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Accueil du site > Tribune Libre > Féminisme, outil inconscient du libéralisme ?

Féminisme, outil inconscient du libéralisme ?

Il serait bienvenu de revenir sur l’histoire d’un mouvement qui, à force de coups d’éclat et de revendications sociales, devait restituer les droits légitimes des femmes. D’Olympe de Gouges à Simone Veil, que de luttes menèrent celles qui, aux contours d’un nouveau monde, disparurent dans les tourments des trois derniers siècles et la traîtrise d’un monde contemporain assoiffé de biens et de pouvoir.

Pourtant, si notre société actuelle parle beaucoup, trop peut-être, de la condition féminine, les avancées sociales et politiques peinent à venir. L’émancipation qui fut le combat de milliers de militantes, d’écrivaines, de philosophes n’est pas au rendez-vous. Le rapport annuel du Secours Catholique tire la sonnette d’alarme, de 51% des aides qu’étaient allouées aux femmes en 1999, nous sommes passés à 54,4% en 2008 et la crise faisant, rien ne permet de penser que cette augmentation s’infléchisse au cours des mois à venir. De plus nous apprenons que sur l’ensemble des femmes accueillies, 90% vivent sous le seuil de pauvreté.

Marie Olympe de Gouges préconisait dans sa "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" l’émancipation par l’égalité entre les sexes. Si l’émancipation semble s’être développée au long du XIX ème et du XXème siècle, elle prit un visage différent depuis les années soixante, d’égalité à conquérir dans toutes les strates de la société, le nouveau dogme promouvait la "libération de la femme" et déplaçait le mouvement sociétal solidaire vers une réflexion et des intentions plus individualistes. La lutte pour le droit à la contraception qui débutait cette mutation, puis l’avortement réduisirent à peau de chagrin les revendications autrement plus importantes que l’égalité nécessitait, d’autant plus que la globalité des aspirations aurait certainement généré ces mêmes conséquences.

D’autre part, la confusion qui fut faite par les féministes entre "liberté" et "autonomie" ne renforça pas la condition des femmes en les isolant par affinités intellectuelles, de classe ou même religieuses, tant est si bien que l’investissement social, politique ou syndical fut souvent dénoncé comme asservissement au pouvoir masculin. Il en résultat que les avancées que l’on pouvait présager après la fin de la deuxième guerre mondiale et le début des trente glorieuses se limitèrent à des combats spécifiques qui détournèrent nombre de militantes tant que de citoyennes du besoin élémentaire d’égalité. La trop grande spécialisation des batailles occulta, de fait, le but final.

Parallèlement, c’est au cours de ces décennies que le pouvoir industriel et financier croissait, trouvant un terreau propice dans ce féminisme favorable à l’individualisation féminine et à la réduction de la cellule familiale. Au même moment où la création de nouveaux besoins envahissait notre société, de plus en plus de femmes affirmaient leur "liberté" en rejoignant le marché du travail. Pour les industriels, le nouveau modèle n’était pas la famille vivotant d’un seul salaire, mais la femme libre s’épanouissant dans l’assouvissement de technologies modernes. L’aubaine de la multiplication par deux des besoins associée à la saturation du marché de l’emploi permettait l’accroissement des profits tout en réduisant les masses salariales. Pour les milieux d’affaire, économiquement, la famille ne satisfaisait pas, et ils trouvaient un allié objectif dans l’individualisation que les mouvements féministes défendaient. Dans le couple séparé le besoin doublait, en sus, la monoparentalité augmentait les biens dévoués aux enfants, et les salaires se trouvaient limités par la demande élargie.

Ainsi, depuis les années soixante dix, les campagnes publicitaires, les médias dédiés, les biens sexués se développent dans le cadre dénaturé de la dogmatique féministe. Liberté, émancipation, individualité sont les slogans qui envahissent la sphère publique noyant le juste combat pour l’égalité dans de vaines broutilles, os à ronger d’histoires de foulard ou de berceaux congélateurs. La liberté a pris le pas sur l’autonomie qui devait mener à l’égalité.

Pour la classe dirigeante, l’individualisation de la femme hors du couple est aussi un atout majeur dans l’espace revendicatif, moins de confrontation familiale appelle moins de débat d’idée, moins de prise de conscience et moins d’intention syndicale et ce, de la part des deux sexes. De surcroît, l’entretien par les politiques de droite du succédané qu’est l’immigration, dans la destruction de l’offre, est un moyen indéfectible pour masquer les injustices promotionnelles et salariales qui sont faites aux femmes dans le milieu du travail.

Nous sommes passé en l’espace d’un siècle d’un objectif louable, juste et légitime, par la perversion des idées menée de concert par les pouvoirs et un militantisme extrême autant que naïf, à une déstructuration quasi accomplie d’une société prometteuse. Que ce soit par l’anéantissement des prétentions féminines aux desseins égalitaires de notre république, aujourd’hui, le seul motif d’inquiétude qui fédère est la lutte contre la paupérisation et ses corollaires que sont l’insécurité et l’immigration, alors que la réussite des femmes ne pouvait que bénéficier aussi aux hommes. Alors que nous sommes encore à définir le rôle de chacun dans les espaces intimes ou publiques, que le partage des fonctions n’est pas établi, que le combat émancipateur est en roue libre ou à la remorque d’une actualité biaisée, les femmes sont toujours discriminées, leurs salaires sont toujours inférieurs, elles sont encore victime du patriarcat entretenu par la classe dominante et de traditions obsolètes défendues par cela même qui les exploitent, l’importance de leur implication sociologique demeure secondaire aux yeux du paternalisme tout puissant. 

Où sont les "chiennes de garde" pour défendre la légitimité, où sont "ni putes ni soumises" pour défendre l’égalité, où sont "Choisir", le "MLF" pour définir les règles d’émancipation, où sont les "Pénélopes" pour informer ? L’espace médiatique est muet, la longue litanie des récriminations, des espoirs, des martyres de la cause féminine reste silencieuse.

Les mères, les épouses, les filles et aussi toutes les femmes sont trahies par celles qui portaient leur espoir d’avenir.

 

« Depuis quelques années, tous les organismes internationaux s’accordent à reconnaître la féminisation de la pauvreté - aujourd’hui les femmes sont 70% des pauvres de notre planète et 60% des travailleurs pauvres (1/4 des travailleurs totaux) gagnant moins d’1 dollar par jour. Ce phénomène est accompagné de la féminisation des migrations (elles sont 51% des migrants vers les pays riches et 2/3 des réfugiés), de l’augmentation de la traite et du trafic des femmes, de l’esclavage et du travail forcé, et de la croissance des inégalités. »

 

Liens connexes :

http://www.marievictoirelouis.net/textes_historiques.php

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article1967 

http://www.mix-cite.org/ 

http://www.collectifdroitsdesfemmes.org/ 

 

 


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64 réactions à cet article    


  • Gabriel Gabriel 5 novembre 2009 17:28

    Bonjour,

    Chacun sa croix mais la leur est plutôt lourde. Je pense que c’est par la femme que notre société évoluera tant il est juste et vrai que la séparation du spirituel et du sensuel chez un homme est signe de sa virilité, et la séparation du spirituel et du sensuel chez une femme est signe de sa prostitution. Il suffirait donc que toutes les femmes, ensemble, se virilisent, pour que le monde entier, se transforme en bordel. Mais c’est inutile, l’homme s’en est déjà chargé !

    Très bon article.


    • Paul Muad Dib 5 novembre 2009 22:30

      ? ?? golda meir, margareth thatcher, condoleza rice, madeleine albright, rachida dati, michelle alliot marie, hilary clinton, ..etc etc .que du desespoir.........


    • ecophonie ecophonie 6 novembre 2009 10:38

      Gabriel mon ange... chacun sa croix...il est juste et vrai (on dit juste et bon à l’église)... l’homme est mauvais amen.
      Vous vivez sur terre pas au ciel, descendez encore quelque barreaux de l’echelle pour revenir vers un peu de primitif, c’est pas plus mal des fois.
      Pourquoi porter une croix ?


    • Fergus Fergus 5 novembre 2009 18:02

      Bonjour, Emile, et merci pour cet article très pertinent.

      J’approuve totalement la partie finale et son questionnement : Où sont effectivement passées les féministes au moment où les femmes paient un tribut de plus en plus lourd à la paupérisation croissante de la société ?

      A toutes fins utiles, pour ceux que le mouvement féministe intéresse, j’ai écrit en avril un article sur une figure mal connue du féminisme : Hubertine Auclert.


      • brieli67 5 novembre 2009 18:26

         Pour mémoire, quelques déclarations de Jacques Chirac lui-même  :

        -« Pour moi la femme idéale, c’est la femme corrézienne de l’ancien temps : dure à la peine, qui sert les hommes à table, ne s’assied jamais evec eux et ne parle pas ». (1978)

        - « Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui ensemble gagnent environ 15000 francs, et qui voit sur le pallier à côté de son H.L.M., entassés, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, qui gagnent 50000 francs par mois de prestations sociales sans naturellement travailler ! Si vous ajoutez à celà le bruit et l’odeur, eh bien, le travailleur français sur le pallier il devient fou ! Et ce n’est pas être raciste que de dire cela. Nous n’avons plus les moyens d’honorer le regroupement familial. Et il faudra enfin un jour poser le grand débat qui s’impose dans notre pays, qui est un vrai débat moral, pour savoir s’il est naturel que des étrangers bénéficient d’une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu’ils ne payent pas d’impôts. » (Jacques Chirac, Meeting électoral, 1990)


        Et depuis ? Y dit quoi le bouffon de la Reine Carla ?


        • Iren-Nao 6 novembre 2009 02:03

          Decidemment, il etait pas si mal le Chichi !!

          Merci de nous rappeler l’histoire des bruits et des odeurs, j’avais oublie le contexte.

          Mais sortir les phrases du contexte est tres tendance.

          Iren-Nao


        • Salsabil 5 novembre 2009 18:30

          Sublime article !

          Bravo, bravo et encore bravo.

          Voici enfin le sujet intelligemment abordé, hors de toute récrimination stérile. Vous avez mis le doigt (!) là où ça fait mal, ou tilt, ou ce que vous voulez. Quoi qu’il en soit, c’est très exactement ainsi que la bataille, malheureusement perdue (pour l’instant) , du féminisme se doit d’être vue.

          Aveuglées par l’accession à de toutes nouvelles « libertés », elles n’ont pas compris que l’homme s’engouffrerait dans cette brèche si joliment offerte pour rapporter les choses à son avantage.

          C’est la raison pour laquelle il faut aujourd’hui reprendre à zéro et mettre de côté ce qui n’est qu’un leurre au regard de l’essentiel, le noyau de cette égalité, simple principe, si difficile à défendre.

          Merci.


          • ZEN ZEN 5 novembre 2009 19:46

            Pas mieux que Philippe...


            • Jojo 5 novembre 2009 20:20

              Merci Emile Red,
              J’avais déjà entendu évoquer la thèse que vous développez dans la vidéo d’Aaron Russo sur les confidences de Nick Rockefeller et vu le contexte du 09/11, j’avais décidé jusqu’à plus ample informé de la prendre avec les précautions d’usage…

              70% des pauvres de la planète… Je n’aurais pas dû smiley

              http://www.dailymotion.com/video/x3qiv7_aaron-russo-sur-le-11-septembre-le_politics


              • trevize trevize 5 novembre 2009 21:38

                Vous découvrirez ici, comment cet homme a fait en sorte que la cigarette devienne un symbole de l’émancipation féminine, pour augmenter le nombre de clients des producteurs de tabac...

                http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/edward-bernays-la-fabrique-du-33487


              • Jojo 5 novembre 2009 21:47

                Un article majeur en effet, merci infiniment.


              • Iren-Nao 6 novembre 2009 02:14

                Sacre bon article Emile Red !

                Les Femmes, avec l’aide de cretins dans mon genre se sont fait copieusement mettre avec ces histoires de soit disant liberte.

                Cela a juste ete (volontairement ?) un autre moyen de destructurer la Societe et donc d’affaiblir les individus en les divisant.

                Pain beni pour le commerce et les patrons.

                Iren-Nao 


                • Gazi BORAT 6 novembre 2009 08:18



                  @ Emile Red

                  Excellent article !

                  Les combats féministes des années soixante-dix sont révélateurs de cette ambiguité..

                  Pour ce qui était de la lutte pour le droit des Femmes à disposer de leurs corps, à la libéralisation de la législation sur la contraception et l’avortement, ces combats étaient légitimes et universalistes..

                  Par contre, le MLF de cette époque, s’il fit éclater nombre de structures « gauchistes » en créant un clivage sexuel, vira très vite à l’intégrisme stérile : réunions et meetings interdits aux hommes, suspiscion systématique de fascisme masculin pour toute relation hétérosexuel, homosexualité féminine (pour les plus extrèmes) instituée comme norme, etc..

                  Aujourd’hui, qu’en reste-t-il ?

                  Des retraitées qui ne sont guère montées au créneau lorsque fut institué le déremboursement des contraceptifs oraux « médication de confort » et leur recyclage dans des discussions stériles sur le voile sans jamais ni mains tendues ni tentatives de dialogues avec ce qui aurait dû être considéré comme « des soeurs opprimées à écouter et à soutenir »..

                  Paradoxal positionnement des féministes « classiques » sur cette question du voile : les prostituées en leur combat de la fin des années soixante-dix (rappelez-vous « Ulla » et l’occupation à Lyon de l’Eglise St Nizier ) furent considérées comme des femmes « disposant librement de leur corps » tandis que celle qui choisissaient de se couvrir la tête étaient automatiquement considérées comme « aliénées par le patriarcat ».

                  Le minimum aurait été d’ouvrir un dialogue et de s’informer à la source..

                  Sinon, pour le sujet principal de votre article : totalement en accord avec vous..

                  gAZi bORAt


                  • blitz 6 novembre 2009 10:51

                    Impressionnante cette capacité à retomber sur les problèmes de voile, d’islam. C’est vrai que le sujet n’est pas assez débattu (et avec quelle maestria, avec toujours les mêmes intervenants et les mêmes prises de positions plus ou moins affichées) ailleurs sur agora...


                  • Emile Red Emile Red 6 novembre 2009 11:22

                    Blitz,
                    Vous n’avez pas bien lu, justement je dis et Gazi le répète que le débat sur le voile est une façon de détourner le vrai problème qu’est celui de l’égalité des femmes.

                    Quand on parle du voile on ne parle pas d’autre chose et en particulier des différences criantes de salaires et d’adaptation de la société aux différences naturelles entre la femme et l’homme.
                    Tout au contraire ce cache misère sert à détourner des évolution à contrepied de notre monde vers une paupérisation grandissante de la femme aussi bien économique que culturelle ou sociale, comme il est rapellé plus haut pour les retraites par exemple. 


                  • Emile Red Emile Red 6 novembre 2009 12:21

                    Léon,

                    Vous savez comme moi que l’argent est le nerf de la guerre...

                    Justement ce que je reproche à beaucoup de mouvements féministes est de ne pas globaliser la lutte, de se battre pour l’avortement ne fera gagner que l’avortement et ne règlera pas les autres problèmes culturels.

                    Je suis persuadé que la société paternaliste freine perpétuellement des quatre fers et si elle laisse du mou c’est pour mieux brider ailleurs.
                    Il n’y a qu’à voir comment les peines pour viol sont en train de diminuer procés après procés et particulièrement quand la femme est monétairement plus faible que l’adversaire.
                    Idem pour le harcellement ou les violences conjugales, ce qui, au demeurant n’est pas étonnant dans la mesure où c’est une énorme majorité d’hommes, loin d’être progressistes, qui font les lois ou qui les appliquent.

                    Un autre exemple que vous avez du remarquer, au fur et à mesure que les moyens contraceptifs évoluent, le débat sur l’avortement est remis sur la table avec de plus en plus de réactions vindicatives, ce qui corrobore l’idée que séparer les idées c’est en être à terme le fossoyeur et quel que soit l’opposant.

                    D’autre part, le problème des femmes battues ne peut être réglé qu’au cas par cas mais avec un tronc commun aux autres luttes d’émancipation, justement parcequ’il touche tous les milieux mais que les comportements sont totalement différents à chacun de ces milieux. La femme battue suite à l’alcoolisme le plus souvent dans les classes populaires n’a de point commun que le résultat et le traitement judiciaire avec la femme battue par un mari PDG qui veut asseoir son pouvoir, mais c’est par une reconnaissance générale de l’égalté dans toute la société que peut venir le changement, tout autre action n’est qu’un pis allé qui entérine de fait les violences.


                  • Gazi BORAT 6 novembre 2009 12:46

                    @ Emile Red

                    « de se battre pour l’avortement ne fera gagner que l’avortement et ne règlera pas les autres problèmes culturels »

                    Entièrement d’accord..

                    C’est le problème de ces luttes catégorielles qui, en fin de compte, maintiennent le statu quo.

                    Les structures centrées sur l’antiracisme, sur l’écologie, etc... participent du même état de fait. La contestation est atomisée, le pouvoir lâche quelques miettes sur des revendications « sociétales » mais rien ne change..

                    gAZi bORAt


                  • Emile Red Emile Red 6 novembre 2009 16:08

                    Pourquoi donc une révolution ?

                    Une forte implication politique et syndicale donnerait tout autant de moyens.
                    Il est évident et j’en conviens qu’elles ont gagné quelques batailles mais ce ne sont que des gouttes d’eau et qui plus est non définitives, rien n’est inscrit dans le marbre.
                     
                    Si la contraception ou l’avortement sont des avancées majeures, elles n’ont pas grand force en cas de remise en question, ce qui est d’ailleurs le cas.
                    Je crois plutôt que c’est de s’être dispersé qui repousse aux calendes grecques toute avancée sociale.


                  • Emile Red Emile Red 6 novembre 2009 08:51

                    Merci à tous.

                    Je suis assez dubitatif sur la prise de conscience de l’ensemble de la société sur la gravité de la paupérisation féminine et le non accès au minimum vital.

                    Si ce phénomène progresse, ce peut entrainer de dramatiques conséquences sur la viabilité des enfants à venir et plus simplement sur la pérénité humaine, ce qui n’est pas un mince problème sur l’entière surface du globe.

                    Les articles qui se multiplient en haut de page d’Avox sur la grippette finissent par lasser quand d’autres contingences sont beaucoup plus cruciales concernant la santé publique ici et ailleurs.


                    • ZEN ZEN 6 novembre 2009 10:39

                      "La chute du travail en intérim pénalise les jeunes mères : la garde de l’enfant constitue un énorme frein à la reprise d’un emploi ou d’une formation. La proportion de femmes seules rencontrées dans les différents centres de associatif est passée de 49,5% en 1989 à 60,3% en 2008." (B.)


                      • xbrossard 6 novembre 2009 12:06

                        @zen

                        Je vais certainement me faire tabasser en disant ça...mais s’il y a tant de familles monoparentales pauvres, c’est peut-ête aussi parce que notre société le permet...

                        Il y a quelques dizaines d’années de ça, les gens restaient ensemble plus facilement, et est-ce qu’il y avait plus de violence ? mystère (pour les détracteurs, j’attends des chiffres avec les sources....)

                        D’ailleurs avec la crise, on voit que un certains nombre de couples ne divorce plus, car trop cher...quitte à commencer à discuter et peut-être réétudier la question...combien de couples maintenant se séparent pour un oui ou pour un non, même s’il y a des enfants.

                        Je crois pour ma part que dans notre société, telle qu’elle est, c’est à dire adapté au niveau de vie pour une couple où les deux travaillent, il n’y a pas vraiment de place pour les célibataires à petit salaire...et je dirais même plus, je crois que vu la démographie actuelle, le modèle de célibataire généralisé avec chacun sa maison, sa voiture, ses biens (polluants, bien sûr) n’est pas viable à long terme...

                        le libéralisme a voulu nous faire croire que l’on pouvait vivre chacun individuellement chez soi, avec tout le confort et une vision du couple « consommateur » (je consomme l’autre comme un loisir) malheureusement cela ne créé que frustration, mal être et surconsommation pour compenser la solitude.


                        • ZEN ZEN 6 novembre 2009 12:18

                          Xb
                          Bonjour,
                          Tabasser n’est pas mon genre smiley
                          j’apportais juste une remarque factuelle relevée ce matin, mais symptomatique
                          Le problème que vous évoquez pose un problème civilisationnel et moral qui mériterait de longs développements
                          Autrefois, le salaire du mari suffisait à faire vivre correctement toute une famille
                          Vous dites« avec la crise, on voit que un certains nombre de couples ne divorce plus »
                          Peut-on mesurer ce que vous avancez ?
                          Un couple n’est pas (seulement ) une association d’intérêts...


                          • xbrossard 6 novembre 2009 14:31

                            @zen

                            certes, le couple est bien autre chose que ça...mais comme, bien que tout le monde s’en défende, le choix du partenaire (conscient ou non...) se fait aussi sur des critères économiques, le choix de rester ou non dépend aussi de ça...

                            un lien en exemple :

                            http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/24/01016-20090824ARTFIG00571-avec-la-crise-les-divorces-se-font-plus-apres-.php

                            certe l’article dit que les divorces n’ont pas réduit avec la crise...en France. car après tout, la situation des familles mono-parentales est quand même meilleur en France que dans les pays anglo-saxons, qui eux, voit réduire le nombre de divorce. Et finalement, on voit que le divorce est une occasion supplémentaire de s’écharper sur les problème d’argent, problème qui modèle tout nos comportements malheureusement....

                            autre exemples d’influence de l’économie sur le couple en crise :

                            http://www.rue89.com/california-dreamin/2009/07/26/aux-etats-unis-cest-aussi-la-crise-pour-les-divorces
                            http://www.rue89.com/ibere-espace/2008/10/07/la-crise-force-les-familles-espagnoles-a-cohabiter
                            http://edjsp.wordpress.com/2009/04/21/quand-crise-et-divorce-ne-font-pas-bon-menage/ (j’aime beaucoup le passage sur les banquiers smiley
                            http://www.ouest-france.fr/2009/02/28/rennes/La-crise-immobiliere-complique-les-divorces—55530001.html
                            http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/comment-la-crise-influence-les-mariages-et-les-divorces_183094.html


                          • ZEN ZEN 6 novembre 2009 19:01

                            @ Xb
                            Merci pour ces liens


                          • King Al Batar Albatar 6 novembre 2009 13:12

                            je vous conseille de lire, si ce n’est pa déjà fait, « vers la feminisation » d’Alain Soral, cette personne qui peut etre detestable sur certains points, a au moins le mérite d’avoir des raisonnements sensé et une capacité d’analyse sur certains sujet qui est interessante.

                            En ce qui concerne la pauvreté des femmes, je reste quand même dubitatif. Je suis issu d’un milieu très pauvre, et j’ai eu l’occasion de constaster que les personnes les plus pauvres en France, bien sur, sont les hommes.

                            Il n’y a qu’à regarder dans la rue qui sont les SDF, il y a une grosse majorité d’hommes, et si effectivement il y a des disparités salariale entre hommes et femmes au niveau des hauts postes et des hauts revenus, je pense qu’au niveau des bas revenus cette tendance s’inverse.

                            je parle en France, et dans les milieu très pauvre (HLM du 93). Vous constaterez que les voies légales de remuneration que l’on propose à la jeune beurette ou noires issu des quertier qui puent la merde sont bien souvent moins merdiques que celle qu’on va proposer au jeune homme.

                            De plus la femme à toujours la possibilité de s’en sortir si elle est mignonne, l’homme moins.

                            je pense que le feminisme aujourd’hui en France est un faux combat, car la femme n’est pas une categorie sociale, et hormis le sexe, j’aimerai bien qu’on m’explique le point commun entre une caissière à Lidl et une avocate.

                            Le vrai combat est de relever le niveau de vie des classes les plus faibles, les prolos et même les sous prolétaires, qui sont malheureusement plus nombreux que ce que l’on consent à reconnaitre, homme ou femme.

                            La tertiarisation de monde du travail francais a contribué a une hausse considérable du niveau de vie et de l’indépendance feminine, du fait l’absence de penibilité physique du travail lié à une activité de commerce.

                            Est ce la feminisation qui a entrainé la tertiarisation ou l’inverse, c’est une question à étudier, mais qu’on ne vienne pas chialer sur les salaire des caissières, comparativement aux salaires des ouvriers non plus....

                            Je precise que mon raisonnement se limite à la France et n’est certainement pas verifiable à l’echelle de l’humanité.


                            • Massaliote 6 novembre 2009 14:17

                              « De plus la femme à toujours la possibilité de s’en sortir si elle est mignonne »
                              Belle possibilité, le tapin pour tout recours ! et pour « l’absence de penibilité physique du travail lié à une activité de commerce », je ne pense pas qu’être caissière soit une sinécure, j’ai trop vu de caissières agressées verbalement par des clients mal embouchés, surtout des hommes d’ailleurs, pour ne pas penser à l’épuisement nerveux qui les menace. 


                            • xbrossard 6 novembre 2009 14:34

                              Je ne crois pas qu’albatar parler de tapin madame (ou mademoiselle, j’ai du mal à croire que ce message ne soit pas de la part d’une femme...). N’importe quel fille plus ou moins étudiante et bien faite de sa personne pourra se faire entretenir très facilement par ses nombreux prétendants....
                              Et ne me dites pas que je me crois au moyen-age, j’ai vu beaucoup de filles dans cette situation...


                            • Emile Red Emile Red 6 novembre 2009 14:35

                              Que dire ?

                              Les bras m’en tombent.

                              Aller dire que l’activité de commerce n’est pas pénible, seul un rentier, un Robinson ou quelqu’un de dramatiquement naïf peut sortir de telles inepties, faut-il n’avoir jamais travaillé...



                            • King Al Batar Albatar 6 novembre 2009 17:15

                              Certianement que l’activité de commerce est penible, mais certainement moins que de tenir un marteau piquer, ramasser la merde ou leur ordure, foutre des parpins, bosser dans le BTP et autre metier exclusivement reservé aux hommes et rarement bien payé.


                              En ce qui concerne le fait de profiter d’etre mignonne ce n’est pas forcément faire le tapin. Mais il n’empeche que je viens d’une cité de banlieu et là ou une jeune femme peut se faire inviter en soirée et avoir des distractions qui ne lui coute rien (puisqu’elle est invité), le jeune homme n’a pas cette possibilité puisqu’il est tout aussi pauvre mais obligé de payer pour deux.

                              La galanterie est indispensable dans la vie, mais néanmoins elle coute cher, et la distraction est plus facile quand on est une femme d’un milieu pauvre qu’un homme.

                              Et bien sur plus si afinité....

                              Ce n’est pas faire le tapin, mais c’est etre hypocrite que de nier que dans une bonne partie des relation homme femme, il y a aujourd’hui une approche de statut social, et que la femme peut etre avec un homme de statut plus élevè, alors que pour le mec pauvre (hormis s’en sortir et avoir un bon salaire ce que je les encourage vivement à faire), si il veut sortir la belle c’est simple, soit il deale, soit il lui ment, soit il se branle !


                            • King Al Batar Albatar 6 novembre 2009 17:35

                              Et si vous lisez bien ce que j’ai ecris je parle de pénibilité PHYSIQUE.


                            • bluelight 6 novembre 2009 13:51

                              L’outil affiché du pseudo-libéralisme de fait néo-féodalité est l’idéologie multiculturaliste .


                              • Big Mac 6 novembre 2009 14:01

                                Oui bizarre cet article qui dit que la pauvreté ravage plus les rangs féminins que ceux masculins alors que 9/10ème des SDF sont des hommes.

                                Et accuser le capitalisme et la modernité d’avoir brimé la femme, alors que les femmes les plus émancipés l’ont été précisément par le capitalisme et la modernité, c’est fort de café.

                                Mais bon un anarcho-bolchévique vous expliquera mieux que moi comment l’anarchie défend les faibles et opprimés ou le bolchévisme a rendu les femmes heureuse.


                                • Massaliote 6 novembre 2009 14:22

                                  Big Mac, l’article est fondé sur les constatations du Secours catholique. il y a plus d’hommes SDF parce qu’une mère fera tout pour garder un toit et parce que les femmes résistent mieux aux difficultés, question d’habitude. Elles ont souvent plus de ressources morales et baissent moins vite les bras.


                                • Emile Red Emile Red 6 novembre 2009 14:28

                                  Pouvez vous définir « anarcho-bolchévique » ?

                                  Qu’une certaine modernité ait émancipé les femmes, surement, mais y adosser le capitalisme c’est une blague, à savoir que les états non capitalistes sont quasi inexistants et que les exemples anarchistes me manquent. Encore qu’il serait plus pertinent de dire que ce sont les femmes elles-même qui se sont émancipées parceque la modernité leur proposait quelques ouvertures.

                                  Quant au bolchévisme, vous devez faire mention au bloc de l’est, je suppose, qui n’a guère plus maltraité les femmes que le capitalisme réactionnaire.

                                  Tant est si bien que les plus militantes des feministes, hormis peut-être Simone Veil, étaient et sont encore quasiment majoritairement de gauche pour ne pas dire libertaires. Ce qui veut bien démontrer que le pouvoir oppresseur est certainement très proche du capitalisme et surement de vous.


                                • Massaliote 6 novembre 2009 14:36

                                  Pour le bolchevisme, je constate que la gauche a toujours incité les femmes à travailler, faisant ainsi le jeu du capital qu’elle prétendait pourfendre et que ses plus grands combats portent surtout sur la contraception et encore beaucoup plus sur l’avortement et la libéralisation des moeurs. L’avortement et le travail libérateurs de la femme ! Alors que les principaux soucis de la plupart des femmes sont d’arriver à joindre les deux bouts, que j’en connais beaucoup qui voudraient se consacrer entièrement à leur famille et ne le peuvent pas. Oh la belle liberté que celle de subir un travail qu’on éxècre pour pouvoir simplement subsister ! Quant aux avortements on pourrait se demander pourquoi le nombre ne cesse d’augmenter alors que la contraception est à la portée de toutes. Peut être parce que les médias minimisent les dégâts causés à l’organisme qui le subit et que sa promotion est incessante. Après tout il faut bien que les labos aient des foetus à disposition... Rien de nouveau sous le soleil, les femmes toujours exploitées même si beaucoup ne le savent pas.


                                • Massaliote 6 novembre 2009 14:42

                                  Emile Red,
                                  le bloc de l’est n’a pas PLUS EXPLOITE LES FEMMES ? Allez donc le dire aux athlètes féminines de l’Allemagne de l’Est, transformées en hommes à leur insu. Certaines n’ont toujours pas réussi à ce jour à savoir quels produits ont été employés.L’un d’elles a même été volontairement mutilée chirurgicalement par les autorités parce qu’elle voulait passer à l’ouest.


                                • Gazi BORAT 6 novembre 2009 14:42

                                  @ Massaliote

                                  Je ne sais d’où proviennent vos chiffres mais l’avortement est un dernier recours.

                                  Que la contraception lui soit préférable : sans aucun doute, car l’IVG reste un acte chirurgical.

                                  Mais alors, pourquoi encore des IVG aujourd’hui ? Des jeunes filles pour qui l’accès à la pilule reste onéreux ou passe peut être après d’autres priorités ou encore le manque d’éducation et la croyance aux vertus de la méthode Ogino..

                                  gAZi bORAt


                                • Emile Red Emile Red 6 novembre 2009 14:56

                                  Je n’ai jamais dit qu’elles n’avaient pas été maltraitées, je dis qu’elles ne l’ont pas été plus.

                                  Il y a de nombreux supports qui relatent des essais utilisant des femmes prisonnières ou tombées dans la pauvreté extrème comme cobayes aux USA, des expériences eugénistes en Suède ou au Canada, le traitement des mères célibataires en Irlande.


                                • Gazi BORAT 6 novembre 2009 15:18

                                  @ MCM

                                  « Bolcheviks »

                                  A méditer : L’Artmée Rouge de l’ex Union Soviétique et Tsahal avient un point commun : l’engement de femmes dans des unités combattantes, sans discrimination, avec les hommes.

                                  Choix judicieux..

                                  Si je crois en l’absolue égalité des capacités des Hommes et des Femmes, je metrai un bémol sur un point particulier, la maitrise des armes à feu.

                                  Les femmes en effet apprennet plus vite le tir, sont plus posées et particulièrement redoutables. Question d’éducation, sans doute, les Hommes ayant trop à prouver leur virilité pour prendre de la distance par rapport à un outil au symbolisme évident.

                                  Sur les tireuses d’élites de l’Armée Rouge : leur effectif fut de 1.061 snipers féminines qui abattirent 12.000 soldats allemands.

                                  Anecdote :

                                  Un officier allemand capturé sollicita une rencontre avec l’homme remarquable qui avait abattu tant de ses soldats (79) mais il lui fut répondu que c’était impossible car cet homme remarquable était une jeune femme, Sasha Shevlyakova, tout juste décédée lors d’une confrontation entre snipers.

                                  gAZi bORAt

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