux siècles, notre espèce biologique, si elle existe encore, n’aura pas plus le pouvoir de contrôler la planète que nos chimpanzés dans les zoos, lesquels n’ont toujours pas, que je sache, de représentants élus dans les assemblées parlementaires. La capacité humaine de penser qui, selon Pascal, fait « notre dignité » n’aura pas disparu, elle aura été décuplée, désolidarisée d’un substrat biologique imparfait qui, hélas, la rendait mortelle.

          Il va de soi qu’un système cybernétique à l’échelle d’une planète n’a pas vraiment besoin de se soucier de la montée des océans, de l’augmentation de la température, et du taux de CO2 dans l’atmosphère ! Il existera tout aussi bien dans le vide intergalactique. Or, tels que nous sommes actuellement, nous ne pourrions jamais prétendre l’occuper.

          L’écologie n’est donc pas très loin, si on réfléchit à ces évolutions inévitables - et pour moi fort enthousiasmantes !-, de celle des créationnistes américains pour qui la Nature voulue par le Créateur devrait rester ce qu’on la voit être jusqu’à la fin des temps.


        • Christian Labrune Christian Labrune 16 avril 12:53

          ERRATUM
          ’écologie n’est donc pas très loin, si on réfléchit à ces évolutions inévitables - et pour moi fort enthousiasmantes !-, de celle des créationnistes américains

          Phrase mal foutue et incohérente, que je corrige :
          Les conceptions de l’écologie ne sont donc pas très loin [...] de celles


        • JL JL 16 avril 13:20

          @Christian Labrune

           
           Si vous croyez que l’homme peut construire une machine qui le dépasse, alors vous devez admettre que l’homme est l’égal de dieu (la nature).
           
           Dieu pourrait-il créer être supérieur à lui-même ?
           Impossible.
           
           

        • Christian Labrune Christian Labrune 16 avril 13:58

          @JL
          Votre argument ne tient pas debout. L’homme n’est pas Dieu, et Dieu n’existe pas. C’est du moins une « hypothèse », pour parler comme Laplace, dont on gagne à faire l’économie.

          C’est comme si vous vous posiez la question de savoir si l’homme serait capable d’aller plus vite que ne le lui permettent ses jambes, de voler alors que le Créateur (?) ne l’a pas muni d’ailes.
          Si je vous demandais très simplement d’extraire la carrée de ce nombre : 589641258432, comme vous n’avez pas souvent mis en oeuvre sur le papier l’algorithme qui permet d’y arriver, vous y seriez peut-être encore dans un quart d’heure - et moi aussi ! -. Avec la première calculette à cinq euros, ça devrait prendra le temps que vous mettrez à taper la suite des chiffres.
          Une machine serait donc capable de réaliser des opérations relativement compliquées (mais on en peut concevoir d’infiniment plus ardues !) plus vite que son créateur ? Eh bien oui, je prétends que c’est possible. Vous pouvez toujours vérifier, et vous me direz si je me suis trompé.

          Votre argument dérive, si je ne m’abuse, d’une problématique assez connue de style talmudique : Dieu, qui est tout-puissant, serait-il capable de créer une pierre si lourde qu’il soit incapables de la soulever ? Auquel cas, la toute-puissance deviendrait une parfaite impuissance. C’est aussi beau que certains paradoxes des Eléates, mais cela montre surtout, pour moi, l’absurdité même de l’hypothèse d’un dieu.
          Si la question vous intéresse, vous trouverez à cette adresse un article de Wikipedia fort bien fait sur le paradoxe de l’omnipotence :
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_l%27omnipotence


        • JL JL 16 avril 14:09

          @Christian Labrune
           

          ’’Votre argument ne tient pas debout. L’homme n’est pas Dieu, et Dieu n’existe pas.’’
           
           ça commence très fort, et je n’ai guère envie de continuer ma lecture quand je vois que votre esprit est si fermé.
           
          Relisez donc attentivement : si j’ai ajouté (la nature) c’est parce que, moi-même ne croyant pas en dieu tel que vous l’entendez ici, je voulais éviter une réponse aussi stupide que celle que vous me faites là.

        • Christian Labrune Christian Labrune 16 avril 14:37

          @JL
          J’entends ici le Dieu des religions révélées, parce que c’est dans ce seul cadre, et partant de leurs présupposés idéologiques, que peut se développer, classiquement, le type de problématique auquel vous faisiez allusion.
          J’entends bien, puisque vous posez que Dieu c’est la Nature, que vous vous référez plutôt au dieu de Spinoza (deus sive natura), mais à partir de cette conception, la question de l’omnipotence ne se pose plus. Le dieu dont Spinoza démontre l’existence en trois coups de cuillère à pot n’a rien à voir avec celui, tout-puissant et anthropomorphe, des révélations successives. Il est la somme de ce qui est, et je dirais qu’il est l’ensemble des ensembles, si cela ne conduisait pas encore à d’autres paradoxes très bien débusqués par Russel dans la théorie de Cantor.
          Votre argument vient de ce que vous posez l’intelligence comme une sorte d’absolu. Un être vivant est intelligent ou il ne l’est pas, mais on sait bien aujourd’hui qu’il y a des degrés, que nous sommes des animaux un peu plus intelligents que les singes, par exemple, mais il faudrait n’avoir pas beaucoup d’imagination pour n’être pas capable d’extrapoler à partir de cette échelle des capacités, et incapable d’imaginer des performances très supérieures à celles dont nous sommes capables. A terme, la question d’une conscience des machines, qui est très sérieusement envisagée par les spécialiste, ne résultera pas d’une programmation, mais sera une émergence de la complexité. Sur cette notion d’émergence dans la théorie informatique, vous devriez trouver quantité d’articles à partir de Wikipedia.


        • Christian Labrune Christian Labrune 16 avril 14:40

          ADDENDUM
          Un article de Wikipedia sur la notion d’émergence. Je ne le connaissais pas, je vais le lire, mais je pense que vous y retrouverez ce que j’écrivais plus haut.

          https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mergence


        • JL JL 16 avril 15:00

          @Christian Labrune
           

          La question de la conscience est fondamentale, c’est clair.
           
           ’’A terme, la question d’une conscience des machines, qui est très sérieusement envisagée par les spécialiste, ne résultera pas d’une programmation, mais sera une émergence de la complexité. ’’
           
           A mon avis, une telle croyance relève de la pensée magique.

        • Philippe VERGNES 16 avril 16:44

          @ Christian Labrune,


          Il aurait été effectivement préférable de lire cet article avant de le commenter. Mais que voulez-vous, il faut s’y faire (et il y a longtemps que je m’y suis fait), c’est ainsi : l’homme éprouve toujours la fâcheuse tendance à dire des ânerie avant de commencer à réfléchir. C’est ce qu’ont très bien su démontrer Daniel Kahneman et Amos Tversky, seuls psychologues à avoir obtenu un prix Nobel pour leurs travaux sur les biais cognitifs, dans leur livre Système 1 / Système 2.

          Maintenant que j’ai votre attention, à la lecture de votre commentaire, j’aimerais vous poser une question si vous me permettez. Quelle différence faites-vous entre la croyance en la toute-puissance d’un dieu et la croyance en la toute-puissance de la science ?

          Je serais bien curieux de connaître la réponse et vos arguments à ce sujet.

          Merci d’avance !

        • JL JL 16 avril 18:32

          @Christian Labrune
           

           Vous venez de découvrir l’eau chaude : ce concept d’émergence m’est familier.
           
           Pour en revenir à notre sujet, je vous ferai remarquer qu’il a fallu des milliards d’années d’évolution du vivant pour qu’émerge la conscience. Je ne parle pas de la fin, mais du début.
           
           Je manque peut-être d’imagination ou de culture, mais je ne vois pas comment ça pourrait apparaître en quelques années ; en plus, sur une intelligence artificielle ! 
           
          Vous lisez trop de SF.
           
           smiley

        • Christian Labrune Christian Labrune 16 avril 18:44

          @Philippe VERGNES
          La croyance en la seule existence d’un dieu ne se fonde sur rien, elle naît probablement du sentiment d’impuissance de l’homme qui voudrait bien faire telle ou telle chose et se heurte, depuis la nuit des temps, à des difficultés tout à fait insurmontables. Il imagine donc un être qui serait encore lui mais pourrait tout ce qui lui est interdit par des lois de la nature qu’il ne comprend pas et peut encore moins maîtriser. Avant l’apparition de la théologie négative, même s’il est supposé transcendant au monde et inconnaissable, Dieu reste une entité aux réactions très humaines : une espèce de pédagogue sévère qui punit, se met en colère, récompense, etc.

          Dans les époques reculées, Dieu parlait à certains hommes, à des prophètes dont il se servait comme intermédiaires pour dicter ses volontés au peuple. La chose arrive de moins en moins souvent, et même les chrétiens n’y croient plus. Je fais souvent état, sur ce site, des apparitions de l’Immaculée Conception dont je suis témoin le mercredi dans la grotte des Buttes-Chaumont, et je dois avouer qu’en général, si elles paraissent assez bien approuvées (au moins la note 5), elles ne déchaînent les passions ni dans un sens ni dans un autre. On s’en fout, on n’y croit pas - et on a tort !

          Ce thème de la toute-puissance du dieu chrétien, par exemple, on le voit très bien s’effondrer dès le début du XVIIIe siècle, parce qu’il contredit l’expérience. Si DIeu est tout-puissant, pourquoi y a-t-il tant de mal sur terre ? Leibniz (« Essai de théodicée », 1710) et Wolf, dont Voltaire se moquera tant, essaieront bien d’expliquer que tout est quand même pour le mieux, mais le tremblement de terre de Lisbonne au milieu du XVIIIe siècle secouera pas mal les consciences européennes, et je ne parle pas de la shoah au siècle passé, puis de la perspective de la guerre atomique. S’il y avait un dieu, il faut bien se rendre à l’évidence : de la condition et du malheur des hommes, il se fout divinement.

          Il n’a jamais été question de « croire » à une quelconque toute puissance de la science. Il est très clair qu’elle pose plus de questions qu’elle n’en résout. On pensait au XIXe siècle que la physique, après les travaux de Newton, était achevée. Arrivent là-dessus la relativité et les quanta, et à peine a-t-on mis en évidence l’existence des atomes qu’il faut se rendre à l’évidence : la chose n’est pas insécable comme son nom paraît l’indiquer. Puis, l« électron, le proton et enfin le neuttron à peine découverts, voilà qu’ils sont constituées eux aussi d’un grand nombre de particules. On ne sait pas combien de temps durera le modèle standard actuel, mais ce qu’on sait, c’est qu’il finira bien par être complètement dépassé, et on n’arrivera jamais au bout d’une parfaite connaissance de la nature des choses.

          Il reste que la technique bénéficie de ces avancées, permet des réalisations qui auraient paru surprenantes ou impossibles il n’y a pas deux siècles - ou miraculeuses ! Ceux qui croient impossible que les machines puissent devenir conscientes parce qu’ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’est l’informatique, sont à peu près dans la même illusion que ceux qui rigolaient de Clément Ader construisant le premier »avion" (on en voit encore un exemplaire suspendu dans le grand escalier du musée des Arts et métiers), lequel fit un bond de quelques mètres avant de se briser misérablement en mille morceaux. C’était bien la preuve définitive qu’un engin plus lourd que l’air ne pourrait jamais voler, non ?


        • Christian Labrune Christian Labrune 16 avril 19:07

          @JL
          La notion de singularité repose précisément sur l’observation du physicien qui a cru pouvoir établir, en 1965, ce qu’on appelle la loi de Moore : tous les deux ans à peu près, le nombre des transistors qui constituent les portes logiques d’un circuit intégré, va doubler. Or, cette loi elle n’a toujours pas été démentie. Les transistors sont de plus en plus minuscules ; au delà d’un certain degré de réduction des effets quantiques introduiront des perturbations prévisibles, mais on a toujours trouvé le moyen, jusque là, de pallier ces difficultés.
          Les ordinateurs sont apparus au lendemain de la dernière guerre. Ils n’ont pas un siècle, ils font déjà des choses qui auraient paru de l’ordre d’un délire de science-fiction dans les années cinquante (conduire une voiture, par exemple, en suivant un itinéraire inconnu) , et avec les machines à Qbits qui ne vont pas tarder à arriver, la complexité va exploser.
          Vous touchez précisément à la question essentielle : la complexification des systèmes nerveux biologiques est d’une extrême lenteur, requiert des millions d’années. Combien d’années nous séparent de l’australopithèque ?
          Et les êtres vivants, durant des millions d’années, auront subi passivement cette évolution. On arrive à un moment de l’évolution où il devient possible de l’accélérer. Vous n’arriverez jamais à lire en une fraction de seconde tout Shakespeare. Une machine, même pas très intelligente, en est déjà capable, et même d’en tirer toute sorte d’informations.
          A partir du moment où la parité entre l’intelligence biologique et celles des machines sera atteinte, la première continuera à stagner. L’autre connaîtra un développement qui n’aura même pas besoin, comme l’actuel, d’être exponentiel : quand la complexité du système doublerait seulement tous les siècles, si vous comparez cela à l’évolution des espèces depuis quatre millions d’années, vous voyez bien qu’il n’y a aucune espèce de comparaison possible, et on sera passé, que cela vous plaise ou non, dans un tout autre monde.


        • Christian Labrune Christian Labrune 16 avril 19:09

          ERRATUM
          Or, cette loi elle n’a toujours pas été démentie.
          Je voulais dire :
          Or, cette loi n’a toujours pas été démentie.
          Voilà que je me prends pour le Président de la République, maintenant !


        • JL JL 16 avril 19:50

          @Christian Labrune
           

           votre argumentaire - la loi de Moore, etc. - concerne le quantitatif - la puissance de calcul -, pas le qualitatif : la conscience, la durée.
           
          Je ne crois pas que la conscience soit apparue à un un instant t, à moment que l’on pourrait identifier : je crois que c’est arrivé progressivement ; rien à voir donc, avec les progrès de la machine.

        • Christian Labrune Christian Labrune 16 avril 23:15

          calcul -, pas le qualitatif : la conscience, la durée.
          @JL

          Ai-je jamais dit que la conscience apparaissait spontanément comme elle revient en quelques secondes après qu’on a dormi ? La conscience réflexive n’est pas spécifiquement humaine : les grands singes, les éléphants et pas mal d’animaux supérieurs ont un niveau de conscience qui n’est pas très éloigné du nôtre. Ce qui leur fait défaut, c’est le langage articulé. Si on n’en dispose pas, il n’est pas possible de rendre compte de ses expériences et de les objectiver. 

          La plus grande difficulté en informatique n’aura pas été d’implémenter sur les machines des fonctions abstraites sophistiquées : il y a longtemps qu’elles démontrent des théorèmes mathématiques fort difficiles et qu’elle battent à plate couture les meilleurs spécialistes aux échecs et même, plus récemment, au jeu de go. La difficulté, c’est tout ce qui touche à la perception du monde. Faire qu’une caméra transmette des images en haute définition, c’est très facile. La rendre intelligente pour faire en sorte qu’elle puisse exprimer en langage naturel ce qu’elle « voit », c’est beaucoup plus difficile mais ça vient tout doucement. Quand vous pourrez lui demander ce qu’elle voit, et qu’elle vous répondra en langage naturel : « je vois des pommiers, mais les pommes ne paraissent pas encore très mûres », elle répondra très exactement au cahier des charges que définissait Turing pour une machine pensante, c’est-à-dire que vous ne saurez pas si votre interlocuteur est un homme ou une machine. Dans le cas des voitures sans conducteurs qui existent déjà, il faut bien qu’elles mettent un nom sur ce qui fait leur environnement : bas-côtés réduits, ou friables, temps pluvieux ou neigeux, et qu’elles sachent, à partir de ce nom posé sur les choses, quel type de disposition il faut prendre en pareil cas pour éviter des catastrophes.

          Vous voyez donc par cet exemple que ce qui est au centre des problématiques de l’IA, c’est précisément le langage dont ne disposent pas les animaux, et sans lequel il est tout à fait impossible de recourir aux banques de données qui permettent de faire face à un environnement non-programmé.

          Quand vous aurez des millions d’objets interconnectés qui échangeront des informations à très grande vitesse, indépendamment de tout contrôle humain, une forme d’intelligence collective apparaîtra, qui ne sera probablement pas la même que la nôtre, mais capable bien plus vite de prendre toute sorte de décisions qui n’auront jamais été programmées par quiconque.

          Je n’ai pas encore lu l’article auquel je vous renvoyais sur la notion d’émergence, mais il devrait faire allusion à ce qui apparaît lorsqu’on fait fonctionner des colonies de petits robots même rudimentaires : des comportements adaptés apparaissent, auxquels les programmeurs, souvent, n’avaient même pas pensé. Si les capacités de la mémoire et de traitement de l’information excèdent celles d’un cerveau humain -on y arrive -, il n’est guère difficile d’imaginer ce qui arrivera très vite.

          Des gens comme Stephen Hawking, qui n’est assurément pas un innocent en matière de science, vous confirmeront tout cela, et c’est là-dessus que travaillent un peu partout bien des équipes d’informaticiens, dont celle de Google n’est pas la moindre. Quelquefois, ils ont des idées étranges : Hawking imagine que les machines pourraient très bien finir par nous supprimer. Mais il doit se dire qu’il y a tant de gens qui ignorent où en sont les choses, le mieux est donc peut-être, pour les forcer à comprendre l’évolution des techniques, de leur faire un peu peur, à la manière de nos bons écologistes.


        • JL JL 17 avril 08:05

          @Christian Labrune
           

           ’’La conscience réflexive n’est pas spécifiquement humaine : les grands singes, les éléphants et pas mal d’animaux supérieurs ont un niveau de conscience qui n’est pas très éloigné du nôtre. Ce qui leur fait défaut, c’est le langage articulé. Si on n’en dispose pas, il n’est pas possible de rendre compte de ses expériences et de les objectiver. ’’
           
           Je me suis arrêté à ce § parce que je vois que vous voulez m’entraîner sur une conception de la conscience que je réfute. Et d’ailleurs je pense que cette position vous mène à l’impasse sinon à l’aporie.
           
           
           Pour moi, la conscience est endémique, congénitale chez tous les êtres humains, par définition. Par conséquent, que l’on considère la phylogénèse ou l’ontogénèse, et je me répète, il est impossible de marquer d’une croix dans l’un ou l’autre des processus, l’apparition de la conscience telle que je l’ai définie.
           
          Maintenant vous pouvez contester ma définition et si vous arrivez à me convaincre, je veux bien étudier vos arguments.
           

        • JL JL 17 avril 09:01
          @Christian Labrune
           
          erratum : 

          Pour moi, la conscience est endémique, congénitale chez tous les êtres vivants, par définition.
           
           Les être vivants par opposition au monde minéral. Quand au règne végétal, je n’en dis rien, mais j’ai ma petite idée.

        • Clocel Clocel 17 avril 09:24

          @JL

          « la conscience est endémique, congénitale »

          J’ai un doute...

          A l’état latent, peut-être, mais il semblerait que nous ne fassions pas tous les mêmes efforts pour l’éveiller, la développer.

          Ça passe par l’intellect, donc, réclame un effort soutenu.

          Une chose est certaine, on peut vivre sans...


        • JL JL 17 avril 09:37

          @Clocel
           

           diriez vous qu’un bébé n’a pas de conscience ?
           
           Y aurait-il une différence de nature entre conscience à l’état latent et conscience éveillée ? Non, évidemment !

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