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Accueil du site > Tribune Libre > Evangile de Matthieu, essai de décryptage

Evangile de Matthieu, essai de décryptage

Au Ier siècle, la situation en Palestine était, me semble-t-il, la suivante : un mouvement né dans le milieu juif des descendants revenus de la déportation à Babylone veut rétablir en Israël le régime théocratique, tel qu'il existait avant la déportation, ce qui ne peut être toléré par l'occupant romain pour lequel l'autorité suprême est l'empereur. La croix devient l'arme dissuasive pour l'occupant, le symbole du sacrifice porteur d'espoir pour les esséniens. Les quatre évangiles sont des textes de combat pour soutenir ce courant essénien d'opposition... seul mouvement d'opposition crédible ayant un ou des plans de mobilisation de type militaire.

d'après la fresque de Gourdon, en Bourgogne, Ier siècle avant JC. photo https://vogage-roman-art.blogspot.com/2011/05/les-fresques-de-gourdon.html&nbsp ;&nbsp ;

 

Pourquoi Matthieu est le quatrième évangile. Pourquoi en l'an 48 ?

« Tibère Alexandre fit crucifier Jacques et Simon, fils de Juda de Galilée, qui du temps que Cyrénius faisait le dénombrement des Juifs, avait sollicité le peuple à se révolter contre les Romains » (Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XX, chapitre III). Dès lors que je crois avoir montré dans mes articles précédents que les trois évangiles de Jean, Marc et Luc sont des textes de combat pour soutenir un courant essénien d'opposition à un occupant romain qui crucifiait, L'hypothèse logique est que si Josèphe mentionne cette crucifixion de l'an 48, c'est qu'elle s'inscrit dans ce conflit, même s'il est multiple et désordonné. Ce qui nous conduit à une autre hypothèse logique : un conseil essénien crucifié dont Josèphe cite, en 48, les deux principaux : un Jacques et un Simon, fils de Juda de Galilée : un Jacques qui ne peut être que le chef de la communauté chrétienne installée à Jérusalem, en Judée, un Simon qui ne peut être que le chef de la communauté essénienne dont la synagogue se trouvait sur la montagne de Gamala ; en Galilée, ou plutôt, deux tendances dans un grand conseil lorsqu'il se rassemblait, l'un voulant plutôt agir par la Parole, l'autre par les armes, dans l'héritage du Judas galiléen historique, dit de Gamala, après qu'il ait été chassé de Nazareth par les Romains.

Les deux principaux chefs représentatifs du mouvement ayant été crucifiés, il était important pour la communauté de les évoquer, en gloire, comme fils de l'Homme et fils de Dieu, pour la poursuite du combat... pacifique ou guerrier. 

L'épître aux Hébreux témoigne : "Souvenez-vous de vos chefs qui vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur leur vie et sur leur mort. Prenez exemple sur la foi qui les animait" (He 13,7). Et encore : "Mais celui qui a été abaissé un moment au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons maintenant couronné de gloire et d'honneur (dans le ciel), parce qu'il a souffert la mort : il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goûtât la mort." (He 2,9). C'est clair : Jésus est descendu du ciel pour "goûter" la mort dans les crucifiés, puis, il est remonté au ciel pour trôner "en gloire" à la droite du Père.

Matthieu réaffirme ce que les évangiles précédents ont déjà révélé et en rajoute.

  1. Il donne la généalogie des conseils qui se sont succédés depuis celui d'Abraham à celui du conseil "Jésus". (Mt 1,1-18)
  2. Il "accomplit" la prophétie de la naissance de Jésus annoncée par Jacques dans son protévangile ainsi que la visite des mages. (Mt 1,19 à 2,12)
  3. Il rajoute une fuite en Egypte, probablement à la demande de la communauté juive qui s'y trouvait et qui se serait plainte de n'avoir pas été nommée dans les précédents évangiles. (Mt 2,13-15)
  4. Il évoque la tragique histoire des "enfants/séminaristes, Jean", fils (spirituels) du grand-prêtre Zacharie, certains exécutés par Hérode, d'autres qui se sont enfuis dans le désert. (Mt 2,16-18)
  5. Il n'oublie pas ce Jean du désert qui, devenu grand, baptise Jésus de Nazareth dans l'eau du Jourdain, rappelant l'onction qui intronisait les anciens rois d'Israël. (Mt 3, 1-17)
  6. Il reprend assez fidèlement la "reconquête" par Jésus de l'ancien royaume de Galilée... par la Parole... depuis la synagogue de Capharnaüm. (Mt 4,12 à 5,30)
  7.  Il condamne celui qui se marie avec la femme qui a été renvoyée et qui prend la femme d'un autre (Mt 5, 31-32). Sous-entendu : Hérode Antipas, le meurtrier de Jean-Baptiste, qui s'est remarié avec Hérodiade vers l'an 34, 14 ans plus tôt.
  8. Après avoir donné son nouvel enseignement (depuis la synagogue de Gamala), Jésus est descendu de la montagne (de Gamala) (Mt 8,1)... et voici qu'un lépreux s'est approché de lui (Mt 8,2) et voici que sa lèpre a été guérie (que celui qui veut comprendre comprenne !)... puis, Jésus guérit le serviteur du centurion (idem)... par la Parole.
  9. Gadara est un site des bords du lac de Galilée, probablement rivale de Gamala. Jésus y transvase ses mauvais esprits dans un troupeau de cochons (Mt 8,28-34).
  10. Matthieu rappelle le miracle de la femme qui perdait son sang et de la fille ressuscitée mais il ne dit pas qu'il s'agit de Tibériade comme je l'ai interprété en raisonnant à partir des dates de sa fondation que donne l'évangile de Marc - je cite : « Fillette, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt, (Tibériade ?) se leva et elle marchait, car elle avait douze ans (Marc 5,30-43) ; on sait que Tibériade fut fondée en l'an 19 et consacrée en l'an 22 de notre ère. Le miracle de Jésus, survenant douze ans après, nous donne la date de l'évangile de Marc : l'an 34, soit environ trois ans après l'évangile de Jean.
  11. J'ai fait l'hypothèse que les auteurs des évangiles auraient modifié une première rédaction disparue ou abandonnée de Jean pour ramener toute "l'affaire", de Tibériade à Jérusalem, notamment la crucifixion et la résurrection. En effet, la bourgade de Magdala ne peut voir le tombeau depuis son site qu'à Tibériade ; Jérusalem est beaucoup trop loin.
  12. Au pied de la croix, Matthieu reprend les évangiles précédents mais les complète en y ajoutant à Marie de Magdala et à Marie, mère de Jacob et de Joseph, la mère des fils de Zébédée et des femmes/populations qui regardent de loin (hypothèse : Marie, femme du Joseph des fresques de Gourdon, en Gaule. et autres Marie de la diaspora juive ?)

Jean avait annoncé que le "logos" était descendu dans le monde (Jn 1,9-14)...je corrige : dans la communauté essénienne. Matthieu ne dit pas autre chose si on lit attentivement son évangile. Il faut seulement comprendre que le Christ, fils de l'homme, est descendu en esprit dans la communauté très sainte tout en l'inspirant... dans l'attente de sa révélation sur la croix.

En vérité, je vous le dis, vous n'aurez pas fini de porter la Parole (de cet évangile) aux villes d'Israël que le fils de l'homme viendra (Mt 10, 23)... il y en a parmi vous qui ne goûteront pas la mort avant d'avoir vu venir le fils de l'homme avec son royaume (Mt 16, 28). Lorsque vous verrez l'Abomination et la Désolation annoncée par le prophète Daniel (Mt 24, 15). Si quelqu'un vous dit : “Voici le Christ”, n'y allez pas, car il s'élèvera de faux Christs (Mt 24, 24). Comme l'éclair qui traverse le ciel du Levant jusqu'au Couchant, ainsi viendra le fils de l'homme (Mt 24, 27). Soyez vigilants, car c'est au moment que vous n'y penserez plus que le fils de l'homme viendra (Mt 24, 44). Veillez ! (Mt 25, 13). Lorsque le fils de l'homme viendra en gloire, avec son cortège d'anges, il s'asseoira sur son trône et il jugera les nations. (Mt 25, 31)

 Hélas ! l'évangéliste s'est trompé dans son estimation du temps. Cet événement extraordinaire qui devait se produire avant que sa génération ne meure s'est trouvé en effet précédé par tous les signes auxquels on pouvait s'attendre - les premiers troubles, puis la guerre de Jérusalem de 70 - mais il ne s'est pas produit. Jésus ne s'est pas révélé “en gloire” (extrait de mon Histoire du Christ, tome 2, chapitre 15, publié en 1996 sous le pseudonyme de Jean).

Voici comment on peut interpréter la pensée de Matthieu.

« 1) L'esprit de Jésus est bien descendu sur la terre. 
  Il est dans une communauté de Saints nés charnellement de Marie (la dernière Jérusalem dispersée, population galiléenne pieuse et servante) et spirituellement de Joseph (les prêtres descendants des prêtres "Joseph" d'Egypte). 
  L'esprit de Jésus anime tous les membres de cette communauté. Et voilà que les membres de cette communauté, en portant partout la “bonne parole” comme des missionnaires, répandent jusqu'à Jérusalem l'esprit de Jésus.
  2) Si l'esprit de la communauté est l'esprit de Jésus descendu du ciel, pourquoi le corps de la communauté ne serait-il pas, par analogie, le corps même de Jésus ?
  3) Si Jésus est, en corps et en esprit, dans la communauté élue, pourquoi ne se révèlerait-il pas dans le membre par excellence de cette communauté ? Il suffisait qu'il se trouve dans la communauté un idéalement " parfait” ou un idéalement "saint". (Mon Histoire du Christ, tome II, livre II, chapitre 2. publié en octobre 1996, extrait).

En n'évoquant que des "manifestations", la première épître de Jean confirme cette interprétation de Matthieu.

Selon cette première épître de Jean, la "Parole" est bien descendue dans la "chair" du monde. Le prologue de l'évangile de Jean l'avait proclamé. Les Juifs de Jérusalem - les siens - ne l'ont pas accueilli au contraire de la communauté essénienne. C'est ainsi que nous avons "connu" Jésus lorsqu'il s'est "manifesté" au sein de cette communauté (quand elle se réunit en conseil de Dieu). C'est ainsi que Jésus a souffert dans les membres de cette communauté qui portait la bonne parole dans le monde jusqu'au sacrifice de leur vie. Ils sont le Fils de Dieu, Fils de l'homme, que le Père a envoyé au monde pour le sauver et nous sauver. Témoins que nous avons été de leur amour pour nous jusqu'au sacrifice suprême, nous savons enfin, par ce sang versé qui lave nos péchés, que Dieu nous aime. Dieu, personne ne l'a vu, mais eux- nous l'ont fait connaître. ils nous ont donné de Son esprit. C'est ainsi que Dieu est en nous et qu'Il y demeure si nous continuons à nous aimer les uns les autres. C'est ainsi que nous aurons la vie éternelle.

Ce Jésus qui s'est "manifesté" et qui peut se manifester encore, il faut se tenir toujours prêt à l'accueillir. Dans l'évangile de Jean, premier évangile et non quatrième, il nous a promis la vie éternelle. Ayons confiance, car il se tient, dans le ciel, à la droite du Père, et il sera pour nous un avocat (Paraclet), même s'il nous arrive de pécher.... l'esprit que vous avez reçu de lui demeure en vous... demeurez-en lui, pour que, s'il vient à se manifester de nouveau - Jésus - nous ayons de l'assurance, et non pas la honte de nous trouver loin de lui, lors de sa venue.
 ... Voyez quel amour nous a donné le Père... Nous savons que si, Lui, vient à se manifester - le Père - nous le verrons comme Il est, semblable à nous. (d'après la Bible d'Osty).

autre traduction : 1Jn 3:2- Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est (Bible de Jérusalem).

Au IIIème siècle, à Chalon-sur-Saône, dans le plus beau temple de l'univers, cathédrale actuelle, la population attendait toujours la venue du messie annoncé par les textes de Qumrân.

De l'essénisme au christianisme, l'ouverture aux nations.

Comme le relate Paul dans son épître aux Galates (Gal 2, 11-14, an 47 ?), Pierre s'était esquivé à ANTIOCHE pour ne pas être vu en train de manger avec des incirconcis. Le Jésus de Matthieu (an 48) remet les choses en ordre : Pierre mange avec les publicains et les pécheurs. « Je ne suis pas venu pour parler aux justes mais pour appeler les pécheurs »(Mt 9, 13). Face au monde entier, il s'écrie : « Venez à moi, vous qui peinez » (Mt 11, 28). Partout, il sème la bonne parole (Mt 13,3), et la Parole lève dans le monde comme le pain sous l'action du levain.(Mt 13, 33)
  Cette ouverture de Matthieu vers les nations s'accompagne d'une déception non dissimulée à l'égard des milieux juifs de la Palestine. Comme jadis les anciens prophètes, Matthieu, par la voix de Simon Pierre, jette l'anathème sur les bourgades et sur les villes qui ont eu l'honneur d'être citées dans les évangiles de Jean, de Marc et de Luc, et qui ne se sont pas converties. « Malheur à toi Khorazin ! Malheur à toi Bethsaïde (ville de pêcheurs au pied de Gamala) ! et toi Capharnaüm, jusqu'à l'Hadès tu descendras ; car si les miracles que tu as connus avaient été faits à Sodome, elle serait encore là aujourd'hui (Mt 11, 21-23). Malheur à toi Jérusalem, toi qui tues les prophètes et ceux que Dieu t'envoie. Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses petits. » Puis, montrant le temple d'Hérode autour duquel des ouvriers s'affairaient encore, il (Jésus) ou elle (l'Eglise de Pierre) dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, de ce temple (orgueil du pouvoir pharisien), il ne restera pas pierre sur pierre. »(Mt, 24, 3)...... Seul échappe à la colère de Pierre, le serviteur du centurion, probablement gaulois.... Avant de le guérir, Jésus s'écrie : « Chez personne en Israël, je n'ai trouvé une telle foi. En vérité je vous le dis, beaucoup viendront du Levant et du Couchant. Ils se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume de Dieu. Et les fils auxquels était destiné le royaume seront jetés dehors dans les ténèbres. Il y aura des sanglots et des grincements de dents ».(Mt 8, 5-10). 
  Ces paroles furent prononcées par Jésus avant la guerre de Jérusalem, avant la destruction du temple (mon "Histoire du Christ, tome II", chapitre 13, publié en octobre 1996, extrait)

Nous sommes là à un tournant important de l'Histoire. J'y vois le passage de l'éssénisme au christianisme. Pierre que le Jésus/logos de Jean avait surnommé "le rocher", descend de la montagne essénienne de Gamala et rejoint l'Antioche chrétienne de Paul. Paul n'a pas connu le Christ. Il ne s'est converti qu'après sa crucifixion dans l'évangile de Marc. Il ne peut donc écrire qu'en recopiant ou sur la foi de témoignages. Il réécrit pourtant son histoire dans l'évangile de Luc. Il écrit ensuite les Actes des Apôtres ou en dirige la rédaction.

Bref, à supposer que l'évangile premier de Jean n'ait été qu'une prophétie que l'auteur prévoyait d'accomplir, lui et sa communauté, lui ou un membre de sa communauté, à supposer que le pouvoir ait préféré réprimer, à Macheronte, la communauté essénienne de Jean par le fer plutôt que par la croix, le fait est que la crucifixion a bien eu lieu trois ans après, dans l'évangile de Marc, mais sans la résurrection apocalyptique attendue en plein ciel "avec son cortège d'anges"... ce qui explique et justifie le cri d'abandon du crucifié adressé à Dieu dans cet évangile de Marc, dans Matthieu mais pas dans Luc. (A noter que ma datation de l'évangile de Luc, en l'an 36, que j'attribue à Paul, coincide avec la date de sa conversion.)

"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" (traduction Claude Tresmontant)

Selon Marc : lorsqu'il a pris le vinaigre, ieschoua, alors il a dit, c'est achevé et il a penché la tête et il a rendu l'esprit (Jn 19,30) et à la neuvième heure, il a crié, ieschoua, avec une voix puissante : elâhi elâhi lemah schebaqtani, ce qui signifie en traduction : mon : dieu mon dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? (Mc 15,,34)

Selon Luc : et c'était maintenant environ la sixième heure, et alors il y a eu ténèbre sur tout le pays jusqu'à la neuvième heure et il s'est retiré le soleil et il s'est déchiré le rideau du temple par le milieu et il a crié avec une grande voix, ieschoua, et il a dit : mon père dans ta main, je remets à ta garde mon esprit. (Luc 23, 44-46) Luc n'a pas repris le "mon dieu mon dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" de Marc

Selon Matthieu : et à partir de la sixième heure, il y a eu ténèbre sur tout le pays jusqu'à la neuvième heure ; vers la neuvième heure, il a crié, ieschoua, d'une voix grande et il a dit "eli eli lema schebaqtani", c'est-à-dire : mon dieu, mon dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ; et ieschoua, il a recommencé à crier, avec une grande voix, et il est sorti, son esprit, et voici que le rideau du temple s'est déchiré, depuis le haut jusqu'en bas en deux, et la terre a tremblé, et les pierres se sont fendues, et les tombeaux se sont ouverts... (Mt 27, 46, 50-52) 

Psaume de David, prière et action de grâces du juste souffrant. (voyez ma restitution du ciel astrologique du début de mon article). 

  Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
  O Toi, Yahvé en qui nos pères ont cru
  Vers toi, ils ont crié et tu les as sauvés.
  Pourquoi lorsque je crie, le jour, tu t'éloignes
  Dans ton sanctuaire nocturne, tu ne me réponds plus.
  
  Ils se moquent de moi, ils ricanent des lèvres
  Et hochant la tête, ils se parlent entre eux :
  « Il a remis son être dans la main de son Dieu,
  Qu'Il le délivre, s'Il l'aime ! »
  
  Tu m'as tiré du ventre de ma mère
  Et aussitôt sorti, je me jetai vers toi.
  Ne t'éloigne pas à cet instant suprême
  Où personne d'autre ne peut m'aider que toi.
  
  Comme une eau qui s'écoule, ma chair se répand ;
  Mes os se disjoignent. Dans mes machoires à nu
  Ma langue colle et dans l'argile s'englue.
  Mon cœur est une cire qui fond.
  
  Les os de ma main, je pourrais les compter
  Et les os de mes pieds, je les vois, décharnés.
  Mon vêtement, ils l'ont joué aux dés.
  Et mes habits, ils se les ont partagés.(Jn 19, 24)
  
  Le lion ouvre sa gueule et les taureaux m'entourent.
  Les chiens hargneux, d'un œil fixe, me regardent.
  O Toi, ma force, mon bouclier et mon secours
  Ne t'éloigne pas, toi Yahvé qui me gardes.

  Délivre-moi du glaive où succombe l'impie,
  De la patte du chien et de la gueule du lion.
  Des cornes du taureau, protège, ô Dieu, ma vie
  Jusqu'au sommet du ciel, vers les lumières de Sion.
  
  Dans la grande assemblée, je proclamerai ta gloire
  Ô toi Yahvé qui m'as montré ta face
  Et aux peuples qui sortiront des races
  Mes descendants diront tout simplement 
  de croire.(Psaume 22,2, retraduction poétisée E. Mourey)

Chute de Gamala, citadelle essénienne, Rome triomphe. 

photo Wikipedia, la synagogue, auteur : Hanay...Sur le flanc de l’escarpement où elles étaient construites, les maisons se pressaient étroitement les unes contre les autres ; la ville semblait ainsi suspendue en l'air et s'effondrer sur elle-même du point culminant des rochers... 

« Les Romains mirent en position en trois endroits les béliers et ébranlèrent le mur : puis, se précipitant par la brèche avec un grand bruit de trompettes, un grand cliquetis d'armes et des cris de guerre, ils se jetèrent contre les défenseurs de la ville59. » « Forcés de tous côtés par le nombre », les défenseurs « battent en retraite vers les quartiers élevés de la ville, et, comme les ennemis les suivent de près, ils se retournent, les repoussent sur la pente et les égorgent, entassés dans des passages étroits et difficiles, Ceux-ci, ne pouvant refouler les Juifs qui occupaient la crête, ni se frayer un chemin à travers leurs propres compagnons qui s'efforçaient de monter, cherchèrent un refuge sur les maisons des ennemis, peu élevées au-dessus du sol. Mais bientôt, couvertes de soldats et ne pouvant supporter leur poids, elles s'écroulèrent. En tombant, il suffisait que l'une d'elles renversât celles qui étaient placées au-dessous pour qu'à leur tour celles-ci entraînassent les autres placées plus bas. Cet accident causa la mort d'un grand nombre de Romains, car, dans leur détresse, ils sautaient sur les toits, bien qu'ils les vissent s'affaisser. Beaucoup furent ainsi ensevelis sous les débris ; beaucoup fuyaient, estropiés, atteints sur quelque partie du corps ; un très grand nombre périssaient, étouffés par la poussière. Les habitants de Gamala virent dans cette catastrophe une intervention divine »...

« Ils redoublaient leurs attaques, repoussaient les ennemis vers les toits des maisons. Les Romains glissaient dans les passages escarpés : chaque fois qu'ils tombaient, les Juifs placés au-dessus d'eux les massacraient » « Trouvant à grand peine des issues, une partie des Romains sortirent de la ville. Vespasien ne cessa de rester auprès des troupes qui soutenaient cette lutte pénible : pénétré de douleur à la vue de cette ville qui s'écroulait sur son armée.. (Flavius Josèphe, guerre des Juifs, Wikipédia). 

Les combattants soutinrent le siège jusqu'au 9 novembre 67.

Question sur Qumrân ?

C'est donc bien sur la montagne de Gamala que l'épopée essénienne se termine, dans une défaite militaire, sur le point fort du terrain des esséniens galiléens, le point fort du terrain des esséniens judéens étant la montagne de Macheronte. Dans mon raisonnement militaire, Qumrân ne s'explique surtout que parce que le roi Jannée y a caché dans des grottes, des documents esséniens qu'il a pris à Gamala après s'être emparé de la place. Dans mon raisonnement militaire, le seul mouvement d'opposition crédible à la puissance romaine montante que je vois apparaître dans les textes est "la nouvelle alliance" du grand prêtre Simon d'Israël que ses successeurs ont stucturé. Répartis sur le territoire en "maisons de type monastique", je ne vois que les dits esséniens pouvant être mobilisés sur ordre, notamment pour la lutte finale contre les Kittim (Romains et Grecs). Les Pharisiens sont une sorte de clergé, les Sadducéens, des intellectuels, genre philosophes. (Réglement de la guerre des Fils de lumière).

Merveilleux tympan sculpté de Sainte-Foy de Gonques : les esséniens sont en Gaule.

Nous sommes au IIIème siècle, à l'époque des empereurs gaulois. Il s'agit de la scène du Jugement dernier à venir. Les bons sont élevés et sanctifiés, les pêcheurs précipités dans le Tartare des Juifs. Comme l'indique l'inscription du nimbe en lettres entremêlées REX JUDIX, le personnage central qui trône dans le ciel est à la fois juge et roi. Rex Judéorum, il est le roi des Juifs. Ce roi des Juifs qui n'est pas apparu pour sauver les 800 esséniens de Bethsaîde crucifiés par Alexandre Jannée vers - 84, il apparaîtra en "Roi Juge", dans le ciel, à la fin des temps.. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-evangiles-une-explication-228343
 
À sa droite, l'inscription SANCTORUM CETUS STAT XPISTO JUDICE LETUS, l'assemblée des Saints se tient debout, joyeuse, à côté de ce juge, indique clairement que nous sommes dans l'héritage de la pensée essénienne. Nous voyons l'Église, le pape et l'empereur gaulois Tetricus ; puis l'évêque, jeune, sûr de lui, tenant par la main et le guidant, un roi couronné, vieux et voûté, apportant docilement son offrande - la dîme - puis, le clergé prêchant le refus du péché, présentant les tables de la Loi, portant le livre de la Thora ; puis les saints et les saintes, puis le petit peuple des croyants. Nous avons là l’extraordinaire image de ce que voulait être la nouvelle société gauloise au IIIème siècle, au temps de Tetricus, empereur gaulois (271 - 274). En opposition complète à la société gallo-romaine, en opposition complète avec l’image d’un empereur romain richement habillé, assis sur son trône, Tetricus, empereur gaulois, se présente, debout, marchant, habillé comme un nouveau Moïse, son célèbre bâton à la main. 

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-evangiles-une-explication-228343

Honneur à toi, Tetricus !

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

Emile Mourey, écrit au château de Taisey, 21 juillet 2021

 


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20 réactions à cet article    


  • jacques 22 juillet 18:01

    On va avoir tous les livres ?


    • The White Rabbit The White Rabbit 22 juillet 18:39

      D’architecture romane, l’église de Gourdon date du XI ème siècle.

      Les fresques qui s’y trouvent ne peuvent donc pas être du 1er siècle av JC comme vous l’écrivez !

      « A great deal of intelligence can be invested in ignorance when the need for illusion is deep. » (Saul Bellow)


      • Emile Mourey Emile Mourey 22 juillet 21:15

        @The White Rabbit
         Vous me l’avez déjà dit dans un précédent commentaire. Voilà pourquoi, sous l’autorité de Mme de Saint Pulgent, les restaurateurs des fresques ont effacé Dumnorix, le messie guerrier éduen qui descendait du ciel, croyant à un rajout. C’est un scandale !
        Autre scandale, les millions que Mme la Ministre de la culture déverse au mont Beuvray, faux site de Bibracte, pour essayer de comprendre comment ce territoire si riche en blé, selon César, a pu se dégrader jusqu’à devenir rocailleux. Pour l’honneur d’Agoravox, réfléchissez ! 


      • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 11:05

        @The White Rabbit

        Mon meilleur article sur presque 500 publiés, probablement le plus important et le plus mal reçu à ce jour. Je commence à comprendre... Vous êtes le parfait représentant d’un monde de fous, un monde de fous qui, au mont Beuvray, voit des villas romaines et un temple romain, puis César, en personne, y écrivant ses commentaires sur la guerre des Gaules, un monde de fous qui date du XIème siècle un ancien temple gaulois dont les fresques prouvent l’antiquité...bref, un monde de drogués, de vous jusqu’aux ministres dits de la Culture. 


      • Lampion Lampion 23 juillet 12:09

        @The White Rabbit

        pffff encore du scientisme positiviste !


      • De nombreuses questions restent en suspens : Qu’est devenue la tribu de DAN ? Certains disent que c’est celle de Manassé. Le tétramorphe décrit les quatre Vivants : Luc pour le signe du TAUREAU, Marc pour le lion, Jean pour l’aigle scorpion et le verseau : Matthieu. Simple synchronicité de ces signes fixes : ils correspondent au thème de Freud (Taureau ascendant scorpion) et Jung (Lion ascendant verseau). Nous voila FIXES, CRUCIFIES.


        • Le Temple construit durant l’ère des TAUreaux, détruit durant l’ère des béliers. En fait, il y aurait eu QUATRE temples. https://books.openedition.org/cdf/6254?lang=fr. Etre ANGE : la destruction eu lieu le jour de la naissance de la vierge : un 8 septembre .https://www.herodote.net/8_septembre_70-evenement-700908.php. Il y eut plusieurs destruction du Temple. la première, celle de Nabuchodonosor (moins de 588 av J.C , la seconde, le jour de la naissance supposée de la vierge. 70 ans après Jésus CHRIST. Pour le moment, il est question de reconstruire le 3ème temple à Jérusalem


          • L’ère du verseau sera celle du fils de l’homme : Matthieu. Mais dans le signe, le soleil, la lumière, DIEU est en exil....le lion, la fausse lumière (tout ce qui brille n’est pas OR (hors)mais à l’intérieur : IN RI : IGNE NATURAE RENOVATUR INTEGRA. Le feu renouvelle tout dans la nature. Dit autrement : 

            VITRIOL est l’acronyme latin pour Visita Interiora Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem, c’est-à-dire en français : “Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée”. ou couche de LEHMAN, la septième, la plus chaude de couleur jaune. LEH ou soleil du matin sur les PEUPLIERS en INDES.


            • wpjo 23 juillet 12:26

              « Jean avait annoncé que le « logos » était descendu dans le monde (Jn 1,9-14)...je corrige : dans la communauté essénienne. 

               ». Là, vous marquez un très bon point. En effet, le prologue de Jean se retrouve dans le manuscrit de Damas avec la seule différence que c’est Michael qui est incarné. Or Michael et le ’Messie de Dieu« , soit »Christos" en Grec, ont des racines étymologiques, ’Mischa-el’ et ’Machiah-el’, qui se ressemblent énormément.


              • wpjo 23 juillet 12:31

                « y en a parmi vous qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu venir le fils de l’homme avec son royaume (Mt 16, 28).

                 ». ’Ne mouront point’ : est-ce que vous êtes sûr de cette traduction ? Je l’ai rencontrée dans l’apocryphe de st Thomas et là, l’expression fait du bon sens (et souvent ailleurs aussi), mais pas dans Mt 16-28.


                • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 12:36

                  @wpjo 

                  Merci


                • wpjo 23 juillet 13:29

                  Et sur un autre point je vous donne également (partiellement) raison : quand on juge que quelque chose d’ancien est un rajout sans en connaître précisément la raison, on le conserve et on ne le détruit pas. Ceci me paraît élémentaire en archéologie et restauration. J’aurais quand-même bien voulu voir quelques photos ou arguments qui dateraient votre église, et surtout les fresques, à l’époque romaine.


                  • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 13:52

                    @wpjo

                    fresques de Gourdon, en Bourgogne ? Voyez mes articles publiés... et d’autres sur l’internet... voyez le « Cléopas » cité dans l’évangile de Luc... qui se fait reconnaître en faisant l’offrande d’un prépuce... et d’un clitoris.........au Moyen-âge ????... voyez l’ annonce de la naissance du messie en pointillés entre le boeuf et l’âne...
                    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/cleopas-le-christ-oublie-des-31893


                  • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 14:33

                    Je suis à bout et écoeuré. Ce n’est tout de même pas la faute des évangélistes si nous n’avons rien compris à ce qu’il voulaient dire. Et ce n’est pas parce que nous n’avons rien compris qu’il faut fermer la porte qu’ils nous ont ouverte.


                    • Antenor Antenor 23 juillet 17:47

                      @ Emile

                      Dans votre logique où les évangiles sont à comprendre comme des testaments des actions réalisées par les apôtres sous la bannière de Jésus, il y a trois problèmes.

                      Le premier, vous le reconnaissez vous-même, est que Paul n’a pas connu le martyr dans l’ancien royaume juif (Jérusalem ou Tibériade, ici peu importe). Au yeux des autres nazareéns, un évangile de Luc porté par un Paul bien vivant aurait été sacrilège.

                      Les deux autres problèmes sont Etienne et Jacques. Si Simon-Pierre a laissé l’évangile de Matthieu où sont passés les testaments des deux premiers ?

                      Le problème peut se résoudre ainsi : il faut attribuer l’évangile « grec » de Luc à Etienne l’helléniste et celui de Jean à Jacques, son frère. Après son baptême, la première action du Jésus de Jean est de se rendre au puit de Jacob. Les apôtres « Jacques » symbolisent peut-être des Samaritains (Jacob/Israel) ralliés à Jésus

                      L’évangile de Marc qui fait directement suite au Protévangile serait alors l’oeuvre testamentaire de Jean-Baptiste.

                      L’ordre serait le suivant :

                      - Marc / Jean-Baptiste vers 29

                      - Luc / Etienne (repris par Paul) vers 33

                      Jean / Jacques et Matthieu / Simon-Pierre en 48

                      L’ordre Marc-Luc-Jean va dans un sens d’ouverture de plus en plus large des Nazaréens vers les Juifs, les Samaritains et même les Païens. Matthieu serait une sorte de synthèse finale « validée » par Simon-Pierre et après lequel plus personne ne pouvait prétendre écrire de nouvel évangile sous peine de s’exclure de la communauté nazaréenne. Ce qu’a peut-être fait Paul en reprenant l’évangile de Luc ?


                      • Emile Mourey Emile Mourey 23 juillet 19:18

                        @Antenor

                        Merci pour votre commentaire car je commençais à désespérer. Après mes quatre articles sur les quatre évangiles, qui m’ont demandé beaucoup d’efforts, je suis épuisé ; synthèses de mes deux ouvrages sur l’histoire du Christ, bien sûr que je souhaite un débat mais il faut commencer par le début, par l’histoire de Zacharie et par le soi-disant massacre des innocents par Hérode.


                      • Antenor Antenor 25 juillet 14:48

                        @Emile

                        Si on compare avec le Protévangile de Jacques, Jean-Baptiste est le grand absent du récit de la naissance de Jésus dans l’Evangile de Matthieu. Alors que Luc respecte la mise en parallèle des deux naissances, chez Matthieu Jean-Baptiste arrive presque comme un cheveu sur la soupe trente ans plus tard. Dans le Protévangile de Jacques, Hérode semble croire que le messie nouveau-né est Jean-Baptiste. Il est également révélateur que Nazareth ne soit pas mentionnée dans le Protévangile. Si ce texte avait été écrit après les évangiles canoniques, on ne voit pas pourquoi le nom de Nazareth n’apparaît pas dans ce récit. Par contre, écrit avant, l’absence de Nazareth s’explique soit par souci de sécurité soit parce qu’en réalité le mouvement « Jésus » est né simultanément de plusieurs communautés « Marie », filles de Anne/Bethon/Ecbatane/Bethanie au-delà du Jourdain.

                        Si vous avez raison de placer l’Evangile de Jean en premier, alors c’est par la bouche de Philippe qu’on apprend pour la première fois que Jésus est de Nazareth. Ce qui confirme que c’est lui en accord avec Jean-Baptiste qui a choisi de faire de la communauté de Nazareth (Sephoris ou Gamala ?) le coeur du mouvement. Dans ce même évangile de Jean, la première Marie mentionnée au pied de la croix est celle de Nazareth, Marie de Magdala n’arrive qu’en troisième mais est la première au tombeau. Ce qui peut indiquer que la crucifixion a eu lieu à Nazareth et la mise au tombeau à Magdala.


                        • Emile Mourey Emile Mourey 25 juillet 15:57

                          @Antenor

                          Concernant Philippe, je crains de m’être trompé sur le personnage historique. Sur le lieu du crucifiement, je crois être sur la bonne piste bien que, pour satisfaire toutes les communautés, le consensus se soit fait sur Jérusalem. Oui, Marie est plusieurs. Trois sont localisées : à Nazareth/Sephoris, sur le site de Magdala, à Chalon-sur-Saône, dans la fresque de Gourdon. Magdala a « mal » enfanté Tibériade. Nazareth/Sephoris a enfanté Jésus à Gamala (cf récits de l’enfance : les prophétiseurs qui suivent sont bien obligés de s’inscrire dans une révélation antérieure sinon la dite révélation n’a aucun sens et n’est plus crédible.) Et la Marie du pays éduen a enfanté un Cleopas « avant » ce qui a « surcompliqué »l’affaire. Mais cette « révélation » n’est crédible et ne peut être crédible que si elle s’accorde avec l’Histoire.
                          Jean n’est devenu « Baptiste » qu’en baptisant Jésus. Jean, fils allégoriques de Zacharie, grands prêtres opposés à Hérode, c’est l’affaire de l’aigle d’or par ou tout commence. Par contre, comme je viens de le dire, la « révélation » peut s’être écarté de l’Histoire en choisissant le lieu de la passion à Jérusalem plutôt qu’à Tibériade, ce que je pense.


                        • Emile Mourey Emile Mourey 25 juillet 17:10

                          @Antenor
                           
                          Vous dites : Si on compare avec le Protévangile de Jacques, Jean-Baptiste est le grand absent du récit de la naissance de Jésus dans l’Evangile de Matthieu.

                          Je ne pense pas ; le massacre par Hérode des Innocents sont des « séminaristes » en stage « essénien » de deux ans, à Bethléem, cité de David. Survivants réfugiés dans le désert, ils sont le Jean des autres évangiles qui seront baptistes devenus grands.

                          Nazareth ne soit pas mentionnée dans le Protévangile ?... Si, et il ne pouvait en être autrement, d’une part parce que Nazareth est, en réalité, Sepphoris , l’ancienne capitale du royaume d’Israël, d’autre part parce qu’une prophétie avait prophétisé au sujet du messie à venir : il sera nazaréen.

                          Vous dites : c’est lui, Philippe, en accord avec Jean-Baptiste qui a choisi de faire de la communauté de Nazareth (Sephoris ou Gamala ?) le coeur du mouvement... L’arrivée des Babyloniens, c’est avant Philippe, mais vous avez raison de dire qu’il doit y avoir un lien entre ce Philippe et Jean-Baptiste. Ce Philippe, chef d’armée, chef de Gamala est peut-être l’a-pôtre Philippe des évangiles.


                          • Antenor Antenor 27 juillet 15:10

                            @ Emile

                            Si une crucifixion a eu lieu à Jérusalem, c’est sûrement celle de l’évangile de Luc. C’est le seul évangile où les femmes au pied de la croix ne sont pas nommées. Chez Jean, la mère de Jésus est la première mentionnée, ce qui me fait penser que la crucifixion a eu lieu à Nazareth et qu’il s’agit bien de Sephoris vu le rôle joué par Antipas dans l’affaire. Il était en conflit avec les Nabatéens pour Gamala.

                            Chez Marc et Matthieu, c’est Marie de Magdala qui est mentionnée en premier, ce qui plaide en faveur de votre hypothèse de Tibériade. On aurait donc une première persécution contre les partisans de Jean-Baptiste à Nazareth en 29 racontée par l’évangile de Jean.

                            Ensuite, les Nazaréens contre-attaquent dans celui de Luc et vont porter leur parole à Jérusalem même. C’est le martyr d’Étienne. Au début de Luc, les habitants de Nazareth/Sephoris essaient de tuer Jésus. Il s’agit de l’évocation de sa première « mort » à la fin de l’Evangile de Jean. Vous faites le lien entre le récit de Cleopas à la fin de Luc et celui de Philippe et l’Ethiopien dans les Actes. Le premier suit la crucifixion de Jésus et le second la lapidation d’Etienne.

                            Le Jésus de Luc serait donc bien l’Etienne des Actes. Le débat entre Philippe et Cleopas portait sans doute sur quel Jésus suivre : celui de Jean-Baptiste ou celui d’Etienne ? A la toute fin de Luc, Jésus conduit les disciples à Bethanie, ce qui montre que nous sommes bien à proximité de Jérusalem et non en Galilée contrairement aux autres Evangiles.

                            Nouvel persécution en 48, cette fois à Tibériade, Marie de Magdala est la première sous la croix. C’est le martyr de Jacques dit le Majeur, frère de Jean, fils de Zébédée. Leur mère est bien présente à la crucifixion dans l’Evangile de Matthieu qui narre les évènements. Les Actes des Apôtres disent que Simon-Pierre en réchappe... mystère

                            Dernière persécution en 62 raportée par Flavius Josèphe et l’Evangile de Marc. C’est le martyr de Jacques dit le Juste ou le Mineur « frère du Seigneur ». Sa mère et Marie de Magdala sont au pied de la croix. Il n’a pas ajouté de récit de l’enfance à son évangile puisqu’il est aussi l’auteur du Protévangile.

                            Logiquement l’Apocalypse a dû être publié trois ans (jours) plus tard par Jean dit Marc qui pensait imminent le retour de Jésus sur terre.

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