L’efficacité d’une équipe au travail
On s’en doutait depuis quelques temps, nous y sommes ! La « ressource humaine » supporte de moins en moins bien la course à la performance, les changements incessants, le stress professionnel. Même si elle ne nie pas pour autant la nécessité de la réussite économique.
Depuis deux décennies les techniques managériales de mutation organisationnelle permanente, de travail en mode projet, de réingénierie, d’empowerment et de rémunération variable individuelle ont poussées les hommes, pardon ! les ressources humaines, vers la religion de la mobilité, la transformation permanente, la flexibilité, la polycompétence et l’individualisation des résultats au sein d’une entreprise prétendument individualisée pour le bien de tous. Or, s’il est exact que ces évolutions peuvent offrir certaines opportunités de responsabilisation des salariés et de mise en place d’organisations moins hiérarchiques, elles font surtout peser de graves risques sur la santé mentale des travailleurs.
D’abord parce que l’injonction à l’autonomie qui a été faite aux salariés n’a pas suffisamment intégré le frein que constitue en parallèle la procéduralisation excessive du travail : l’organisation est aujourd'hui exagérément normée et l’employé n’a plus le droit, faute de se le voir reprocher, de dévier des tâches à accomplir les unes derrière les autres ;
Ensuite parce que l’idée même de qualité totale ‒ que nous dénoncions dès 2004 dans un ouvrage intitulé Le management durable ‒, ne fait aucune place à la réserve, ignore la nuance et oublie les concessions afférentes à l'imperfection humaine. La qualité totale n’est au mieux qu’un idéal, elle devient ridiculement contraignante avec l’apparition de pratiques contraires comme par exemple, avoir à satisfaire un maximum le client en y passant moins de temps.
Enfin parce que les grandes Ecoles, tout comme bon nombre de hauts dirigeants, au prétexte que les nouvelles réalités conduisaient à de nouveaux comportements, ont oublié de considérer que la nature humaine est depuis longtemps ainsi faite que seul un management respectueux des personnes peut inscrire de bons résultats dans la durée.
Alors que faire en ces temps du triomphe de l’individualisme ?
Etant donné qu’on ne peut pas revenir en arrière, il est urgent de reconstruire l’entreprise. Non pas par nostalgie du passé mais parce que l’on tient là l’unique façon de réussir l’avenir en formant la maîtrise, les cadres, les décideurs et dirigeants ‒ surtout les plus jeunes ‒ au minimum aux Problématiques de la santé et du bien-être au travail ainsi qu’à la Gestion du changement dans les Organisations. De préférence à la totalité des techniques qui fondent l’efficacité même du management d’une équipe au travail : la communication interindividuelle ; la gestion du changement dans les organisations ; la recherche de l’amélioration de la qualité (à ne pas confondre avec la Certification, qui n’est qu’une estampille) ; la délégation de pouvoir ; la prise de décision ; la négociation interindividuelle ; la motivation de l’homme au travail ; la conduite de réunion ; la prise de parole en public et l’entretien de face-à-face.
Nous somme bien conscient que vu l’ampleur des dégâts, rien en soi n’est suffisant et que la pédagogie à elle seule n’est pas la panacée. Mais si l’on n’utilise pas en premier lieu les moyens existants, ceux là même qui ont depuis longtemps fait leurs preuves, rien ne sera jamais résolu.
Alain Astouric
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Tsss Tss décevant !


