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L’Eugénisme En Marche

Heureux les pauvres en esprit car le royaume de la manipulation génétique leur est promis

M. Laurent Alexandre, bien connu pour ses articles traitant du transhumanisme, a récemment confié à l'Express une tribune fort humblement intitulée « Pourquoi Bourdieu avait tort », allégant que l'héritage génétique déterminait radicalement le devenir intellectuel et social d'un individu.

Les lignes en question semblent avoir soulevé fort peu de commentaires et globalement et peu d'intérêt.

Cependant cette tribune risque fort d'œuvrer à l'accréditation lancinante d'idées fort dangereuses.

 

L'Eugénisme En Marche
ou
Heureux les pauvres en esprit car le royaume de la manipulation génétique leur est promis


 

Le sieur Laurent Alexandre, ci-devant urologue et actuel entrepreneuri a récemment confié à l'Express une tribune fort humblement intitulée « Pourquoi Bourdieu avait tort ». Voilà donc le sort de P. Bourdieu et d'un pan de la sociologie scellé sans appel par les 50 lignes à l'emporte-pièce du tribun.

Les lignes en question au demeurant, et quelque provocantes qu'elles paraissent, semblent avoir soulevé fort peu d'intérêt, ne déclenchant apparemment pas le moindre buzz : une recherche sur l'Internet ne mentionne en effet qu'une seule recension notable d'ailleurs fort peu élogieuse, et une critique acerbe qui à vrai dire s'intéresse davantage au journal qu'il l'a publiée qu'à l'auteurii.

Ce faible écho n'est guère surprenant, car le tribun, sous des dehors révolutionnaires au sens macronien du terme, n'y fait montre que du positivisme le plus suranné, d'un scientisme béat qu'on croyait passé de mode, et du réductionnisme le plus élémentaire. Toutes ces qualités étant rehaussées il est vrai d'un si singulier manque de curiosité. En effet, M. Alexandre semble ignorer les mises en garde précises et nombreuses de l'auteur grâce auquel il pense pulvériser pour le compte Pierre Bourdieu et tous les travaux mettant en évidence l'importance du milieu dans la réussite sociale. Enluminées aussi d'un esprit si rigoureusement critique qu'il passe sous silence les réflexions de fond sur le réductionnisme scientifique pourtant au principe de son article historique.

Reste que quelques aspects conjoncturels de cette tribune, bien inscrite dans l'air du temps, suggèrent de creuser un peu plus avant le pourquoi et le comment d'un tel pétard mouillé. Car ce pétard passablement truqué œuvre à l'accréditation lancinante d'idées fort dangereuses.

Qui est L.A.

Il est évidemment utile de connaître une part du parcours et des engagements de l'auteur afin de tenter comprendre d'où il parle, pourquoi il le fait, et quels sont les credo intellectuels et politiques qui constituent le soubassement de son interprétation des travaux en neurologie et en sciences cognitives. Et ses éventuels intérêts trébuchants.

Si l'on en croit sa biographie telle que décrite par Wikipédia et confortée par nombre d'articles répertoriés sur le web, L.A. est donc médecin urologue, mais il est bien davantage un représentant de la classe IEP/ENA et créateur d'entreprises. Personnalité libérale proche d'Alain Madelin, il est également présent dans la presse via ses rachats et plusieurs journaux font obligeamment place à ses credo.
L'essentiel de ses interventions (tribunes, conférences) se situe dans le domaine des « technologies », en particulier celles de l'ingénierie génétique ; elles révèlent un héraut du transhumanisme dissertant complaisamment sur l'immortalité à court terme et les éventuels bienfaits « humanistes » des dites NBIC. Cette passion visionnaire restant bien entendu totalement indépendante de ses intérêts personnels, investis entre autres dans une société de séquençage d'ADN. Celle-ci n'étant que le prolongement concret de celle-là.
On trouve également parmi ses fort nombreuses déclarations, des prises de position erratiques et tonitruantes sur le sujet, allant de la mise en garde alarmiste contre les apprentis sorciers à la futurologie enthousiaste. Le dénominateur commun étant comme par hasard l'appel à des « investissements massifs ». Car L.A. n'ignore évidemment pas que les avancées technologiques fulgurantes en NBIC et en IA ne tombent pas du ciel, ni de laboratoires marginaux et improvisés, mais sont bel et bien le produit de choix politiques influencés par les nombreux lobbyistes si attentifs au progrès humain...

Que nous dit-il ?

De manière fort simplisteiii, L.A. assène des chiffres dont la signification est assez sibylline, mais qu'il explicite aimablement pour nous après les avoir radicalement simplifiés :

On sait aujourd'hui que l'ADN détermine plus de 50 % de notre intelligence. L'école et la culture familiale ne pèsent pas beaucoup face au poids décisif de la génétique.

La formule chiffrée présente la compacité d'une publicité de pâte dentifrice ou de crème anti-rides, et le pourcentage bien rond est évidemment garant d'élégance scientifiqueiv.

Cette rigueur prend cependant quelques libertés avec l'arithmétique : les deux parts de 50% sont apparemment modulées par un mystérieux coefficient idéologique, puisque la moitié revenant à l'école et à la culture « ne pèse pas beaucoup », tandis que l'autre moitié est « décisive ». Voilà donc une manière singulière d'accommoder les chiffres à la sauce ingénierie génétique.

On apprend ensuite que pour la lecture elle-même, le rôle de l'école et de l'environnement culturel est marginal. Et l'on se prend à regretter que l'analyse soit encore incomplète puisqu'elle peine toujours à démontrer que le gène de la lecture est usiné à l'origine pour la lecture syllabique et tout à fait incompatible avec la lecture globale.

En dépit de ce petit goût d'inachevé, le degré de précision des analyses mentionnées est tel qu'il laisse envisager qu'il faudrait doubler l'effort individuel et la contribution familiale des malheureux ayant reçu un « mauvais patrimoine » pour qu'ils puissent espérer concurrencer les heureux héritiersv.

Notre tribun s'essaye ensuite à démontrer que l'évidente corrélation entre QI et pauvreté est tabouevi, ce qui participe incontestablement au déclin de la France.

Alexandre insiste lourdement, dans de nombreux articles, sur le rôle joué par le QI (et par son origine génétique sous-entendue) dans la « réussite »vii. Derrière cette affirmation s'en dissimule (mal) une seconde : celle de l'origine raciale de cet « avantage comparatif » génétique.

L. Alexandre prend ici appui sur le phénomène amorcé en France par la sidération des sphères ministérielles devant les résultats des enquêtes internationales de « compétences ». Le nouveau ministre, comme ses prédécesseurs, se devant de fournir une explication. Qui mette si possible hors de cause les choix institutionnels.

Pour ce qui concerne la lecture, les résultats de l’enquête Pirls (Programme international de recherche en lecture scolaire, touchant les écoliers de CM1) n’étaient pas très bons en 2012 (cf. Le Monde du 13/12/2012). Ceux de 2017 sont encore plus mauvais, au point de déclencher une prise de parole quasi immédiate du ministre de l’Éducation nationale.

Mais alors ? La baisse continue du QI de la Franceviii, d'emblée imputée par le ministre aux horreurs du « pédagogisme », traduit-elle une baisse génétique corrélée ? Les résultats comparés au niveau européen représentent-ils le potentiel génétique des différentes populations ? Faut-il révéler que les irlandais sont particulièrement doués de gènes performants, et les maltais particulièrement handicapés par leurs gènes insulaires ?

En fait, contrairement à ce que disent ces auteurs, sans cesse pleurnichant sur les interdits dont ils seraient victimes malgré les titres de presse et les chaires dont ils disposent dans les journaux, c'est bien l'idée d'un « héritage » des dons qui est la plus répandue. On en trouve trace partout dans le langage, dans les récits historiques, et dans les discussions de Bar du commerceix.

Énoncer la théorie complotiste de l'éléphant dans le couloir est en effet une contre vérité totalex.

Reste juste à préciser ce que sont ces « capacités » devenant subrepticement « intelligence »xi. Mais il est assez clair que l'unité de mesure suggérée ici est en dernier ressort la capacité à « créer sa boîte » et à « développer » l' « innovation » susceptible d'arracher des « parts de marché ».

Il existe en fait deux variétés de fans des fondements génétiques de « l'intelligence » : il y a les « conservateurs », dans l'acception macroniste du monde, pour qui la race, l'origine, la caste... disent tout sur l'intelligence de manière définitive, et il y a les « progressistes », En Marche vers l'amélioration de l'espèce, qui dissimulent leur condescendance de classe derrière le vœu pieu de « réparer » les héritages pénalisants. Ces derniers peuvent alors se réclamer d'un « humanisme » qui fleure bon la pitié charitable, mais en réalité se placent d'emblée dans le cadre de la guerre de tous contre tous : la supériorité chinoise doit être surclassée de toute urgence !

Ce discours a pour but d'ancrer l'idée de supériorités « naturelles » indiscutables, de contrer toute réflexion suggérant des politiques égalitaires voire compensatoires, et surtout de rendre « l'égalitarisme » responsable du « déclin », par l'étouffement de l'énergie des plus doués. Lesquels bien évidemment ne rêvent qu'entreprise, reprises, placements, start-up, concurrence et parts de marché.

Ce que font semblant d'ignorer ces tartuffes, c'est que l'égalitarisme n'est pas un « programme » mais une attitude philosophique et politique refusant l'enfermement des individus pour cause d'hérédité, de race, de couleur, de QI. Ils feignent d'avoir oublié que l'assise des anciens régimes féodaux était précisément de cette nature, de même que celle des privilèges ici, des castes là-bas. Que la déclaration des droits de l'homme est une déclaration de principe et d'intention et prétend justement affranchir l'Homme d'un calcul de QI ou des résultats d'un séquencement de génome.

Les malheureux semblent n'avoir pas compris, que la relativisation de l'interprétation du QI et la défiance vis-à-vis de son utilisation partent du même principe qui refuse que l'on prétende définir, limiter, arrêter le devenir d'un individu, son chemin, ses désirs et sans ambitions en lui opposant un bête chiffre censé le résumer.

Mais le point d'orgue de l'article en est sans conteste l'émouvant prétexte humaniste : lutter contre le déterminisme génétique pour compenser les inégalités. Beau projet. En contradiction cependant avec l'opposition radicale et méprisante à « l'égalitarisme ». Car l'égalitarisme on le sait, est gauchiste, irresponsable et contraire au progrès lorsqu'il s'agit d'éducation, mais il devient humaniste et porteur d'avenir dès qu'il s'agit d'ingénierie génétique.

Pourquoi cette tribune n'a pratiquement aucun intérêt scientifique et frôle l'imposture.

Il faut d'abord noter que les déclarations à l'emporte-pièce de Laurent Alexandre ne se préoccupent d'aucune des mises au point de R. Plomin lui-même, et ne font allusion qu'à des aspects parcellaires des travaux de P. Bourdieu.

Comme le rappelle en effet dans un article assez complet la rédaction du site Chronikxii, les découvertes de Plomin ne nient pas, contrairement à ce que fait croire Laurent Alexandre, l’influence de l’environnement : bien au contraire, elles lui donnent une place fondamentale. Dans un article de 2004 publié par l’American Psychological Association, Robert Plomin explique en effet  : 

« Si l’influence des facteurs génétiques sur l’intelligence est d’environ 50 %, cela signifie que les facteurs environnementaux expliquent le reste de la variance. » 

Plus grave encore, selon les mêmes auteurs, la présentation donnée par notre tribuniste émérite constitue l'erreur type que dénonce R. Plomin :

Nombre de lecteurs de bonne foi peuvent comprendre que l’intelligence de leur enfant est à plus de 50 % déterminée par les gènes dont il a hérité. Mais voilà, c’est précisément cette manière de « comprendre » qui est la plus importante contre-vérité, la plus grave erreur, la « number one fallacy » contre laquelle nous prévient Plomin, notamment dans son interview à la BBC en octobre 2015.xiii

Le site Mute fournit pour sa part de manière bien documentée quelques précisions sur le travail entrepris par Plomin et son équipe :

Mais lorsque des centaines de milliers de marqueurs génétiques furent ainsi passées au crible, les chercheurs n’ont trouvé que quelques associations entre des SNPs (polymorphismes d’un seul nucléotide), dont le plus efficient expliquait un peu moins de 1 % de la variance aux tests psychométriques, et les autres moins de 0,4 % (cf par exemple Harlar 2005, Craig 2006, Butcher 2008). L’effet est si faible qu’il faut répliquer ce genre d’études pour exclure les faux positifs. Et, en aucun cas, on ne trouve pour le moment de gène massivement impliqué dans les différences d’intelligence entre individus. De plus, Les deux propriétés essentielles sont ici la pléiotropie (un même gène a plusieurs effets) et la polygénicité (un même trait dépend d’une multitude de gènes)xiv

Ce qui adoucit singulièrement les déclarations à l'emporte-pièce de L.A., mais nécessite il est vrai un peu plus de réflexion.

D'où sortent encore des chiffres hallucinants de précision comme :

Nos différences de capacités de lecture en sont issues à 64 % du patrimoine génétique, la famille, l'école et nos efforts individuels n'y sont que pour un tiers.

Mais de quelle lecture s'agit-il donc, et comment sont mesurées ces « capacités » ?
Par ailleurs, il y a une contradiction absolue à avancer ces affirmations et dans le même temps à charger les méthodes d'apprentissage de tous les maux. Et comment interpréter alors avec un tel prisme les nombreux résultats d'enquêtes internationales ? Le surgissement des « capacités » des chinois, coréens et autres signe-t-il donc une modification de leur patrimoine génétiquexv, eux qui étaient considérés il y a un siècle comme des « peuples de coolies »xvi ? Ou bien seuls 50% de ces résultats sont-ils attribuables aux gènes chinois ?
Ou bien encore, la Chine aurait-elle, avant-même les « start-up » macroniennes et nonobstant les brevets en gestation dans l'entreprise de L.A., découvert la pierre philosophale NBIC permettant la production en série de génies de la recherche-développement ?

Ignorent-ils aussi, Alexandre et ses followers, qu'au XIX° siècle les premiers touristes anglais riches qui visitent notre pays, et singulièrement les Alpes (E. Whymper entre autres), y sont stupéfaits par l'omniprésence du « crétinisme » et l'arriération générale des populations qu'ils découvrent. Il faut croire que là encore un phénomène improbable a modifié les gènes des alpins pour en faire, au XXI° siècle des humains quasi normaux.

On pourrait également renvoyer L.A. -mais il est vrai qu'à la date de sa tribune il ignorait probablement les faits- au rapport parlementairexvii rendu public ce printemps.

On y lit par exemple :

Le département (93) cumule des taux de chômage, de pauvreté et de difficultés scolaires bien supérieurs aux moyennes nationales. Face à ce constat, les moyens humains y sont pourtant inférieurs aux autres territoires : deux fois moins de magistrats, par exemple, au tribunal d'instance d'Aubervilliers, que dans un tribunal parisien équivalent. Dans les écoles « le moins bien doté des établissements parisiens est mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis »

Les dés sont donc singulièrement pipés, et il devient très délicat, M. Alexandre, de distinguer ce qui relève de la supériorité des gènes des élèves parisiens de ce qui relève du milieu, n'est-il pas vrai ?

 

A travers l'ensemble de ces recherches, au fond, il apparaît que les liens désespérément recherchés entre « gènes » et « intelligence » s'obstinent à ne pas se montrer, et bien entendu, à part Laurent Alexandre on ne trouve pas un seul chercheur pour suggérer encore qu'il existerait des « séquences de code » directement responsables de l'intelligence. Si toutefois il avait pris la peine de tenter une définition de la dite intelligence, mais sans doute veut-il encore faire croire que le QI dont il se gargarise dans nombre d'interventions est un indicateur largement satisfaisant.

Plus honnête, croisant les réflexions des neurologues, de l'épigénétique, de la sociologie, de la psychologie, de la pédagogie, des sciences cognitives en général, l'article pourrait alors se résumer à la formule :

P'têt bien que l'héritage génétique a une certaine influence sur l'intelligence, et p'têt bien que l'environnement, les conditions de la croissance et de l'éducation en ont aussi une.

Ce qui avouons-le est totalement renversant et en surprendra plus d'un. Et que Pierre Bourdieu admettait parfaitementxviii.Notre hardi tribuneur aurait certes gagné à lire quelques autres textes plus larges et plus synthétiques sur le sujetxix ; mais une compréhension correcte, étayée, de bon sens et non biaisée n'était sans doute pas dans le propos de L.A., archétype des vulgarisateurs à l'affût de bribes de travaux scientifiques susceptibles d'apporter de l'eau à leur moulin quitte à en commettre une exégèse aventureuse. Toutes époques, tous les intérêts et toutes les idéologies ont tenté ainsi de subtiliser les travaux de recherche. Et à l'ère technocratique, surtout s'ils produisent de beaux chiffresxx.

Au final, l'apport de la tribune alexandrine serait inexistant si elle n'était faussée et caricaturale, et s'il ne tirait des conclusions tout à fait gratuites, primaires et dangereuses.

On voit donc sans effort exagéré transparaître dans le texte publié par l'Express, ce que L.A. et un certain nombre de commentateurs ont voulu faire dire à R. Plomin, lequel comme on l'a vu s'en est bien défendu.

Il s'agit essentiellement de prétendre raviver la querelle inné-acquis sur de nouvelles bases incontestables parce que chiffrées, pour espérer enfin faire basculer l'histoire dans le sens de l'inné. Or quelles que soient les intentions charitables (et surtout pragmatiques) affichées, vouloir à tout prix privilégier l'inné est une démarche enfermante, celle-là même qui renvoie les dominés à leur prétendue infériorité « naturelle ». Discours que l'on retrouve dans les discours de tous les dominants, de l'esclavage au nazisme en passant par la droite américaine la plus obscurantiste et ségrégationniste. Alors que le choix de l'éducabilité est par nature émancipateur, qui présuppose une égalité de principe et s'attache à la rendre réalisable.

Il s'agit aussi de redonner vie au scientismexxi, que l'on croyait durablement disqualifié mais qui ressurgit de ses cendres à chaque « innovation R&D ». Il s'agit d'y ajouter hypocritement la promesse de l'amélioration génétique, faisant ainsi le lit d'un transhumanisme au masque humaniste et égalitariste. Hypocrisie fort utile cependant à toute la startuposphère de l'ingénierie génétique, qui trépigne d'impatience à l'idée de pouvoir un jour fabriquer de l'humain OGM et tenter de damer le pion à la croissance de Facebook.
Reste que si cette promesse est déçue, comme celle de l'immortalité au bout du chemin de la recherche NBIC, il demeurera la « démonstration » de la nature génétique des différences d'intelligence, justifiant bien entendu les différences de statut humain.

Il s'agit enfin d'accréditer obstinément une approche réductionniste, fétiche des technocrates avides de chiffres. Un réductionnisme dopé par l'informatique et sa nouvelle dimension « big data » qui n'en est pas avare, et en produit bien davantage que tous les L.A. de la terre peuvent en digérer.
Il semble pourtant que, prévenu par Karl Popper, tout scientifique sait les limites de cette approche, mère du déterminisme. Car si le réductionnisme peut selon Popper constituer une étape méthodologique fructueuse, il ne peut en aucun cas constituer une doctrine, et l'extrapolation de résultats « réduits » à la réalité est toujours hasardeusexxii.

Et l'on retrouve également dans cette rhétorique le projet de la sociobiologie, qui prétend expliquer tous les comportements humains sur des bases biologiques, puis plus tard génétiques. Et nombreux sont les scientifiques de toutes disciplines qui ont mis en garde contre un schéma explicatif dont ils dénoncent les évidents effets pervers tant socio-politiques que scientifiques.

Où tout cela nous mène-t-il ?

On serait donc tenté de conclure que la tribune en question est tout simplement totalement dénuée d'intérêt, et n'est qu'un pot-pourri d'approximations, de contre-vérités, de travestissements partiaux de résultats scientifiques, d'absence de réflexion et de rigueur. De soupçonner qu'elle n'était là que pour faire acte de présence dans les média et rester en vue. Le premier réflexe serait donc de l'ignorer simplement et de ne plus jamais ré-ouvrir le journal qui l'a publiéexxiii.

Mais ce serait oublier que ce texte poursuit en réalité deux objectifs bien précis, complémentaires, et lourds de conséquences.

Le premier est d'alimenter en eau fraîche le moulin de la macronie en avançant l'hypothèse de « start-up » susceptibles de doper au CRISPR-Cas9 l'intelligence française dont L.A. et ses amis nous révèlent qu'elle laisse tant à désirer, et qu'elle sera bien insuffisante dans le « monde réel » de la lutte de tous contre tousxxiv.

Le second est que compère L.A., par là même avance ses pions en tentant de montrer tout ce que l'ingénierie génétique pourrait apporter à l'économie française, se chiffrant comme à l'ordinaire en points de croissance et donc en créations d'emploi. Hypothétiques. En tous cas en perspectives radieuses pour les intérêts de ce secteur prometteur.

L'invocation du ministre Blanquer, de son proche collaborateur Dehaene et de la vision macronienne du monde souligne d'ailleurs la nature éminemment politique de la prétendue avancée scientifique :

.. C'est-à-dire accentuer la stratégie du ministre Blanquer, développer la recherche en pédagogie et donner des moyens aux grands spécialistes de la cognition : Stanislas Dehaene, François Taddei, Franck Ramus...

Et bien entendu l'approche « pédagogique » suggérée est majoritairement centrée sur cette vision selon laquelle, comme le déclare volontiers S. Dehaene, l'imagerie cérébrale va ouvrir les portes à la compréhension de l'acte de lire. Loin de cette équipe l'idée de s'appuyer sur les travaux pédagogiques d'approche globale et humaine : il s'agit plutôt d'un « retour à l'ancien monde (!), avec la glorification du modèle purement transmissif. Et elle ignore superbement l'ensemble des travaux de fond, de longue haleine, nourris de savoirs, de savoir-faire et d'expériences multiples. Là encore, « La Science » aurait tranché de manière indiscutable et désigné les procédures « efficaces ». Il n'est pour s'en rendre compte que de lire certaines réactions approfondies aux projets du ministrexxv.

 

Tout ce galimatias n'a finalement pour but que de déguiser sous les aspects d'une « science dure » à la mode, capable de présenter des chiffres et des images numériques, une démarche idéologique non explicitée.

Or cette démarche conduit tout naturellement à faire surgir un eugénisme -bien entendu positif- et à un transhumanisme justifié par la concurrence déloyale et le péril du « gène jaune » augmentéxxvi...

Il y a là, répétons-le, le fond commun de tous les racismes, les esclavagismes, les misérabilismes et de toutes les formes de mépris social : la volonté de renvoyer les dominés à leur place en affirmant qu'ils sont « nés comme ça ». On l'a trouvé à toute époque et sous tous climats, et la convocation des « neurosciences » (extrapolées, tronquées, manipulées, parfois même trahies) n'est que le nouvel alibi justificatif, paré des plumes de l'imagerie cérébrale.
Laurent Alexandre, toutefois, manque singulièrement d'audace dans la voie qu'il s'est tracée, et hésite à exposer toutes les conséquences prévisibles de son approche de l'inné et de l'acquis : s'il se lâchait vraiment, il nous révélerait sans aucun doute la base génétique des inégalités qui perdurent entre hommes et femmes. Mais nous proposerait bien vite une ingénierie susceptible d'upgrader le second chromosome X des malheureuses femmes.

On sait évidemment l'idée de « l'amélioration de la race » vieille comme le monde, elle n'a pas attendu L.A., ni le « traitement de textes génétique » ; et depuis le II° Reich jusqu'aux inventeurs du transistor, nombreux sont ceux qui ont parié sur cette voie... Sans grand succès et avec moult dégâts.

Un chemin beaucoup plus direct vers l'amélioration de la race que celui prêché par L.A. (encore que pas accessible à tous) fut en effet imaginé dans les années 80 du XX° par une Banque des spermes d'exception créée par R.K. Grahamxxvii. C'était aux US bien entendu, la Chine n'étant alors pas encore le point de mire des eugénistes. L'un des plus célèbres des généreux et altruistes donateurs fut William Shockley, glorieux inventeur de l'effet transistor et prix Nobel de physique 1956xxviii.
Mais il semble bien, hélas, qu'aucun des rejetons des spermatozoïdes hyper-performants n'ait inventé la Moulinette-à-faire-la-vinaigrette ni même le Repasse-limaces, et l'on ignore si le « pack » fourni par la Banque Graham comprenait à la fois le gêne des semi-conducteurs et celui des traces de paranoïa...

La seule nouveauté de cette tribune est donc bien sa conclusion en forme d'humanisme en trompe l’œil : certes les nuls sont nuls de naissance et aucune éducation n'y pourra rien, mais la macronie dans sa grande générosité (à moins qu'il s'agisse de pragmatisme) va les aider en faisant appel à L.A. et ses collègues. Elle va « réparer » ces mal dotés de l'ADN, et du même coup de ciseau génétique assurer les « avantages concurrentiels » de la France face à l'Asie.

L'émouvant slogan : « Se battre et dynamiter le déterminisme génétique ! » claque comme une bannière progressiste, et propulse même L.A. et toute la techno-sphère macronienne dans l'univers sulfureux de l'insoumission, de la révolte, de la lutte finale contre les injustices de la nature...

Le procès, ici, est clair et a deux aspects complémentaires. Affirmer la grande générosité visionnaire des nouvelles équipes gouvernementales, prêtes à faire la courte échelle aux sous-doués pour qu'ils viennent faire concurrence aux élites. Conforter la volonté de Macron de transformer la France en start-up nation, en privilégiant les visées réductionnistes et scientistes de Blanquerxxix et des équipes de numéricologues et de leur amis entrepreneurs. Lesquels n'attendent que les investissements massifs (publics ?) qui vont leur permettre de créer les « boîtes » de demainxxx. Et tout cela sans laisser place une seconde à la réflexion sur le monde dans lequel ils prétendent ainsi nous entraîner.

Il n'est au reste pas surprenant que tout ce que la macronie compte de Laurent Alexandre et autres hérauts de la croissance innovante s'empare avec gourmandise de travaux tels que ceux de l'équipe de R. Plomin. Quitte à ne lire que la surface des résultats scientifiques, à se hâter de détourner les travaux pour les citer à l'appui de leur vision orientée du monde.

Et c'est dans ce droit fil qu'apparaît l'argument massue : la dénonciation hypocrite de la licence qui régnerait en Chine vis-à-vis de l'IA et du transhumanisme : « Aucune norme éthique ne semble freiner les transhumanistes chinois ».
Et c'est pour mieux conclure : « La Chine disposera d'un avantage considérable dans la société de l'intelligence », suggérant que les « lois de la concurrence » nous obligeraient aussi à accepter à contrecœur l'eugénisme du XXI° siècle à visage (trans)humain.

 

Gérard COLLET

iD'une société belge de séquençage ADN selon sa biographie Wikipédia.

iiSciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express... En un mot : oui. Voir : http://www.acrimed.org/Sciences-peut-on-publier-n-importe-quoi-dans-L

iiiMais il est vrai que le format « Tribune » de l'Express ne permet pas de faire dans la dentelle.

ivOn sait en effet très bien qu'Oral-B élimine 100% de plaque dentaire en plus, que par certaine crème anti ride « l'ovale du visage est redéfini pour 82 % des femmes » tandis que 96% des femmes constatent plus de fermeté...

vEn effet, « Nos différences de capacités de lecture sont issues à 64 % de cet héritage, tandis que la famille, l'école et nos efforts individuels n'y sont que pour un tiers. » Or il est clair que 2 x 33 % est supérieur à 64 %.

viTabou indiscutablement lié à la domination culturelle des idées crypto-marxistes, diffusées sournoisement par les chaînes de télévision et les organes de presse écrite.

viiiStatistiquement s'entend, car il y demeure heureusement quelques grands esprits échappant à la malédiction.

ixA titre d'exemple, cet extrait de L'Autre Amérique, Arte, 29/5/2018. : « Ce portrait le Justin Trudeau présente en beau gosse bien né, fils de Pierre Elliott Trudeau [...]. Outre ce lignage, qu’en est-il des convictions de Justin, de sa vision pour le Canada [...] . »

xCette théorie a été popularisée par Mme Smith-Woolley, une élève du professeur Robert Plomin, personnalité controversée qui a longtemps soutenu l’idée que l’intelligence est très fortement héréditaire. Elle compare la génétique à “l’éléphant dans le couloir” [en référence à l’expression anglaise “the elephant in the room”, qui évoque un problème évident que personne ne veut ou ne peut voir et ne veut discuter, ndt] et pense qu’elle devrait être enseignée aux futurs professeurs. Toby Young, libertarien provocateur et activiste en matière d’éducation, apparaît comme co-auteur de cet article. M. Young s’est récemment attiré l’opprobre pour avoir écrit que la génétique étant le facteur dominant de la réussite scolaire, les écoles ne faisaient que peu de différence. (https://www.lenouveleconomiste.fr/financial-times/reussite-la-spirale-du-succes-63020/)

xiDont le sens reste propriété de M. Alexandre. En tous cas, il n'aura pas la place de les définir.

xiiiVoir note précédente.

xviEn tous cas par les entrepreneurs de l'époque, ancêtres spirituels de L.A.. A ce sujet, on lira avec intérêt Cochinchine de Léon Werth.

xviiL'état recule en Seine Saint-Denis, rendu public en mai 2018.

xviiiVoir note 11.

xixAlbert Jacquard dans « L'Héritage de la liberté » expliquait de manière lumineuse l'articulation des deux genèses.

xxRapprocher des instrumentalisations de Darwin (Contresens_Darwin) Voir aussi https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2017/09/09/lecobusiness-de-darwin-leur-evolution-et-la-notre/ : l'entreprise Darwin à Bordeaux !)

xxiTout problème humain quel qu'il soit peut être résolu par « la science ».

xxiiVoir à ce sujet Karl Popper ou la connaissance sans certitude, ChapitreXVII Échec au réductionnisme, Page 109.

xxiiiVoir à ce sujet l'article d'ACRIMED : « Sciences : peut-on publier n’importe quoi dans L’Express ? »

xxivSelon Acrimed, il s'agit là d' « un article pseudo-scientifique cachant mal ses objectifs politiques : défendre une certaine vision de l’éducation, en l’occurrence celle du gouvernement actuel ». Voir note 1.

xxvDans ce contexte, la création du conseil scientifique, présidé par Stanislas Dehaene et où neurobiologistes et psychologues cognitivistes sont dominants, est une forme de coup de force qui, de plus, désorganise le paysage français de l’évaluation où les acteurs sont déjà nombreux. (Fondation Copernic – Axel Trani (coord.) : Blanquer : un libéralisme autoritaire contre l’éducation, Éditions Syllepse.

xxviiLe narcissique homme d’affaires pense que son action va permettre de maintenir « un certain niveau d’intelligence » dans une société américaine en crise. Graham avait 38 ans d'avance sur L.A..

xxviiiSelon sa biographie Wikipédia : A partir de là, les tendances dominatrices et paranoïaques de Shockley commencèrent à s'exacerber. Et il s'évertua à éclipser les deux autres co-inventeurs du célèbre effet.

xxixM. Blanquer ne limite évidemment pas sa vision à cette facette. Cependant il est clair que le ministre veut une place primordiale pour les neurosciences et affirme volontiers que sur plusieurs débats pédagogiques « la science a tranché ». Confortant ainsi l'approche réductionniste.

xxxM. Alexandre, pour sa part, ne pourra pas participer pleinement à ces investissements massifs en France, puisque sa biographie le décrit comme résident fiscal belge. (Wikipédia cite à ce sujet « L'Obs). Mais il pourrait bien en profiter.


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59 réactions à cet article    


  • raymond 11 juin 17:27

    @l’auteur, il y a de la matière dans votre article qui fait réfléchir , merci à vous.


    • gogoRat gogoRat 12 juin 12:08

      magnifique formulation qui résume tout :

      « il demeurera la « démonstration » de la nature génétique des différences d’intelligence, justifiant bien entendu les différences de statut humain »

      ( quoi de plus ’raciste’ , en effet que de vouloir justifier par ses gênes, l’inverse de l’égalité en dignité - et non point égalitarisme-mêmeté - revendiqué par notre devise nationale ! )

       Rappelons aussi une évidence que des gens qui se veulent ’intelligents’ ne sauraient ignorer et que des gens honnêtes ne sauraient vouloir occulter :
        le QI (Quotient Intellectuel) n’est, ou n’aurait du rester, qu’une tentative médicale pour évaluer des manques, des lésions ou des handicaps (de même qu’il est nécessaire, par exemple de détecter des défauts de la vue ou de l’audition) ; en aucun, ce QI ne saurait avoir la prétention de décréter des ’plus’, des ’supériorité’ de quelqu’ordre que ce soit !  Les plus extaordinaires agilités intellectuelles, les meilleurs génies, n’ont pas non plus vocation à repeupler l’humanité, ni même l’excuse d’une prétention stupide à vouloir la guider vers on ne sait quel absolu !
       Imaginons : tous des Mozart ? tous des Von Neumann ? - tous prêts, pour un sauvetage de l’humanité calculé par une Intelligence supérieure , à faire razer Kyoto sans scrupule ? ... )
       

    • Yanleroc Yanleroc 13 juin 05:00

      @gogoRat,


      Le vol du cerveau d’ Einstein et son découpage en tranches montre bien qd-même l’ intérêt qu’ on a, de tout temps, porté au siège supposé de l’ intelligence, mesuré par le supposé meilleur marqueur. Plus de gliales sur une certaine zone (celle de l’ intelligence ?) mais l’ éducation et le milieu ont-ils joués, dans quelle proportion dans ce cas précis ?

      ..ni même l’excuse d’une prétention stupide à vouloir la guider vers on ne sait quel absolu !
      C’ est un fondamental ! 
      Sinon, n’ importe quel mec trop intelligent pourrait nous mettre en esclavage, non ?
       ça ne nous changerait qu’ à moitié pourtant !

      Et si c’ était Jésus ? (....)

    • Yanleroc Yanleroc 13 juin 05:40

      « Acrimed décrit L. Alexandre comme militant politique sous couvert de vulgarisation scientifique au détriment de l’honnêteté intellectuelle de le rigueur scientifique. »


      «  quoi de plus ’raciste’ , en effet que de vouloir justifier par ses gênes, l’inverse de l’égalité en dignité ... » 
      On est en plein dedans, je confirme, mais il serait temps de mettre à jour la déclaration de l’ ONU sur les droits de l’ homme et du citoyen de 48, art. 1, et y ajouter :« mais il y en aura qui seront plus égaux que d’ autres » comme le disait qui ont sait, peut-être que l’ inverse alors sera appliqué !

      De toute façon, une intelligence supposée très supérieure, je ne parle pas de Qi ordinaires de 150 -courant ici- devrait selon ma logique, être supérieure aussi sur le plan spirituel, sinon elle ne peut qu’ être limitée !!
      Et qui dit spirituel, dit bien intentionné. 

      « Comprendre l’intelligence dépend du fait de trouver le ou les lieux de l’intelligence dans le cerveau humain, estime M. Sternberg. 
      Ce qu’ils veulent démontrer, ajoute-t-il, est du même acabit »qu’avoir la prétention de dire que nous comprenons l’intelligence d’un ordinateur à partir du moment où nous avons localisé son intelligence artificielle dans une puce de silicone logée dans l’ordinateur« . 
      En effet, souligne-il enfin, l’intelligence est un phénomène complexe et certaines personnes qui ont de mauvais résultats aux tests pour la mesurer, atteignent de hautes responsabilités. » !!

    • Alren Alren 13 juin 13:40
      @raymond

      L’auteur n’a pas utilisé un argument décisif : il y a des individus qui réussissent mieux que les autres aux tests de QI qui n’ont pas une vie professionnelle brillante.

      Si un des traits de l’intelligence est la capacité d’adaptation, pourquoi des chercheurs du CNRS préfèrent-ils abandonner les laboratoires pour aller élever des chèvres dans la montagne ariégeoise ?

      Si un enfant brillant intellectuellement naît dans un milieu défavorisé socialement et intellectuellement, il ne pourra faire les études qui permettront à son gros QI de se manifester professionnellement.



    • Gustave 16 juin 19:21

      @Alren
      C’est vrai, L’argument complémentaire est souvent mentionné aussi : Certains individus ont une vie sociale brillante en dépit d’un QI modeste..

      Mais l’auteur n’a pas cité ces arguments car il n’écrivait pas un article sur le QI...
      Merci d’avoir complété.


    • Pere Plexe Pere Plexe 11 juin 17:50

      « On sait aujourd’hui que l’ADN détermine plus de 50 % de notre intelligence. L’école et la culture familiale ne pèsent pas beaucoup face au poids décisif de la génétique. »


      Rien que cette phrase discrédite totalement son auteur.
      L’intelligence n’est pas un concept fermé, parfaitement défini et mesurable.
      Selon les cultures mais aussi selon le sens donné à ce mot les résultats peuvent être pour le même individu ou le même groupe largement différents.
      L’affirmation pourrait laisser croire qu’un enfant complètement désocialisé aurait tout de même plus de 50% de ses capacités...A t on jamais vu un enfant qui seulement nourri aurait spontanément appris à marcher à parler à lire à raisonner ?
      Pourtant c’est clairement se que l’auteur affirme .


      • pemile pemile 11 juin 18:16

        @Pere Plexe

        J’ai lu votre commentaire avant de lire l’article, il y a ambiguité sur votre emploi du terme « l’auteur », il s’agit bien de l’auteur de l’extrait que vous donnez, Laurent Alexandre, et pas de l’auteur de l’article.


      • pemile pemile 11 juin 18:19

        @l’auteur

        PS : Merci pour cette analyse


      • mmbbb 11 juin 20:16

        @Pere Plexe Vous avez raison il y eut une experience simple avec deux lots de jeunes rats Un des lots ; environnement nu l autre environnements avec jeux tourniquets ect Ils furent tuer et leur cortex analyse Les rats ayant pu experimenter leur environnement avait un cortex avec beaucoup plus de circonvolutions . Quant a l homme statistiquement les enfants qui réussissent le mieux sont les gamins dont la famille a une bonne assise intellectuelle Laurent Alexandre le dit par ailleurs, ce professeur s intéressant à l IA , les gamins du peuple devraient avoir d excellents professeurs Si Morzart etait né dans une famille groseille je doute qu il soit devenu ce grand musicien L intelligence c est certes 50 % d ADN mais aussi 50 d environnement L inné et l acquis , débat qui fit rage dans les années 70 apres la decouverte de l ADN . Ce que Lamarck avait deja formule sous la theorie de l epigénétique


      • Alren Alren 17 juin 16:36
        @mmbbb

        Bien sûr ! Le cerveau améliore ses performances avec un entraînement bien conçu tout comme les muscles.

        Certaines personnes ont « l’oreille musicale » : elles savent rejouer un air qu’elles ont entendu.
        Mais pour savoir le nom et la hauteur de la note jouée, il faut avoir appris le solfège dès le CP.

      • L'enfoiré L’enfoiré 11 juin 18:05
        Il faudrait donner le lien de ce que dit Laurent Alexandre

        Ce n’est pas vraiment de transhumanisme dont il parle mais d’obligation d’avoir une intelligence qui pourra concurrencer celle des robots.
        L’homme augmenté n’est qu’une résultante naturelle.
        Et qui sait corrigera un déficit intellectuel par la génétique ou des extensions de mémoires sous forme de plaquettes.
        Nous avons déjà des puces électroniques dans les bras, le cerveau n’est pas loin.

        • L'enfoiré L’enfoiré 11 juin 18:07
          C’est du Japon qui avec le shintoïsme, que cela viendra la plus rapidement.
          Il n’y a pas une crainte envers le robot dans ce pays.

        • L'enfoiré L’enfoiré 11 juin 18:12

          Luc De Brabandere avec « homo informatix » est aussi habilité à comprendre le paradigme du numérique. 


        • hunter hunter 11 juin 18:42

          @L’enfoiré


          Non, je n’ai pas de puce électronique dans le bras en ce qui me concerne.
          Mes chiens en ont, c’est obligatoire pour qu’ils soient vaccinés depuis quelques années.

          En faisant un raisonnement par l’absurde, je peux dire :

          Les chiens et chats ont des puces RFID d’identification.
          Un être vivant implanté avec une puce d’identification, peut être un chien ou un chat.
          Un intervenant ici clame avoir été implanté d’une RFID
          Donc cet intervenant peut être soit un chien soit un chat !

          Putain un chien ou un chat parlant, et écrivant des conneries sur Avox.....dois-je appeler le guiness Book ?

          Si vous êtes vraiment implanté, je rajouterai que vous ne méritez même pas le sttaut de chien ou de chat, mais celui de sous-homme soumis.

          Mais bon chacun fait ce qu’il veut, et la connerie n’est pas encore traitable, même par transhumanisme !

          Adishatz

          H/

        • #Shawford #Shawford 11 juin 18:45

          @hunter

          Et la chasse à Cour ?


        • L'enfoiré L’enfoiré 11 juin 18:47
          @hunter,

           Le Guiness book, il faudra l’appeler un peu plus tard.
           Cela va assez vite comme ça.
           Les conneries n’existent pas encore, mais elles sont latentes.
           Votre chien est reconnu avec une puce.
           Géolocalisé, vous l’êtes dès que vous intervenez sur Internet.
           C’est l’enfance de l’art.... smiley

        • L'enfoiré L’enfoiré 11 juin 18:48
          @#Shawford,

           Elle court, elle court la maladie d’amour....
           Une belle chanson....non ?

        • #Shawford #Shawford 11 juin 18:56

          @L’enfoiré.

          De 7 à 77 ans !

          Fais la moyenne, le compte est bon, non ? smiley

          Te reste à revenir en papillon de nuit, je risque d’etre bcp bcp moins coton si tu t’adresses de nouveau à moi dans cette configuration -la meilleure partie de moi même, œuf corse ! You copy ? smiley ? ❣ ?

          smiley ?


        • gogoRat gogoRat 12 juin 13:52

          @#Shawford
           quelle chasse accourt ici ? ou a cours ici ? celle de quelle cour ? auprès de qui ?
           Evocation d’une invitation à la Cour des Loges ? ou à Cour Dorée ? ...
           Sommes-nous censés imaginer, de la part d’un chasseur (’hunter’) , une chasse à courre ?

            Me voilà à court d’imagination pour deviner la connivence recherchée ici 


        • #Shawford #Shawford 12 juin 13:56

          @gogoRat

          Accoure et accroche à ce que je coure, prends des encours dans toutes les cours de l’agora, et rdv sur le court le jour venu !

          Quoiqu’il arrive ne sois jamais à cours d’idées.

          @+



        • vesjem vesjem 11 juin 22:17

          selon une analyse par le micro temps (infiniment petit) qui précède immédiatement l’action ou la pensée, ni le libre-arbitre ni la conscience n’ont de sens


          • Blé 12 juin 06:28

            Comment l’Humanité a t-elle pu survivre avant la naissance d’un Laurent Alexandre ?

            Il est bien connu que les améliorations durant des siècles en ce qui concerne l’agriculture, les élevages, etc..., sont le fruits d’imbéciles et d’incultes ignorant l’existence de l’ A D N.

            Tous ces scientifiques et philosophes nés avant Laurent Alexandre sont des nains en intelligence comparés aux petits génies d’aujourd’hui qui sortent de H E C - de l’ E N A - de Polytechnique - et des grandes écoles de commerces privées qui sont forts chers donc inaccessibles aux enfants de milieux modestes.


            • gogoRat gogoRat 12 juin 12:42

              @Blé
               association d’idées hors-t-a propos, peut-être, mais qui sait ? (déterminisme, si tu nous tiens ...) cela me fais penser à cette citation : 


               «  je dois prendre garde à ne pas écraser les autres comme Pantagruel au milieu des nains de jardin »   cf : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/discours-au-lycee-la-providence-de-197472

            • gogoRat gogoRat 12 juin 13:55

               ... fait penser ...


            • Trelawney Trelawney 12 juin 07:59

              Dans le domaine de l’intelligence, on a tous sa petite idée, pas grande, car il faut être intelligent pour cela et 99,99% des humains, moi y compris ne le sont pas. A partir de maintenant je mets des « à intelligence, car pour un humaine ça n’est rien d’autre qu’un outil pour nous mouvoir dans cette univers restraintqu’est la terre

              Je ne pense pas que la génétique y soit pour beaucoup dans »l’intelligence humaine« mais on en revient encore à la préformation en opposition avec l’épigenèse (théorie du 19ème qui n’a plus court aujourd’hui).
              Pour ajouter de l’eau au moulin de l’auteur je recommande la lecture de »Peuple d’en bas" de Jack London. Ou comment des individus vivant dans un air sain des campagnes et nourrit au produit naturel voyaient les descendance s’atrophier intellectuellement dès qu’ils quittaient cette campagne pour habiter dans les grandes villes polluées, se nourrir de produits contaminer et s’abrutir à des travaux peu qualifiés. La génétique n’y est pour rien et l’injustice sociale y est pour beaucoup

              • zygzornifle zygzornifle 12 juin 08:52

                Pauvres politiques , ils n’ont pas eus de chance avec leur ADN .....


                • Âne-Solo Âne-Solo 12 juin 08:56

                  @zygzornifle

                  Et le pauv’ Cantat, y va jamais plus remonter sur scène.

                  « Il » était prévenu pourtant !


                • Bonjour à tous. Hier, j’ai regardé une émission sur ARTE très intéressante sur l’histoire de la peste (référence à Camus). Comme, l’émission le démontrait, la peste est bien transmise par les rats, mais et c’est l’aspect le plus intéressant : la puce du rat. Ma conclusion est simple : LA PUCE ELECTRONIQUE CONSTI-TUE BIEN LA PESTE DU 21 EME SIECLE. Autant savoir.


                  • Âne-Solo Âne-Solo 12 juin 09:23
                    @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                    C’est un point de vue que BB-8 se chargera de vous faire obliquer.


                  • kalachnikov kalachnikov 12 juin 09:26

                    @ Âne-Solo

                    On peut rêver mais dans son défonçage de portes et son gribouillage de truismes, la Mélu va peut-être finir par découvrir qu’elle est branchée sur canal BHL.


                  • @kalachnikov

                    et oui, les juifs résistaient à la peste,....Premiers pogromes. STRASS BOURG.

                  • Âne-Solo Âne-Solo 12 juin 09:33
                    @kalachnikov

                    Hum, un.e bon.ne de drone de combat à reprogrammer et à mettre dans les pattes du Premier ordre !? ☼ ^^

                  • covadonga*722 covadonga*722 12 juin 19:20

                    @kalachnikov
                    c’est marrant homoncule  bâclé , chaque fois que l’on parle d’eugénisme j’ai une pensée pour les ersatz d’humain comme toi ......


                  • Dans l’émission qui se voulait scientifique, ils descendent l’astrologie. Sauf que la peste est dite NOIRE. Et qu’actuellement la majorité des planètes importantes se trouvent dans le signe de SATURNE-LA-NOIRE (KAABA) : le capricorne. Simple synchro,....https://www.nouvelordremondial.cc/2011/10/22/le-cube-noir-de-saturne-et-la-meteorite-noire/


                    • VinceBLockwood 13 juin 00:06

                      Bonjour, article quelque peu intéressant quoique banal et typique de la vulgate commune sur le sujet. J’aurais deux questions : 1) Qu’est-ce qui autorise l’auteur de l’article à donner son avis sur ce sujet ? 2) Selon lui, les qualités physiques comme l’endurance ou la vitesse ou encore la taille des personnes, sont-elles plus ou moins dépendantes que l’intelligence du déterminisme génétique ? Merci.


                      • gogoRat gogoRat 13 juin 02:27

                        @VinceBLockwood

                         Bien que n’étant pas l’auteur de cet article, et n’ayant surtout pas la prétention stupide de vouloir répondre à sa place, je me sens autant autorisé à cette réaction que vous l’avez été à lui poser ici vos questions, et qu’il l’a été à témoigner publiquement de ses opinions ou interrogations.
                         Je témoigne ainsi du fait que le simple fait que nous sommes plusieurs à avoir pris la peine de ’réagir’ ici justifie son effort gratuit et civique de communication.
                          Devrions-nous attendre d’être autorisés à participer à ce forum ? par qui ? par des journalistes omniscients ? par des élus prétendant nous ’incarner’ ?! 

                         Concernant votre 2e question, je me sens aussi concerné par le fait qu’elle semble bien ignorer la remarque que j’avais essayé de transmettre ici concernant le QI !
                          L’intelligence est-elle une ’qualité physique’ ? Est-il pertinent de penser pouvoir mesurer une ’intelligence’ comme on sait le faire pour une endurance, une vitesse ou une taille ?
                         Et puis, à mon humble avis, le terme ’déterminisme génétique’ est aussi sujet à caution ...
                         Alors oui, en ce sens, je suis curieux de la réponse de l’auteur !

                      • Gustave 13 juin 15:24

                        @VinceBLockwood

                        Au sujet de votre introduction : il semble ne pas y avoir UNE « vulgate commune » (passons sur le pléonasme) mais au moins DEUX : la mienne et celle du tribuniste dont je commente les idées.

                        Au sujet de la question 1 : sauf erreur, il s’agit ici d’un forum, ce qui autorise tout un chacun à exprimer une opinion, les responsables de la modération jugeant si elle vaut la peine ou non d’être publiée. Je remercie au passage la modération d’avoir accepté mon article.
                        A partir de là, il me semble que chaque lecteur adulte peut se faire sa propre idée de la valeur des arguments avancés et des et références évoquées.
                        A moins que pour analyser les idées proposées vous n’ayez besoin d’une carte de visite mentionnant titres de noblesse et distinctions académiques ?

                        Au sujet de la question 2 : comme le souligne justement @gogorat, les comparaisons que vous suggérez sont de toute évidence inadéquates. Il est clair que la « taille » se résume à un nombre, et qu’il est indiscutablement suffisant de mentionner ce nombre. Un homme de 1 m 80 a une taille supérieure à un homme de 1 m 70, point. Idem pour la vitesse.

                        Alors que jusqu’à plus ample information, aucun nombre ne permet de comparer l’intelligence d’Einstein à celle de Bruce Springsteen, de Mozart, de Zuckerberg ou encore de Cyril Hanouna.

                        Reste à accepter ou à refuser la croyance selon laquelle le QI résumerait tous ces aspects.
                        Je le refuse.


                      • VinceBLockwood 13 juin 19:31

                        @Gustave Merci de votre réponse. Pour la question 1) elle renvoit pour moi au fait que vous mélangez visiblement dans votre article deux analyses différentes, une analyse morale (il ne FAUT pas parler de l’intelligence comme déterminée génétiquement) et une analyse scientifique (il est faux que l’intelligence est déterminée principalement génétiquement). Cette superposition de deux dimensions bien différentes m’amène à me poser la question classique : d’où parlez-vous ? En tant que moraliste ? En tant que scientifique ? Et donc à quels titres ? Avez-vous une expertise reconnue dans un de ces domaines ou dans les deux ? Êtes-vous bien conscient du mélange des genres que vous pratiquez ?

                        Pour le point 2) Vous manquez encore une fois de rigueur dans vos affirmations, mélangeant allègrement plusieurs problèmes. Il n’est nullement nécessaire en effet d’affirmer que le QI résume TOUS les aspects de l’intelligence pour y voir possiblement au moins UNE dimension de l’intelligence. Si celui-ci ne se réduit par exemple qu’aux capacités logico-verbales d’un individu sans prendre en compte la créativité ou l’humour ou l’ingéniosité, etc, il n’en demeure pas moins un chiffre, comme l’est la taille d’un individu, taille d’un individu qui ne résume nullement tout l’aspect physique d’une personne. Taille qui peut elle aussi varier dans le temps, dépendre de critères environnementaux, etc. Pourquoi dans ce cas refuser à ce chiffre, le QI, délimitant un aspect étroit mais peut-être réel de l’intelligence, une dimension génétique importante, de la même manière que vous semblez l’admettre quoi que sans grande précision à ce sujet concernant la taille d’un individu ? Par cette discussion je me permets d’attirer l’attention sur la dimension de toute évidence fortement idéologique de votre réflexion, au moins autant que l’est la réflexion de Laurent Alexandre dont il vous semble si aisé de vous gausser...

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