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Accueil du site > Tribune Libre > La renaissance de Jeannette Bougrab

La renaissance de Jeannette Bougrab

Depuis Helsinki, Jeannette Bougrab adresse aux français une lettre d'exil qui constitue un appel à la résistance.

Il y eût une première naissance à Châteauroux, il y a 44 ans, au cœur du Berry millénaire de Georges Sand et d’Alain Fournier.

Sur ses frêles épaules, l’écrasante mémoire collective de tout un peuple qui, pour avoir choisi la France, fut martyrisé par ses frères ; abandonné par sa patrie. Dans son cœur, les regrets éternels de sa mère, Zohra, mariée à 14 ans, qui eût tant aimé devenir infirmière pour soulager les corps meurtris par la guerre. Mais au pied de l’atlas blidéen, l’archaïsme des traditions et l’assommante pauvreté, consument dans des brasiers infinis les rêves de tant de petites filles.

Jeannette Bougrab sut très tôt qu’elle ne devrait sa survie qu’à de longues et laborieuses études. Transcender sa condition sociale pour un jour devenir une femme libre de vivre, affranchie de toute tutelle. Elle y parvint. Promis au BEP sanitaire et sociale, elle obtint un doctorat en droit public avant de devenir magistrate au Conseil d’Etat puis ministre à l’âge de 37 ans.

Jeannette Bougrab est de ces êtres qui se subliment lorsqu’ils sont mûs par un idéal. Derrière le combat pour la laïcité qu'elle mena contre vents et marées à la tête de la Halde, il y avait avant tout une lutte pour l’émancipation des femmes. Elle se refusa de livrer aux soldats de l’ombre la moindre faille qui aurait permis une remise en cause insidieuse du principe d’égalité entre les femmes et les hommes. Elle continuera à défendre la cause des femmes en réalisant un documentaire sur les petites filles « Interdites d’école ». Jeannette Bougrab savait mieux que personne combien la mise à l’écart de "la moitié du ciel" du système éducatif pouvait expliquer le succès des idéologies les plus obscurantistes.

C’est au cours de l’année 2015 qu’elle perdit sa première vie. Vouée aux gémonies, par une nuée d’esprits chagrins, pour avoir osé mettre en lumière son âme meurtrie, Jeannette Bougrab dut s’exiler à Helsinki afin de fuir la violence d’une société empoisonnée par le ressentiment et les divisions. Elle qui voulut porter haut les voix de ces millions de filles à qui l’on refusait une éducation, ne reçut pour seule réponse que rires gras et quolibets.

Cet automne, Jeannette Bougrab nous est revenue avec une lettre d’exil comme faire-part de sa renaissance. Dans ses terres de glace, elle semble avoir trouvé en elle la résilience nécessaire pour repartir au-devant de son destin. Peut-être finira-t-elle un jour par personnifier le sampo, cet objet merveilleux qui, même après avoir été brisé, apporta bien-être et prospérité aux héros du Kalevala.

Si face à la montée du nazisme, Stefan Zweig persista dans son refus de choisir un camp, Jeannette Bougrab prend sa plume pour désigner l’ennemi et esquisser en quelques chapitres le chemin de résistance. Avant que les ultimes vestiges de notre époque ne soient happés par le monde d’hier, elle nous apprend à dépasser nos peurs ; à s’extraire de ce paralysant conformisme intellectuel pour partir au front contre l’obscurantisme.

Elle se désole que Kamel Daoud et Boualem Sansal ne soient pas soutenus par la patrie des Lumières et rappelle que, si sur nos plages des femmes revendiquent le droit de porter le burkini, de l’autre cotée de la Méditerranée, les Algériennes luttent courageusement pour avoir le droit de porter un bikini.

Jeannette Bougrab cultive la nostalgie d’un monde arabe tolérant où les films de Farid El Atrache mettaient en lumière, à l’image de la mythique Asmahan, des femmes libres d’aimer ; un Moyen-Orient qui résonnait non par les prêches rétrogrades des intégristes, mais par la voix puissante d’Oum Kalthoum. Elle regrette l’esprit éclairé d’un Nasser qui refusa d’imposer le port du voile aux Égyptiennes et rêve à l’émergence d’un homme capable de reprendre le flambeau du sauveur des chrétiens de Damas, l’émir Abd el-Kader.

Paradoxalement, Jeannette Bougrab, laïque et athée, appelle à un sursaut transcendantal. Face à un « ennemi qui divinise la mort », elle nous exhorte à réapprendre « à mourir pour une plus haute idée de la vie, avec la ferme volonté d’être prêts à tout donner pour elle. »

Si les morts gouvernent les vivants, Jeannette Bougrab en est leur messager. Elle, la fille du caporal-chef Lakhdar, a connu les abîmes. Désormais elle ne lutte plus seulement pour sa propre destinée mais pour celles qui sont tombées hier et celles qui tomberont demain.

De cet idéalisme pur, de cette sensibilité à fleur de peau, elle puise la force et la délicatesse qui lui permettent de se battre inlassablement, du haut de ses stilettos, pour cette « haute idée de la vie » qui confine à l’éternel.

 

« Lettre d'exil : la barbarie et nous », Jeannette Bougrab, Les Editions du Cerf, 224 pages,18 euros.


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64 réactions à cet article    


  • Sois forte Jeannette. 


    • MagicBuster 19 octobre 13:52

      http://www.cercledesvolontaires.fr/2015/01/17/mysterieux-suicide-du-policier-charge-de-la-connexion-charlie-hebdo-jeannette-bougrab-panamza/

      Il y a des info bizarres qui circulent .... rien officiellement et cette dame quitte le pays ....

      Beaucoup de doutes sur tout ça.


      • troletbuse troletbuse 20 octobre 22:46

        @MagicBuster
        Après la tUerie Cgarlie, on l’a éloignée. Et Helric Fredou, suicidé, enquêtait sur les Bougrab. Bizarre ;


      • Christian Labrune Christian Labrune 19 octobre 13:58

        Avant même d’avoir lu l’article sur lequel je reviendrai probablement, je signale l’émission que j’ai vue hier sur i24News où Elie Chouraqui dialogue avec Alain Finkielkraut et fait intervenir Jeannette Bougrab dans la deuxième partie. La video est à trouver sous la photo qui est en haut de la page, un peu après le début du texte. C’est l’une des émissions les plus intéressantes de cette récente série.

        https://www.i24news.tv/fr/actu/international/157792-171015-comment-l-antisemitisme-est-devenu-antiraciste-selon-finkielkraut-sur-i24news


        • MagicBuster 19 octobre 14:02

          @Christian Labrune

          Il est dingue ce type.

          L’antisémitisme n’est qu’une des nombreuses formes de racisme — pourquoi le traiter à part ?


        • Christian Labrune Christian Labrune 19 octobre 14:06

          @MagicBuster
          Le lien auquel renvoie votre intervention comporte un texte abscons et contient une video qu’on ne peut pas ouvrir.
          Juste avant de refermer la page, que vois-je ? Le logo du « cercle des volontaires » ! Un groupuscule fascisant de la mouvance Soral, spécialisé dans le conspirationnisme et la crétinisation des imbéciles. Je suppose que je vous l’apprends : errare humanum est ! Sinon, vous vous seriez probablement évité le ridicule d’une pareille publicité.



        • Christian Labrune Christian Labrune 19 octobre 14:23

          @MagicBuster
          Le Parisien n’a jamais été un journal pour les débats intellectuels, mais je doute qu’il ait jamais pu aller aussi loin dans l’abjection collaborationniste que Le Monde ou Libération.
          Mediapart, est à la botte des Frères musulmans. C’est tout dire.
          On dirait vraiment que vous tenez à donner des verges pour vous faire battre !


        • quand 22 octobre 13:33


          @Christian Labrune
          « où Elie Chouraqui dialogue avec Alain Finkielkraut et fait intervenir Jeannette Bougrab dans la deuxième partie »

          la France rance collabo, non ?
          qui pue la haine sanglante ?


        • Concernant Finkielkraut, quelqu’un pourrait-il m’éclairer ? Il a très bien connu Janine Chasseguet Smirgel (https://www.cairn.info/revue-pardes-2004-2-page-51.htm) qui a écrit un livre virulent dans lequel elle dénonce Marcelle IACUB, la GPA, la PMA (Le corps comme Miroir du Monde). Et Monsieur Finkielkraut est copain-copain avec IACUB. Dit en passant.


          • Christian Labrune Christian Labrune 19 octobre 14:29

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.
            Quand vous cesserez de regarder la doxa psychanalytique comme une sorte d’évangile, vous vous sentirez mieux et plus libre. Tout ça, c’est le vieux monde, et il est déjà mort.
            Chasseguet-Smirgel que j’ai lue il y a trente ans, n’est plus du tout lisible et ne fait même pas rire. C’est tellement périmé que le bouquin tombe des mains. Iacub est est une femme intelligente ; ce qu’elle écrit est souvent très décapant, mais pas toujours.


          • @Christian Labrune


            Rejeter Freud et la psychanalyse, c’est déjà le signe par excellence de l’ANTISEMITISME. Même si Socrate et le : « Connais-toi toi-même » est d’origine grecque. Bon !, j’ai comme l’impression d’avoir jeté un fameux pavé dans la mare...

          • @Christian Labrune

            Allez « LABRUNE » sortez-la définitivement votre merde (votre pseudo me semble et c’est le moins qu’on puisse dire : PUANT)

          • Christian Labrune Christian Labrune 19 octobre 14:56

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Mon « pseudonyme », je n’ai eu qu’à le recopier sur ma carte d’identité. Je ne suis pas du genre, quand j’ai quelque chose à dire, à me cacher derrière un masque. Mon patronyme est peut-être ridicule, mais je n’en suis pas responsable.

            Par ailleurs, sur ce site, je suis très régulièrement traité de « sioniste » par de sinistres connards qui pensent ainsi m’insulter. Mais je n’aurais garde de m’en défendre : je suis sioniste autant qu’on peut l’être, et bien plus que ne le sera jamais une gauche israélienne qui est la première à souffler à la presse occidentale des médisances contre Israël dont cette dernière s’empressera de faire ses choux gras.

            Votre comportement sur ce site est celui des trolls : dix messages pour ne rien dire, ou pour dire des sottises. Pour une fois, j’ai eu la faiblesse de donner suite, mais on ne m’y reprendra pas : don’t feed the troll !


          • arthes arthes 19 octobre 22:13

            @Self con troll
             Moi j aime bien les histoires d elfes et de lutins....On voit plein de trucs comme ca dans la nature, et des fois on pourrait voir des licornes dans certaines circonstances si les chasseurs ne debarquaient pas avec leurs c15...Rompre le charme cruel du sacrifice.


          • benedicte_gab 19 octobre 23:30

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Quand j’ai lu "Rejeter Freud et la psychanalyse, c’est déjà le signe par excellence de l’ANTISEMITISME." ça a déclenché un fou rire instantané !

            Libre à vous d’être une adepte de Freud et que vous fassiez partie de ceux pour qui il est bon ton de brandir l’accusation d’antisémitisme en dépit du bon sens, mais je n’avais jamais entendu ou lu une utilisation de cette accusation aussi cocasse et ridicule.

            Je vais faire exploser votre baromètre très personnel de l’antisémitisme, en vous disant ce que je pense deFreud  : un pervers puritain-pornographe (peut-être même pédophile) obsédé par le sexe, ayant projeté ses fantasmes malsains sur les autres pour les manipuler et les y enfermer, en excluant la moitié de l’humanité (les femmes) comme étant incompréhensibles (ce qui ne l’empêchait pas d’élucubrer à leur sujet). Je peux vous dire également que ça n’avait pas été une franche surprise quand j’avais appris qu’une partie de ses malades, mais plus significatif également de ses collaborateurs étaient devenus irrémédiablement fous ou s’étaient suicidés … c’est un problème plus fréquent qu’on ne l’imagine dans l’entourage des personnes perverses.

            Non, Freud ne peut en aucun cas être rattaché à Socrate, si des parallèles peuvent-être fait avec le « connais-toi toi-même » de Socrate c’est avec le processus d’individuation de Jung ou celui de connaissance de soi de Krishnamurti …

            Quand au « fameux pavé dans la mare » ... vous avez des hallucinations ?


          • arthes arthes 19 octobre 23:47

            @Self con troll
            L option c est que le gosse il ecoute sa mere grand qui lui raconte ce que font les petits lutins dans les jardins publics dans le noir quand la nuit est venue...C est plus rigolo et instructif que la tablette du papy !!! C est clair quoi !


          • @benedicte_gab

            Les grands génies on tous une composante perverse, un peu plus importante que vous et moi. Seriez-vous prête à brûler la Joconde parce que Léonardo Da Vinci était pédophile ?

          • Trelawney Trelawney 20 octobre 08:22

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.
            A vous lire, la couche de « calcite » que vous avez entre les deux oreilles est abyssale. Malheureusement cette couche vous a ôté tout sens critique.

            Le monde évolue et notre façon d’entrevoir ce monde bouge avec. Ce qui était vrai il y a 300,200 ans et même hier ne l’est plus aujourd’hui.
            Freud a développé un concept intéressant à son époque, mais complètement farfelu aujourd’hui.
            Tout comme Newton qui a établi une théorie sur la gravitation que l’on a nommé « loi universelle », jusqu’à ce qu’un certain Einstein vienne dézinguer sa théorie par une loi sur la relativité elle même remise en question aujourd’hui.
            Il faut bien se rendre compte que notre cerveau humain (y compris celui des génies) n’est pas capable d’appréhender et de comprendre le monde qui nous entoure.
            les « lois universelles », « théorèmes », « définitions », ne sont rien de plus que des prédictions qui se sont réalisées plusieurs fois.
            Ce qui était vrai avant ne l’est plus aujourd’hui, et il faut faire avec.

            Qualifier d’antisémite, ce qui mettent en doute les théories d’un Freud vous classe directement dans la catégorie des clowns

          • Albert123 20 octobre 12:45

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.


            « Rejeter Freud et la psychanalyse, c’est déjà le signe par excellence de l’ANTISEMITISME »

            la bonne blague, grattez moi le dos.






          • Christian Labrune Christian Labrune 19 octobre 14:19

            à l’auteur,
            Je suis né aussi du côté de Châteauroux où j’ai fait mes études, et c’est bien une sorte de miracle qu’une fille de harki ait pu s’extraire, à force d’intelligence et de volonté, de ce trou perdu. Elle est une de ces très rares figures de la résistance à un totalitarisme montant, qui resteront d’une époque noyée dans la plus profonde imbécillité.

            Je n’ai pas encore lu son bouquin, qui vient de sortir et que je vais me procurer.

            Un autre destin particulièrement exemplaire, c’est celui de Waleed el-Husseini qui a publié il y a quelques mois « Une trahison française - Les collaborationnistes de l’islam radical dévoilés ». C’est peut-être bien la cinquième fois que je fais de la publicité pour ce bouquin sur AgoraVox, mais il le mérite. Ce jeune Palestinien réfugié en France et sous protection policière permanente à cause des menaces de mort, ayant assumé son athéisme sur son blog, avait tâté de la prison et des tortures dans les prisons de Mahmoud Abbas. Les palestinomanes feraient bien de lire un texte qui leur remettrait rapidement les idées en place.

            Présentation et quelques extraits à cette page :
            https://la-voie-de-la-raison.blogspot.com/2017/03/une-trahison-francaise.html


            • Anton Struve Anton Struve 19 octobre 14:37

              @Christian Labrune Merci pour votre commentaire. Son parcours est effectivement remaquable. Un pur produit de la méritocracie républicaine. Un rêve français. C’est une femme extraordinaire qui gagne à être connue.

              Anton Struve


            • @Anton Struve


              Le parcours de Janine C. S (étrange, après Jeannette, Janine) ne l’est pas moins. L’une ne doit pas effacer l’autre. Même si moi-même, j’ai pris ma propre route rapport à Janine Chasseguet Smirgel. Mais IACUB, malgré sa grande intelligence, je la vomis. A .moins que..autre hypothèse : IACUB a écrit toutes ces horreurs sur la GPA et la PMA pour attirer l’attention sur l’horreur de cette déshumanisation qui se profile à l’horizon style LEBENSBORN (les écrivains sont souvent tordus).

            • Taverne Taverne 19 octobre 14:21

              La laïcité, cela ne suffit pas, ce n’est pas actif. Nous avons besoin de refonder les bases solides d’une éthique de société qui nous ressemble. La laïcité permet tout juste de résister aux excès religieux, mais elle offre le flanc au relativisme, à l’individualisme et au fanatisme. Nos principes de vie les plus solides se trouvent dans la Grèce antique et chez nos philosophes. Il suffit de les reprendre, de les étayer, de les actualiser, éventuellement de les compléter. Avec la seule laïcité, nous ne sommes pas assez armés contre l’islamisme. Nous sommes idéologiquement en état de faiblesse.

              Je m’inquiète de l’interprétation que l’on pourrait donner à votre phrase : "elle nous exhorte à réapprendre « à mourir pour une plus haute idée de la vie, avec la ferme volonté d’être prêts à tout donner pour elle. » Ce n’est pas clair...


              • Christian Labrune Christian Labrune 19 octobre 14:46

                Nos principes de vie les plus solides se trouvent dans la Grèce antique et chez nos philosophes. Il suffit de les reprendre, de les étayer, de les actualiser, éventuellement de les compléter.
                ========================================
                @Taverne

                C’est sans doute en lisant Platon ou Aristote que, l’an passé, vous vous êtes mis à justifier de la manière la plus ridicule le port du burkini sur les plages ?

                La Laïcité ne prête nullement le flanc au relativisme. Elle est très précisément cette position neutre et surplombante qui relativise les prétentions à l’absolu des délires religieux. Elle ne porte en elle aucune prétention à aucun absolu puisqu’elle pose la nécessité, pour le maintien de l’harmonie sociale, du doute et du scepticisme, sans toutefois l’imposer : chacun reste libre de délirer si ça l’amuse. Elle est la loi qui permet la coexistence, dans la Cité, de tous ceux qui la composent, dans leur diversité même. Contester ce principe, ce serait contester le droit de chacun à la sécurité. Je risquerai ce paradoxe que je pourrais éventuellement démontrer : la laïcité est nécessairement radicale. Elle ne saurait être relativisée par aucun adjectif.

                Partant, les voiles de l’islam et autres burkinis, qui transforment les femmes qui les portent en étendards de l’islam radical, celui qui vient d’être anéanti à Raqqa, constituent une provocation tout à fait intolérable et sont une véritable déclaration de guerre à la nation où ils s’exhibent.


              • Taverne Taverne 19 octobre 15:13

                @Christian Labrune

                Vous oubliez de mentionner que le Conseil d’Etat a tranché et a jugé, comme moi, qu’il n’y a pas lieu de persécuter les femmes qui désirent se vêtir pour se baigner, s’il n’y a pas de risque avéré de grave trouble à l’ordre public. Désormais, ne vous référez donc plus à mon point de vue mais à la décision du Conseil d’Etat.


              • oncle archibald 19 octobre 17:56

                @Taverne : la question n’est pas ce que ces femmes font mais pourquoi elles le font. Les termes de la loi définissent ce qui est interdit, tout le reste étant réputé autorisé. Elle ne sonde pas « les reins et les cœurs ». La « provocation vestimentaire » n’est pas un délit, elle n’en reste pas moins une façon de dire « je t’emmerde ».


              • Christian Labrune Christian Labrune 19 octobre 19:36

                La « provocation vestimentaire » n’est pas un délit, elle n’en reste pas moins une façon de dire « je t’emmerde ».
                ------------------------------------------------------------
                @oncle archibald
                Oui, mais Taverne pense que nos sommes tous d’anciens colonialistes et de parfaits salauds. Il ne voudrait pour rien au monde qu’on colonisât encore quelques régions du monde, mais il faut quand même comprendre les musulmans : leur religion leur prescrit de convertir le monde entier à l’islam et même, s’il le faut, de massacrer ces salauds de mécréants qui auraient, comme Jeannette Bougrab et pas mal d’autres, l’audace de résister au tout-islam.

                 Coloniser, non. Etre colonisé, c’est autre chose : on l’a bien mérité. Les salauds de Charlie Hebdo avaient bien mérité leur sort, qui avaient délibérément heurté la sensibilité des musulmans par leurs odieuses caricatures, ceux du Bataclan aussi, qui écoutaient des musiques interdites par l’islam, et je ne parle pas de ces autres salauds qui buvaient des liquides haram aux terrasses de « la bonne bière » et de quelques autres établissements.

                Comme il lit Platon, Taverne vous expliquera, en bon lecteur du Gorgias, qu’il vaut mieux être du côté de Socrate que de celui de Calliclès. C’est-à-dire qu’il vaut mieux subir une injustice que d’être méchant en privilégiant son propre intérêt - et le pape François est aussi de cet avis.

                Le problème c’est quand même que dans cette distribution des rôles, l’islam se trouve du côté de Calliclès que désavoue Socrate ! On tombe donc à pieds joints dans un autre problème : faut-il laisser triompher l’injustice ? Doit-on laisser, sans résister, la Cité tomber aux mains des plus méchants et des plus tordus ? Les Athéniens n’avaient-ils pas construit des murailles autout de la ville pour se prémunir contre les attaques des barbares ou des autres cités ? N’entretenaient-ils pas une armée, une marine, ne nommaient-ils pas, en prévision de la prochaine guerre, des stratèges ?

                Mais j’ai très faim, il faut que j’aille dîner. On verra ça plus tard.


              • Christian Labrune Christian Labrune 19 octobre 21:08

                Vous oubliez de mentionner que le Conseil d’Etat a tranché et a jugé,
                -------------------------------------------------------
                @Taverne

                Vous oubliez que la République, depuis quelques années, ressemble de plus en plus à l’Etat français collaborationniste des années 40. Quand les premiers foulards sont apparus dans des classes de collèges ou de lycées, la seule solution qui se fût imposée, c’était pour le gouvernement, sans débat à l’Assemblée, de promulguer un décret rappelant la nécessité de respecter dans les établissements scolaires, et sans aucune restriction, la législation existante touchant à la laïcité.
                Jospin à l’époque, qui était incapable de prendre une décision, aura laissé traîner. Combien d’années entre ces premières tentatives téléguidées par les Frères musulmans et l’interdiction votée à l’Assemblée d’exhiber avec ostentation des signes religieux dans les écoles ?
                Rappelons que lors du vote sur l’interdiction de la burka (certains pays musulmans commencent aussi à l’interdire !) la plupart des députés PS, lâchement, avaient préféré se trouver hors de l’hémicycle pour n’avoir pas à voter. La défaillance des institutions républicaines durant toutes ces années, pour ne pas dire leur trahison, laissera dans l’histoire un souvenir atroce.

                Rappeler une décision du Conseil d’Etat en pareille circonstance, c’est à peu près comme si vous vous vous serviez des principes du gouvernement de Vichy pour justifier une orientation nouvelle du droit.
                 


              • covadonga*722 covadonga*722 19 octobre 21:16

                @Taverne
                 la décision du Conseil d’Etat.

                sans fout la mort de votre conseil ....
                Hobbes , disait a peu prés que quand un ETAT et ses représentants ne défendent plus le peuple dont ils procèdent , la révolte devient légitime , je crois que viendras un temps ou le peuple de ce sol prendras les armes et appliqueras a la classe éduquée et collaboratrice une pédagogie des plus salvatrice quoique coercitive.... 

              • oncle archibald 19 octobre 22:47

                @Christian Labrune : il y a très très longtemps j’étais potache en 6 émet au lycée Pierre de Fermat à Toulouse. Un surveillant général au regard perçant apercevant dans l’echancrure du col de ma chemise une médaille de baptême grosse comme une pièce de 20 centimes me demanda « d’enlever ça » quand j’étais dans le lycée. Ce que je fis aussitôt même si ca me paraissait incongru.


                Il n’y avait donc nullement besoin de légiférer pour demander aux jeunes filles voilées de bien vouloir enlever ce « signe religieux ostensible » interdit non pas par la loi de 1905 mais des décrets ultérieurs, dans les années 30 je crois, pour interdire le port de tout signe politique ou religieux dans les établissements de l’éducation nationale. Ce qui était possible en 1955 devait donc être possible en l’an 2000 et suivants.

              • Christian Labrune Christian Labrune 20 octobre 10:21

                Il n’y avait donc nullement besoin de légiférer pour demander...

                @oncle archibald
                On est parfaitement d’accord. J’ignorais ces décrets. Un décret n’est pas une loi, c’est une directive qui précise, si besoin est, les modalités d’application du droit déjà constitué. Il revenait au ministre de l’Instruction publique soit de rappeler ces décrets des années 30, soit d’en promulguer un autre qui allât dans le même sens. Il y aurait eu quelques frictions, mais les choses seraient rentrées dans l’ordre. La stratégie des Frères musulmans est d’avancer les pions aussi loin que possible, mais de n’insister pas s’il y a trop de résistances, parce que se serait se découvrir. Les politiciens devraient le savoir parce qu’il y a des services du renseignement qui peuvent leur transmettre des dossiers instructifs, mais dans ces années-là il s’agissait, pour les partis politiques, de caresser le musulman dans le sens du poil : votez pour nous, et vous en aurez plus. 
                Un tel comportement a quelque chose de criminel. Il sape l’autorité de la République et il livre, pieds et poings liés aux Frères et aux salafistes des populations musulmanes qui ne comprennent pas plus que les Français d’origine plus ou moins chrétienne ce qui est en train de leur arriver. J’évoquais plus haut le bouquin de Waleed al-Husseini qui sait bien mieux que nous
                ce que c’est que l’islam puisqu’il est né dedans, comme Wafa Sultan. Voici ce qu’il écrit à la page 88 :

                « Le port du niqab et de la burqa, ainsi que des entraves à l’identité féminine sous toutes ses formes, progressent en France malgré leur interdiction par la loi dans l’espace public. Mais les islamistes et certains laïcs, dont des groupes féministes occidentaux, continuent de défendre le port du voile, prétextant qu’il s’agit d’une liberté religieuse et d’expression, garanties par la Constitution et la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Ils accusent les opposants au port du voile de racisme, de xénophobie et d’islamophobie, et affirment que l’interdiction des signes religieux se heurte à la liberté fondamentale. Pourtant, le voile, dans son interprétation islamique, est l’un des outils pour soumettre et instrumentaliser la femme, qui est considérée comme inférieure. En islam, surtout dans les pays où son influence est forte, la femme est déshumanisée, privée de toute possibilité d’étudier, très souvent l’objet d’un mariage négocié et forcé, son avenir dans la communauté est décidé par les hommes. Rapidement, souvent très jeune, elle ne devient rien de plus qu’une esclave et un objet de désir sexuel aux ordre de son époux. Devoir d’obéissance, obligation de se soustraire au regard d’autrui, isolement forcé, le tout dans un climat de peur, voire de violence, la femme musulmane type n’a pour ainsi dire pas de vie ».

                J’ajouterai que le salon du livre d’Alger, récemment, a été boycotté par un certain nombre d’intellectuels parce que le responsable de cette manifestation avait commenté d’une manière plutôt complaisante un bouquin qui y avait été présenté l’année précédente et qui touchait à cette importante question : faut-il ou non battre sa femme ?
                Si on veut comprendre la position du problème, lire dans le Coran la sourate IV (Les femmes), verset 38.


              • oncle archibald 20 octobre 19:20

                @Christian Labrune : les textes publiés dans les années 30 sont deux circulaires qui portent le nom de leur auteur, les circulaires Jean Zay. On en trouve une bonne analyse ici :

                www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2004-1-page-131.htm


              • Ayant travaillé avec des femmes voilées, je n’ai pas de problème avec celui-ci. Les juifs ont aussi leurs papillottes. Bien que toutes formes de signes ostentatoires m’insupportent (Y compris la ROLEX). Mais il y a un problème avec le voile : l’hygiène.


                • Christian Labrune Christian Labrune 20 octobre 10:37

                  je n’ai pas de problème avec celui-ci. Les juifs ont aussi leurs papillottes.
                  =========================================
                  @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                  Comparez ce qui est comparable, s’il vous plaît. Combien d’attentats commis en France, non pas depuis trois ans, mais depuis des siècles, par des Juifs ultra-orthodoxes ?
                  Ces sortes de comparaisons sont absolument écoeurantes.


                • oncle archibald 20 octobre 12:33

                  @Christian Labrune : les juifs ultra hortodoxes, extrêmement minoritaires et marginalisés ont aussi leurs papillotes. Que je sache dans les écoles de la république on n’a aucun problème de juifs à papillotes pour une raison simple, il n’y en a pas. Tandis que des petites filles de huit ans enturbanees il y en a à foison ! Pire encore dans certains quartiers gare à la Maman qui habillerait sa fille avec un jean et un tee shirt. C’est degeulasse de prétendre au nom de la liberté qu’il ne faut pas s’opposer à l’oppression !


                • Christian Labrune Christian Labrune 21 octobre 03:05

                  Que je sache dans les écoles de la république on n’a aucun problème de juifs à papillotes pour une raison simple, il n’y en a pas.

                  @oncle archibald

                  Je ne songeais pas au publlic des écoles.
                  « Pour une raison simple », dites-vous, il n’y en a pas. Et il conviendrait peut-être que nous explicitions la raison pour laquelle il n’y en as pas : c’est que la vie qu’on leur y ferait mener serait absolument insupportable. Dans la région parisienne, les Juifs à qui des abrutis iront jusqu’à reprocher un repli communautaire ne peuvent plus laisser leurs enfants dans les écoles publiques où les brimades qu’ils y subissent sont devenues atroces. Les témoignages rapportés par Bensoussan dans « Les territoires perdus de la République » étaient accablants, et on était en 2002. Quand on lit ceux qui sont rapportés dans « Une France soumise », bouquin publié il y a seulement quelques mois, on voit que les choses se sont encore aggravées, et des directeurs d’établissements scolaires dépassés par une violence qu’ils ne contrôlent plus sont les premiers à conseiller aux parents de retirer leurs enfants pour les mettre dans des écoles confessionnelles où ils seront à l’abri de l’antisémitisme musulman.


                • Olivier Perriet Olivier Perriet 19 octobre 16:25

                  Promis au BEP sanitaire et sociale [...]

                  Il faudrait m’expliquer : quelle honte y-a-t-il à avoir un BEP ?

                  Vous croyez que tout le monde peut être universitaire, rappeur à succès, joueur de foot international ?

                  Vous ne croyez pas qu’en portant cette dévalorisation on fait le lit de l’irrespect envers l’école ?


                  • Anton Struve Anton Struve 19 octobre 18:50
                    @Olivier Perriet Lorsque vous venez d’un milieu modeste et à plus forte raison, si vous grandissez dans un coin reculé ou dans une banlieue, vous avez tendance à vous mettre des barrières mentales. Il y aura davantage de jeunes promis à un BEP à Sarcelles qu’à Neuilly sur Seine. Faire un BEP n’a rien d’honteux. Encore faut-il avoir choisie cette formation ; qu’elle n’ait pas été imposée.

                  • Garibaldi2 20 octobre 05:11

                    A l’auteur : Dans le genre cigare de pompes, on ne fait pas mieux. Vous avez ouvert un compte Agoravox spécialement pour faire la promo du bouquin ?

                    Merci d’écrire Français avec une majuscule quand vous parlez des citoyens.

                    ’’Sur ses frêles épaules, l’écrasante mémoire collective de tout un peuple qui, pour avoir choisi la France, fut martyrisé par ses frères’’. Et elle porte tout ça toute seule ?! Qu’on le veuille ou non les Harkis étaient bel et bien des collaborateurs de l’occupation et de la répression française. Le FLN n’ a pas utilisé de napalm pour brûler les maisons des colons, alors que notre aviation l’a bien utilisé contre les villages musulmans. Combien de centaines de milliers de morts Musulmans durant ces ’’événements’’ ? On comprend mal, comment Jeannette Bougrab a pu adhérer à un parti se revendiquant de poursuivre l’oeuvre de De Gaulle, l’homme qui a trahi les Harkis, les a abandonnés sur les quais des ports algériens, et a parqué ceux qui étaient arrivés à fuir, dans de véritables stalags, gardés par des gendarmes, et coupés de la population locale. Une honte dont le pouvoir gaulliste ne sera jamais lavé.

                    ’’Si face à la montée du nazisme, Stefan Zweig persista dans son refus de choisir un camp’’.
                    ENORME  ! Faut-il vous rappeler que Stefan Zweig, qui était Autrichien et juif, et non Allemand, a fui l’Autriche en février 1934 (Hilter a été plébiscité chef de l’état allemand en août 1934), pour se réfugier à Londres ?
                    Vous-même en 1932, alors que les nazis ne récoltaient que 37% des voix aux législatives allemandes, qu’auriez-vous fait de plus, ou de mieux, que Stefan Zweig ?

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