• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > « Deviens ce que tu es » (2) : l’abîme de perplexité

« Deviens ce que tu es » (2) : l’abîme de perplexité

Le précepte « deviens ce que tu es », non seulement est source de grande confusion en raison de l’incertitude des sources et de leurs interprétations, mais il nous plonge aussi dans un abîme de perplexité parce qu’il émane d’une vision originale, celle de Nietzsche, une vision audacieuse, très loin d’être commune. On ne peut élucider le sens de cette maxime sans avoir préalablement compris la conception que s’en fait le philosophe.

I – L’exclusion de la métaphysique

1°) Le poids de chaque terme varie selon les mentalités des peuples

Les Latins se focalisent sur le « tu es », sur l’être. Les Allemands, eux, voient surtout le « devenir ». Enfin, les Anglo-saxons sont parfaitement imperméables aux préceptes métaphysiques, puisque pour eux seuls comptent les actes et les comportements et la science de la cie comme pure mécanique. Ces pragmatiques ne comprennent pas le sens du « deviens ce que tu es ».

Nous autres Allemands, nous serions hégéliens, même si Hegel n’avait jamais existé, dans la mesure où (en opposition avec tous les Latins) nous accordons instinctivement un sens plus profond, une valeur plus riche, au devenir, à l’évolution qu’à ce qui « est » — nous croyons à peine à la qualité du concept « être »... (Le Gai savoir Livre 3ème / 357)

2°) La dialectique hégélienne

Hegel raisonne selon le schéma historique thèse – antithèse – synthèse qu’il applique à l’être. Cela donne être – non être – devenir. En effet, le devenir est la synthèse de l’être et du non être. Dans cette triade, seul le troisième terme, à savoir le devenir, est concret. Le mot « concret » vient du latin « concrescere » qui veut dire « croître ensemble ». La négation est créatrice chez Hegel. Nietzche dit que les Allemands embrassent cette conception. Au contraire, les Latins, et en particulier les philosophes français, insistent sur l’être et sur la conscience : Saint Augustin, Descartes et Montaigne employant même le pronom « je » avec force (cogito, que sais-je ?).

Si l’on veut comprendre la pensée de Nietzche, il faut donc quitter son esprit français et embrasser la conception allemande du devenir des philosophes allemands.

II – L’exclusion du conscient

Pour Nietzsche, la part de la conscience dans le devenir est négligeable.

1°) La conscience est impersonnelle

Il faut rester dans ces dispositions et ne plus considérer comme primauté l’être et sa conscience. L’idée de Nietzsche est que le conscient est la marque de l’appartenance au troupeau (morale, bienséance, vérité imposée) alors que les instincts sont le terrain de l’épanouissement véritablement personnel. Voyons tout d’abord comment il parle du conscient :

« Tous nos actes sont au fond incomparablement personnels, uniques, immensément personnels, il n’y a à cela aucun doute ; mais dès que nous les transcrivons dans la conscience, il ne paraît plus qu’il en soit ainsi…(…) Tout ce qui devient conscient devient par-là plat, mince, relativement bête, devient généralisation, signe, marque du troupeau...( Le Gai savoir Livre 3ème / 354)

Par conséquent, si par « devenir » vous comprenez "acte conscient", vous vous méprenez sur la pensée nietzschéenne et vous allez dans le sens du renforcement du lien avec le troupeau.

Pour Nietzsche, « devenir » est tout le contraire d’un mouvement de la conscience. La conscience marque qui vous êtes, c'est-à-dire votre identité. Mais votre identité n'est pas tout ce que vous êtes. Qui vous êtes est moins que ce que vous êtes.

2°) La singularité est dans la nécessité physique

Oui, mes amis, il est temps de montrer son dégoût pour ce qui concerne tout le bavardage moral des uns sur les autres. Rendre des sentences morales doit nous être contraire. Laissons ce bavardage et ce mauvais goût à ceux qui n’ont rien de mieux à faire qu’à traîner le passé, sur une petite distance, à travers le temps, et qui ne représentent eux-mêmes jamais le présent, — à beaucoup donc, au plus grand nombre ! Mais nous autres, nous voulons devenir ceux que nous sommes, — les hommes uniques, incomparables, ceux qui se donnent leurs propres lois, ceux qui se créent eux-mêmes ! Et, pour ce, il faut que nous soyons de ceux qui apprennent et découvrent le mieux tout ce qui est loi et nécessité dans le monde : il faut que nous soyons physiciens, pour pouvoir être, en ce sens-là, des créateurs, — tandis que toute évaluation et tout idéal, jusqu’à ce jour, fut basé sur une méconnaissance de la physique, en contradiction avec elle. C’est pourquoi : vive la physique ! Et vive davantage encore ce qui nous contraint vers elle — notre loyauté ! (Ibidem : 335)

Que dit Nietzsche ici ? Ce n’est pas la conscience qui doit être au gouvernail de notre devenir mais la physique, autrement dit nos instincts. « Mais nous autres, nous voulons devenir ceux que nous sommes, — les hommes uniques, incomparables, ceux qui se donnent leurs propres lois, ceux qui se créent eux-mêmes ! »

La conscience n'est que pensée impersonnelle. La singularité passe, au contraire, par le soi, plus exactement par le devenir non conscient de soi. C’est en suivant les lois de la nécessité (et la "physique" : notre corps) que nous serons nos propres créateurs. Nous devons suivre notre nature physique et même "ce qui nous contraint vers elle".

Il nous faut, à cette fin, quitter "tout Idéal" (qui est contraire au monde physique) et nous affranchir définitivement de la morale qui nous asservit, car la morale est le pire maître qui soit.

Tout ceci se trouve confirmé dans « Ecce homo – Pourquoi je suis si malin - chapitre 8 » : « En cet endroit je ne puis plus éviter de donner la véritable réponse à la question, comment l’on devient ce que l’on est. Et par là je touche au chef-d’œuvre dans l’art de la conservation de soi, dans l’art de l’égoïsme... Si l’on admet, en effet, que la tâche, la détermination, la destinée de la tâche dépassent de beaucoup la mesure moyenne, il n’y aurait pas de plus grand danger que de s’apercevoir soi-même en même temps que l’on aperçoit cette tâche. Devenir ce que l’on est, cela fait supposer que l’on ne se doute même pas de ce que l’on est. »

On devient sans être conscient ni de ce que l’on est ni de ce que l’on en passe de devenir.

III - L’exclusion de la morale et la religion

Nietzsche règle ses comptes avec le christianisme. « Mon expérience m’autorise à me méfier, d’une façon générale, de tout ce que l’on appelle les instincts « désintéressés », de cet « amour du prochain » toujours prêt à secourir et à donner des conseils. Cet amour m’apparaît comme une faiblesse, comme un cas particulier de l’incapacité de réagir contre des impulsions. (« Ecce homo - Pourquoi je suis si sage - 4 »).

1°) « Deviens ce que tu es » grâce à la mort de Dieu

« Dieu est mort » et la mort de dieu est l'occasion d'une fête. « La notion de « Dieu » a été inventée comme antinomie de la vie ». (Ecce homo, « pourquoi j’écris de si bon livres » – 8) La vie reprend donc ses droits avec la mort de Dieu.

La « mort de Dieu » signifie que la conception morale de Dieu est périmée. Cette conception, quelle était-elle ? Nietzsche nous la rappelle dans sa Généalogie de la morale : « À l’origine, décrètent-ils, les actions non égoïstes ont été louées et réputées bonnes, par ceux à qui elles étaient prodiguées, à qui elles étaient utiles ; plus tard on a oublié l’origine de cette louange et l’on a simplement trouvé bonnes les actions non-égoïstes, parce que, par habitude, on les avait toujours louées comme telles, comme si elles étaient bonnes en soi. »

Cette conception morale était génératrice de mauvaise conscience et de « refoulement » (comme dira Freud) contraire au plein épanouissement de la vie. Les idéalistes ont un besoin religieux et moral, un besoin « né dans des âmes d'esclaves ».

L'homme quitte cette âme d’esclave pour recouvrer toutes ses facultés créatrices qui étaient jusqu'alors aliénées. Il se situe hardiment par-delà le bien et le mal.

2°) La fin des impératifs, des « tu dois… »

Finis les impératifs moraux absolus, les « tu dois » faire – ou penser - ceci ou cela. La morale est, pour Nietzsche, le refuge des faibles. L’homme se libère des impératifs moraux. Finis les commandements. Les religions étaient une maladie de la volonté qui poussait les hommes à accepter d’être commandés par des préceptes et des injonctions.

« D’où il faudrait peut-être conclure que les deux grandes religions du monde, le bouddhisme et le christianisme, pourraient bien avoir trouvé leur origine, et surtout leur développement soudain, dans un énorme accès de maladie de la volonté. Et il en a été véritablement ainsi. Les deux religions ont rencontré une aspiration tendue jusqu’à la folie par l’affection de la volonté, le besoin d’un « tu dois  » poussé jusqu’au désespoir…(…) Lorsqu’un homme arrive à la conviction fondamentale qu’il faut qu’il soit commandé, il devient « croyant » ; (…) (Le Gai savoir Livre 3ème 347)

Délié de sa croyance et de son désir d’obéissance, l’esprit se rend libre par excellence.

« Il y aurait lieu d’imaginer par contre une joie et une force de souveraineté individuelle, une liberté du vouloir, où l’esprit abandonnerait toute foi, tout désir de certitude, exercé comme il l’est à se tenir sur les cordes légères de toutes les possibilités, à danser même au bord de l’abîme. Un tel esprit serait l’esprit libre par excellence. (Le Gai savoir Livre 3ème 347)

3°) « Deviens ce que tu es » n’est pas un impératif

Cela peut nous sembler curieux, mais la formule, bien qu’exprimée grammaticalement au présent de l’impératif, n’exprime pas une injonction morale, pas un impératif absolu. Puisque, comme nous l’avons montré, pour Nietzsche, c’est tout le contraire d’un « tu dois ». Mais on peut dire que le devenir est un impératif au sens physique du terme : c'est la nécessité absolue qui se subtitue à l'impératif catégorique absolu que Kant énonçait comme un dogme universel.

En célébrant la volonté de puissance, Nietzsche veut redonner ses droits aux instincts et aux puissances vitales. Contre la soumission à une loi universelle, il invite l'homme à s'affirmer en tant qu'individu.

IV – L’acceptation de la destinée

Nous avons dit ce qu’excluait le principe « deviens ce que tu es ». Nous disons à présent ce qu’il inclut. C’est ce que le philosophe allemand désigne sous le nom de « amor fati ».

« Ma formule pour la grandeur de l’homme, c’est amor fati. Il ne faut rien demander d’autre, ni dans le passé, ni dans l’avenir, pour toute éternité. Il faut non seulement supporter ce qui est nécessaire, et encore moins le cacher — tout idéalisme c’est le mensonge devant la nécessité — il faut aussi l’aimer... » (Ecce homo - Pourquoi je suis si malin - chapitre 9)

Cet amour de la destinée (littéralement) n’est pas le fatalisme. L’amor fati est un amour du devenir et du chaos que constitue parfois la réalité. Pas vraiment un chaos d’ailleurs mais « une multiplicité prodigieuse qui, malgré cela, est l’opposé du chaos » (…)

L’idéal et la morale nous imposaient en quelque sorte un « retiens ce que tu es ». C’est à un mouvement inverse qu’appelle Nietzsche : à ne plus retenir ce que l’on est et donc à respecter ce que l’on est, à aimer ce que nous sommes pour nous y fondre : pour concrètement devenir ce que l’on est.

Le concept d’amor fati s'illustre aussi par cette citation de Nietzsche : « tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » (Crépuscule des idoles, 1888). L’acceptation et la maîtrise de notre destinée nous créent (nous renforcent) et conduisent à l’étape nécessaire dans l'accomplissement de l'être menant à la figure du surhomme.

La vision nietzschéenne n'épuise cependant pas le débat autour du précepte "deviens ce que tu es", qui remonte à l'Antiquité (il est attribué à Pindare) et mérite encore des études attentives. Ce sera l'objet de la suite de ce travail qui, après avoir traité la confusion (article précédent) et la perplexité (le présent article) qui règnent autour de cette maxime, s'emploiera à en révéler la complexité pour enfin dégager des pistes valables et pratiques pour la compréhension quotidienne.


Moyenne des avis sur cet article :  3.13/5   (8 votes)




Réagissez à l'article

9 réactions à cet article    


  • Sozenz 11 septembre 2017 12:03

    bonjour Taverne
    vous faites du bon travail , lmais c est dommage que vous n appuyez jamais votre étude sur la philosophie « asiatique . les principes confucéens et le bouddhisme . il y a une approche portant très intéressante, .
    en tout cas , il est i !important à mon avis de prendre l essence de toutes les »doctrines «  tenter de » visualiser « et d ’élever les doctrines au plus haut niveau du désir de représentation qu’ elles ont voulue faire apparaitre . et d en faire une synthèse pour obtenir la vision la plus large et peut être la plus juste .
    il y a dans un premier temps la nécessité de cette etude . puis de l expérimenter avec tout son être . son corps( synergie entre l interieur et l exterieur ) , son esprit ( mental qui passe par des harmoniques , des oppositions des contradictions) , et son âme ( corps spirituel ; la laisser »voyager« librement) ; 

    L’acceptation et la maîtrise de notre destinée nous créent (nous renforcent)
    i
    l y a une contradiction par exemple dans cette phrase . acceptation et maitrise .
    dans l acceptation nous trouvons le lâcher prise , le non contrôle .
    dans la maitrise ont peut trouver le besoin de contrôle .
    il y a pourtant une nécessité de » cumuler les deux « . c est dans le caractère naturel d etre dans la maitrise et dans l acceptation que l on peut réaliser le cumul des deux ; sinon , notre etre se trouve constamment en décalage et en perdition . c est un etat qui ne s explique pas , mais qui se vit
    c est parce qu on fait le lâcher prise et l acceptation que l on peut se diriger vers la maitrise . et c est parce que nous maitrisons nos énergies que nous pouvons accepter . les deux se font de front et de façon volontaire , libre, sans contrainte .
    quand nous passons par cet état , nous sommes en état de »grâce « . et c est dans ces moments là que nous sommes ce que nous sommes »


    • Taverne Taverne 11 septembre 2017 16:21

      @Sozenz

      Vous écrivez : « L’acceptation et la maîtrise de notre destinée nous créent (nous renforcent) » : il y a une contradiction par exemple dans cette phrase (entre « acceptation » et « maitrise »).

      C’est exact. Nietzsche était plein de contradiction. Voici un éclairage (fragment posthume de 1888 : 14 [61] (OC, XIV, p. 48), intitulé « La musique et le grand style » :

      « La grandeur d’un artiste ne s’évalue pas aux beaux sentiments qu’il suscite ; cela, c’est ce que croient les bonnes femmes [allusion aux wagnériennes, toujours hystériques selon Nietzsche]. Mais, à la mesure dans laquelle il approche du grand style, dans laquelle il est capable de grand style […] Maîtriser le chaos que l’on est : contraindre son chaos à devenir forme ; devenir nécessité dans la forme : devenir logique, simple, non équivoque, mathématique ; devenir loi – c’est là la grande ambition »

      Donc, il y a ici à la fois de l’acceptation « trois fois le verbe »devenir« et de la maîtrise (en gras). La pensée nietzschéenne n’est pas simple.

      Quant à la pensée orientale, Nietzsche évoquait souvent Bouddha. Et il y a son »Zarathoustra".


    • kalachnikov kalachnikov 12 septembre 2017 22:53

      @ Taverne

      Elle est simple, par delà le bien et le mal, l’opposition/contradiction/division.

      ’Le devoir de la roue est de mordre le frein’. Implicitement :mais quel est le devoir de la roue* ? Ainsi parle Zarathoustra.

      Chez Nietzsche, il y a toujours un implicite.

      *la roue est étrangère au devoir ; la roue est vouloir. J’ai dit comme cela pour essayer de donner à saisir.

      La balle d’or.

      Ps : Bien, tes articles. Du coup, je ne fais pas le chipoteur.


    • L'enfoiré L’enfoiré 11 septembre 2017 14:48

      Salut Paul,

       Très bon ton billet.
       L’instinct de meute existe encore chez beaucoup de personnes.
       Pour exister, il faut être à la mode.
       J’ai toujours combattu cet esprit.
       Pas pour être plus péteux qu’un autre, mais pour ne pas faire comme si.
       C’est pour cela que les gens ne sont plus responsables de rien
       Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais.
       C’est pour cela que l’on désigne des responsables, politiciens, chefs de n’importe quoi dans les hiérarchies qui ne sont pas « moi ».
       Les castes indiennes en sont le reflet extrême.
       Un dieu est là pour juger... Un Ave et deux Pater et le compte est bon.
       Quand deviendra-t-on adulte à assumer nos erreurs et nos échecs ?


      • L'enfoiré L’enfoiré 11 septembre 2017 14:50

        Une question ?
        Pourquoi y a-t-il de plus de personnes qui se font tatouer ?


      • Taverne Taverne 11 septembre 2017 16:11

        @L’enfoiré

        « Pour exister, il faut être à la mode ». Le « deviens ce que tu es » nous invite à ne faire qu’un avec le présent et à ne pas vivre dans des temporalités imaginaires, comme le disait Pascal (que Nietzsche appréciait) :

        « Nous ne tenons jamais au temps présent. Nous anticipons l’avenir comme trop lent à venir, comme pour hâter son cours, ou nous rappelons le passé, pour l’arrêter comme trop prompt : si imprudents que nous errons dans des temps qui ne sont point nôtres, et ne pensons point au seul qui nous appartient (...)."

        Qu’est-ce que la mode sinon la vanité de vouloir être en avance sur les autres ?


      • L'enfoiré L’enfoiré 11 septembre 2017 16:48

        Je suis occupé à lire le livre « La conjuration des imbéciles » de John Kennedy Toole.
        La traduction française n’est pas des meilleures, mais le fond est excellent avec son rebelle à tout.
        Ce n’est pas neuf, mais c’est très actuel.
        Un livre très drôle qui porte à regretter intérieurement tous ceux que Toole n’a pas écrit.
        Il a obtenu le prix Pulitzer a titre posthume en 81 alors qu’il s’était suicidé en 69 parce qu’aucun éditeur n’avait accepter de publier un de ses deux romans.
        Son 2ème, « La bible de néon » a été adapté à l’écran
         


      • popov 11 septembre 2017 16:11

        @Taverne


        Difficile de devenir ce que l’on est sans savoir ce que l’on est.

        N’est-il pas plus pragmatique de devenir de moins en moins ce que l’on n’est pas ? Étant donné qu’on sait ce que l’on n’est pas : c’est tout ce que l’on a cru être.

        • Taverne Taverne 11 septembre 2017 16:38

          @popov

          « Deviens ce que tu hais » : c’est ce qui risque de nous arriver quand on se trompe sur nous-mêmes ou que l’on se laisse trop aller au conformisme.

          Votre question est donc pertinente. Mais vous anticipez un peu sur mon propos. Nous n’en sommes qu’à l’interprétation de la pensée de Nietzsche. Par la suite, je soulèverai les problématiques modernes que cela pose. En effet, cessez d’être ce que l’on n’est pas est aussi une forme du « deviens ce que tu es » . En somme, « supprime ce qui n’est pas toi » et, par déduction, par épuration, « vois qui tu es vraiment ». Mais, ainsi que vous le dites aussi, soyons pragmatique : faisons de notre mieux.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès