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Accueil du site > Tribune Libre > L’autodestruction d’une candidature ?

L’autodestruction d’une candidature ?

Les élections, sorte de super entretien d'embauche à l'échelle d'une nation, sont des révélateurs cruels pour les politiciens ; difficile de cacher ses ambiguïtés lorsqu'on est surexposé aux yeux de tous.

On peut même assister à l'évaporation en direct d'un candidat à la télévision. J'ai été témoin d'un épisode de la sorte en regardant l'interview de Nicolas Dupont-Aignan au « 20 heures » de France 2 le 24 mars dernier.

Parce que « Qui aime bien châtie bien », je n'évoquerai pas les points positifs, car il y en a quand même, mais les flottements absolument désastreux d'un discours qui sape minutieusement la légitimité du candidat.

Écartons tout de suite l'erreur involontaire, le journaliste hargneux, ou le message adressé à un auditoire particulier :

quand on s'exprime au journal de 20 heures, on sait qu'on sera largement entendu, pas comme sur une radio périphérique à 6 heures du matin. Et on ne peut pas dire que Laurent Delahousse ait été particulièrement méchant.

« Je ne suis pas pour le Frexit, mais pour la re-né-go-cia-tion »

En politique, certains mots ou expressions sont comme de la nitroglycérine : à manier avec d'infinies précautions. Ainsi des mots « réforme », ou « moderne », qui sont devenus ultra négatifs tant ils ont été synonymes de « régression ».

Et pour un souverainiste, « renégocier les traités européens » fait partie de ces expressions à haut risque, avec des précédents désastreux :

Sauf si on est amnésique, on se souvient que François Hollande a voulu « renégocier le pacte de stabilité » en 2012. Cela fut vite fait, le temps d'un demi week-end, avec l'ajout d'un vague paragraphe sur la croissance, ce qui ne mangeait pas de pain.

En 2015, Alexis Tsipras aussi a voulu renégocier, seul contre tous, et a fini par accepter pire que ce qui lui était proposé au départ, après 6 mois de crise et la mise sous embargo monétaire de la Grèce par la BCE.

Et lorsque Delahousse lui demande ce qu'il compte faire si les autres pays de l'UE, et notamment l'Allemagne, refusent toute « renégociation », NDA répond par une pirouette : « Mais qu'est-ce qu'on en sait ? ». Certes.

Ce discours désinvolte pouvait à la limite passer en 2012 - et encore ! -, mais pas après la tragédie grecque de 2015. Il faut ainsi rejoindre les auteurs eurocritiques (Jacques Sapir, Coralie Delaume, etc.) qui, tirant les conséquences de la crise de 2015, constatent qu'à défaut de se faire entendre dans ce type de discussion, il faut être prêt à aller jusqu'à la rupture complète ; faute de quoi, on avoue ouvertement qu'on « part au combat sans munition en soute » (La Fin de l'Union européenne, C Delaume et D Cayla, p66). Et encore faut-il avoir, en amont, fait la pédagogie de ce que pourrait être cette rupture, pour avoir toute légitimité d'en prendre la responsabilité (voir une analyse de la situation grecque en juillet 2015 - parmi tant d'autres - sur le blogue de Sapir : http://russeurope.hypotheses.org/4177 )

Le moins qu'on puisse dire c'est que ce type de discours fuyant ne clarifie guère les choses dans une période où les faux semblants brouillent tous les enjeux.

Passons rapidement sur le « Je ne veux pas le Frexit » réitéré, qui paraît plutôt étrange pour un politique qui se prévaut de son alliance avec Nigel Farage, le chantre du Brexit, et passe le plus clair de son discours à dénigrer l'UE. On joue toujours sur les mots, comme si sortir de l'Union européenne allait faire de la France une île…

« Cet après-midi j'ai reçu un coup de téléphone d'un parlementaire Les Républicains »

L'explication de ce discours déroutant est peut-être là.

Le bruit court visiblement les rédactions parisiennes : une partie des électeurs de droite déboussolés par leur candidat seraient en train de se déporter sur NDA.

Pour attirer cette nouvelle clientèle qui, évidemment, répugne à se tourner vers Macron, ancien ministre d'un gouvernement de gauche, NDA pourrait avoir envie d'arrondir les angles de son discours. Un peu comme lorsque Robert Ménard avait demandé à Marine Le Pen de mettre une sourdine sur les attaques contre l'euro, pour ne pas trop affoler un électorat conservateur, frileux sur la remise en cause de l'UE.

Est-ce pour ça qu'on a aussi pu noter quelques œillades en direction de Nicolas Sarkozy, comme la nécessité de refonder une « Union pour la méditerranée » ? Dommage que, comme ce n'était pas le centre du sujet, Delahousse n'ait pas pu faire le parallèle avec la « renégociation » des traités évoquée avant : on s'en souvient, l'UPM de Sarkozy, victime collatérale du printemps arabe, avait aussi été consciencieusement sabotée par l'Allemagne d'Angela Merkel, vexée d'en être écartée, qui avait exigé d'y inclure l'ensemble des pays de l'UE, Scandinavie comprise.

Alors, bon ou mauvais calcul ?

On ne le saura que le 23 avril, mais on peut émettre dès à présent quelques hypothèses :

Au terme d'une course à l’échalote vers le plus sectaire, l'électorat conservateur a choisi François Fillon en toute connaissance de cause, les yeux grands ouverts. Quoi qu'on en pense, sa légitimité est incontestable, et une fois que le vin est tiré, il faut le boire jusqu'au bout.

On ne voit toujours pas en réalité pour quelles raisons ces électeurs se détourneraient en masse vers un candidat, certes issu de l'UMP, mais qui demeure un marginal aux positions anti européennes affirmées de longue date.

Rappelons par exemple qu' à ce jour, même Henri Guaino, qui dit pourtant la même chose, à 100 %, que NDA, ne s'est aucunement décidé à le rejoindre.

On imagine plutôt, en vérité, tout le manque d'intérêt que l'électeur filloniste lambda, qui voit son candidat bousculé de toutes parts, peut nourrir envers une candidature dissidente.

« Mais finalement, qu'est-ce qui vous différencie fondamentalement de Marine Le Pen ? »

C'est la question qui fâche, qui revient régulièrement et ne trouve pas de réponse satisfaisante, ici comme avant :

« Ce que je suis », « Mon programme plus crédible », « Il n'y a pas d'arrière boutique néo nazie chez moi », etc.

Là aussi, il n'est pas lieu de faire des procès d'intention, et toutes les sensibilités peuvent s'exprimer au premier tour d'une élection. Toutefois, le précédent des régionales 2015, où les listes DLF avaient courageusement choisi de ne pas choisir au second tour, n'est pas des plus rassurants.

Il demeure tout de même étrange, pour un candidat gaulliste, de feindre de méconnaître le principe d'une élection à deux tours majoritaires : si au premier tour, toutes les sensibilités peuvent d'exprimer, au 2e on dégage une majorité absolue sur un candidat qui est un candidat « de raison ».

On ne peut pas non plus éternellement tenir un discours alarmiste sur la situation du pays et se payer le luxe de ne s'adresser qu'à sa chapelle, ou de feindre de croire que seule sa chapelle détient la vérité. À l'heure où enfin les lignes bougent, « la guerre des égos souverainistes » apparaît de plus en plus incompréhensible et risque de dégoûter les électeurs. La remarque vaut aussi pour Guaino, Asselineau, Chevènement ou d'autres intellectuels évoqués plus haut, qui signent une Tribune fort intéressante (http://www.chevenement.fr/Europe-la-supranationalite-a-echoue-faisons-confiance-aux-nations_a1911.html) mais se gardent bien de désigner qui pourrait mettre en œuvre leurs projets.

Quant à Marine Le Pen, veut-elle réellement être élue ? La question n'est pas si anodine que ça, tant la candidate met un soin appliqué à enchaîner remarques de bon sens et âneries...

Conclusion

Ligotée dans des messages contradictoires et peu audibles, la candidature souverainiste de Nicolas Dupont-Aignan, semble susciter elle même des chausse-trappes pour se faire trébucher. Même si on peut tout à fait lui concéder quelques efforts méritoires, tels ceux déployés le 15 mars dernier sur France 2, pour réhabiliter l'usage de la banque centrale comme émettrice de prêts à 0 % pour l’État, devant un François Lenglet qui tombait des nues en découvrant cette possibilité.

Il est à ce stade impossible de prévoir l'avenir, mais tout se paye :

faire un score entre 5 et 8 % le 23 avril, avec le renfort d'électeurs timorés sur l'UE, au prix d'une dilution du message, risque fort de ressembler à une victoire à la Pyrrhus, qui ne débouchera sur rien d'exploitable.

Et ce n'est là encore là qu'un scénario relativement optimiste : on peut très bien imaginer un jeu à somme nulle entre NDA et Asselineau, où chacun des deux va faire un score inférieur à 5 %, et gardera, bien évidemment, sa précieuse « part de marché » pour la suite.

Sauf que l'histoire ne repasse pas les plats, et que la suite risque fort d'être une France durablement marginalisée après 5 années supplémentaires de suivisme européen, qu'il soit austéritaire et sérieux, ou libéral et cool.


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57 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 3 avril 11:48

    Bonjour, Olivier

    A propos de la « renégociation des traités », vous plaisantez : à aucun moment, Hollande n’a tenté quoi que ce soit dans ce sens  !

    Pour le reste, Dupont-Aignan n’est ni meilleur ni pire qu’en 2012, et grâce à la sympathie qu’il inspire, il peut améliorer son score, peut-être avec l’apport de voix venues des électeurs de droite plutôt nationalistes qui ne veulent pas de l’escroc Fillon.


    • Descartes Descartes 3 avril 12:02

      @Fergus
      est-ce que vous diriez de même relativement à Jospin ?
      et à Tsìpras ?

      « Le mandat donné par le peuple annule les plans d’austérité », a lancé Alexis Tsipras à la foule. « Le nouveau gouvernement évitera la confrontation destructrice avec ses partenaires » européens, a-t-il toutefois lancé, en souhaitant négocier avec ses créanciers une « nouvelle solution viable » pour la Grèce et l’Europe.

      source


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 avril 13:32

      @Fergus

      Oui c’est ce que je dis : maintenant qu’il est bien clair qu’il n’en avait rien à faire, on a même oublié qu’il en avait parlé smiley Les amnésiques smiley

      Voici un lien qui rappelle cette ambition qui a duré un demi week end :

      "En serait-ce fini du pacte de stabilité  ? Nul n’y croyait plus.

      Lors de la campagne présidentielle de 2012, le candidat François Hollande l’avait promis : il tiendrait tête à Berlin et obtiendrait une renégociation du pacte de stabilité, qui interdit aux Etats de la zone euro d’afficher une dette et un déficit publics supérieurs à respectivement 60 % et 3 % du produit intérieur brut. Une fois l’élection remportée, son directeur de campagne, un certain Pierre Moscovici, promettait «  une explication de fond  » (1) entre Paris et Berlin. Une ambition qui devait durer vingt-quatre heures."


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 avril 13:35

      @Fergus

      Et pour le reste, je vous dirai qu’en 2012 on se battait pour exister, et que maintenant qu’on existe, la question (ma question) c’est « pour faire quoi ? »

      Et de l’eau a coulé sous les ponts depuis 2012, avec notamment l’affaire grecque. Ce qu’on pouvait dire en 2012 on ne peut plus le dire maintenant


    • zzz999 3 avril 13:34

      Comme l’a très bien expliqué Asselineau : Le Pen, Mélenchon, NDA souffrent du même symptôme  : être de faux rebelles et refuser de se mettre à dos définitivement l’oligarchie politico-médiatique en pronant d’emblée le Frexit.Ces 3 là une fois que l’Europe leur a aura opposé en toute vraisemblance une fin de non recevoir se retrouveront nus comme des vers et n’auront plus qu’a démissionner ......pas très sérieux tout ça !

      être anti système c’est pas juste une posture de com pour embobiner les couillons, c’est une conviction solide qu’on nourrit lentement dans la désapprobation de tous pendant des années et à commencer par un black listage solide de la police de la pensée (les merdias). Tout ceux qui n’ont pas passé le feu de cet affinage sont très probablement des escrocs.


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 avril 13:38

        @zzz999

        Vous vous contentez éternellement de faire des procès sur les intentions cachées des uns et des autres sur l’air de « moi j’suis un vrai rebelle ».

        PS : jusqu’à preuve du contraire, les 3 que vous citez ne sont pas aux commandes de l’Etat.


      • Fergus Fergus 3 avril 15:39

        Bonjour, zzz999

        Asselineau est dans la manipulation. Contrairement à ce qu’il ne cesse d’affirmer de manière péremptoire, il sait très bien que la France n’est pas la Grèce.

        Confronté, de la part de la 6e puissance économique de la planète et pilier incontournable de l’UE, à une menace de Frexit, le Conseil européen serait contraint d’engager un processus de réforme. Et pour cause : sans la France, l’Union Européenne disparaitrait, au grand dam de ses membres, y compris l’Allemagne.


      • Descartes Descartes 3 avril 16:29

        @Fergus
        Bizarre...
        La France est 6ème économie mondiale et elle a besoin de l’UE ??!
        Mais que font les autres pays non membres de l’UE (près de 180) !! Sont-ils dans l’apocalypse ?! Se risquent-ils à une destruction ?

        L’Humain d’abord
        , qu’ils disaient, mais qui utilise des arguments économiques pour imposer son point de vue...

        Et si c’est l’Allemagne qui fait la mélenchonne en menaçant de partir ?

        C’est qui le manipulateur, en fin de compte ?


      • Fergus Fergus 3 avril 17:33

        Bonjour, Descartes

        L’Allemagne a trop besoin de l’UE pour ne serait-ce qu’esquisser le moindre pas vers la sortie.

        Quant aux autres pays d’Europe hors UE, ce sont des pays à richesse très élevée par habitant qui peuvent subvenir très facilement à leurs besoins. Les pays pauvres ou modestes qui sont encore hors UE n’aspirent qu’à une chose : y entrer !


      • Descartes Descartes 3 avril 18:09

        @Fergus
        Les pays qui veulent y entrer le veulent pour bénéficier de l’argent des Français et autres pays riches de l’UE, rien de plus.

        Et si ce que vous disiez était vrai, il y eut négociation déjà. L’Allemagne a besoin de cette UE-ci, pas d’une autre.


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 avril 19:18

        @Fergus
        L’Allemagne a trop besoin de l’UE pour ne serait-ce qu’esquisser le moindre pas vers la sortie.

        Là je ne vois pas pourquoi, elle pourrait très bien tout plaquer unilatéralement.

        Les pays pauvres ou modestes qui sont encore hors UE n’aspirent qu’à une chose : y entrer !

        Vous pensez à qui ?


      • Fergus Fergus 3 avril 20:25

        @ Olivier Perriet

        L’Allemagne est en train de manger son pain blanc. Sa démographie va lui poser de gros problèmes dans les prochaines décennies et les caciques politiques en ont conscience.


      • zzz999 4 avril 08:47

        @Olivier Perriet :

        1°) Je me contente de rien et ne déclare rien quant à ma position ou pas de rebelle pour la simple raison que je ne ferai jamais de politique, je me contente de constater la réalité.

        2°) Les 3 qie je cite ne sont pas aux commandes de l’Etat, OUI et ALORS ? ça change quoi au constat ?


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 4 avril 09:16

        @Fergus

        Dans les prochaines décennies, on sera tous morts ?


      • Agor&Acri Agor&Acri 3 avril 14:13

        A tous,

        Ce qui est POSSIBLE :
        déroger ponctuellement à des règles établies, afin de face face à une situation de crise aigüe. Cela a été fait face à la crise des subprimes et face à la crise Grecque.
        Ainsi la BCE a pu entreprendre des actions « non conventionnelles » interdites par ses propres status.

        Ce qui est IMPOSSIBLE  :
        obtenir l’accord unanime de 28 gouvernements puis de 28 parlements (c’est la seule procédure)
        sur une modification substantielle des traités.

        Ceux qui vous vendent une renégociation des traités pour une autre Europe, vous mènent en bateau.
        Même en admettant que parfois l’impossible peut se réaliser, les chances que cela se produisent sont infinitésimales.
        Ceci n’est pas une opinion, c’est un fait. Seuls des naïfs ou des menteurs peuvent prétendre le contraire.

        Au passage : Nicolas Bay (secrétaire général du FN) sur LCI ce matin (03/04) : « nous sommes favorable à l’Europe, nous croyons en l’idée européenne...mais pas cette Europe-là, une autre Europe ».... le même discours ambigu depuis 30 ans.

        Je ne vois que François Asselineau qui soit honnête et sincère sur cette question, en plus d’être parfaitement crédible sur la plupart de ses analyses.
        Notamment quand il dénonce la« stratégie des lieutenants » utilisée par le FN, avec un qui dit blanc, un autre qui dit noir et le 3ème qui dit gris.



        • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 avril 14:57

          @Agor&Acri

          Bonjour,
          la position sur le sujet de MLP me semble assez claire, (pour une fois) :
          on propose autre chose, et si c’est rejeté, on fait un référendum en proposant la sortie, avec démission de la présidente dans la balance.

          à mon avis on pourrait même se passer du référendum, puisque l’élection de MLP signifierait rupture avec l’UE. Cela dit, si elle est élue, ça sera vraisemblablement au prix d’une abstention énorme, qui ne lui donnerait pas les coudées franches pour s’engager là dessus. Donc ça ne me semble pas mauvais.

          à l’UPR vous faites beaucoup de procès d’intentions, qui oublient de tenir compte d’un truc : jusqu’à présent les gouvernements successifs n’ont jamais été sur ces thèses, et les opposants sont loin du pouvoir.


        • LE CHAT LE CHAT 3 avril 15:05

          @Agor&Acri

          en se gargarisant avec l’article 50 , Asselineau lui donne du crédit alors que cet article a été voté par des traitres à la nation , en contradiction avec le Non MASSIF DU PEUPLE SOUVERAIN


        • Agor&Acri Agor&Acri 3 avril 16:19

          @Olivier Perriet

          à moins de croire possible ce qui est factuellement impossible, je ne vois pas en quoi vous voyez, dans mes propos, un procès d’intention.
          Pourquoi les 27 autres gouvernement ainsi que leur 27 parlements respectifs accepteraient tous, à l’unanimité, les propositions émanant du 28ème
          et qui, pour la plupart, compromettent les avantages qu’ils ont trouvé à rentrer dans l’U.E ?
          Comme, par exemple, recevoir plus qu’ils ne donnent, ou permettre à leurs ressortissants de travailler dans un pays tiers sans être concerné par la casse sociale que cela entraîne dans le-dit pays ?

          Par ailleurs, on pourrait pousser plus loin le regard critique en s’amusant à inverser la perspective proposée par le FN :
          > Vous dites :
          « la position sur le sujet de MLP me semble assez claire, (pour une fois) :
          on propose autre chose, et si c’est rejeté, on fait un référendum en proposant la sortie
           »

          > Je dis :
          Ceci revient à faire miroiter 2 choses consécutives dont l’issue est incertaine (les négo puis le referendum).
          Pourquoi, par exemple, le FN n’écrit pas :
          1/ sitôt élu, nous lançons une consultation sur ce que les Français considèrent comme le minimum acceptable (conditions sine qua non) en terme de résultat attendu pour des négociations qui devront aboutir sous tel délai.
          2/ cette consultation se soldera par un referendum nous donnant mandat de négociation
          3/ si, à l’issu du délai, le résultat minimum n’est pas obtenu, nous déclenchons automatiquement l’Article 50 pour activer la sortie.

          Ca, au moins, ce serait clair ! (mais tjrs pas autant que ce que propose l’UPR !)
          Ce que le FN propose actuellement ne l’est pas. On nage au contraire en plein flou.

          > Au lieu de cela (inversons la perspective smiley  smiley ) :
          Après un délai indéterminé à essayer d’obtenir l’impossible de la part des 27 autres (puisqu’il faut une unanimité qu’on n’obtiendra pas),
          le FN propose de redonner encore une chance à la France de rester dans l’U.E. en promettant un referendum dont les termes et le contexte ne sont pas connus à l’avance.
          On peut même imaginer que, entre-temps, l’U.E. ait cédée sur quelques vagues demi-mesures et que le FN présente ça comme une grande victoire à mettre à son crédit et qu’il appuie alors le maintien dans l’U.E.

          Non, vraiment, il faut se rendre à l’évidence : à part Asselineau, personne n’est clair sur la sortie de l’U.E.
          Et, en politique plus qu’ailleurs, si c’est flou, c’est qu’il y a un loup !


        • Descartes Descartes 3 avril 16:31

          @LE CHAT
          La volonté populaire n’a pas été bafouée.
          Sarkozy a ouvertement fait campagne pour la présidentielle de 2007 en disant qu’il adoptera un nouveau traité européen. C’est ce qu’il a fait. On a tous parlé de trahison mais ce n’est pas fondé, en vérité, puisque nous l’avons élu lui et pas un autre.
          Nous l’avons élu, c’est terminé. Il n’y a rien à dire.

          Ainsi, l’article 50 est le seul moyen légal de sortir de l’UE.


        • Agor&Acri Agor&Acri 3 avril 16:31

          @LE CHAT

           je comprends ce point de vue
          mais n’est-il pas bcp plus simple et surtout bcp plus efficace,
          pour se libérer de l’illégitimité de l’U.E.,
          d’en sortir en utilisant l’article 50,
          plutôt que d’entamer des recours (auprès de qui, sous quelles formes et avec quel horizon de temps ?) pour contester en Droit l’application des traités qui émanent de la ratification parlementaire de 2008 ?

          La 3ème solution étant de ressortir les guillotines et d’en faire bon usage. smiley


        • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 avril 19:14

          @Agor&Acri

          La vie est une grande incertitude vous savez ?

          Regardez Fillon et son programme, la crise de 2008 qui n’était au programme de personne, ou les attentats de 2015, que personne n’avait prévu en 2012 smiley

          Je crois que c’est vous qui inversez les perspectives :
          un parti politique ou un politique part de ses idées, les confronte au vote, et si nécessaire les adapte. Là vous partez d’une théorie que vous plaquez sur les faits.

          si les Français veulent fortement et unilatéralement sortir de l’UE « par l’article 50 », alors c’est sûr Asselineau fera un bon score. Si Asselineau fait un mauvais score, ce sera la faute du grand complot.

          Par ailleurs, si on en revient aux faits, et sur ce qui s’est passé au RU, que vous applaudissez, rien n’est joué à l’avance :
          la victoire du leave n’était pas prévue
          que Thérésa May se décide à appliquer le brexit n’était pas prévu
          qu’elle opte pour un « brexit hard » non plus
          ...

          Que d’incertitudes, décidément : ça devrait vous affoler !


        • Etbendidon 3 avril 15:28

          bonjour OP
          zavez raison NDA est has been
          son sourire béat est énervant
          Et puis le Di gaulle par ci di gaulle par là, tout le monde le fait meme phillipot C dire !
          Achelinot va le clouer au pilori demain mardi
          Parce que : Asselineau C nouveau (ça rime)
           smiley


          • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 avril 19:08

            @Etbendidon

            il y a quoi demain mardi ?


          • BA 3 avril 15:55

            En tout, il existe 197 nations reconnues par l’Organisation des Nations Unies.

            Sur ces 197 nations, 28 nations ont fait une expérience politique : l’Union Européenne.

            Partout ailleurs, sur tous les autres continents, les 169 autres nations gardent le contrôle de leurs lois nationales.

            Partout ailleurs, sur tous les autres continents, les 169 autres nations gardent le contrôle de leurs frontières nationales.

            Partout ailleurs, sur tous les autres continents, les 169 autres nations gardent le contrôle de leur monnaie nationale.

            Il n’y a que nous, en Europe, qui avons fait cette expérience de tarés.

            Et cette expérience a complètement foiré.

            Il faut sortir de l’Union Européenne.

            Il faut sortir de l’euro.

            Votez Asselineau.

            https://www.upr.fr/wp-content/uploads/2011/01/Programme-Francois-Asselineau-2017.pdf


            • Attilax Attilax 3 avril 17:38

              Hé oui, j’ai abouti à la même conclusion pour JLM, bien qu’il soit plus tendancieux dans sa formulation que Dupont-Aignan. Aucun des 2, pas plus que MLP, ne veut vraiment sortir de l’UE. Ils veulent « renégocier », comme tous les autres finalement. Problème : on sait aujourd’hui que ce n’est pas possible. Ce qui ne laisse aux les ardents partisans d’une sortie en bonne et due forme de l’UE qu’un seul choix possible. Ne nous plaignons pas, la dernière fois on n’en avait aucun !


              • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 avril 19:15

                @Attilax
                les ardents partisans d’une sortie en bonne et due forme de l’UE sont-ils si nombreux ?
                Là est toute la question.


              • Attilax Attilax 5 avril 19:25

                @Olivier Perriet
                Non, mais ça viendra quand la structure va nous tomber sur la gueule.


              • Olivier Perriet Olivier Perriet 3 avril 19:21

                Asselineau restera-t-il dans sa secte pour le 2e tour ?
                Marine Le Pen restera-t-elle dans sa secte pour le 2e tour ?
                ...

                On a là l’explication de pourquoi aucune alternative n’est possible, malheureusement.


                • QAmonBra QAmonBra 3 avril 20:48

                  Merci à l’auteur pour le partage.

                  L’U€ et l’OTAN constituent l’avers et le revers d’une même monnaie de singe, ayant permis à la ploutocratie transnationale de piller les richesses des nations et endetter leurs états, U$A compris, pour mieux les asservir.

                  Cette europe a été conçue pour briser les Peuples et détruire toutes leurs cohésions sociales, historiques et culturelles : Patrie, pays, famille et même l’individu dans son intimité.

                  Contrairement aux salades qu’on nous raconte sur les vertus pacifiantes de cette europe « otanisée », qui pourraient faire rigoler bon nombre de pays hors europe, elle est aussi porteuse de guerres en Europe : Hier l’ex Yougoslavie, à présent l’Ukraine et quoi demain ? La Russie ?

                  Cela fait des décennies qu’à chaque période électorale leurs « politichiens » nous font le coup, vous allez voir ce que vous allez voir, « on va RE NE GO CI ER, on n’en veut pas de cette europe des nantis, nous voulons une europe des Peuples et non de l’argent ! » Etc, etc.

                  Mais après chaque élection ou même référendum s’y opposant, la machine a essorer les nations se remet en branle de plus belle, en verrouillant davantage l’étreinte tel un reptile constricteur : Maastricht, Lisbonne, TAFTA etc,

                  Dans ce carcan mortel, il n’est pas de salut pour la France, elle doit en sortir d’urgence et il n’est qu’un seul et unique candidat qui a les c....... de le proposer clairement et sans ambiguïté aux français, depuis une décennie et sans baisser les bras, tous les autres sont prêts a regagner leur niches au premier froncement de sourcils de leurs maîtres. . . 



                  • Louve de France Louve de France 4 avril 10:41

                    Si Nicolas Dupont-Aignan est patriote, il doit comprendre qu’au-delà du spectacle politique , la priorité est la France : retour de sa souveraineté, de son identité… 


                    C’était un impératif, dans l’intérêt de la France, NDA aurait du s’unir a Marine. 
                    Honte a Nicolas Dupont-Aignan d’avoir refusé ce pacte avec le Front National. 

                    • Harry Stotte Harry Stotte 4 avril 11:46

                      @Louve de France


                      Bon retour !

                    • Louve de France Louve de France 4 avril 13:09

                      @Harry Stotte


                      Bonjour Harry ;)

                      J’attends avec impatience le non-débat saucissonné de ce soir sur B-F-Macron ! 15 minutes par personnes, 60 secondes pour développer chaque sujet. Toute altercation interdite et on va au coin si on mâche du chewing-gum...Vive la Liberte d’expression en Hollandie ! 

                      Oui, je revois ma chère vieille Europe ! Malheureusement je ne suis que dans la Perfide Albion, car je dois y finir un petit travail. 

                      Nos ennemis les Anglois ont toujours autant d’humour au niveau de la nourriture, c’est d’ailleurs le seul humour que je leur trouve. 

                      Le Brexit n’y a rien changé, a croire que c’est un trompe l’oeil (ça tombe bien, je restaure des peintures du 16 ème et des vitraux !) 



                    • Olivier Perriet Olivier Perriet 4 avril 14:19

                      @Louve de France

                      C’était un impératif, dans l’intérêt de la France, NDA aurait du s’unir a Marine.

                      Dites le :
                      « les souverainistes ont besoin d’un nouveau Mitterrand »  smiley


                    • Harry Stotte Harry Stotte 4 avril 18:56

                      @Louve de France

                      « Nos ennemis les Anglois ont toujours autant d’humour au niveau de la nourriture... »


                      Si on n’y trouve pas une vraie boulangerie française, avec des vraies baguettes parisiennes, c’est vraiment nul de chez nul, leur Europe. Mais si j’ai mes deux baguettes croustillantes tous les jours, des pots de marmelade d’orange amère - Tawny Orange, de Wilkins and Sohn, quand ils ont quelque chose de bon, il faut quand même le reconnaître - et du beurre, je devrais tenir un mois, avant écoeurement.


                      Pour ce qui est du débat, je n’en attends rien, jamais. Ça marche comme ça : 

                      Machin : - C’est noir ! 

                      Truc : - Non, c’est blanc !

                      Machin : - Je vous dis que c’est noir !

                      Truc : - C’est faux et vous le savez très bien.

                      Ni Machin ni Truc ne seront mis en demeure de prouver ce qu’ils disent. On passe à autre chose. Je trouve ça horripilant.


                      A cinq, j’ai tenu environ une heure. Après que Marine Le Pen a rappelé qu’il y a, en France, six millions de chômeurs et neuf millions de pauvres, j’ai décroché J’ai retrouvé les passages intéressants, le lendemain sur Internet. Pour ce soir, à onze, je crains le pire...

                    • Louve de France Louve de France 4 avril 20:11

                      @Harry Stotte


                      Ah ! Ne me parlez pas de baguette croustillante. Pas de boulangerie en Angleterre, a part l’immonde « Gregg » qui fait des Donuts et des croissants indignes de ce nom. Près du Consulat Français il y a bien une pâtisserie française Paul , mais faut voir la diversité qui y travaille... Des érythréens, des iraqiens, des indiens. Pas un français en vue. 

                      Quant au foie gras, et au fromage au Lait Cru, ils sont interdits (on y trouve bien du Camembert, mais il coute pas). J’oubliais, les bouteilles de vin ferment avec des capsules en metal smiley

                      Sacrés Rosbifs ! 

                      Pour ce qui est du débat de ce soir, Marine doit se recentrer sur ses fondamentaux. En France on est chez nous, nos ancêtres se sont sacrifiés pour que nous ayons une vie meilleure, et le communautarisme a l’Anglo-saxonne n’y a pas sa place car il est a l’opposé de la tradition française. 

                      Franchement, l’Angleterre est un splendide désastre, et je crains que la France ne suive le meme chemin. J’espère quelques hautes envolées ce soir ! 

                       ;)

                    • Louve de France Louve de France 5 avril 00:05

                      @Olivier Perriet


                      Ne me parlez pas de Mitterand ! J’ai vu un excellent film sur le Bonobobos gauchistes de Mitterand qui s’appelle « Des Lendemains qui chantent ». Je vous invite a le voir, vous y verrez la métamorphoses des 68ards, aujourd’hui véritables soldats du système. 


                      Nous, Nationalistes, amants éternels de la France, n’avons rien a voir avec ces gens qui copulent avec Jack Lang et Bazar Henri-Levy, le Rossignol des Cranages. 

                      Les nationalistes ne se soucient que d’une chose : la sécurité de la France et son territoire, car nous avons une relation charnelle avec ce terreau fertile qu’est la France ! 

                    • Olivier Perriet Olivier Perriet 5 avril 09:15

                      @Louve de France

                      Je comprends que vous, Nationalistes, cocus éternels de la France, n’avez rien a voir avec ces gens qui copulent avec Louis XIV, Robespierre, Napoléon Bonaparte ou Georges Clémenceau.

                      Je parlais de Mitterrand comme symbole d’efficacité tactique pour parvenir au pouvoir ; car c’est bien ça qui compte, au final, pas de débiter des torrents de phrases creuses sur votre amour charnel d’un fantasme

                      À vous lire on comprend beaucoup de choses sur l’impuissance chronique des « nationalistes »


                    • Harry Stotte Harry Stotte 5 avril 10:42

                      @Louve de France

                      « Ah ! Ne me parlez pas de baguette croustillante. Pas de boulangerie en Angleterre... »



                      C’est quand même bizarre qu’avec tous les Français qui vivent à Londres, il ne se soit pas trouvé au moins un vrai boulanger, de souche, faisant des vraies baguettes croustillantes, des vrais croissants feuilletés au beurre, des pains au chocolat, des brioches, toutes ces choses qui rendent la vie vivable, avec lesquelles il y aurait de quoi se faire des animelles en or...




                    • Louve de France Louve de France 5 avril 13:13

                      @Harry Stotte

                      Les français de Londres organisent pour la plupart leur grand retour vers la terre de France. Sans doute apeurés par le Brexit et les conséquences de taxes insupportables. Sinon, y’a toujours autant de Burqas chez Harrods et les sosies d’Oussama Ben Laden sont pléthore. 

                      J’ai parlé avec un Chef Français qui craint énormément les taxes sur l’importation des produits du continent et qui a mis son restaurant en vente. Jamie Oliver, un chef Anglais qui a des chaines de restaurants italiens, a fermé plus de 20 établissements a cause des taxes sur les produits italiens. 

                      Si le Brexit consiste a s’en prendre aux Européens et a laisser proliférer un communautarisme islamiste mortifère au nom de l’anti-racisme, je suis plus que déçue. 

                      Des Polonais m’ont raconté des choses graves et des actes criminels envers leur communauté (pourtant Catholique, travailleuse et Caucasienne) et comme me disait l’un d’entre eux dans le métro : « Nous, Polonais, les Anglais ont pas peur de nous insulter ou de tuer l’un des nôtres (il y’a eu plusieurs assassinats de Polonais suite au Brexit) , par contre, quand ils voient une femme entorchonnée dans une Burqa avec toute une marmaille de mioches et qui parle pas l’Anglais, ils disent rien car ils sont terrorisés » 

                      Bref, j’en découvre tous les jours un peu plus et c’est pathétique. 


                      Quant aux boulangeries qui font cruellement défaut ici, ne donnons pas de la confiture a des cochons. Ils n’apprécieront de toutes faons pas le savoir-faire français. Ils nous détestent, nous sommes ennemis depuis plus de 1000 ans et c’est quand on vit ici que l’on se rend compte de bien des choses. 

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