« L’Instinct de mort ! »
« L'INSTINCT DE MORT ! »
« L'instinct de mort ! », ce brûlot écrit en prison par Jacques Mesrine dans les années 70, symbolise selon moi cette « annus horribilis » 2020.
La mort que tout être humain sait inévitable, ce dont il a conscience nous différencie de l'animal ! Elle aura été notre compagne quotidienne depuis plusieurs mois, nous ramenant aux heures sombres connues par nos aïeux lors des guerres du XXe siècle.
Le décès brutal d'Emmanuelle Ajon, « femme admirable », dans toutes les acceptions du terme, a réactivé chez moi et chez beaucoup de bordelais, ce sentiment noir que nul ne pouvait échapper à ce destin funeste.
Le paradoxe de cette année, c'est que tous les censeurs, bien pensants, scientifiques, qui se succédèrent médiatiquement n'auront fait qu'instrumentaliser un sentiment de mal-être général et d'angoisse vis-à-vis de la « Grande faucheuse ».
Finalement, les temps anciens avaient ceci de rassurant qu'on vivait en décalage avec le temps réel et que les morts étaient autant acceptés que les vivants. Ce n'est pas pour rien que le cimetière jouxtait l'église, et que lors des festivités religieuses le plus souvent, on allait festoyer entre vivants près des corps des disparus.
Nos sociétés actuelles ont tourné le dos à ces réalités, n'acceptant plus l'inéluctable, ne voulant plus les voir. La volonté de soigner les gens au forceps, au mépris des libertés individuelles, d'isoler les « vieux », de déprimer les jeunes au nom d'une idéologie mondiale de« grande sauvegarde de l'humanité » est défendable humainement, mais totalement contestable politiquement. Les gouvernements successifs en tournant le dos à tous les lieux de vie (enceintes sportives, restaurants, lieux de culture) n'ont fait qu'« éteindre » un peu plus les populations, craintives de tout... et de plus en plus d'elles-mêmes !
« L'instinct de mort ! » a remplacé celui de vie, le territoire des ténèbres, celui de l'Olympe et du soleil ! Rendre le chemin de l'espoir aux européens en particulier ne pourra pas se décréter par des injonctions politiciennes. Ces multiples confinements auront eu durant de nombreux mois un impact violent sur la volonté créatrice de nos jeunes et ne peuvent qu'accroître des contrastes sociaux déjà béants !
Malraux disait « le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ! ». Cette prophétie est bien réelle malheureusement, mais la religion qu'il imaginait ne fut pas tant de type spirituel que médical ! Incontestablement, le Prozac a supplanté le bénitier !
« Homme libre, toujours tu chériras la mer » s'écriait Charles Baudelaire. Le « poète a toujours raison », Jean Ferrat n'aurait pas aimé l'année 2020... les masques... Véran, Salomon, Macron, Castex, le conseil scientifique, dans ce qu'ils avaient de tragi-comiques ! Il eut mieux valu faciliter les promenades en bord de mer, que celles dans le métro parisien !
Oui, messieurs les politiques, vous avez joué avec la mort et vous avez préféré des « certitudes médicales approximatives » au bon sens et aux instincts de vie. Vous ne ferez jamais reculer la première, mais vous avez « obscurci » la seconde. Vous nous avez rendu impossible, en agitant la peur du gendarme, toute velléité libertaire qui nous conduirait vers la rédemption autant que d'hypothétiques vaccins dont on ne sait rien.
Mort et maladies je vous hais !! Si je dois formuler une seul vœu en 2021, c'est que la vie et la joie regagnent nos cœurs. Cela ne passera assurément pas par BFM TV, CNews et autres médias autorisés. Alors, oui, dans les jours qui viennent voyez votre famille, aimez vos proches, faites du sport, écoutez de la musique, servez les autres... c'est le plus sûr moyen de vivre et de combattre l'« instinct de mort ! ».
Christophe GAMEIRO
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