• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > L’illusion du revenu minimum garanti

L’illusion du revenu minimum garanti

Au cours des élections législatives, j'ai soutenu les Verts parce que ... he bien, parce qu'il y avait un accord national qui pourrait (et en fait ne) nous faire gagner un député et officiellement approuver cette dame faisait partie du deal. Quant à mon opinion sur la chose ... bien, disons simplement dire que, parfois, vous devez faire votre travail.
 
Un des avantages de la situation, c'est que j’ai pu observer le fonctionnement interne du groupe Vert locale (du moins la faction qui avait gagné le combat, plutôt brutal, pour la nomination) et ai été forcé d'assister à quelques réunions, où je n'aurais pas pris la peine d'aller autrement. Au cours de l'un d'eux - un soi-disant " café politique " , quelqu'un a soulevé la question du "revenu de base".
 
Pour ceux qui grenouillent pas dans la politique radicale, le revenu de base est un revenu accordé sans condition à tous les citoyens (ou habitants) d'un pays donné. La France a déjà quelque chose de ce genre. Cela s’appelle le RSA.
 
C’est évidemment un revenu très basique. Le salaire médian en France est d'environ 1600 € et je loue mon T3 pour 517 €. Saint-Nazaire est d'ailleurs une ville ouvrière et le logements ont tendance à bon marchés par ici. Je ne pourrais probablement pas trouver un appartement équivalent à Paris, même pour trois fois ce prix. Même si il peut être complétée par d'autres aides, le RSA ne permet pas de festoyer. Vous pouvez survivre avec, mais guère plus.
 
Bien sûr, il ne s'agissait pas de ce genre de revenu de base dont notre militant vert parlait. Ce dont elle parlait, c'est d’un revenu plus ou moins égal au salaire minimum C'est une idée populaire parmi dans les milieux décroissants et dans certaines sections du mouvement vert et de l'extrême gauche. Une de mes copines y croyait beaucoup, et c’est indubitablement une mauvaise idée - la copine en question était également une mauvaise idée mais c’est un autre problème.
 
La principale raison à cela devrait être évident pour quiconque vaguement au courant du pic énergétique. Même ses partisans reconnaissent que la faisabilité d'un système de revenu de base est fortement tributaire de l'existence de la civilisation industrielle.
 
Comme le philosophe français André Gorz écrivait en 1989 :
... Le lien entre plus et mieux a été rompu ; nos besoins pour de nombreux produits et services sont déjà plus que suffisamment satisfaits, et beaucoup de nos besoins encore insatisfaits seront satisfaits non pas en produisant plus, mais en produisant différemment, en produisant d'autres choses, ou même en produisant moins. Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne nos besoins en air, en eau, en espace, en silence, en beauté, en temps et en contact humain ...
 
Du point où il ne faut que 1000 heures par an, soit 20.000 à 30.000 heures par vie pour créer une quantité de richesse égale ou supérieure à la quantité que nous créons à l'heure actuelle en 1600 heures par an, soit 40.000 à 50.000 heures dans une vie de travail, nous devons tous pouvoir obtenir un revenu réel égal ou supérieur à nos salaires actuels en échange d'une quantité très réduite de travail ...
 
Il n’est plus vraique la plus chaque individu travaille longtemps, mieux ce sera pour tout le monde. La crise actuelle a stimulé une évolution technologique d'une ampleur et d’une vitesse sans précédent : « la révolution informatique. L'objectif et l'effet de cette révolution a été de faire des économies de plus en plus rapidement dans le travail, dans les secteurs des services administratifs et industriels. L’augmentation de la production est assurée dans ces deux secteurs par des quantités décroissantes de travail. En conséquence, le processus social de production n'a plus besoin que tout le monde travaille sur une base de temps plein. L'éthique du travail cesse d'être viable dans une telle situation et de la société du travail est en crise ...
- André Gorz, Critique de la raison économique, Gallile 1989
 
L'idée selon laquelle le règne de la machine va briser le lien historique entre le travail et le revenu est aussi vieille que la Révolution Industrielle. Il est implicite au début de la pensée marxiste. Ainsi, dans la Critique du programme de Gotha, Karl Marx lui-même a écrit :
Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l'asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital ;
quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l'horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins !
 
Ce qui signifie que sous le communisme, on rasera perpétuellement gratis, ce qui correspond à ce qu’est fondamentalement le revenu de base. Nous savons, bien sûr ce qu’il en est advenu et les régimes et partis marxistes réels ont rapidement développé une forte éthique du travail, parfois jusqu’au ridicule - quelqu'un se souvient-il de Stakhanov ?
 
Bien sûr, cela ne signifie pas que l'idée d'un rasage gratuit généralisé soit morte. Elle a simplement migré vers les techno-optimistes, qui ont remplacé la " phase supérieure du communisme" par le progrès technologique, lequel fera que les travailleurs seront progressivement remplacés par des robots et des usines automatisées. Cela permettrait d'accroître considérablement la richesse de la société, mais aura aussi un impact dévastateur sur les employés et les ouvriers réduira considérablement la classe moyenne, ce qui rendra un revenu de base généreux à la fois réalisable et socialement et politiquement indispensable. La seule autre option serait le développement d'une classe permanente d'anciens ouvriers et employés déclassés, avec toutes les conséquences politiques désagréables que cela peut entraîner.
 
C’est, par exemple, la thèse de Jeremy Rifkin dans ce monument de la pensée techno-verte, qu’est "La Fin du Travail", mais le thème est omniprésent dans la science-fiction, par exemple dans le premier roman de Kurt Vonnegut Player Piano , qui, a, d'ailleurs, montré que le revenu de base était parfaitement compatible avec l'aliénation et l'oppression.
 
Le problème, bien sûr, est que cet avenir de robots et d’usines automatisées ne verra jamais le jour. Ce n'est pas l'automatisation en soi qui a engendré la révolution industrielle et par là notre société, mais l'accès aux énergies fossiles. Sans charbon, pétrole ou gaz et sans l'appareil social très complexe dont ils ont besoin pour leur fabrication et leur maintenance, nos machines ne servent à rien.
 
En outre, la capacité de notre économie à créer des surplus, qui peuvent être utilisé, entre autres, pour financer un système de revenu de base, est en constante diminution. Comme nous remplaçons le pétrole et le charbon bon marché par des substituts de moins en moins adéquats tels que le lignite ou les sables bitumineux ou, que les Dieux nous pardonnent, l'éthanol, et sommes obligés de consacrer toujours plus de ressources à l'extraction de l'énergie, l'excédent net, sur lequel vit notre civilisation, se réduit. Ajoutez à cela la nécessité de maintenir une infrastructure gigantesque, à la fois matérielle et immatérielle, avec des ressources au mieux stagnantes, et il est facile de comprendre que, même si notre PIB nominal croît encore, il devient de plus en plus difficile de mobiliser des ressources pour faire réellement quelque chose.
 
C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui dans une Europe encore riche, et il est évident que même si notre PIB est théoriquement assez important pour que nous accordions à tous nos citoyens un revenu de base, une telle proportion est immobilisée par la dette et l’entretien de nos infrastructures que garder notre système de protection sociale en l’état est probablement impossible.
 
Il y a, cependant, une autre raison, plus profonde, et de rejeter le revenu minimum : on a déjà essayé.
 
C'était le pain du fameux "pain et des jeux". A l'origine une nation de petits agriculteurs, la République romaine s’est laissée aller au latifundisme. Les paysans écrasé de dettes ont vendus leurs terres aux grands propriétaires et se sont enfuis à Rome, à la recherche d'un emploi que plupart d'entre eux n'ont pas trouvé. En 123 avant JC, Tiberius Gracchus avait fait voter au Sénat une loi sur grain en vertu de laquelle une partie du blé collecté par l'Etat était vendu aux citoyens à un tarif subventionné. Tiberius Gracchus a également poussé pour une réforme agraire assez radicale, qui lui a valu une collision fatale avec une chaise au cours d'un débat sénatoriale plutôt viril.
 
L'habitude de distribuer des céréales gratuitement ou à très pas bas prix à la plèbe romaine s’est cependant installée, , et en 58 avant J.-C., le politicien popularis Clodius Pulcher a mis en place une distribution régulière de blé gratuit après avoir été élu en tant que tribun - à ce moment-là les politiciens tenaient leurs promesses. César et Auguste semblent avoir été embarassés par la chose mais n’ont pas osé pas l'abolir complètement.
 
Les empereurs ont continué la pratique et l’ont même complétée avec des distributions d'huile d'olive, de vin ou de porc. Le raisonnement était que tant que la foule était bien nourrie et divertie, elle laisserait la politique à l'empereur et sa cour. Cela n’a pas très bien marché avec l'armée et la garde prétorienne, mais a été très efficace avec la plèbe romaine romaine. Comme le poète Juvénal le disait dans ses Satires :
Ces Romains si jaloux, si fiers de leurs suffrages,
Qui jadis commandaient aux rois, aux nations,
Décernaient les faisceaux, donnaient les légions,
Et seuls, dictant la paix, ou proclamant la guerre,
Régnaient du Capitole aux deux bouts de la terre,
Esclaves maintenant de plaisirs corrupteurs,
Que leur faut-il ? du pain et des gladiateurs.
 
Bien sûr, à la fin, des étrangers barbus avec un accent bizarre et une religion qui sentait le souffre ont conquis le grenier à blé de l'Empire et leur chef, un gentilhomme du nom de Genséric a décidé que le blé devait rester chez ceux qui le produisaient.
 
Rome pouvait distribuer gratuitement du blé parce qu'elle pillait impitoyablement ses propres provinces, détruisant sa propre base de ressources et ouvrant la voie à sa propre destructions. Nous devrions détourner des ressources déjà limitées de l'entretien de notre propre civilisation, accélérant de ce fait sa désintégration. Les principes régissant le revenu de base et la distribution romaine de blé sont les mêmes, cependant : la dépendance, l'aliénation et le sentiment que tout nous est dû.
 
Les partisans de ldu revenu de base disent que nous y avons droit, parce que nos sociétés sont riches. Le problème est que cette richesse ne vient pas de nulle part. Une partie de celle-ci est le produit d’un système impérial en difficulté mais encore vigoureux qui transfère la richesse et les ressources du sud vers le nord sous la menace de la force militaire. Une autre partie provient de la surexploitation effrénée des ressources naturelles non renouvelables, ce qui signifie essentiellement que nous les volons à nos descendants. Pour ce qui est probablement la classe la plus favorisée dans l'histoire humaine, passé et avenir confondus, revendiquer le droit de détourner encore plus de ressources afin de pouvoir vivre sans travailler revient à dire "tout nous est dû, et peu importent les conséquences".
 
Ce n'est pas un hasard que la plupart des partisans du revenu de base appartiennent, du moins en France, à la classe moyenne supérieure (les bobos) ou à leurs confrères plus pauvres : les révolutionnaires RSA. Les révolutionnaires RSA sont des radicaux qui prétendent mépriser "le système" et chercher à le renverser, tout en étant totalement dépendant de son existence pour leur survie. Ils sont particulièrement fréquents dans la branche autonomiste du marxisme, qui prétend lutter contre le "capitalisme" hors des structures organisées, par l'action directe, ce qui revient en pratique à accumuler des actes symboliques tout en vivant en marge de la société grâces à des subventions de l'Etat.
 
Le revenu de base est, en fait, la conséquence logique de l'idée selon laquelle l'Univers doit nous donner tout ce que nous voulons, pour peu que nous criions assez fort.
 
Bien sûr, cela ne signifie pas que nous devons abolir l’état-providence avant qu'il ne devienne insoutenable. L’état-providence n'a rien à voir avec le revenu de base, parce que son but est d'aider les personnes dans le besoin, tant qu'elles sont dans le besoin, mais pas une heure de plus. C'est la solidarité humaine de base et il est révélateur que les mêmes religions monothéistes qui disent "Celui qui ne veut pas travailler qu’il ne mange pas non plus" fassent de la charité un devoir.
 
Ce sont deux concepts distincts.
 
Selon ses partisans, le revenu de base va nous libérer et nous permettre de nous consacrer à l'art, la culture, ou ce que Jeremy Rifkin appelle le tiers secteur - les organismes de services communautaires et volontaires. Ceci, cependant, est une utopie bobo. Dans les communautés réelles, rien n'est vraiment gratuit. Si on aide quelqu’un gratuitement, c’est parce qu’on attend un renvoi d’ascenseur. Si la coopération est si répandue, c'est parce qu'elle est nécessaire au bien-être, et parfois à la survie de chaque individu.
 
En distribuant librement des ressources, l'état, ou ce qui aura pris sa place, remplace en fait une relation horizontale entre les membres d'une même communauté par une relation verticale entre un individu et le pouvoir politique qui le nourrit - et peut cesser de le faire à tout moment. Le résultat ne sera probablement pas la construction de liens, mais une fragmentation sociale et un contrôle accru par le haut.
 
Cela n’améliorera pas le contrôle tout individu doit avoir sur sa propre vie, bien au contraire. De ce point de vue, le revenu de base est la continuation, certains diront le stade suprême, du processus qui, depuis la révolution industrielle, a transformé les artisans en travailleurs non qualifiés et en caissières de supermarché. Si l'artisan pouvait être pauvre, il était toujours le maître de son art et de sa propre vie, et ne dépendait de personne d'autre que lui-même. L'ouvrier d'usine dépossédé qui l'a remplacé, accomplit des tâches répétitives et vides de sens, et n’est plus qu’un rouage, totalement déconnecté du produit de son travail. Les ouvriers d'une usine spécifique, pris dans le groupe, pouvaient toutefois prendre une fierté collective dans le fruit de leurs travaux. Le bénéficiaire moyenne du revenu de base une personne passive, sans aucune identité professionnelle ou sociale, et si une minorité pourrait se réaliser dans des activités bénévoles, la majorité deviendraient comme les personnages de The Machine Stops ou de Piano Player, oisif et aliéné, privé de la possibilité de contrôler leur propre vie et, plus important, d’en faire quelque chose.
 
Dans Piano Player, le personnage principal, un membre de l'élite, pense à se retirer dans une ferme sans eau ni électricité puis prend part à une révolte contre l'ordre technocratique visant à redonner aux hommes la liberté de faire quelque chose de leur vie et de trouver de la fierté dans ce qu’ils font.
 
Je pense que je l'aurais suivi, si je ne savais pas que cette idée absurde de revenu de base absurde était destiné à mourir avec la civilisation industrielle.
 
http://vudesruines.blogspot.fr/2013/11/lillusion-du-revenu-minimum-garanti.html

Moyenne des avis sur cet article :  2.45/5   (33 votes)




Réagissez à l'article

22 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 22 novembre 2013 17:42

    udb L’Union démocratique bretonne (UDB) ?
    c’est un parti travailliste ?


    • Stéphane Veyret Stéphane Veyret 22 novembre 2013 17:42

      J’aurai beaucoup de choses à dire sur cet article, mais je vais me contenter de quelques unes…
      Tout d’abord, de la façon dont vous décrivez le revenu de base, on a l’impression qu’il n’est applicable que s’il n’y a plus de travail à faire. Or, ce n’est absolument pas le cas. Le revenu de base correspond au minimum pour vivre de façon décente (ce n’est donc pas le RSA) et il est versé à tous les individus d’une communauté politique donnée. Ces individus peuvent parfaitement avoir un emploi rémunérateur en plus de ce revenu de base.
      De plus, vous avez l’air de penser que tout le monde va s’arrêter de travailler pour ce revenu de base. Vous écrivez que le gens vont penser que « tout nous est dû, et peu importent les conséquences ». C’est pourtant loin d’être le cas ! Ce n’est pas parce qu’on autorise à tous les individus de vivre que tout leur est dû ! Le revenu de base n’est pas plus que ce que son nom n’indique, « de base ». De plus, vous confondez « travail » et « emploi ». Le revenu de base permettra à tous de faire un travail qui lui plait, sans forcément chercher à trouver un emploi rémunérateur.
      Vous écrivez qu’il ne faut pas essayer de mettre cela en place parce que cela a déjà été fait, puis vous vous appuyez sur une expérience datant de plusieurs millénaires ! La situation n’était pas la même qu’aujourd’hui ! Vous auriez pu citer des expériences plus récentes, qui d’ailleurs, ont fort bien marché et ont prouvé qu’il y avait beaucoup plus de conséquences positives qu’attendues !
      Vous parlez également des soutiens à cette idée dans les milieux politiques d’extrême gauche. Pourtant, M. Villepin ou Mme Boutin, qui soutiennent également cette proposition, ne me semblent pas être de gauche ! Le revenu de base permet, par exemple, à tout entrepreneur qui se lance dans une nouvelle activité d’avoir une « ceinture de sécurité » le temps que l’activité décolle, et même après, si elle ne décolle pas. Il permet, par exemple, aux entreprise d’alléger fortement la charge salariale, puisqu’une partie du revenu est payé par l’état, permettant aux entreprise françaises de retrouver de la compétitivité par rapport aux entreprises étrangères.
      Allez, je m’arrête là pour le moment. Je repasserai peut-être plus tard pour complèter… smiley


      • Bernard HERON 3 décembre 2013 17:34

        Entièrement d’accord avec cette réponse de Stéphane Veyret. Il ne faut pas confondre « travail » et « emploi ». Il y aura toujours du travail même si le PIB n’en tient pas encore compte... Le Revenu de Base Inconditionnel permettrait au contraire de libérer la créativité et de favoriser les projets de vie des individus. Je fais une analogie (sur mon site) entre le filet des trapézistes qui a permis de développer les performances des artistes en supprimant le danger mortel et ce filet social qui éviterait les catastrophes et la misère que l’on côtoie...


      • Stof Stof 22 novembre 2013 17:56

        Effectivement le RSA existe. Et pourtant, les travailleurs ne se précipitent pas pour le toucher et s’arrêter de travailler. Etonnant non ? Ils seraient même 3 millions sans emplois à en chercher un...
        A vous lire, il faudrait remettre au travail tous les retraités car une société n’a pas les moyens d’entretenir autant d’oisifs.
        Mais ce que tous les opposants au revenu universel (quelque soit son nom) oublient, c’est qu’il s’ajoute au revenu du travail. En conséquence de quoi, contrairement au système actuel, il devient plus intéressant pour un inactif de retrouver du travail.
        Je vois juste mon cas : je refuse poliment les petites missions interim, parceque de toute façon, en dessous de 15 jours de travail par mois ce que je gagne annulera l’équivalent en allocations chômage. Si j’avais un minimum garanti de type RU, je prendrais tous les petits boulots qui passent. Même pour une heure, même payés 1€ de l’heure.
        Le système actuel favorise le travail au noir, en fait. Car il permet de conserver les aides sociales conditionnées.


        • @lbireo @lbireo 22 novembre 2013 20:29

          « La France a déjà quelque chose de ce genre. Cela s’appelle le RSA. »

          le RSA n’est pas versé sans conditions, mais sous conditions ! on peut très bien se le voir refuser et des démarches administratives régulières sont nécessaire.

          d’autre part, comme le dit Stéphane Veyret plus haut dans son commentaire, le revenu de base est censé être le minimum requis pour vivre de façon décente. or comme vous l’écrivez dans votre article, le RSA permet tout juste de survivre. même avec les aides sociales conditionnées.

          quand après avoir payé les factures, il vous reste moins de 150€ pour finir le mois, c’est pas vraiment la joie !


          • Emmanuel Coux Emmanuel Coux 22 novembre 2013 23:13

            Il y avait le même discours dans les années 70/80 quand on a mis en place les allocations familiales et les diverses prestations sociales. On n’ a pas été submergé par une immigration massive qui selon les dires de l’époque risquait de ruiner la civilisation française ?

            L’immigration est plus liée à des difficultés de vie (guerre, famine, sècheresse, etc) dans le pays d’origine plutôt qu’à des prestation sociales dans le pays d’accueil. Donc la mise en place du RDB n’entrainera pas une arrivée massive d’immigrant.


          • Stéphane Veyret Stéphane Veyret 23 novembre 2013 19:03

            « Laissons-nous nos frontières ouvertes ? »
            Vous craignez une immigration massive ? C’est tout le contraire qui va se passer. En dehors des immigrés qui fuient une guerre, une dictature, ou la misère, la France accueille aujourd’hui des personnes qui profitent du niveau de vie supérieur pour se trouver des petits boulot, emmagasiner de l’argent qu’ils ramènent au pays. Avec un revenu de base versé aux seuls français, les salaires vont baisser du montant de ce RdB. Combien d’étrangers trouverons encore rentable de venir travailler en France pour 200€ par mois ?


          • Laurenzola Laurenzola 22 novembre 2013 21:27

            Cet article est une insulte au revenu de base, vous continuez à considérer qu’il est possible de garantir un travail marchant pour chaque citoyen.

            Cela va exactement à l’encontre de ce qui est en train de se produire sous nos yeux. Ne comptez pas sur un retour de la croissance.


            • Laurenzola Laurenzola 24 novembre 2013 21:03

              @Hervé

              Si je colle à l’air du temps, tant mieux, car aujourd’hui, le monde est en train de vivre une grande mutation. Les fondamentaux du modèle économique du profit à tout prix sont en phase de s’effondrer. Plus de rustine possible, tout a été tenté pour maintenir sous perfusion un système à l’agonie, mais il faut se rendre à l’évidence, cela n’aura fait que repousser l’inévitable mort du capitalisme financier.

              La mise en oeuvre d’un revenu de base s’accommode avec un système monétaire à gouvernance citoyenne, et à l’application d’une TVASE, dont le montant prend en compte l’impacte sociale et environnementale du bien ou service qui lui est assigné.

              J’espère qu’après ces quelques mots, vous serez un peu moins sévère à mon encontre.


            • Stof Stof 22 novembre 2013 22:45

              Ce qu’ils veulent, ce sont des esclaves asservis prêts à vendre leurs culs pour leur fausse monnaie. Alors tant qu’ils tiennent le manche, ne comptez pas sur nos élites pour libérer les consciences.


              • JL JL 23 novembre 2013 00:19

                Entre illusion et cauchemar, disons que cette idée de revenu de base inconditionnel est une fausse bonne idée.

                Je ne crois pas qu’elle soit l’apanage des gauchistes : elle me parait relever de l’égalitarisme libéral, un égalitarisme dont les effets pervers n’ont rien à envier à l’égalitarisme de gauche, bien au contraire.


                • olivier cabanel olivier cabanel 23 novembre 2013 08:25

                  @ l’auteur

                  vous n’avez manifestement pas compris l’enjeu du Rdb (revenu de base, ou revenu universel c’est la même chose)
                  j’avais tenté d’expliquer récemment dans un article paru sur AV (sur ce lien)
                  sur la base du parrallele fait entre la crise des années 30 et la notre, il apparait que la première a été résolue par « une bonne guerre »... mais le système économique n’a pas varié
                  d’ou bien sur la nouvelle crise...
                  si le RdB n’est pas octroyé, c’est effectivement une nouvelle « bonne guerre » qui nous menace, 
                  et vous n’aurez pas manqué de remarquer que les médias, et les lobbys stigmatise depuis un certain temps « les islamistes »...
                  alors RdB ou nouvelle guerre, qui sera de religion cette fois.
                  à vous de choisir.
                  je vais tenter de résumer la situation :
                  le travail est mort, ou disons pas en bon état
                  faute (ou grâce) aux robots, et autres machines outils
                  l’entrepreneur produit donc tout autant de marchandises, voire plus, qu’avant, mais comme les machines ont remplacé les travailleurs/consommateurs, ces derniers n’ayant plus de revenus, n’ont plus les moyens de consommer,
                  et l’entrepreneur, le commerçant, se trouve en surproduction, puisqu’il n’écoule plus autant de marchandises.
                  le RdB tout en diminuant la part que verse le patron au salarié, permettrait à tout le monde de consommer, sans pour autant diminuer les bénéfices de l’entreprise
                  a ceux qui vont crier à l’immoralisme qui consiste a donner de l’argent a quelqu’un sans contrepartie, je répondrais par un sourire.
                  l’immoralisme n’est il pas de fermer pudiquement les yeux sur les écarts de salaires actuels dans notre pays, qui vont de 1 à 400 ?
                  en suisse, une initiative a été lancée pour cet écart soit réduit de 1 à 12
                  c’est ce qui s’appelle une meilleure répartition des richesses,
                  c’est ce que permettrait aussi le RdB
                  le ciel vous tienne en joie.
                   smiley



                  • julius 1ER 23 novembre 2013 10:13

                    C’est drôle de constater que certains trouvent immoral de toucher de l’argent sans travailler alors que certains s’enrichissent grâce à la privatisation de la monnaie, grâce à des positions dominantes sur le marché, grâce à la privatisation du réseau routier payé par l’ensemble des Français, j’en passe et des meilleurs........

                    plus un ensemble de taxes dont la TVA que tout le monde paye riches et pauvres pas du tout en fonction de ses revenus, ce qui est l’injustice même ??????
                    de plus j’ajouterai que le revenu de base servirait à Dé-précariser le citoyen, alors que le système vise le contraire, précariser plus pour asservir les gens aux besoins du système capitaliste.
                    comme quoi il n’est pas aisé de se situer et de voir clair dans ce système économique...........
                    personnellement je pense que le Revenu de base est devenu la condition nécessaire pour fluidifier l’économie et supprimer de nombreuses instances tel pôle emploi ( monstrueuse machine qui ne sert à rien, et surtout pas à fournir du travail, d’ailleurs une simple bourse du travail aurait autant de résultats....
                    ce système est à bout de souffle et le Revenu Citoyen permettrait une transition économique vers un autre modèle moins productiviste et plus soucieux des équilibres tant sociaux, qu’écologiques, mais pour cela il faut s’engager pleinement dans cette voie....
                    pour ce qui est de cet article je pense que Spartacus lui-même aurait pu l’écrire tant il est de parti pris.

                  • JL JL 23 novembre 2013 12:24

                    La question n’est pas de trouver immoral ou pas, le RU,
                    la question est : est-ce que ça va réellement améliorer les choses ? Et pour qui ?

                    Ce n’est pas le syndicat des inactifs qui s’opposera à une société industrielle qui ruine, qui pollue et qui tue (nucléaire, gaz de schistes, etc ...) mais dont ils dépendront entièrement pour toucher leur revenu misérable.

                    J’imagine que si un tel revenu était versé à tous, les ’gauchistes’ pris dans les manifs se verraient illico retirer leur pitoyable allocation de survie. Et bonjour les caméras de surveillance.

                    Vous parlez de guerre si on ne verse pas ce revenu ? Vous plaisantez, j’espère : le RU nous amènera plus sûrement la guerre civile que la situation actuelle.


                  • Stéphane Veyret Stéphane Veyret 23 novembre 2013 19:09

                    @JL
                    Le revenu de base est inaliénable. Pris dans une manif ou pas, il est dû à chacun.
                    Est-ce que ça va améliorer les choses, d’éradiquer la pauvreté, de supprimer ce lien de quasi-esclavagisme que les industriels entretiennent envers les salariés ? Il me semble que oui. D’ailleurs, les quelques expériences qui ont été menées sur le revenu de base, cela peut vous surprendre, n’ont pas déclenché de guerre, bien au contraire !


                  • JL JL 24 novembre 2013 08:35

                    Stéphane Veyret,

                    vous en parlez comme si pour vous, dire c’était faire ! Vos désirs sont des ordres ? Et qui, je vous prie, les réalise ?

                    Ce n’est pas avec de tels discours qu’on éradiquera la croissance infernale, les destructions écologiques, et les profits arrogants qui vont avec.

                    Le RdB est défendu en sous main par nombre de dirigeants d’entreprises qui y voient le moyen de faire baisser les salaires et par les poujadistes dont l’égalitarisme libéral est bien connu : égalitarisme libéral poujadiste = revendication d’une flat-tax et campagnes contre la protection sociale qui, disent-ils, profite aux immigrés.

                    Demandez à votre chère Marine, à moins que vous soyez vous même en mesure d’y répondre vous-même : à l’instar de sa demande idiote de ne pas verser les AF aux immigrés, est-ce que le RU serait réservés aux seuls Français, ou bien le FN, en passe de devenir le principal parti de France, serait-il d’accord à le verser aussi aux immigrés responsables selon lui, de tous nos maux ? J’en doute plus que fortement.

                    Stépane Veyret, tout le monde ici n’est pas idiot : svp, ne me servez pas ici vos discours bisounours sinon hypocrite, je déteste ça.


                  • JL JL 25 novembre 2013 09:20

                    A tous les proxénètes du RU,

                    Je dis que le RU sera un leurre aussi longtemps que nous n’aurons pas réussi à empêcher l’ordre néolibéral ( je devrais dire le désordre néolibéral puisque c’est un truc qui fonctionne en pilotage automatique (pas besoin de pilotes) de marchandiser tout, y compris le sang des hommes, leurs organes, le vivant.

                    Dans dans cet excellent article publié dans LMD par Serge Halimi : Le retour des controverses rituelles sur les prévisions de croissance, l’immigration ou le dernier fait divers conforte l’impression que l’ordre néolibéral aurait repris son rythme de croisière. Le choc de la crise financière ne paraît pas l’avoir durablement ébranlé. A moins d’attendre que des soulèvements spontanés ne produisent un jour une riposte générale, quelles priorités et quelle méthode peut-on imaginer pour changer la donne ? par Serge Halimi, septembre 2013

                    on peut lire entre autres : ’
                    Les néolibéraux ont si bien enraciné l’idée qu’il n’y avait «  pas d’alternative  » qu’ils en ont persuadé leurs adversaires, au point que ceux-ci en oublient parfois leurs propres propositions…

                    Cet ordre, comment le contenir, puis le refouler  ? L’extension de la part du secteur non marchand, celle de la gratuité aussi, répondraient d’un seul coup à ce double objectif. L’économiste André Orléan rappelle qu’au XVIe siècle «  la terre n’était pas un bien échangeable, mais un bien collectif et non négociable, ce qui explique la vigueur de la résistance contre la loi sur l’enclosure des pâturages communaux  ». Il ajoute : «  Même chose aujourd’hui avec la marchandisation du vivant. Un bras ou du sang ne nous apparaissent pas comme des marchandises, mais qu’en sera-t-il demain  ?  »

                    ’’ Pour contrecarrer cette offensive, il conviendrait peut-être de définir démocratiquement quelques besoins élémentaires (logement, nourriture, culture, communications, transports), de les faire financer par la collectivité et d’en offrir à tous la satisfaction. Voire, comme le recommande le sociologue Alain Accardo, d’«  étendre rapidement et continûment le service public jusqu’à la prise en charge “gratuite” de tous les besoins fondamentaux à mesure de leur évolution historique, ce qui n’est économiquement concevable que moyennant la restitution à la collectivité de toutes les ressources et toutes les richesses servant au travail social et produites par les efforts de tous  ». Ainsi, plutôt que de solvabiliser la demande en augmentant fortement les salaires, il s’agirait de socialiser l’offre et de garantir à chacun de nouvelles prestations en nature.’’




                  • claude-michel claude-michel 23 novembre 2013 09:05

                    Les verts du gouvernement sont des opportunistes de la politique...pas des écolos... ?

                    Être écolo c’est un état d’esprit....qui ne fait pas de politique...

                    • wawa wawa 23 novembre 2013 09:06

                      J’ai toujours été frappé par la similitude entre 

                      « titytainment » et « panem et circens »

                      • wawa wawa 23 novembre 2013 09:23

                        Ceci dit, très bon article qui livre une réflexion débarrassée de considération bisounours


                        • MonnaieLibre MonnaieLibre 23 novembre 2013 10:48

                          En fait, vous pensez que le RdB est impossible parce que vous êtes pessimiste.

                          Vous partez du principe que l’homme ne trouvera pas de solutions pour remplacer les ressources qui viendront à manquer, alors que le passé nous a toujours prouvé qu’au contraire, c’est une source de progrès d’apprendre à contourner ces difficultés.

                          Vous partez du principe que les hommes se contenteront du RdB, alors qu’il est dans la nature humaine de vouloir « plus ».

                          Vous partez du principe que le RdB est la redistribution des surplus, alors qu’il est la distribution des bases. Il faut considérer le RdB comme le tronc du fonctionnement économique pour comprendre pourquoi et comment il est réaliste. Il ne faut donc pas le considérer comme financé par l’impôt, mais financé par la création monétaire. Mais pour que cette création monétaire soit compensée par une destruction équilibrée, il faut donc passer à un système de monnaie fondante.

                          http://www.thankmoney.com/accueil/pourquoi.aspx


                          • Hassim Sellata 1er décembre 2013 04:19

                            Je pense que la question se règle très facilement. Le problème du revenu de base c’est que la monnaie perd sa valeur. Si tout le monde gagne 800 euros de base, ça pause un gros problème. Mais l’idée que tout humain décent a le droit à un minimum pour vivre est assez plaisante. Je n’y adhère pas forcément mais bon ont est tous un peu bisounours et utopistes dans l’âme non ?
                            Alors si on veut que tous le monde est ce minimum pour vivre on ne donne pas un revenu de base, on rembourse les dépenses nécessaires jusqu’à une valeur maximale. Une sorte d’impôts négatifs. Tu envoies à l’Etat la facture de ton loyer et de tes courses et il te les rembourse. Ca crée de l’emploi ça coûte bonbon en administration, mais ça règle le problème du glandeur qui touche son RdB et qui squatte un appart’ en fumant du chichon toute la journée ( que Le Grand Plat de Pâte me pardonne si j’ai choqué certaines personnes mais c’est déjà une réalité). Ca oblige les gens à bosser si ils veulent consommer du superflu et la monnaie garde une valeur normale.
                            Après personellement je trouve que ça limite totalement la marchandisation, que ça limite l’innovation et la concurrence et ça va à l’encontre totale de ma morale personelle mais j’ai l’impression que la majorité de français sont pour et j’en entends parler régulièrement. Alors j’éspère simplement que si on le fait qu’on le fasse bien. Parce que détruire totalement la valeur de la monnaie ça empêcherait tout échange en dehors de la France et surtout on ne pourrait faire ça qu’avec une monnaie française, l’Europe s’y opposerait carrément, vous imaginez l’inflation si on verse 48 milliards d’euros pour la consommation tous les mois. La baguette passe à 4 euros en une semaine. Je pense que tu crées une famine dans la moitié des pays de l’Est. Bref j’y ai pas encore beaucoup réfléchi mais dans les grandes lignes ça m’a l’air de partir d’une bonne pensée mais d’être terriblement dangereux pour le moment.
                            En vous remerciant d’avoir lu.
                            Hassim Sellata

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires