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Accueil du site > Tribune Libre > L’histoire récente du trotskysme

L’histoire récente du trotskysme

Je reproduis ici l’intervention de Mercedes Petit, dirigeante de l’UIT-QI lors d’un rassemblement au Brésil du 2 au 6 août 2021 sur le thème « Trotsky en permanence ». Elle a introduit la discussion lors d’une table ronde consacrée à « l’histoire du trotskysme » le 5 août 2021.

Les modérateurs étaient José Castilho de Marques Neto (historien), Serge Goulart (Esquerda Marxista/PSOL) et Marcio Lauria Monteiro.

Je vous en propose ma traduction libre et approximative mais conforme, sur le fond, à l’original que vous trouverez ici :

https://uit-ci.org/index.php/2021/08/20/intervencion-mercedes-petit-en-el-evento-online-sobre-trotsky-en-permanencia/

Jean Dugenêt, le 15 juillet 2022.

 

Intervention de Mercedes Petit

"Bonne nuit Au nom de l'UIT-CI (Unité internationale des travailleurs-Quatrième Internationale), de la Gauche socialiste d'Argentine à laquelle j'appartiens, parti frère de la CST, membre du PSOL du Brésil, et du mien, je vous remercie pour la possibilité de participer à cet événement sur « Trotsky en permanence ».

Trotsky était un immense leader que nous connaissons tous ici. C'est pourquoi je ne vais faire qu’un bref rappel, à propos de l’histoire du trotskysme, des évènements des années 20 et 30 du siècle dernier. À partir de 1920-21, Lénine et Trotsky ont commencé à combattre la bureaucratie naissante de l'État ouvrier révolutionnaire et les politiques réactionnaires que Staline et ses partisans au sein du Parti communiste de la jeune Union soviétique ont tenté d'appliquer.

En 1923-24, Trotsky, désormais sans Lénine, mène la bataille contre Staline. Il a défendu la continuité de la révolution d'Octobre 1917, de la Troisième Internationale, du marxisme et du léninisme contre la politique réactionnaire du socialisme dans un seul pays et de la coexistence avec l'impérialisme dominant dans le monde. Il combattait ainsi pour la démocratie ouvrière, l'indépendance de classe et la construction de partis révolutionnaires contre l'appareil bureaucratique.

Trotsky a perdu cette bataille. Mais il ne l'abandonna jamais et en 1938 il fonda la Quatrième Internationale. Staline le persécuta à partir des années 1920, jusqu'à ce qu'en 1940 il réussisse à l'assassiner au Mexique.

C’était un coup fatal pour la Quatrième Internationale. Dans la période de l’après-guerre, la IVème internationale a été réorganisée sous la direction de Michel Pablo et Ernest Mandel. Mais ils sont rapidement tombés dans des politiques de capitulation qui ont ouvert la voie à plus de 70 ans de division, de dispersion et de marginalisation pour le mouvement trotskyste. Cette direction abandonnait le programme et la politique révolutionnaires de la Quatrième Internationale fondée par Trotsky. Un révisionnisme opportuniste est né face aux directions majoritaires du mouvement ouvrier. Ils ont capitulé devant les partis communistes staliniens qui étaient sortis grandement renforcés de la défaite du nazisme. Ils ont aussi capitulé devant les mouvements nationalistes bourgeois. Pablo et Mandel ont abandonné non seulement la lutte pour l'indépendance de classe et contre la bureaucratie, mais aussi la construction de partis révolutionnaires trotskystes. La direction de la Quatrième Internationale a eu, par exemple, pour politique d'entrer au Parti Communiste Français pendant 25 ans avec la fausse perspective que la troisième guerre mondiale arrivait et que les partis communistes joueraient un rôle révolutionnaire.

Dans ce contexte de la fin des années 1940 et du début des années 1950, ce qui allait devenir notre courant a commencé à prendre forme. Nahuel Moreno l'a dirigé depuis l'Argentine jusqu'à sa mort en 1987. Déjà dans les années 1940, le révisionnisme opportuniste s'exprimait dans le trotskysme argentin contre le péronisme. Le groupe qui a suivi à la lettre la politique de Pablo et Mandel a soutenu le gouvernement bourgeois nationaliste du général Perón. Dans le même temps, Nahuel Moreno et une poignée de jeunes trotskystes comme lui ont fait les premiers pas pour construire des organisations dans la classe ouvrière majoritairement péroniste mais en défendant un programme révolutionnaire, l'indépendance de classe et, par conséquent, sans apporter de soutien au gouvernement bourgeois péroniste.

La victoire de la révolution ouvrière en Bolivie en avril 1952 s’est heurtée à la maladie du révisionnisme opportuniste de Pablo et Mandel qui a touché la Quatrième Internationale. L'insurrection ouvrière donna lieu à la formation de la COB (Central Obrera Boliviana), de milices armées et d'un vigoureux double pouvoir avec un pouvoir ouvrier et paysan opposé à celui de la bourgeoisie. Un gouvernement nationaliste bourgeois dirigé par Paz Estenssoro a été formé, soutenu par Juan Lechin, principal leader de la COB, qui a assumé la vice-présidence. C’est alors que la trahison colossale de Pablo et Mandel a brisé la révolution. Le trotskysme bolivien, le POR, était très fort depuis les années 1940 et en 1952 il co-dirigeait la COB. Le POR a appliqué la politique criminelle de Pablo et Mandel en soutenant le nouveau gouvernement bourgeois.

Nahuel Moreno, d'Argentine, a totalement rejeté cette capitulation devant le gouvernement et a mis en avant la politique selon laquelle la centrale ouvrière, la COB, devait prendre le pouvoir. Nous savons tous ce qui s'est passé en Bolivie et la grande opportunité que le trotskysme a ratée. Cette trahison et d'autres événements ont donné lieu à la division de la Quatrième Internationale. Malheureusement, d’autres opportunités de croissance du trotskysme ont été perdues dans différents pays, comme la France et l'Angleterre, où le trotskysme avait un certain poids. Et à Ceylan, où le parti Lanka Sama Samaja était très fort mais a fini, lui aussi, par soutenir un gouvernement bourgeois dans les années soixante. Le trotskysme a depuis pratiquement disparu à Ceylan alors que c’était sans doute le plus gros bastion des trotskystes lors du deuxième congrès mondial de 1948. Pablo lui-même a abandonné le trotskysme, pour devenir conseiller du gouvernement de Ben Bella en Algérie après la victoire de la lutte contre l'impérialisme français.

En 1963, il y eut une importante réunification des forces trotskystes lorsque le SWP (Socialist Workers Party américain) a rejoint le SI (Secrétariat International) pour former le SU (Secrétariat Unifié). Moreno et notre courant sont entrés un an plus tard, en 1964, dans ce SU en gardant un point de vue critique. Pourquoi ? Nous nous sommes joints à eux parce que nous considérions comme un fait positif que le trotskysme se regroupe autour du soutien à la révolution cubaine. Mais nous étions critiques car, en même temps, il y avait un aspect négatif, dangereux. Moreno a mis en garde contre la capitulation devant l'opportunisme et le castrisme qui pouvait être associés à cette réunification. Certains groupes trotskystes importants ne sont pas entrés dans ce Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale. Principalement les français (Pierre Lambert) et les anglais (Gerry Healy). Ils ont dénoncé le révisionnisme, mais à partir d'une approche également erronée, sectaire, en rejetant le caractère socialiste de Cuba, malgré le fait que la révolution était déjà avancée vers la rupture avec la bourgeoisie et l'impérialisme et vers les expropriations. Malheureusement, le risque signalé par Moreno et devenu la réalité. Cela aggrava la crise et la division du mouvement trotskyste. Je vais donner deux exemples.

  1. A la fin des années 1960, Mandel et le secrétariat unifié ont donné à l'Amérique latine une orientation complètement erronée consistant à soutenir le putchisme de la guérilla, ce que nous appelons la "déviation de la guérilla", c’est-à-dire l’adoption de la politique de Castro. Cela a abouti à un recul important et à la perte de cadres trotskystes. Moreno rejeta cette politique, restant fidèle à la construction des partis trotskystes en Argentine, avec le PRT (La Verdad) et plus tard le PST, bien liés au mouvement ouvrier et à ses méthodes de lutte,
  2. En 1979, au Nicaragua, dans la lutte contre Somoza, qui dirigeait le sandinisme, Moreno a promu la formation d'une brigade pour participer à la lutte armée, mais de manière indépendante : la Brigade Simón Bolívar. Ils ont combattu sur le front sud et ont pris la ville de Bluefields sur l'Atlantique, sans apporter de soutien politique au sandinisme. En juillet 1979, Somoza tombe et le gouvernement dirigé par Daniel Ortega, l'actuel dictateur, et Violenta Chamorro est formé. Mandel a soutenu ce gouvernement bourgeois et a soutenu l'appel de Fidel Castro à ne pas faire d’expropriations au Nicaragua, à ne pas faire du Nicaragua un nouveau Cuba. En d'autres termes, ne pas avancer vers le socialisme. En août, peu de temps après, le gouvernement Ortega a réprimé la Brigade Simón Bolívar, l'a expulsée et l'a remise à la police panaméenne. Compte tenu de cela, Mandel et le Secrétariat Unifié, ont brisé les principes les plus élémentaires de la classe ouvrière et des révolutionnaires, soutenant la répression des trotskystes de la brigade, par le gouvernement bourgeois sandiniste. Moreno et notre courant, face à une telle capitulation, se sont retirés définitivement du Secrétariat Unifié pour continuer à promouvoir la construction de partis trotskystes internationalistes dans différents pays. Depuis lors, nous avons appelé à la reconstruction de la Quatrième Internationale sur des bases de principe de classe, en ne soutenant pas les gouvernements bourgeois et en ne capitulant pas devant des directions non révolutionnaires, même si elles ont mené des révolutions réussies.

Trois exemples de l’histoire récente du trotskysme

L'étude des faits et la discussion sont indispensables pour élaborer des politiques révolutionnaires correctes. En cela, la discussion sur l’évolution des organisations se réclamant du trotskysme depuis la fin de la guerre est nécessaire. Elle se poursuit au XXIe siècle. Je vais donner trois exemples.

  1. Le gouvernement de Lula au Brésil. Au Brésil, d'importants secteurs du mandélisme ont apporté leur soutien politique au gouvernement bourgeois de Lula et au PT lorsqu'il a emporté les élections en 2002. L'un de ses dirigeants, Miguel Rossetto, est devenu ministre du Développement agraire. Nous, les « morenistes », étions aussi à l'intérieur du PT depuis de nombreuses années, mais en nous construisant avec une politique différente de celle de sa direction : une politique révolutionnaire d'indépendance de classe. Quelques mois après avoir accédé au gouvernement Lula, notre camarade Babá, qui était alors député fédéral du PT et dirigeant du CST, avec Heloisa Helena et Luciana Genro, a appelé à affronter Lula et à lutter contre sa réforme de la sécurité sociale. Ils ont été expulsés du PT, et c'est ainsi que le PSOL a émergé au Brésil.
  2. La chavisme au Vénézuela. Au Venezuela, le chavisme a émergé, ce qui a ouvert une grande confusion à gauche. Chávez avait l'habitude de dire qu'il construisait le « socialisme du XXIe siècle » en cédant le pétrole et les mines aux multinationales, dans un capitalisme de coentreprises. C'était un gouvernement bourgeois de conciliation de classe, du double discours, qui a conduit à la famine actuelle et au désastre répressif de Maduro.

Différents groupes trotskystes, parmi lesquels les partisans de Mandel, ont soutenu le gouvernement bourgeois dirigé par Chávez et son faux discours de « socialisme du XXIe siècle ». Pendant ce temps, le « morenisme » de l'UIT-QI construisait un parti trotskyste au Venezuela, le PSL. Il était dirigé par des dirigeants syndicaux tels qu'Orlando Chirino et José Bodas. Sans tomber dans le sectarisme devant les ouvriers chavistes, il a défendu l'indépendance de classe et soutenu les luttes ouvrières. À tel point que trois de nos collègues dirigeants syndicaux et politiciens ont été assassinés en 2008 par des tueurs à gages du chavisme. Aujourd'hui le PSL continue de dénoncer le faux socialisme de Maduro : un socialisme de coentreprises et d'ajustements (politique d’austérité). 

  1. La liquidation du trotskysme en France. En France, la direction mandéliste a commencé par prôner l’entrée des trotskystes dans le PCF. Puis, à partir d’une scission dans le PCF, elle a créé la LCR qui était la fierté du courant de Mandel. Puis elle a abandonné toute référence au programme révolutionnaire traditionnel et l'a remplacé par un programme totalement diffus effaçant explicitement de ses objectifs la dictature du prolétariat, c'est-à-dire le gouvernement ouvrier et populaire. Elle a abandonné l’idée même de la construction d’un parti trotskyste pour lancer le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), une organisation large (un magma de tendances diverses aux contours flous) qui va de crise en crise…

Nous avons voulu présenter quelques aspects de notre vision de l'histoire du mouvement trotskyste et les débats actuels. Avec la CST/PSOL du Brésil, dans la Gauche Socialiste en Argentine et aussi dans d'autres pays, nous continuons à construire le courant moreniste, avec l'UIT-QI. Par exemple, en Argentine, nous avons réussi à former un Front de gauche, le FITU fondé il y a 10 ans par la Gauche socialiste avec d'autres partis se réclamant du trotskysme tels que le PTS et le Partido Obrero. Le FITU propose un programme révolutionnaire avec des principes de consensus et de rotation des sièges, avec lesquels nous avons obtenu des députés nationaux et provinciaux, et des « vereadores ». Ensemble, nous promouvons une unité dans le syndicat, pour mener les luttes et nous opposer à la bureaucratie, l'Assemblée Syndicale Combative Plénière.

Nous croyons que l'héritage de Trotsky, et les enseignements positifs et négatifs de l'histoire du mouvement trotskyste, que certains d'entre nous ont esquissés, nous donnent la voie à suivre. C'est pourquoi nous appelons à unir les révolutionnaires, en premier lieu les trotskystes, avec un programme d'indépendance de classe, sans aucun soutien aux gouvernements bourgeois, sans soutenir les directions réformistes et bureaucratiques ? Nous voulons construire des partis révolutionnaires dans chaque pays, dans la perspective de la reconstruction de la Quatrième Internationale et pour la victoire des gouvernements ouvriers et populaires et d'un vrai socialisme dans le monde entier.

Merci beaucoup.

 

 

Réponse aux questions et conclusion

Des intervenants ont demandé si Nahuel Moreno avait connu Mario Pedrosa, fondateur du trotskysme au Brésil qui a participé en France en 1938 à la réunion de proclamation de la Quatrième Internationale, sous le pseudonyme de Lebrun. Je ne crois pas. Moreno a participé au congrès mondial de 1948 et a présenté des textes avec d'autres dirigeants, par exemple avec l'Anglais Bill Hunter, mais je n'ai jamais entendu dire qu'il avait fait quelque chose en commun avec Pedrosa, s'il avait également assisté à ce congrès.

Pour certaines choses qui sont apparues dans le « chat », comme des "questions" ou des citations présumées, un participant a appelé à ne pas faire de « dessins animés » (de caricatures). Ne tombons pas dans les falsifications, surtout lors dans un débat comme celui-ci, qui a été si respectueux et sérieux, et avec le peu de temps dont nous disposons. Cette caricature de la politique de Moreno faites en lançant des citations hors contexte dans le « chat », aboutit à des contrefaçons qui, au lieu d'exprimer et de défendre des positions en argumentant honnêtement, ne peuvent que masquer la vérité.

Je vous dis seulement que nous sommes le seul courant du trotskysme qui a la tranquillité d'esprit de dire que nous nous sommes construits en luttant contre la capitulation des autres trotskystes devant la bourgeoisie. A ces participants qui calomnient dans le chat, je dis : revoyez la vidéo avec mon intervention : Bolivie de 52, Nicaragua de 79. Les « trotskystes » soutiennent les gouvernements bourgeois, au lieu de développer la révolution ouvrière et socialiste. Moins « faiseurs de scène » que nous ? S'il vous plait ! Ils parlent de « Moreno stageista », alors qu'il était le seul à avoir dit que la COB devait prendre le pouvoir, le seul à avoir formé une brigade pour participer à la lutte pour expulser Somoza. Les sandinistes ont chassé les brigadistes-trotskystes parce qu'ils voulaient continuer à développer la révolution. Est-ce du "stagenisme" ?

Et au 21e siècle, je reviens au gouvernement Chavez, de nombreux groupes trotskystes ont soutenu le faux socialisme du XXIe siècle, de Chávez, devenu Maduro. Oui, camarades, telle est notre trajectoire : l'indépendance de classe, la lutte acharnée contre la capitulation devant la bourgeoisie et la conciliation de classe, qui a détruit le trotskysme.

En ce qui concerne l'union des révolutionnaires, à la fin de mon discours, je vous ai dit que nous appelons les révolutionnaires, en premier lieu les trotskystes, à s'unir avec un programme d'indépendance de classe, à ne pas soutenir les gouvernements bourgeois, ne pas soutenir les gouvernements réformistes et bureaucratiques. Nous appelons à construire des partis révolutionnaires dans chaque pays, dans la perspective de la reconstruction de la Quatrième Internationale et pour la victoire des gouvernements ouvriers et populaires et d'un véritable socialisme dans le monde entier.

Bien qu'il s'agisse d'une expérience beaucoup plus partielle, je mentionne encore une fois ce que nous réalisons avec la FITU depuis dix ans en Argentine. La FITU, avec ses limites, est une unité de révolutionnaires trotskystes, qui se construit en appelant à la lutte pour le gouvernement ouvrier et populaire et le socialisme, l'indépendance de classe, la lutte contre le gouvernement, qu'il soit péroniste ou une autre variante patronale, tous les gouvernements bourgeois, ainsi que des slogans plus immédiats pour les travailleurs, tels que ne pas payer la dette, augmenter les salaires, lutter contre l'inflation, avoir maintenant des vaccins. Nous considérons donc qu'il s'agit d'une étape très positive.

Enfin, je voulais faire référence à la question très importante de Cuba, qui a été mentionnée par les autres panélistes et posée dans le chat. Nous sommes solidaires du peuple cubain qui est descendu dans la rue à La Havane et dans d'autres villes, rejetant l'inégalité dans laquelle il vit. Nous pensons que des protestations légitimes ont lieu et c'est pourquoi nous appelons à la solidarité internationale avec elles. Bien sûr, comme toujours, nous continuons à répudier l'embargo yankee, les manœuvres et l'utilisation de la protestation par la droite cubaine à Miami. Mais nous rejetons la répression du gouvernement du Parti communiste de Cuba. C'est pourquoi nous demandons : liberté totale pour Frank García et les autres combattants détenus ! Assez de la répression des manifestations populaires.

Parce que nous rejetons également la politique du gouvernement cubain de restauration du capitalisme avec des coentreprises avec des entreprises multinationales du tourisme, des mines et du tabac. Ce sont les multinationales capitalistes impérialistes d'Espagne, du Canada, du Royaume-Uni, entre autres. Même avec des multinationales du Brésil. Nous ne pouvons accepter que les travailleurs à Cuba aient des salaires de misère de 10 ou 20 dollars.

Nous refusons qu'à Çuba il y ait des magasins pour les riches, pour ceux qui ont des dollars, et là, s'il n'y a pas de pénurie, il n'y a pas de problèmes. Ce sont des magasins pour les militaires, les responsables gouvernementaux, tandis que les marchés pour les pauvres, qui constituent la grande majorité du peuple cubain, sont toujours en rupture de stock. Et, lorsque les produits sont disponibles, beaucoup ne peuvent pas les acheter car leur peu d'argent s'épuise dans les premiers jours du mois. Pour la première fois depuis de nombreuses années, le peuple cubain est descendu dans la rue contre la faim, contre la misère et revendique également le droit de manifester. A Cuba, il est interdit de faire grève, il est interdit de manifester. Je répète donc que nous soutenons ces mobilisations du peuple cubain et, en même temps, nous nous battons pour que Cuba revienne sur la voie du Che et du socialisme avec la démocratie.

Très brièvement, à propos du Nicaragua, on pourrait dire que le dictateur Daniel Ortega deviendrait l'expression centraméricaine du dictateur vénézuélien Maduro. Ces gouvernements capitalistes au double langage, qui se déguisent en gauchistes pour réprimer et affamer leurs propres peuples de manière de plus en plus féroce. Ni l'un ni l'autre n'est progressiste, gauchiste ou socialiste. C'est pourquoi nous avons soutenu et justifié la mobilisation contre Maduro du peuple vénézuélien en 2017, c'est pourquoi nous avons construit un parti révolutionnaire trotskyste au Venezuela, le PSL. C'est pourquoi nous n'avons jamais soutenu Chávez, bien que recherchant le dialogue et essayant de lutter avec les travailleurs chavistes, comme je vous l'ai déjà dit.

Et pour cette raison, tout comme nous sommes solidaires avec le peuple cubain qui est descendu dans la rue en raison de sa situation de misère, nous sommes solidaires avec le peuple nicaraguayen qui revendique contre la dictature d'Ortega et de sa femme.

Eh bien, cela aurait été bien de continuer à développer d'autres questions, mais le temps est écoulé. J'apprécie beaucoup la participation à cet événement « Trotsky en permanence », l'échange fraternel avec José et Serge, l'excellente coordination de Marcio. Merci beaucoup.

Quelques textes de Nahuel Moreno

Voir, sur www.nahuelmoreno.org, entre autres.

1953 – Rupture avec le pablisme.

1964 – Deux méthodes contre la révolution latino-américaine. Controverse avec Che Guevara.

1973 – Argentine et Bolivie, un équilibre.

1973 – Le Parti et la Révolution. Controverse avec Ernest Mandel.

1975 – Révolution et contre-révolution au Portugal.

1980 – Mise à jour du programme de transition.

1986 – Notre expérience du lambertisme (co-auteur avec Mercedes Petit).

Voir aussi sur YouTube le documentaire « Nahuel Moreno : Une vie, des luttes infinies ».

 


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26 réactions à cet article    


  • jacques 15 juillet 17:57

    pfffffff !


    • amiaplacidus amiaplacidus 15 juillet 18:04

      « Trotsky était un immense leader  »

      Je n’ai pas trop envie de lire la suite. Parce que pour moi, il n’existe pas de leader, le pouvoir doit appartenir au peuple, rien qu’au peuple.


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 15 juillet 23:34

        @amiaplacidus
        Rien ne vous oblige à lire mon article.
        C’est cependant dommage que ce soit le mot leader qui vous effraie. Vous semblez y associer l’idée de pouvoir. Libre à vous de le comprendre ainsi. Pour ma part, je crois que ce sont ceux qui font confiance à un homme qui lui donnent (à tort ou à raison) un statut de leader et ce n’est nullement le fait qu’il cherche à s’accaparer un pouvoir.
        Je suis d’accord avec l’idée que le pouvoir doit appartenir au peuple. Il fait comment le peuple pour prendre le pouvoir ? C’est justement la question que se posait Trotsky et il avait en plus l’audace d’apporter des réponses plutôt que d’espérer des miracles.


      • Clark Kent Séraphin Lampion 15 juillet 18:45

        « Si le mensonge était un explosif, il ne serait resté de notre planète que des poussières bien longtemps avant le traité de Versailles. » - Léon Trotsky – « Ma vie »

        « Le fond politique de la discussion est tellement couvert d’ordures que je n’envie pas l’historien qui plus tard voudra creuser jusque la racine des choses. » - Léon Trotsky – « Ma vie » (De la nouvelle politique économique)


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 15 juillet 23:37

          @Séraphin Lampion
          Merci.
          Ce sont de belles citations de Trotsky. On n’en trouve d’autres ici.


        • jefresi 16 juillet 00:05

          Quel tissu de contradictions. La première et la plus essentielle, la question de la 4ᵉ Internationale et de son programme concernant l’orientation de ses dirigeants vers la révolution prolétarienne s’appuyant sur la classe ouvrière. Le testament de Trotski est pourtant clair : sans parti révolutionnaire, sans direction révolutionnaire, pas de révolution prolétarienne possible. Or le programme de transition était celui de la 4ᵉ Internationale. Depuis cette époque, le moins qu’il est possible de dire est que cette internationale a failli à sa tâche, au moins pour la partie relative au combat contre la bureaucratie stalinienne (encore que...) et les organisations issues des trois premières internationales, dont les partis dits socialistes ou communistes. La chute de l’URSS et sa reconfiguration dans le capitalisme pourrissant, comme de la Chine au début des années 90, ont rendu caduque une grande partie de ce programme, sauf pour ce qui concerne les intérêts fondamentaux du prolétariat à briser les chaînes de son exploitation, de son esclavage salarié.

          Déjà au cours des années 1980, l’observation des différents courants se réclamant de cette 4ᵉ Internationale dans les différents pays où des courants se réclamaient de cette étiquette n’avaient que peu ou quasiment rien comme influence dans la classe. En dehors des gardiens du musée trotskyste, aux cheveux blanchis, plus rien ne permet de défendre cette internationale dorénavant morte. D’autant plus, que le stalinisme en tant que tel est mort, même s’il subsiste encore quelques épigones en mal d’illusions pour le compte de leur bourgeoisie.

          L’existence du prolétariat et de la classe ouvrière n’a plus comme appui que les reliques de ses conquêtes sociales passées, combattus pieds à pied par une bourgeoisie moribonde et fascisante visant à les détruire définitivement. La 4ᵉ Internationale ne peut plus renaître. Trop de trahisons, de mensonges, de dérivations opportunistes ont disqualifié sa raison d’être une représentante digne de la défense des intérêts de la classe des exploités.

          L’activité révolutionnaire de cette classe sociale n’est pas morte pour cela. La spontanéité de ses révoltes ouvre de nouveaux horizons malgré les grandes difficultés à retrouver le chemin du combat révolutionnaire pour abattre l’exploitation et le servage capitaliste. Le chemin a été tracé, il ne peut être effacé à moins d’une énorme catastrophe. Depuis plus de 150 ans, de nombreuses expériences ont échoué, mais toutes se sont élevées sur les épaules des précédentes sur le chemin de la prise du pouvoir contre les exploiteurs. Reconstruire une internationale faillie est un leurre et n’a aucun sens, sauf pour la classe réactionnaire bourgeoise, nécessaire à la conservation de l’ancien monde du profit capitaliste, définitivement pourri.

          Une nouvelle Internationale est à l’ordre du jour. Elle ne peut voir le jour qu’après un grand ménage dans les scories des précédentes. Ce travail est en cours et les guerres, hélas, en sont le moteur principal.


          • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 16 juillet 08:46

            @jefresi

            Vous nous livrez là un condensé des justifications de l’abandon de la politique révolutionnaire qui fut celle de Marx, de Lénine, de Trotsky. Le raisonnement est finalement simpliste. Puisque ça n’a pas marché, il faut trouver autre chose.
            Ainsi ceux qui ont toujours capitulé en laissant le pouvoir dans les mains de traitres divers qualifiés de révolutionnaires (Tito, Ben Bella, Ho chi Min, Chavez, Castro... ) continue à prôner la capitulation.

            Vous écrivez ainsi : "Depuis plus de 150 ans, de nombreuses expériences ont échoué, mais toutes se sont élevées sur les épaules des précédentes sur le chemin de la prise du pouvoir contre les exploiteurs.« 

            Ce sont toutes ces »belles expérience« qui ont échoué mais la prochaine fois qu’on verra un amateur de socialisme du XXIème siècle ou de »jours meilleurs« on recommencera et ce sera beau mais ça échouera. Le bilan que vous en tirez c’est qu’elles »se sont élevées sur les épaules des précédentes". Vous vous trompez. Elles étaient toutes vouées à l’échec dès le départ. Inutile de chercher des raccourcis avec de nouveaux leaders qui vous livreront un parti révolutionnaire tout fait. Inutile de se mettre à leur remorque

            Le programme de transition reste actuel à quelques détails près (il n’est plus question de révolution politique en Russie). Il n’est pas d’autres solutions que de rester fidèle à la ligne de la lutte de classe... Pas de compromission avec l’ennemi de classe.


          • jefresi 16 juillet 12:28

            @Jean Dugenêt

            La nature nous a enseignée la loi de la dialectique des approximations successives et qu’il fallait ouvrir et suivre un chemin inconnu semé d’embûches, d’impasses et d’erreurs pour arriver à un but. Ce n’est qu’une fois le chemin parcouru qu’il apparaît comme tel, encore fallait-il l’emprunter et ne pas renoncer.

            La 4e Internationale fut une étape dans la conquête du pouvoir par le prolétariat avec la classe ouvrière, suivi des paysans et d’une fraction de la petite bourgeoisie pauvre. Agiter son cadavre pour tenter de faire vivre son ectoplasme constitue un barrage politique réactionnaire à la spontanéité du prolétariat d’en découdre avec ses exploiteurs et rejoint le gauchisme et toutes ses allégories. C’est bien ce qui ressort de la compréhension de l’article et de la remarque.


          • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 16 juillet 14:38

            @jefresi

            La politique réactionnaire consiste à nier la nécessité pour le prolétariat de se donner une direction révolutionnaire dans son combat contre la bourgeoisie afin de mener à leur terme les révolutions qui se déclenche en plusieurs occasions. Jamais la génération spontanée n’a fait de miracle. Ceux qui veulent s’en remettre à la « spontanéité des masses » pour assurer leur émancipation se mettent toujours à la remorque des partis corrompus par l’ennemi de classe. Jamais la bourgeoisie n’acceptera de plein gré d’être dépossédée de ses privilèges. Vous pouvez compter sur la « spontanéité » des nantis pour faire obstacle aux travailleurs dès qu’ils cherchent à prendre leur destin en main.

            La 4ème internationale ne fut pas une étape dans la conquête du pouvoir... Les capitulations successives des dirigeants se réclamant de la 4ème internationale font que son programme n’a jamais été mis en pratique. Ce sont les artisans des défaites et ceux qui les défendent qui expliquent maintenant que la 4ème internationale est morte et qu’il faut passer à autre chose. Cette autre chose est connue. Un jour c’est Ho Chin Minh, puis c’est Castro, ou Chavez, Syrisa ou Podemos et à chaque fois c’est bien évidemment l’échec qu’il faudra indéfiniment renouveler.

            Le programme de la 4ème internationale reste celui de la révolution socialiste.


          • jefresi 16 juillet 23:44

            @Jean Dugenêt

            Il est très surprenant de lire ces propos : "Les capitulations successives des dirigeants se réclamant de la 4ᵉ internationale font que son programme n’a jamais été mis en pratique." Donc y inclus son géniteur Trotski, alors pourquoi a-t-il publié ce programme lors de la création de la 4e Internationale ?

            Toutefois, une partie a été mise en pratique, justement celle concernant la chute du stalinisme et par conséquent du délitement de L’URSS. La disparition du stalinisme et de l’essentiel de sa représentation politique a été réalisée. Certes, il reste encore des déchets qui ont encore des relents fétides. La classe ouvrière Russe, comme la Chinoise à sa façon, se sont battues pour ne pas perdre toutes leurs conquêtes sociales, mais elles ont laissé tombé la bureaucratie stalinienne et maoïste dans les bras du capitalisme par l’absence de parti révolutionnaire dirigeant : la 4e Internationale. Les conséquences, toujours en cours, sont de plus en plus terribles pour le prolétariat.


            Le prolétariat avec ses différentes couches sociales suit son cheminement historique. C’est lui et lui seul, qui, de classe en soi passera le moment venu en classe pour soi ; non plus seulement à la défense immédiate de ses intérêts d’esclaves salariés, mais à l’abolition de cet esclavage par la suppression de la classe exploiteuse ; c’est son combat contre son exploitation qui régénérera, ou recréera, ou non, une internationale révolutionnaire ouvrière expression collective des partis révolutionnaire nationaux capable de prendre le pouvoir politique pour mener à bien cet objectif dans leur pays respectif et d’y appliquer la dictature du prolétariat.

            Nos modestes personnes n’ont que peu d’influence à ce niveau. C’est juste un peu d’agitation pour que d’autres s’intéressent au mouvement de la classe ouvrière et s’associent à la tâche de bâtir leur parti, le parti révolutionnaire mondial.


          • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 juillet 00:31

            @jefresi

            "Il est très surprenant de lire ces propos : "Les capitulations successives des dirigeants se réclamant de la 4ᵉ internationale font que son programme n’a jamais été mis en pratique." Donc y inclus son géniteur Trotski, alors pourquoi a-t-il publié ce programme lors de la création de la 4e Internationale ?"

            Vous êtes un rigolo !!! Même s’il l’avait voulu, ce qui est déjà inimaginable, Trotsky n’aurait pas eu la possibilité de trahir le programme de transition dans les deux années où il a vécu après le conférence de fondation.

            Je ne parle bien évidemment que des trahisons depuis 1951-52 mais il faut vraiment vous mettre les points sur les « i » tant vous avez envie de pinailler plutôt que de discuter.

            "Toutefois, une partie a été mise en pratique, justement celle concernant la chute du stalinisme et par conséquent du délitement de L’URSS. La disparition du stalinisme et de l’essentiel de sa représentation politique a été réalisée.« 

            C’est justement ce qui n’a pas été réalisé. La quasi-disparition du stalinisme ne s’est pas faite selon les modalités prévues par Trotsky. Le néostalinisme que nous connaissons depuis avec les partisans de Poutine n’était pas prévu non plus.

             »Le prolétariat avec ses différentes couches sociales suit son cheminement historique. « 

            Existerait-il un cheminement historique du prolétariat ? Nous sommes face à l’alternative »Socialisme ou Barbarie« et rien ne prouve que l’une de ces deux possibilités se réalisera. Cela fait partie du programme de Transition qui exprime la même idée dans d’autres termes.

             »C’est lui et lui seul, qui, de classe en soi passera le moment venu en classe pour soi« 
            Si vous avez à ce point prévu l’avenir vous n’avez en effet nullement besoin d’une quatrième internationale.

             »c’est son combat contre son exploitation qui régénérera, ou recréera, ou non, une internationale révolutionnaire ouvrière« 
            Puisque le prolétariat regénérera de lui même une internationale révolutionnaire, il est en effet inutile d’essayer de la construire.

             »C’est juste un peu d’agitation pour que d’autres s’intéressent au mouvement de la classe ouvrière et s’associent à la tâche de bâtir leur parti, le parti révolutionnaire mondial."

            Attendons que d’autres s’intéressent... et s’associent... Ceux d’avant s’appelaient Ho Chi Minh, Castro, Chavez... On verra ce que seront les prochains. Il suffit d’attendre... Vous comptez aboutir à quoi avec cette politique ? C’est exactement ce que j’appelle une politique de capitulation.


          • jefresi 17 juillet 17:38

            @Jean Dugenêt

            Les quolibets, les renversements de sens et les injures sont l’exact reflet d’une petite bourgeoisie aux abois qui, depuis plus de 70 ans, sous les impulsions d’un Mandel, Pablo, Franck, Cannon, Healy, Krivine, Lambert et consorts, cherchent tous à se substituer à l’action du prolétariat notamment au travers du syndicalisme de métier, pour d’éviter la faim du chômage. En voulant "bien faire", ils entravent la volonté du mouvement ouvrier par d’indénombrables impostures, subterfuges, trahisons criminelles. Les Ho Chi Minh, Castro, Chavez cités, ne se sont pas réclamé de la 4e Internationale, encore moins de Trotsky. S’ils évoquaient le mot « révolution » ce n’était que pour satisfaire les intérêts capitalistes qu’ils défendaient. Par exemple, demander au révolutionnaire Castro pourquoi la base américaine de Guantánamo est toujours « louée » pour une somme dérisoire si ce n’est contre une bonne couverture politique et militaire ? Ce serait l’une des nombreuses questions à poser. Pourtant, la réponse matérielle, claire et sans ambiguïté est à la Havane. Par contre, les mêmes sont allés peu ou prou demander de l’aide aux staliniens bon teint et quand les compromissions leur semblaient trop importantes, passait plus simplement la main aux Etats-Unis ou autres impérialistes  : Chili, Argentine, Uruguay, Paraguay, Bolivie, Équateur... encore ?

            Pour en revenir au centre des intérêts présenté dans l’articulet de la miss Mercedes Petit qui paraît partager les mérites "des élites révolutionnaires" d’Amérique du Sud ou Centrale, notamment de Moreno. Le morénisme, guevarisme, et autres variantes, le tout sous couvert de « révolution » voire de « trotskysme » avec leurs méthodes de guérillas armées en Amérique du Sud ou centrale, n’ont apporté que misères, pauvretés, destructions et surtout le fascisme, la barbarie et aucun parti de classe. Noam Chomsky, qui n’a rien à voir avec le « trotskisme » a apporté de belles analyses documentées sur tous ces épisodes et au-delà. Mais, chut !

            La dame raconte avec emphase : "Oui, camarades, telle est notre trajectoire : l’indépendance de classe, la lutte acharnée contre la capitulation devant la bourgeoisie et la conciliation de classe, qui a détruit le trotskysme.

            En ce qui concerne l’union des révolutionnaires, à la fin de mon discours, je vous ai dit que nous appelons les révolutionnaires, en premier lieu les trotskystes, à s’unir avec un programme d’indépendance de classe, à ne pas soutenir les gouvernements bourgeois, ne pas soutenir les gouvernements réformistes et bureaucratiques."

            Ben voyons ! L’épouvantail trotskyste dans le vent ! Le trotskysme (de métier) est détruit, donc la 4e Internationale aussi, c’est sûr et certain. Mais, mais, mais elle appelle les trotskystes à s’unir avec un programme (hi, hi, hi, lequel ?), ect… Qui va faire un tri dans les multiples variantes trotskystes plus ou moins subventionnées par les Etats, la CIA, Soros et autres amis des trotskystes ? Sans compter les « révolutionnaires » de marketing sur les étagères colorées desquels viennent faire leurs emplettes les états et oligarques intéressés de par le monde. Est-ce toujours pour faire « vivre » à leurs frais les trotskystes et bien sûr les indispensables « révolutionnaires » de toutes étiquettes ? Ah ! L’indépendance ? Serait-ce la dépendance par rapport au prolétariat ? Ou… quelque chose comme ça ?

            De même pour la caractérisation du régime bourgeois Russe actuel, le qualifier de néo-stalinisme paraît parfaitement aberrant et surtout erroné. Le retour du capitalisme en Russie, comme en Chine, a détruit une grande partie des conquêtes révolutionnaires de 1917 ou 1948, mériterait plutôt une qualification de bourgeoisies nationales compradores, voleuse, accapareuse, profiteuse- et ce n’est pas du mépris - qui rêvent de bénéficier d’une reconnaissance de « souveraineté » dans une « multipolarité » conflictuelle au sein de la concurrence impérialiste mondiale et guerrière. Un rien contradictoire.

            Si ces quelques réflexions peuvent paraître dilatoires, capitulardes, fatalistes, elles ne sont que les reflets du désarroi de la classe sociale à laquelle j’appartiens. La construction d’un parti révolutionnaire est indispensable et son cheminement est complexe et sera tortueux tout comme le fut le parti bolchevique son temps.

            Alors, bonne chance ?


          • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 juillet 19:16

            @jefresi

            J’ai l’impression que nous régressons au fur et à mesure que se déroule la discussion. Je ne comprends pas ce que vous voulez dire quand vous écrivez :

            "Les quolibets, les renversements de sens et les injures sont l’exact reflet d’une petite bourgeoisie aux abois qui, depuis plus de 70 ans, sous les impulsions d’un Mandel, Pablo, Franck, Cannon, Healy, Krivine, Lambert et consorts, cherchent tous à se substituer à l’action du prolétariat notamment au travers du syndicalisme de métier, pour d’éviter la faim du chômage.« 

            Avez-vous des exemples de ces »Les quolibets, renversements de sens et injures" ? Je ne sais pas de quoi vous parlez. Je ne vois pas davantage en quoi quelques leaders de divers courants cherchent à se substituer à l’action du prolétariat. Quelques individus peuvent-ils jouer le rôle d’une classe sociale ?

            J’avoue que je ne comprends rien. Je ne vois pas en quoi ils "entravent la volonté du mouvement ouvrier par d’indénombrables impostures, subterfuges, trahisons criminelles."

            Je ne sais pas ce qu’est la « volonté du mouvement ouvrier ».

            Je m’excuse mais je ne peux guère aller plus loin.


          • SilentArrow 16 juillet 02:33

            Où l’on apprend qu’il y a trotskistes et trotskistes et qu’il ne faut pas confondre.


            • SilentArrow 16 juillet 03:08

              On peut critiquer la révolution bolivienne de 1952, mais c’est un exemple de vraie révolution : l’outil de production a changé de main, les paysans sont devenus propriétaires de la terre qu’ils cultivaient jusque là pour le compte des grands propriétaires terriens.

              Que Victor Paz Estenssoro ait mis de l’eau dans son vin par la suite n’y a rien changé : les paysans ont gardé leur terre jusqu’à ce jour.

              Dans le monde politique réel, tout ne fonctionne pas toujours comme dans les manuels du révolutionnaire. Il y a parfois des mariages contre nature. Que diriez-vous de son neveu Jaime Paz Zamora dirigeant du MIR qui devient président en 1989 en s’alliant avec l’ex dictateur d’extrême droite Hugo Banzer Suárez ?


              • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 16 juillet 08:31

                @SilentArrow
                "On peut critiquer la révolution bolivienne de 1952, mais c’est un exemple de vraie révolution : l’outil de production a changé de main, les paysans sont devenus propriétaires de la terre qu’ils cultivaient jusque là pour le compte des grands propriétaires terriens."

                Il y eut, en effet, en Bolivie la plus grande, la plus parfaite, la plus classique révolution ouvrière de notre époque.

                Mais, cette révolution a été trahie par une politique visant à redonner le pouvoir (qui était dans les mains des ouvriers et de paysans) à la bourgeoisie représentée par le gouvernement du MNR de Victor Paz Estenssoro. Celui-ci n’a nullement mis de l’eau dans son vin. Il a fait son travail de réactionnaire au service des nantis. Il a désarmé les travailleurs pour créer une nouvelle armée au service du capital.

                La COB a eu, en fait, pendant un temps le pouvoir entre ses mains. Au lieu de se prononcer pour « tout le pouvoir à la COB » ceux qui étaient pressés de voir un retour à « l’ordre normal, habituel : celui de la bourgeoisie », ont décidé de soutenir Victor Paz Estenssoro.

                Voici un bref rappel du début de la Révolution.

                En 51, il y eut des élections présidentielles et le MNR les gagna, mais il ne put pas accéder au gouvernement, car face à cette victoire les militaires firent un coup d’Etat et instaurèrent un régime dictatorial, extrêmement répressif. Le 9 avril 1952, la police et un secteur de l’armée, en accord avec la direction du MNR tentèrent un contrecoup d’Etat, mais ils échouèrent et leur chef militaire se réfugia dans une ambassade. La police, se voyant vaincue par les militaires, remit des armes aux travailleurs des usines et au peuple de La Paz, pour qu’ils résistent à la contre-offensive militaire. Pendant ce temps, les mineurs commencèrent à descendre sur La Paz et, après s’être emparés d’un train militaire plein d’armements, ils liquidèrent totalement l’armée bolivienne. A La Paz, par exemple, les travailleurs battirent totalement 7 régiments (la base de l’armée bolivienne) et prirent toutes les armes. Le gouvernement dictatorial tomba et un gouvernement du MNR prit sa place.

                Les milices ouvrières et paysannes étaient les seules forces armées en Bolivie après le 11 avril 1952 et elles étaient dirigées, en majeure partie, par les trotskystes. Ce n’est que le 24 juillet, plus de 3 mois après, que le gouvernement décréta la réorganisation de l’armée.

                Les trotskystes du POR (dirigés par Guillermo Lora), en s’appuyant sur les milices armées ouvrières et paysannes - entre 50 et 100 000 hommes (les milices paysannes à elles seules en avaient 25 000) - et sur les organisations syndicales fondèrent et organisèrent la Centrale Ouvrière Bolivienne (COB), qui regroupa toutes les milices et toutes les organisations ouvrières et paysannes de Bolivie.


              • LOST on Earth Louis 16 juillet 14:36

                Salut Jean Dug smiley

                C’est bien de croire en une idée, toi c’est le trotskysme

                Moi je ne crois plus en rien et encore moins en l’homme !

                En ce moment c’est la lutte non pas pour un monde multipolaire comme essaient de le faire croire les admirateurs de Poutine mais toujours un monde unipolaire mais avec un autre leader que les USA

                Et le nouveau leader mondial sera la CHINE quand elle aura terrassée les USA L’année prochaine

                Quant à la « sainte » (sic) russie elle sera vassalisée par la chine qui récupérera l’oblast D’amour qui lui appartenu autrefois

                La sibérie sous peuplée sera occupée par 400 millions de chinois

                Que pèsent 150 millions de russes face à UN MILLIARD et 400 millions de chinois

                tchin tchin smiley

                PS : les poutiniens à vos moinsses smiley


                • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 16 juillet 14:44

                  @Louis

                  Bonjour Louis,
                  Je ne cherche pas à imposer mon programme politique. Je crois que viennent vers cette voie tous ceux qui avec clairvoyance défendent les plus opprimés sans essayer de trouver des gentils parmi les exploiteurs. C e n’est pas une question de nombre d’habitants dans tel ou tel pays...
                  J’ai de ce point de vue apprécié ton article en modération. Je comprends et regrette qu’il soit rejeté.
                  Bien à toi.
                  jean


                • pacifico 16 juillet 20:14

                  @Jean Dugenêt

                  Que Louis l’emploie...
                  On peut le comprendre
                  Mais trouver le mot « croire » chez un prétendu matérialiste athée....
                   ??????????
                  Doit-on y voir l’explication des errances de la gauche en matière de religion. ?


                • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 juillet 00:09

                  @pacifico
                  Si le verbe « ’croire » vous dérange, remplacez le par le verbe « penser »... Mais il est peut-être aussi interdit de penser à un matérialiste athée...
                  Merci de votre importante contribution à la discussion.


                • pacifico 17 juillet 18:16

                  @Jean Dugenêt
                  Je crois que vous vous défilez en affectant d’ignorer l’importance du refus du concept de croyance pour un matérialiste.

                  Tout n’est

                  -qu’expérience

                  -observations

                  -analyse

                  -conclusion temporaire....

                  -et nouvelle hypothèse


                  .
                  Vous auriez pu choisir de traiter cette question....qui n’est pas des moindres aux plans philosophique et historique.

                • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 juillet 19:20

                  @pacifico
                  Je vous ai répondu. Le verbe « penser » aurait été plus approprié. Je me soucie pas des « plan philosophique et historique ». J’essaie de participer à la construction d’un parti révolutionnaire mondial.



                • Montdragon Montdragon 17 juillet 18:34

                  Et après on s’interroge sur le pourquoi des pogroms...


                  • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 17 juillet 19:52

                    @Montdragon
                    Je ne comprends pas ce que vous voulez dire mais, au cas où selon serait utile, je tiens à signaler que toute trace d’antisémitisme est sanctionnée par une exclusion.


                  • SAVING-Private-ASSANGE 19 juillet 09:05

                    Avec les mélanges de cultures consécutifs à la détérioration du climat et de l’écosystème... il y a bien plus urgent que de ressortir les vieilleries des placards de l’Histoire.

                    En scandinavie comme en France comme à la gare de Koln, on n’arrive pas à insérer des populations de réfugiés.. à quoi bon recommencer à enculer les mouches avec des théories irréalistes.

                    Faut vraiment être dans une tour d’ivoire (ou berger dans la montagne) sans rien à branler. Que les bergers me pardonnent  smiley

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