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Accueil du site > Tribune Libre > L’horizon 2040 pour l’Union Européenne selon Berlin

L’horizon 2040 pour l’Union Européenne selon Berlin

Dans un scenario resté jusqu’ici confidentiel mais diffusé la semaine dernière par le l’hebdomadaire « Der Spiegel », le ministère allemand de la défense anticipe sur le cours de l’histoire et révèle ses hypothèses dont la plus pessimiste peut se résumer ainsi : "en 2040, l'idée d’élargissement de l'UE a été totalement abandonnée, plusieurs états ont quitté la communauté devenue trop conflictuelle et disparate. D’autres états risquent de suivre le mouvement dans un monde où la sécurité est devnue un enjeu décisif."

Le document de 120 pages, intitulé « Panorama Stratégique 2040 », est un dossier politique du gouvernement fédéral allemand. Les scénarios qu'il imagine se veulent pragmatiques et réalistes, dépouillés de toute considération idéaliste : un conflit est-ouest oblige certains états de l'UE à choisir entre la fédération de Russie ou une Europe « multipolaire » ; certains états adoptent le modèle économique et politique russe en violation du traité de Lisbonne.

Le simple fait que ce document existe est déjà un signe révélateur de la tension accrue dans les relations internationales. La tradition militaire allemande d'une planification logistique rigoureuse pour chaque éventualité trouve ses origines dans les années 1850 avec le maréchal Moltke, et cette « tradition » a amené à prendre trois fois des initiatives qui ont marqué le cours de l’histoire sur la planète entière : en 1871 contre la France, en 1914 et 1939 contre le reste de l'Europe. Dans l'ère de l'après-guerre froide, comme le précise Der Spiegel, permettre aux généraux allemands de faire des déclarations sur l'avenir était « trop risqué ». Cette prudence a été abandonnée après la confrontation de la Russie et de l’Ukraine à propos de la Crimée en 2014.

Malgré les gros titres alarmistes qu'il a provoqués dans la presse, le document divulgué est pourtant plutôt optimiste. Dans trois scénarios sur six, les choses vont si bien que l'Europe ressemble à l'ère « Biedermeier « (1815-1848) dont la mémoire collective germanique a fait l’idéal du bonheur des familles et en même temps que le cauchemar du désœuvrement pour les militaires. Les scénarios négatifs, eux, imaginent les dirigeants des États-Unis luttant pour éviter l'isolationnisme et la Chine menant une guerre culturelle contre l'Occident ; ils ont été écrits avant l'arrivée au pouvoir de Trump et avant la révélation de la stratégie de Xi Jinping qui vise à créer une sphère d’influence politique chinoise en Asie.

Malheureusement, les journalistes à qui la divulgation du document a été confiée n’ont pas fourni de détails sur les intentions concrètes du gouvernement allemand concernant l'effondrement et la dislocation éventuelles de l'UE. Pourtant, le déclin du consentement des populations pour le système économique actuel est flagrant, et l’UE commence à se miter : le Brexit, la situation de la Grèce, l'impasse entre les gouvernements polonais, hongrois et la Commission européenne en sont les manifestations visibles.

Alors que la proposition française portée par Macron est d'accélérer l'intégration économique de l'Europe, presque tout le monde en Allemagne va dans l’autre sens : la CDU / CSU d'Angela Merkel ne le souhaite pas car cette intégration implique davantage de transferts fiscaux vers les pays plus pauvres de la périphérie, les sociaux-démocrates parce qu'ils considèrent que cela affaiblirait le système de protections sociales restantes pour les travailleurs, l'AfD d'extrême droite parce que cela signifierait tout simplement plus d'Europe. Le sentiment général de la classe politique allemande est que la limite a été atteinte en matière d’intégration des réfugiés et que la tolérance pour d'autres changements sociaux concernant les retraites et la couverture sociale est au taquet.

Après le Brexit, on aurait pu s’attendre à ce que les autres membres consolident leur projet, en tenant un discours cohérent et positif à leurs électorats de plus en plus critiques. Or, ils ne le font pas. Et ils ne peuvent pas le faire, parce que la seule histoire cohérente fournie par la construction de l’UE, c'est plus de libéralisme (moins d’état) et plus de marché (moins de réglementation), et c'est justement ce que rejettent les populations. Pendant ce temps, la Russie et la Chine occupent le terrain. Une nouvelle partie d’échecs a commencé en Méditerranée orientale en particulier et, si l’UE dispose de pièces maîtresse, elle n’a pas de stratégie.

Ce week-end, l'ancien conseiller de Trump, George Papadopoulos, a effectué un voyage à Athènes, coïncidant avec la visite de Poutine. Il n'y a aucune preuve qu'ils se sont rencontrés, mais cette rencontre personnelle n’était pas nécessaire : l'interlocuteur de Papadopoulos, son homologue dans le gouvernement grec est le ministre de la Défense Panos Kammenos, qui dirige un petit parti nationaliste dans la coalition dirigée par Syriza et c’est l'un des politiciens les plus pro-Kremlin de tout les gouvernements de l'OTAN.

Aujourd’hui, suite à l’ordre donné par l’UE d’une privatisation massive des actifs grecs, l’argent chinois est de plus en plus présent : achat de l’ensemble du port de conteneurs du Pirée et signatures de milliards d'euros d'accords d'investissement avec la Grèce. Costas Douzinas, le député Syriza qui dirige le comité de défense du parlement grec, a déclaré : "Alors que les Européens agissent envers la Grèce comme des sangsues médiévales, les Chinois continuent d'apporter de l'argent".

Si les Allemands préparent des plans d'urgence pour anticiper l'effondrement de l'Europe et l'effondrement de l'« ordre mondial », on peut espérer que quelqu'un se livre au même exercice au ministère de la défense à Paris et ne s’en remette pas à Berlin ou plus vraisemblablement à l’OTAN, ce qui n’est guère enthousiasmant si l’on postule que les États-Unis ne resteront pas forcément un allié fiable, ni même une démocratie stable.

____________________________________________________

Source : Der Spiegel


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38 réactions à cet article    


  • sukhr sukhr 7 novembre 2017 15:36

    On remarquera qu’aucun de leur document ne prend en compte le fait que la Chine Communiste est en train de massivement automatiser sa production. Elle s’apprête à inonder le monde de produits à des prix absolument imbattables par les économies qui craignent le chômage de masse. 


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 7 novembre 2017 20:08

      @sukhr
      Si la France était un pays souverain, (ce que les Mélenchonniens refusent avec la dernière énergie), elle pourrait mettre des taxes aux importations et reconstruire son industrie. Mais c’est interdit, il ne faut pas empêcher la libre circulation des capitaux, des hommes, des marchandises et des services, c’est écrit noir sur blanc dans le TFUE.


      Alors que dans le reste du monde, la règle dominante, c’est le protectionnisme !

      Même Obama a protégé les aciéries US en imposant une taxe de 522 % aux aciers chinois. « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais .... »
      Si c’était Trump, tous nos néo cons seraient accrochés aux lustres...

      Mais, nous, les poires européennes, grâce à notre belle classe politique mondialiste, nous sommes envahis de merdouilles chinoises à obsolescence programmée, qui font 100 fois le tour de la planète dans des cargos porte containers : un must en matière d’écologie et de bilan carbone ... !!

      Les usines ferment, le chômage augmente, et le commerce extérieur est dans les choux.
      Jusqu’ici tout va bien, non ?


      La libre circulation des capitaux fait que la Chine a acheté 150 vignobles classés, plus des terres agricoles en Bretagne. Le Qatar a fait son marché dans le patrimoine immobilier français et les USA et l’ Allemagne dans les fleurons de l’industrie française ...
      Sinon, tout va bien. Restons dans l’ UE.

    • Arthur S Jeussey de Sourcesûre 7 novembre 2017 21:02

      @Fifi Brind_acier

      Le protectionnisme est en effet une pratique habituelle chez les Américains, et ils reprochent à leurs partenaires commerciaux d’y avair recours : 

      La guerre picrocholine de la pistache

    • Dzan 7 novembre 2017 21:04

      @Fifi Brind_acier
      Saint Asselineau Priez pour nous
      Amène tes ouailles avec les miennes !


    • wesson wesson 7 novembre 2017 23:26

      @sukhr
      j’y crois pas. 

      La Chine d’abord a bien trop de déséquilibres internes, à commencer par celui démographique : il leur manque aujourd’hui entre 100 et 150 millions de femmes. Et le phénomène s’aggrave.

      Par contre pour les prix imbattables, ça c’est pas demain que ça va se terminer. Tu trouves toujours une main d’oeuvre moins chère ailleurs. 

      Et même justement les Chinois commencent à être victime de délocalisations.



    • Durand Durand 8 novembre 2017 01:33

      @Dzan


      Tiens !..., il vous ont laissé sortir ?



    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 novembre 2017 19:46

      @Jeussey de Sourcesûre
      Pas seulement les Américains ! Essayez d’aller acheter le patrimoine chinois ...


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 novembre 2017 19:50

      @Dzan
      Saint Asselineau vous informe que la chaîne Youtube de l’ UPR dépasse les 15 millions de vues, et qu’il est allé expliqué aux salariés d’Alstom pourquoi leur entreprise a été vendue à l’encan ...

      « Asselineau chez Hydro Alstom à Grenoble - 7 novembre 2017 »


    • Alren Alren 7 novembre 2017 17:04

      "Si les Allemands préparent des plans d’urgence pour anticiper l’effondrement de l’Europe et l’effondrement de l’« ordre mondial », on peut espérer que quelqu’un se livre au même exercice au ministère de la défense à Paris et ne s’en remette pas à Berlin ou plus vraisemblablement à l’OTAN"

      Personnellement je n’ai aucune illusion : personne parmi les baltringues qui se sont emparés du pouvoir en France n’a une telle intelligence de la longue durée.
      Si mes concitoyens sont assez stupides pour ne pas faire d’ici 2040 la révolution par les urnes. La France sera la 10e puissance mondiale (peut-être moins encore) et la dernière à soutenir l’impérialisme US déliquescent.


      • Arthur S Jeussey de Sourcesûre 7 novembre 2017 17:32

        @Alren

        Pourquoi « par les urnes » ?


        A part le projet d’Allende de « voie pacifique vers le socialisme » après son élection et le sort qui lui a été fait par la CIA via Pinochet, quelle révolution s’est faite par les urnes dans l’histoire ?

        La dérive du PCF a commencé avec l’adoption du Programme Commun en 1972 qui intégrait le renoncement à la prise du pouvoir autrement que par le urnes, justement. La participation de quatre ministres communistes au gouvernement Mauroy de 1981 à 1983 a achevé la mutation de dirigeants du mouvement ouvrier en notables socio-démocrates, et leurs héritiers spirituels ont fini de dilapider les stocks du fond de commerce.

        Rappel : le GPRF, gouvernement provisoire de la France de 1944 à 1946 qui a donné le droit de vote aux femmes et mis en place le système de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales n’a pas été le résultat d’une consultation électorale, mais celui de l’action des résistants qui avaient considéré « illégitime, nul et non avenu » le régime de Vichy et avaient mis en place une structure de remplacement.

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 7 novembre 2017 20:16

        @Jeussey de Sourcesûre
        Ne rêvez pas trop aux lendemains qui chantent.. Malheureusement, la Gauche dans son ensemble, en devenant européiste et mondialiste, s’est déconsidérée, PCF compris .


        Pour faire une révolution, il faut que les mécontents aient confiance dans un projet, dans les Partis de Gauche, ce qui n’est plus le cas. Et dans les syndicats financés par Bruxelles, désertés par les travailleurs.

        Les Grecs ont fait plus de 20 000 manifs, en pure perte, aucun socialisme à l’horizon...


        A mon avis, les seules choses intelligentes à faire serait de sortir de l’ UE, de l’euro & de l’ OTAN avec l’ UPR, et de reconstruire un syndicalisme indépendant. Les syndicats rassemblent bien au delà des Partis politiques, aujourd’hui déconsidérés.

      • Arthur S Jeussey de Sourcesûre 7 novembre 2017 20:59

        @Fifi Brind_acier

        « Pour faire une révolution, il faut que les mécontents aient confiance dans un projet, dans les Partis de Gauche, ce qui n’est plus le cas. Et dans les syndicats financés par Bruxelles, désertés par les travailleurs. »


        Donc, pour vous, l’absence d’alternative à ce système est due à la corruption des dirigeants syndicaux et à la trahison idéologique des dirigeants des partis de gauche ?

        Comment reconstruire un syndicalisme indépendant dans ces conditions et quel sens donner à leur action sans projet politique ? Les revendications catégorielles ne pèsent pas lourd devant une expérience séculaire de clientélisme chez les élus professionnels.

      • JP94 7 novembre 2017 21:50

        @Jeussey de Sourcesûre


        Aujourd’hui 7 Novembre,, Jour de la Révolution d’Octobre, célébré à Moscou en grande pompe !
        Guère ici... mais les Russes que je connais y attachent une importance capitale et aiment qu’on leur souhaite et qu’on le fête avec eux....

        et ici à Bakou en 1922 (pour les 5 ans d’Octobre) Grande célébration musicale incroyable !

        Revenons au commentaire...

        On peut ajouter que déjà, la Révolution d’Octobre ne s’est pas faite par les urnes et que les premiers décrets, de grandes avancées sociales, ont été prises le jour-même et dans les jours qui ont suivi : mesures qui semblaient impossibles aux SR quand ils ont eu le pouvoir.
        Le Vote des femmes et les femmes ministres,en Russie Bolchévik ont existé sitôt la Révolution proclamée.

        Mais a contrario qui a voté les Pleins pouvoirs à Pétain, si ce n’est une chambre élue !!! A part les Communistes radiés et les 80 dont on trouve la liste, il en restait 577 ( dont on trouve moins la liste) qui ont voté pour !!
        L’Union Sacrée, en 14, en France comme en Allemagne est déjà une trahison par des élus.

        Les avancées sociales de 36 ou de 68 sont le fait des grèves et du rapport de forces ...non électoral.

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 novembre 2017 09:30

        @Jeussey de Sourcesûre
        Donc, pour vous, l’absence d’alternative à ce système est due à la corruption des dirigeants syndicaux et à la trahison idéologique des dirigeants des partis de gauche ?

        ... sans oublier les Gaullistes ! Oui, absolument. Les Gaullistes ont abandonné la Nation au profit de la supranationalité européenne, et la Gauche a trahi le peuple avec Mitterrand à partir de 1983.

        Les Gaullistes ont trahi les premiers, dès Pompidou, qui a fait entrer la GB dans l’ Europe et sa loi de 1973 qui favorisait les banques. Les Socialises ont toujours été pro américains et pro européens ; le PCF a tourné casaque avec Mitterrand ; et les syndicats (sauf SUD), sont tous affiliés à la Confédération européenne des syndicats financée par Bruxelles ... 


        PS : Le syndicalisme n’a besoin d’aucun projet politique, ce n’est pas un Parti politique. Il est là pour défendre les intérêts des salariés, quelles que soient leurs opinions politiques. Pour construire un syndicalisme indépendant, il faut couper les liens avec la CES en sortant de l’ UE.
        C’est ce que propose l’ UPR sur le syndicalisme indépendant ( qui était déjà dans le programme du Conseil National de la Résistance) .

      • cyberfurax 9 novembre 2017 09:52

        @Fifi Brind_acier
        « Malheureusement, la Gauche dans son ensemble, en devenant européiste et mondialiste... »
        bonjour,
        vous n’avez peut-être pas entendu parler de « l’internationale socialisme ».
        Celui-ci n’a eut de cesse que de dissoudre les états nation au profit de la dictature du prolétariat, doctrine avec laquelle le parti communiste n’a commencé à prendre de la distance, sans jamais trop s’en éloigner, qu’à partir de l’union de la gauche. Ecoutez le discours de la mère Arthaud. L’europe est au coeur de son programme.


      • Alren Alren 9 novembre 2017 13:31

        @Jeussey de Sourcesûre

        "A part le projet d’Allende de voie pacifique vers le socialisme après son élection et le sort qui lui a été fait par la CIA via Pinochet, quelle révolution s’est faite par les urnes dans l’histoire ?"

        Le Venezuela. Et comme vous le dites le Chili. La France n’est pas le Chili ni le Venezuela.
        Le coup de tonnerre mondial que représenterait une victoire électorale de la France insoumise créerait chez les peuples un courant mondial de sympathie du fait de l’image de notre pays. Cela interdirait des sanctions économiques trop voyantes contre la cinquième puissance mondiale de par des USA et de leurs affidés (sanctions auxquelles ne participeraient ni la Chine ni la Russie et auxquelles nous pourrions répondre par des mesures de rétorsion).

        Pourquoi une révolution par les urnes ? Parce qu’une révolution avec des barricades et des civils armés est irréalisable aujourd’hui et conduirait à l’échec : la droite a toujours gagné dans les affrontements violents depuis l’écrasement de la Commune en 1871.

        La révolution par les urnes en France ? Mais elle a déjà eu lieu en 1936 avec l’avènement du Front populaire qui s’est enlisé rapidement à cause des radicaux opposés totalement à l’intervention en Espagne aux côtés des Républicains par trouille d’un conflit avec l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste alors que les deux, à cette époque-là n’avaient les moyens d’affronter l’armée française et de ravitailler Franco par la Méditerranée à cause de notre flotte de Toulon.
        Le Front Populaire dirigé par un socialiste trop humaniste, Blum s’est auto-dissous.
        Cela ne se produirait pas aujourd’hui.


      • Jelena Jelena 7 novembre 2017 18:22

        En me la jouant madame soleil, je dirai qu’en 2040, l’UE sera Berlin-Ankara-Moscou.... Qui vivra, verra.


        • Arthur S Jeussey de Sourcesûre 7 novembre 2017 19:38

          @Jelena

          Vu depuis sa soucoupe volante par un martien, ça se tient : de l’Atlantique à l’Oural et de la mer de Barenta à la Méditerranée... ça peut même faire rêver un vieux gaulliste ou... un martien.

          Parce que les terriens sont moins intelligent que les martiens et ils ont la rancune tenace. Le rapprochement Erdogan-Poutine est purement tactique. Il arrange deux parties dans une phase de bras de fer précise avec l’OTAN, mais ne correspond à aucun projet à long terme. Erdogan est un frère musulman de première importance et son ambition est de faire revivre sous une autre forme la grandeur de l’empire ottoman. Poutine représente la synthèse (réussie) entre l’empire tsariste et l’URSS sa vision de la Russie est celle d’une métropole à la tête d’un autre empire. Les visions des deux hommes sont soutenues par une bonne partie des peuples de leurs pays respectifs qui s’identifient à deux histoires prestigieuses mais séparées l’une de l’autre.

          La construction de l’UE a été réalisée par et pour des industriels et financiers dont les perspectives étaient commerciales visaient la réalisation de profits conséquents. La dislocation progressiveest dûe à une absence de projet politique, mais également à une absence de prise en compte des aspirations des peuples qui la composent et qui ont leurs propres histoires et leurs mythes, arfois les mêmes, mais souvent différents.

        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 7 novembre 2017 20:38

          @Jeussey de Sourcesûre
          Bonsoir, l’ Allemagne a un problème avec l’euro... D’un côté, l’euro, bien plus faible (au moins de 20%) par rapport au $, que si elle avait gardé le mark, lui permet d’exporter et d’avoir un excédent commercial énorme.


          De l’autre, les Allemands, (et pas seulement les dirigeants), ont une obsession : la valeur du mark. C’est lié à leur histoire, et à l’hyper inflation des années 20, où il fallait une brouette de monnaie pour aller faire ses courses... La BCE avec sa planche à billets, fait baisser la valeur du mark, d’où un conflit maousse entre l’ Allemagne et la BCE !

          L’autre problème, c’est que l’euro est un bricolage. Un beau matin, les Mamamouchis ont décidé que les 19 monnaies nationales s’appelleraient « euro », avec la même valeur.
          En clair, un euro-lire = un euro-franc = un euro- mark = un euro -drachme etc 

          Même quand on ne comprend rien aux questions monétaires, on se doute bien qu’un euro grec ne vaut pas un euro allemand ... Les riches des pays du sud l’ont compris depuis longtemps. Et au lieu de mettre leurs sous dans les banques de leurs pays respectifs, ils les mettent ... dans les banques allemandes.

          Comme ça, si l’euro éclate, ils seront remboursés en marks et pas en monnaie de singe. Sauf que ces milliards d’euros « du club med », ne valent pas tripette.

          Et que cela aussi, fait baisser la valeur du mark, comprenez-vous ?
          D’où les soucis des Allemands vis à vis de l’euro.


        • JP94 7 novembre 2017 22:16

          @Jeussey de Sourcesûre
          La construction de l’UE a été réalisée par et pour des industriels et financiers dont les perspectives étaient commerciales visaient la réalisation de profits conséquent


          Je pense que c’est pire que ça : après tout, on peut faire du commerce et développer son industrie sans écraser les autres et sans casser l’Etat, ni installer une monnaie unique et encore moins institutionnaliser ce supra-Etat ( niant l’Etat-nation, et instaurant un Etat-Empire à la domination invisible).
          Pour moi, le projet de l’UE va bien au-delà : il s’agit d’installer un système capitaliste totalement verrouillé, où le Prolétariat n’aurait aucun droit, où le Patronat les aurait tous, où les Monarchies, comme le IIIème Reich, dureraient 1000 ans ( l’UE ne prévoit aucune sortie de la Monarchie et qu’on ne dise pas à un Français ou à n’importe quel autre citoyen que ça ne change rien ) et nécessairement, ce système devrait être assujetti aux Etats-unis et à son relais l’Allemagne.

          Donc, non seulement se faire du blé, mais pérenniser une structure socio-économique régressive, conservatrice, pour que le Patronat US suzerain et son vassal de l’UE règnent 1000 ans. Le Patronat de l’UE préfère se soumettre à son homologue US et lui verser son écot plutôt que d’être renversé par des « Bolchéviks de l’Ouest » et tout perdre.

          une absence de prise en compte des aspirations des peuples qui la composent 
          Ce n’est pas qu’une absence de prise en compte, mais une lutte des classes féroces pour déposséder les peuples de leur souveraineté ( comme la Révolution française décrétait le peuple Souverain) et droits sociaux. On ne fait pas que ne pas prendre en compte les aspirations des peuples, on les torpille. C’est l’essence-même du ptojet.

        • Arthur S Jeussey de Sourcesûre 7 novembre 2017 23:04

          @JP94

          Alors, il n’y a plus qu’à faire confiance aux Chinois, aux Indiens et aux Africains pour trouver la sortie....

        • Jelena Jelena 8 novembre 2017 10:26

          @Jeussey de Sourcesûre : En partie d’accord avec votre commentaire, mais 2, 3 choses afin de défendre « ma version martienne ». ^^
           
          Erdogan est un ottoman, c’est vrai... Mais si demain Berlin dire Turquie rejoindre UE, tout ottoman qu’il est, Erdogan affichera un sourire jusqu’aux oreilles.
           
          Concernant la Russie, tant que le conflit ukrainien se maintient, il ne peut y avoir un éventuel rapprochement Berlin-Moscou, par contre le jour ou il s’arrêtera... (3 petits points).
           
          L’autre élément qui peut bloquer un rapprochement Berlin-Moscou, c’est Londres, mais il se trouve que les rosbifs vont quitter l’UE (c’est tout au mois, ce qui est prévu).
           
          Quand à une dislocation de l’UE (Fifi va me taper dessus...), je n’y crois pas et ce pour plusieurs raisons, la principale étant que « l’UE est profitable aux 1% ».
           
          Le seul pays qui pourrait faire en sorte que l’UE éclate, c’est la Pologne, mais il se trouve que la relation Varsovie-Moscou est encore plus mauvaise que la relation Varsovie-Bruxelles.



        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 7 novembre 2017 20:49


          « La sortie furtive de l’ euro ». par Vincent Brousseau, 
          ancien économiste français à la BCE, au sujet d’un autre article paru dans la presse allemande, dans Die Welt le 23 octobre.

          C’est un peu technique, mais il faut faire l’effort de comprendre ce que nos médias ne nous expliquent pas sur les dettes Target. C’est à dire sur l’argent que chaque Banque centrale doit aux autres Banques centrales de la zone euro.... 


          " L’article de Die Welt du 23 octobre 2017

          Ce 23 octobre 2017, le journal Die Welt a publié un article qui peut faire date. Sous l’intitulé , « Des économistes mettent en garde contre un risque de mille milliards d’euros pour l’Allemagne » (« Ökonomen warnen vor Billionenrisiko für Deutschland » ) l’article met les pieds dans le plat.

          Die Welt, l’un des tout premiers journaux d’Allemagne, est ordinairement très « bien-pensant ». Deux des économistes qui s’y expriment, Sinn et Gerken, préconisent carrément de dégonfler les dettes Targets par un plan de remboursement suivant un échéancier prédéterminé « par exemple en or », étant entendu qu’on ne peut pas rembourser des dettes Targets avec d’autres dettes Targets.

          L’économiste Sinn, de plus, demande… le nantissement des dettes Targets nouvellement créées : c’est le plan Weidmann qui refait surface. (...)


          • Durand Durand 8 novembre 2017 01:29

            @Fifi Brind_acier


             Avant de parler d’horizon 2040, commençons par l’’horizon 2018 !... 






          • Durand Durand 8 novembre 2017 01:45

            @Fifi Brind_acier


            Ça, j’imagine que vous l’avez lu mais c’est toujours un plaisir de le faire circuler :




          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 novembre 2017 08:54

            @Durand
            Je le lirai à un autre moment, l’article est long.Merci.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 8 novembre 2017 08:55

            @Durand
            Oui, mais c’est un historien qui le dit, pas les dirigeants politiques, hélas !


          • wesson wesson 7 novembre 2017 23:40

            Mouais, bon effectivement les Allemands nous sont rentrés dans le lard en 14 et en 40, mais pour 1870, j’ai plutôt tendance à penser que c’est de notre faute là ...


            Déjà techniquement, c’est nous qui déclarons la guerre à la Prusse, en réalité sur des considérations de politique intérieure. L’impératrice Eugénie aurait en fait susurré à Napoléon III qu’une bonne guerre irait calmer les velléités revendicatrices du peuple de France.

            Sauf que embourbé dans ce conflit à la con, patatras : la commune de Paris qui décide de siffler la fin de la récré. 

            Et c’est là où effectivement, rien n’était plus pressé que de finir la guerre avec la Prusse et à n’importe que prix, pourvu que les Versaillais puissent récupérer ce qu’il faut d’armée pour aller mater cette Commune de Paris.

            Et c’est ce qui se passa, avec en plus l’aide de l’armée Prussienne qui ne se fit pas prier pour venir aider l’oligarchie à écraser le peuple. Au passage on y perdait l’Alsace-Lorraine, mais ce n’était pas cher payé si en retour cela permettait d’écraser ce qui fut la matrice de l’idéologie communiste !


            Bref, sur ce coup là, on ne peut pas donner tous les torts aux Prussiens. Nos aristos les avaient provoqués, pour ensuite trahir leur propre peuple !

            • Trelawney Trelawney 8 novembre 2017 08:17

              @wesson

              Déjà techniquement, c’est nous qui déclarons la guerre à la Prusse, en réalité sur des considérations de politique intérieure. L’impératrice Eugénie aurait en fait susurré à Napoléon III qu’une bonne guerre irait calmer les velléités revendicatrices du peuple de France.
              Sauf que embourbé dans ce conflit à la con, patatras : la commune de Paris qui décide de siffler la fin de la récré. 

              En 1870, la France est entré en guerre car elle ne supportait pas l’unification des états prusses (c’était une multitude d’états fédéraux) avec les états du sud de l’Allemagne (reliquat de l’empire d’Autriche). De plus l’Allemagne avait des velléité sur l’Espagne et voulait y installer un roi. L’armée française, mal préparée et mal commandée a mis moins de 6 mois pour se faire battre.
              La commune est arrivée 3 mois plus tard dans un esprit de frustration suite à cette défait et aussi poussée par la Prusse qui voyait là un moyen d’affaiblir encore plus la France.

              Pour ce qui est de 1914, l’agresseur c’est nous et les anglais et l’agressé est l’Allemagne. Les français pensaient gagner en moins de 6 mois, mais comme ils avaient mis un incompétent autoritaire à la tête des armées (Joffre),ils mirent plus de 4 ans et au prix d’énorme sacrifices humains pour gagner l’Alsace et la Lorraine

            • nono le simplet nono le simplet 8 novembre 2017 08:33

              @Trelawney
              un incompétent autoritaire à la tête des armées (Joffre)

               smiley
              comme a dit Joffre à propos de la bataille de la Marne :
              - je ne sais pas qui l’a gagnée mais je sais qui l’aurait perdue !

            • nono le simplet nono le simplet 8 novembre 2017 09:10

              @Trelawney
              Pour ce qui est de 1914, l’agresseur c’est nous et les anglais et l’agressé est l’Allemagne. 

              vu comme ça, ça a l’air simple ...

            • babadjinew babadjinew 8 novembre 2017 12:27

              Et en 2041 la marmotte emballera le chocolat dans un alu martien.......


              Ces projections passéistes droit issus du 20eim siècle et diffusées par le pays le plus sénile d’europe sont complètement absurdes !

              Nos technologie ont changé la donne et nul n’est en mesure de projeter en ce moment quoi que ce soit de réaliste ! C’est bien pour cela que malheureusement tout le monde s’attache au bon vieux logiciel caduque de l’économique !  

              Mais la ou cela coince, c’est qu’en tous les cas dans les nation post industrielles (celle qui ont déjà construit tous leur réseaux chemin de fer route, rivière, gazoduc, téléphonie, fibres, eaux.....) nous n’avons PLUS aucun projet d’avenir qui soit « Bandant ».....

              Nous tournons en rond entre le c’était mieux avant (Etat nation) et le ce sera mieux maintenant (SupraEtat), mais dans les fait rien cela ne change à nos quotidiens.

              Nous puisons toujours trop dans les ressources limités, nous polluons toujours plus pour maintenir un semblant de croissance, nous préservons plus la vieillesse que la jeunesse, bref nous tournons en rond depuis un bon moment maintenant....

              Faudrait peut être commencer à imaginer un monde réaliste et cesser d’entretenir celui fantasmé d’aujourd’hui qui mine de rien s’arrête en août ! (Moment ou l’humanité à déjà consommer ce que la planète peut produire en une année)  

              Est ce si compliqué d’intégrer dans nos réflexions la puissance (bonne ou mauvaise) de nos technologies ?

              Wake Up !!!  ,   

              • alinea alinea 8 novembre 2017 13:50

                Je ne sais pas vous, mais moi, en 2040, il y aura longtemps que les vautours auront bouffé mes tripes, les circaètes brisé mes os et sucé leur moelle, les sangliers mangé mes chairs pourrissantes et les fourmis fait le reste.
                Alors, après moi le déluge n’est pas mon genre, mais en ce qui concerne ces petits faits humains d’alliances et de ruptures, je dois dire que je m’en fous royalement !


                • BA 8 novembre 2017 14:28

                  Traduction de l’article du SPIEGEL :

                  Etude secrète de l’armée allemande :

                  Les planificateurs militaires pensent que l’effondrement de l’Union Européenne est concevable.

                  Selon une information de SPIEGEL, pour la première fois la Bundeswehr a étudié les tendances sociales et politiques jusqu’en 2040. Les stratèges militaires prévoient un scénario catastrophe.


                  L’armée allemande estime que la fin actuelle de l’Occident dans les prochaines décennies est possible. Ce sont des informations obtenues par SPIEGEL au sujet de la « Perspective Stratégique 2040 », qui a été adoptée fin février par le ministère de la Défense et qui a depuis été tenue secrète.


                  Pour la première fois de son histoire, un document de 102 pages de l’armée allemande montre comment les tendances sociales et les conflits internationaux pourraient influencer la politique de sécurité allemande dans les décennies à venir.

                  Cette étude définit le cadre dans lequel l’armée allemande du futur est susceptible d’évoluer. Le document ne fournit pas encore de conclusions concrètes sur l’équipement et sur le matériel.

                  Dans l’un des six scénarios (« L’UE en désintégration et l’Allemagne en mode réactif »), les auteurs prévoient une « confrontation multiple ». Cette projection décrit un monde dans lequel l’ordre international s’érode après des « décennies d’instabilité », dans lequel les systèmes de valeur divergent dans le monde entier, et dans lequel la mondialisation prend fin.

                  « A cause de l’élargissement de l’Union Européenne et de la sortie d’autres États qui quitteront l’Union, l’Europe perdra sa compétitivité mondiale », écrivent les stratèges de l’armée allemande :

                  « Un monde de plus en plus désordonné, une évolution chaotique et conflictuelle changera l’environnement de sécurité de l’Allemagne et de l’Europe de façon spectaculaire. »


                  Dans le cinquième scénario (« D’ouest en est »), certains États de l’Est de l’Union Européenne paralysent l’intégration européenne, tandis que d’autres « rejoignent le bloc de l’Est ».


                  Dans le quatrième scénario (« Concurrence multipolaire »), l’extrémisme est en hausse lors des élections et certains membres de l’Union Européenne « semblent même rechercher une politique selon le « modèle capitaliste d’Etat » de la Russie.

                  Le document ne fait expressément aucun pronostic, mais tous les scénarios sont «  plausibles à l’horizon 2040 », écrivent les auteurs. Les simulations ont été développées par des scientifiques du Bureau de planification des forces armées fédérales.

                  Cet article vient du nouveau SPIEGEL - disponible samedi matin.

                  Grâce au nouveau SPIEGEL, vous recevrez tous les samedis notre newsletter gratuite DIE LAGE, qui paraît six fois par semaine - compacte, analytique, opiniâtre, écrite par le rédacteur en chef ou par les responsables de notre bureau de Berlin.


                  http://www.spiegel.de/politik/deutschland/bundeswehr-studie-haelt-zerfall-der-europaeischen-union-fuer-denkbar-a-1176367.html



                  • Javascript Javascript 8 novembre 2017 15:31

                    Hummm, j’approuve le fond de cet article que je trouve intéressant mais l’auteur a oublié de préciser (ou alors je ne l’ai pas vu) que son article est en fait une traduction de la rubrique de Paul Mason pour The Guardian.

                    Lien : https://www.theguardian.com/commentisfree/2017/nov/06/the-germans-are-making-contingency-plans-for-the-collapse-of-europe-lets-hope-we-are-too

                    D’ailleurs la fin de l’article a été curieusement raccourcit par cette traduction, il manque tout un paragraphe, je me permet de le reproduire ici (sans le traduire, dsl pour les non-anglophones)

                    If the Germans are making contingency plans for the collapse of Europe and the breakup of the global order then, presumably, someone at the UK’s Defence Academy in Shrivenham is doing the same. It would be better, though, if politicians started engaging the British electorate in a sober and non-partisan appraisal of the problem we face.

                    Putin’s Russia is waging hybrid warfare against western democracies ; not just through cyber-attacks or the placing of millions of pounds worth of ads for fake news on Facebook. It is also funding rightwing populist parties and using media influence to revel in the sleaze, corruption and sclerosis in European democracies. In turn, there is a tendency among centrist politicians to say that all opposition to the status quo – most recently in the Catalan referendum – is Kremlin-inspired.

                    The assumption behind the UK’s repeated promise of security cooperation with Europe after Brexit is that the core democracies – Germany, France, Italy and Spain – will remain committed to Nato, democracy and the rule of law. And that a reformed and revitalised Europe will deliver enough jobs and growth to sap the energy of the nationalist and xenophobic right. But it would also be wise for politicians to begin admitting that these things are no longer certain. If we want order, we have to create it – through engagement, multilateralism, by accommodating what we can of the demands of rising powers and through the promotion of resilient democratic institutions. If we fail to achieve order, we must deal with disorder when the US is no longer a reliable ally, nor even a stable democracy.

                    Britain’s new defence secretary should have a long look at the leaked German document. It will make sober reading alongside the defence spending cuts he is being told to make.


                    • BA 12 novembre 2017 13:28

                      Le « grand mouvement central ».


                      Pour les élections européennes de 2019, Alain Juppé se prononce pour « un grand mouvement central », qui rassemblerait les candidats pro-européens de droite et les candidats pro-européens de La République En Marche.


                      Alain Juppé, le maire de Bordeaux, a déclaré sa flamme à Emmanuel Macron, évoquant même un possible « grand mouvement central », à l’occasion des élections européennes de 2019.


                      Alain Juppé ne s’en cache plus. Vendredi, le maire de Bordeaux, a chanté les louanges du président de la République, Emmanuel Macron, dans des propos rapportés par Sud-Ouest.


                      "C’est bien que le président de la République mouille sa chemise et aille sur le terrain. Ce qui a changé c’est le style, on a un président qui s’investit", a-t-il d’abord assuré, évoquant la récente visite d’Emmanuel Macron en Arabie Saoudite. Ce rapprochement s’est notamment illustré par une poignée de main chaleureuse entre le chef de l’Etat et le maire de Bordeaux, qui sous la pluie parisienne lors des commémorations du 11-Novembre, s’était défait de son habituelle raideur.


                      Pour l’ancien candidat à l’investiture des Républicains, la politique européenne d’Emmanuel Macron, via son discours sur l’Europe à la Sorbonne, est une source de satisfaction. Une satisfaction tellement grande qu’Alain Juppé envisage même la création d’un « grand mouvement central » à l’occasion des élections européennes prévues en 2019, même s’il ne croit pas à l’abolition du clivage gauche-droite.


                      "La question est de savoir qui prendra le leadership. Mais si Macron reste dans la ligne de son discours à la Sorbonne, je ne vois pas d’incompatibilité", a-t-il affirmé.


                      Un projet tout a fait réalisable. Car les deux hommes ont les mains libres à l’occasion du scrutin de 2019, explique Damien Fleurot, sur le plateau de BFMTV : « Emmanuel Macron, il a un parti mais il n’a pas d’eurodéputés sortants, il peut donc composer une liste à sa guise. Alain Juppé s’est mis en retrait des Républicains et l’élection probable de Laurent Wauquiez, devrait l’inciter à quitter définitivement sa famille politique. Il pourrait lui aussi agir comme bon lui semble. »


                      Thierry Solère, le président des Constructifs, a confirmé que l’idée d’une coalition pour les élections européennes, était bel et bien dans les esprits à droite. « Je partage ce que dit Alain Juppé. C’est la démarche que nous les parlementaires avons entrepris à l’Assemblée nationale. Cela serait être populiste que de dire aux Français : « opposez-vous à ce gouvernement ». Nous travaillons aujourd’hui activement avec tous les européens qui se revendiquent de droite. »


                      http://www.bfmtv.com/politique/alain-juppe-fait-l-eloge-d-emmanuel-macron-et-s-eloigne-un-peu-plus-des-republicains-1301325.html




                      • placide21 13 novembre 2017 08:48

                        Ce samedi à Barcelone j’ai vu un spectacle inimaginable en France : Toute la journée des centaines de jeunes (probablement des milliers ,type étudiants lambda) se sont promené en ville avec le drapeau catalan en cape ou en robe (il m’a semblé qu’il y avait une majorité de jeunes filles).Peut être que les marques et les smartphones ne leur suffisent plus.

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