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Accueil du site > Tribune Libre > « L’ultra-libéralisme » en amour

« L’ultra-libéralisme » en amour

Les mêmes qui font leur fonds de commerce dans la critique acerbe du "marché" comparé à une "jungle sauvage" n'ont de cesse d'exiger de pouvoir "licencier" l'amour déchu, et même sans indemnités lorsque l'on n'est pas marié ; d'où l'idée que le contrat n'est pas en fin de compte mauvais même là où il était interdit d'interdire. La loi, la loi, la loi, dans la production, la prévention, le principe précaution, partout ; sauf en "amour".

La suspicion à tous les étages lorsqu'il s'agit de la liberté d'entreprendre et aussi de penser : ainsi les penseurs dits "libéraux" sont à l'Index à l'Université ou alors réduits à quelques poncifs ; Carl Menger de l'école autrichienne étant par exemple présenté comme un "essentialiste" parce qu'il prétend qu'aucune instance politique peut se vanter d'avoir créé le marché, Walras est moqué parce qu'il prétend penser dans les conditions d'une "concurrence pure et parfaite"…mais jamais sera expliqué pourquoi l'économie socialiste a échoué ou s'est recyclée dans la réhabilitation du marché comme en Chine. Jamais.

Vous entendrez plutôt un Frédéric Taddéi sur Europe 1 (et ses invités) indiquer que jamais l'amour fut aussi libre que dans la Russie soviétique entre 1917 et 1932 (avant que le méchant Staline ne sévisse bien sûr, cause de tous les maux) alors que dans la même période la chasse au dissident politique et économique s'organisait jusqu'à finir par l'extermination des "koulaks en tant que classe" à partir de 1928. Mieux vaut ainsi enseigner Sade relu par Foucault, Masoch et Deleuze, que Von Mises et Hayek catalogués pratiquement d'auteurs sulfureux à ne pas mettre entre toutes les mains sans moultes précautions grâce aux préfixes "ultra" et aujourd'hui "néo" libéral.

Par contre, en "amour", et ce à l'opposé de sa définition populaire qui a toujours été liée à l'idée de l'amour courtois, à savoir le fait que non seulement le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas mais aussi que la fidélité, la vérité, sont les conditions indispensables pour l'amour qui se distingue de la passade, de la passion physique, il s'avère que depuis l'émergence du second romantisme (qui a opposé vérité et passion tel un Rilke, puis Blanchot, Bataille, les maîtres de Foucault, Deleuze, Lyotard…) ensuite du communisme enfin de l'existentialisme, l'amour a été de nouveau cassé en deux.

Il affiche de plus en plus désormais la vieille conception paganiste, barbare, que l'aristocratie véhiculait encore, celle de la vie amoureuse écartelée : l'une, officielle, pour la reproduction assurant la filiation, l'autre, officieuse, celle du harem et des courtisanes.

Or, dans cet amour courtois qui permettait de suppléer ou de faire fi du manque de pouvoir et de richesses, l'objet aimé devient tressé de toutes les valeurs, il ne peut donc être trompé sans toutes les discréditer. Il est possible, certes, de se tromper d'objet d'amour et de prendre pour un amour durable ce qui n'est qu'un béguin, quand bien même son foudroiement. Mais dans ce cas il faut au moins avoir la franchise de le dire. L'amour aristocrate et bourgeois se caractérisait plutôt dans le fait de le cacher. Sans doute aussi parce qu'il n'était pas possible de divorcer du point de vue de l'Église. D'où le divorce comme revendication révolutionnaire. Et populaire. Même s'il était très difficile de refaire sa vie en milieu modeste. Cependant, dans l'ensemble, la fidélité est bien plus présente, pas seulement forcée, y compris sentimentalement, parmi le peuple que dans les classes dites éclairées qui s'imaginent plus évoluées lorsque l'on se sent libre comme l'air à "s'émanciper" de femme et d'enfants pour "renaître" à chaque nouvelle passion qui donne l'impression de courir et de rire avec les dieux, comme un cheval fou, sous les cascades cristallines.

Pourquoi parler de tout cela maintenant ? Parce qu'une femme est en train de souffrir d'avoir été trompée, elle s'appelle Valérie Trierweiler, et elle est même à l'hôpital.

"Qu'elle prenne du Prosac" conseilleront sans doute celles et ceux qui admettent cet ultra libéralisme là. Celui-ci est tel d'ailleurs que l'idée même de "couple" est sujet à caution. L'intérêt étant d'observer dans cette "éthique du nihilisme" qui est avec qui et non pas pourquoi ; le cadre esthétique du porno prévaut de plus en plus en réalité (comme l'avait bien vu Jean Baudrillard) : le couple est admis, mais seulement au moment de l'acte ; et encore, car pour les adeptes de l'échangisme généralisé (euphémisme pour l'idée de partouze) le "couple éphémère" est devenue la norme dans certains milieux y compris officiels ; il n'est pas rare dans certaines soirées que cela se saute dessus sans retenue et devant tout le monde ; le couple éphémère comme "installation" au sens de l'art contemporain, où l'on "s'installe" provisoirement dans tous les sens du terme, y compris dans un appartement chargé d'histoire, rue du Cirque, l'on se croirait dan un film de Claude Sautet. Mais dire quelque chose apparaît "ringard" voire "d'extrême droite" bien sûr, ce qui est hilarant lorsque l'on a vu le film de Pasolini Salô ou les 120 jours de Sodome montrant les ébats de l'élite fasciste de l'époque.

Aujourd'hui le fascisme c'est toujours l'autre, et la génération des années soixante n'a fait en réalité que renouer avec la conception paganiste de l'amour pseudo-romantique drainée par les élites aristocrates et bourgeoises en vogue dans "les eaux glacées de leurs intérêts égoïstes" pour parler comme Marx.

Il ne s'agit donc pas seulement de se gausser comme le fait Zemmour (sur RTL) en soulignant qu'Hollande au fond renoue avec cette tradition, il s'agit aussi de souligner que Hollande pratique en privé ce qu'il condamne en public : la relation kleenex des "licenciements boursiers". Le tout sans compassion. Sinon le "care"de la pilule, amère, antidépresseur remboursé (de moins en moins) par la SS. Ainsi tout va pour le mieux madame la Marquise.

 


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9 réactions à cet article    


  • Pentangle Pentangle 15 janvier 2014 13:37

    Bonjour,

    Hollande a voulu faire comme Mitterrand ; il l’a fait. Le hic, c’est qu’il s’est fait gauler connement. Quant à la mère Valoche, elle n’est pas à plaindre. Non seulement elle n’est rien, mais en plus elle a droit à tout (escorte, cabinet...). Le truc, c’est qu’elle pétoche la Valoche : elle risque de tout perdre si Pépère la vire. Donc, elle fait son cinéma.
    Son arrogance et sa mièvrerie l’ont perdue, elle n’en est qu’au début de sa chute.


    • oncle archibald 15 janvier 2014 17:40

      @ Lucien Sabir : Effectivement cette notion d’amour jetable façon Kleenex usagé trouve un aboutissement dans le divorce quasiment sans formalités que veut instituer le législateur sous prétexte de « modernité » mais en fait parce que les divorces coutent cher en heures de fonctionnaires et engorgent les Tribunaux. 

      Un ami Avocat me disait qu’il sera d’accord pour que l’on efface la notion de « faute » dans le divorce et pour favoriser la « rupture express » par consentement mutuel le plus souvent par la volonté du « dominant persuasif », le jour ou il sera sûr qu’aucun des deux membres de ce qui était le couple ne souffre de la trahison de l’autre ..... Ca n’est pas demain la veille.

      Et ça comme dirait notre bon Président Normal, ces problèmes là touchent à l’intime et ne se règlent pas sans douleurs. Comme mon pote avocat je crois qu’un Juge impartial et dépassionné n’est certainement pas de trop pour aider à trouver la moins mauvaise solution possible ... Si on lui donne le temps de le faire .... et si le couple est marié ...

      Un rotweiller a la réputation de ne jamais desserrer sa puissante mâchoire quand il a mordu. A mon avis Madame Valérie ne va pas lâcher le morceau comme ça ..... Attendons la suite, elle risque d’être croustillante, voire saignante, au sens figuré bien entendu puisque la « sécurité du Président » a toujours été assurée ....

      • Mycroft 16 janvier 2014 11:02

        L’amour n’est qu’un concept abstrait sans définition précise. La société est une réalité concrète.

        La « sécurité » en amour, ça n’intéresse que ceux qui sont incapable de se remettre en question. Pour ces gens là, deux solutions : souffrir des ruptures ou rester seul. L’amour n’est pas un droit.

        La sécurité dans le monde sociale (sécurité de la personne, des biens, mais aussi de l’emploi et stabilité du mode de vie) est une nécessité pour pouvoir vivre. On peut être aussi adaptable que possible, on ne peut pas vivre dans un système chaotique. On ne peut pas y créer. La sécurité est un droit.


        • Crab2 16 janvier 2014 11:28

          Les Z’amours

          Le 09/04/2012, j’écrivais :

          Carla Bruni et Valérie Trierweiler intarissables sur leurs compagnons

          http://laiciteetsociete.hautetfort.com/mon-homme-a-moi/



          • alinea Alinea 16 janvier 2014 12:41

            Je ne vois pas bien où vous voulez en venir : pauvre Valérie ?
            Oui, bien sûr !
            Mais enfin Hollande a quitté Ségolène avec qui il n’était pas marié, pour Valérie avec qui il ne se mariera pas ! Valérie qui le « hissait haut » et de qui, à vue de nez, il s’écartait ! Il a bien semblé à tout le monde que Hollande était son « objet » !! peut-être aujourd’hui a-t-il trouvé celle avec qui il se trouve sur la même longueur d’onde, loin des rivalités et des rapports de pouvoir !
            Pourquoi pas ?
            Un Président non marié, c’était déjà pas très normal !! Mais plus simple à régler qu’un divorce ; je ne vois pas pourquoi elle s’incrusterait ; pas de statut de « la première dame » !! pas très enviable le job....avoir de l’ambition par personne interposée !!


            • Crab2 16 janvier 2014 19:13

              L’amour, les amours sont la nature : l’être humain est la nature et en même temps une petite partie de la nature : le mariage ( avec sa moraline ) est une invention du patriarcat sacralisé par les religions monothéistes

              Ce qui dérange quelques français, mais encore plus chagrinent ’’ nos ’’ puritains anglo-saxons, c’est qu’en France un homme peut parfaitement cool rouler en scooter, ce n’est pas un problème : les françaises se contrefichent des ’’ belles américaines ’’ ;

              sans complexes les femmes n’hésitent plus à ’’ piquer ’’ le mari ou le compagnon des autres femmes




                • Crab2 20 janvier 2014 11:11

                  « Marche pour la vie »


                  ’’ situation de détresse ’’

                  Bruno Le Maire, ce matin sur BFMTV : « ce n’est pas le moment de cliver les français.... » - mais qui clive !?

                  L’argument : ’’ cliver les français ’’ ;

                  ce n’est jamais le moment,...

                  Suites :

                  http://laicite-moderne.blogspot.fr/2014/01/marche-pour-la-vie.html


                  Ou sur :

                  http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2014/01/20/%C2%A0marche-pour-la-vie%C2%A0-5276527.html



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