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L’Afrique a soif de sa souveraineté

 

Les événements récents observés sur le continent africain auront démontré plusieurs choses essentielles. Le principal étant que l’Afrique dans sa majorité souhaite pouvoir choisir librement sa voie de développement, de même que ses partenariats extérieurs. Et devenir par la même occasion un bloc important du monde multipolaire.

L’année 2020, malgré les nombreux défis qui l’ont caractérisé, et ce aussi bien sur le plan épidémiologique, économique, sécuritaire que géopolitique, aura eu le mérite de renforcer l’idée que dans le cadre du concept multipolaire mondial – les nations du monde sont pour une large partie d’entre elles largement attachées au souverainisme qui tient compte de leurs traditions et valeurs ancestrales, sans pour autant renier les projets d’intégration régionaux ou continentaux.

Dans le cas des pays africains, cette idée s’est renforcée avec une opposition nette aux tentatives d’interférence dans les affaires intérieures de la part de certaines puissances n’appartenant pas au continent, notamment au niveau de la grande partie de la société civile africaine. Une société civile qui n’a pas besoin d’être sponsorisée ou dirigée par les différentes ONG occidentales, étant parfaitement capables de s’organiser, analyser et d’affirmer sa volonté. Une volonté désormais de plus en plus écoutée et reconnue par nombre de chefs d’Etat africains.

Si le soutien au souverainisme africain, de même qu’aux idées panafricaines, ainsi que l’opposition aux pratiques néocoloniales, parmi les populations d’Afrique – n’ont trouvé d’écho au sein des élites occidentales que dans l’optique d’accuser les puissances non-occidentales d’attiser ces sentiments – ce qui s’en traduit c’est surtout la colère et l’impuissance de ces mêmes élites à pouvoir stopper les dits processus, et ce malgré un énorme arsenal à leur disposition. Allant de la mainmise financière et du chantage politico-diplomatico-militaire jusqu’aux instruments médiatiques – ces derniers ayant tellement longtemps dominé le paysage informationnel africain.

Les tentatives de déstabilisation, voire de coups d’Etat, trouvent elles aussi moins de « succès » qu’auparavant. Et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord et c’est encore aux Africains eux-mêmes qu’en revient le mérite, ce n’est autre que l’éveil des consciences devenu évident. Y compris grâce à la popularité montante de grands médias continentaux indépendants de l’Occident, comme la chaine de télévision panafricaine Afrique Média.

D’autre part, l’Afrique peut aujourd’hui compter de plus en plus sur le soutien et l’assistance de puissances non-occidentales, partisanes de la multipolarité, qui se sont affirmées sur la scène internationale comme des acteurs incontournables. Des puissances qui s’opposent à l’unilatéralisme occidental hérité de la fin de l’URSS – un concept unipolaire désormais totalement dépassé, bien que nombre de nostalgiques refusent encore de l’admettre complètement.

Enfin, le désir d’une réelle intégration panafricaine, promue aussi bien par la véritable société civile des pays du continent que par nombre de chefs d’Etat africains, semble aller dans le sens d’une prise d’ampleur évidente, et ce malgré les obstacles se trouvant sur le chemin. Les récents événements en République centrafricaine peuvent d’ailleurs être vus comme caractéristiques de ce combat entre ceux qui désirent assumer pleinement leur souveraineté, leur développement dans un cadre continental panafricain et avoir le libre choix de diversifier les partenariats extérieurs – y compris extracontinentaux. Et ceux qui appliquent ou sous-traitent des schémas établis et promus par ceux qui refusent à ce jour de voir une Afrique pleinement libre, indépendante et souveraine – tout en maintenant des méthodes de déstabilisation néocoloniale, ne devant plus avoir de place dans le monde contemporain.

Une chose est sûre : le chemin est encore long. Et face justement aux obstacles existants ou pouvant apparaitre à tout moment, il faudra s’armer de patience pour arriver à l’objectif recherché. Il n’empêche que les événements en cours démontrent la ferme capacité des peuples africains à pouvoir arracher une souveraineté qui ne serait pas négociable. Une souveraineté effectivement nécessaire afin de se positionner en tant que bloc puissant et à part entière du monde multipolaire. Les Africains en ont l’entière légitimité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n'engagent que la responsabilité des auteurs

 

Source : http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2313


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6 réactions à cet article    


  • raymond 5 janvier 11:08

    "Les opinions exprimées par les analystes ne peuvent être considérées comme émanant des éditeurs du portail. Elles n’engagent que la responsabilité des auteurs"

    Ce qui est faux


    • ZenZoe ZenZoe 5 janvier 11:11

      Que les pays africains commencent d’abord par refuser toute subvention étrangère et après on pourra parler de souveraineté.


      • samy Levrai samy Levrai 5 janvier 11:20

        Ca semble être très américain de voir le monde par bloc quand ce ne sont pas les religions ce sont les continents...

        Pauvres pays souverains, pauvres peuples, condamnés aux mises en cases à la mode.


        • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 5 janvier 18:46

          Les pays africains n’ont jamais été des nations au sens du terme.

          Ce sont des territoires qui ont été découpés par les puissances européennes sans que les populations locales aient leur mot à dire et chaque parcelle est tenu par un administrateur se vendant à la puissance la plus offrant, aujourd’hui en l’occurrence la chine.


          • L'apostilleur L’apostilleur 5 janvier 21:37

            @l’auteur 

            « ...l’Afrique dans sa majorité souhaite pouvoir choisir librement sa voie de développement... »


            Vous parlez des peuples certainement. Quand ils sont au pouvoir, ils apprennent les pratiques de gouvernement de leurs prédécesseurs et se fient aux « blancs » lorsqu’il y a des décisions compliquées à prendre. Beaucoup d’africains ne se font pas confiance. 

            Voyez comment ce ministère de l’éducation approvisionne ses équipements informatiques. Le « haut placé » appelle son correspondant familial à Paris qui passe chez Darty et livre le ministère à ses conditions qui couvre un risque, celui de ne pas être payé si le gouvernement change pendant le transport. 


            Imaginez que cette pratique n’est pas isolée.


            Tout le monde souhaiterait que vous ayez raison.


            • microf 6 janvier 15:01

              @L’apostilleur

              Lorsqu´on fait un commentaire il faut dire la vérité.

              Il n´est pas possible d´aller á d´Arty avec un bon de commande prendre la marchandise et payer après, cela n´existe pas.
              Si vous allez á d´Arty avec un bon de commande pour des équipements, vous devez avoir soit de l´argent liquide ou payer par carte bancaire.

              Si la commande est importante, la transaction doit passer par une structure qui est une banque.
              Le vendeur s´assure á travers sa banque que votre compte est crédité avant de livrer la marchandise.

              Lorsque la marchandise est vendue, ce n´est plus le problème du vendeur pour ce qui se passe après.
              Si la marchandise doit être expédiée á l´étranger, il ya une procédure pour cela, et la structure qui s´en occupe, c´est une société de TRANSIT.
              Les sociétés de TRANSITS, autres sociétés et entreprises sont couvertes par des assurances en cas de dégats, pertes de marchandises ou autres dommages, tels que le changement de gouvernement.

              Si la commande va á l´étranger, il ya une structure chargée du commerce extérieur
               en France, c´est la COFACE, Compagnie Francaise d´Assurance pour le Commerce Extérieur.

              La COFACE est l’entité en France qui garantit les créances nées d’une opération de vente par un exportateur français à un acheteur étranger. Elle s’occupe de la couverture des risques que courent les exportateurs. Sommairement, ils sont de deux ordres. Les risques commerciaux ordinaires –non-paiement par l’importateur, insolvabilité du client étranger, etc. – sont pris en charge par la COFACE en tant que société privée d’assurance-crédit. Les risques politiques –guerre, révolution, moratoire ou répudiation de dettes commerciales par les autorités d’un pays étranger, nationalisation, expropriation, fluctuations monétaires et instabilité des changes, non-transfert de fonds, etc. – ou catastrophiques [1][1]Un spécialiste entend le risque politique comme le risque de… sont assumés par l’État français, la COFACE agissant comme intermédiaire et gestionnaire des polices contractées.

              Dans l´article, il est question d´une nouvelle Afrique qui veut quitter ce que vous avez décris dans votre commentaire et entrer dans ce que j´écris dans le mon commentaire.
              Plus de magouilles et complicités de s´en remettre aux Blancs tel que vous le décrivez, mais la transparence telle que j´écris, c´est de cela qu´il est question dans l´article.

              Toutefois en attendant le chemin est encore long tant qu´il y aura des corrupteurs occidentaux et des corrompus africains.
              Mais dans le monde multipolaire qui est entrain de se pointer, ces acteurs vont je ne dirais pas disparaitre, mais sensiblement diminuer, ce qui sera déjá bien et un grand pas en avant.

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Patrice Bravo

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