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Accueil du site > Tribune Libre > La Ruée vers l’Eau

La Ruée vers l’Eau

Le webdocumentaire "La Ruée vers l’eau » est une plongée au coeur du Turkana, région du nord-ouest kenyan, durement éprouvé par le réchauffement climatique et par l’accaparement de ses ressources. C'est l'histoire banale d'une "modernité" qui ne laisse d'autres choix aux populations locales que le sacrifice de leur identité pour survivre. 

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Route du Lotikipi
©Nicolas Marie

 

Lien vers le webdocumentaire : http://rueeversleau.org

La notion de « développement » ne souffre guère de contestation dans l’imaginaire collectif. Des palais présidentiels aux sièges des grandes multinationales et jusqu’au bistrot du quartier, elle est dans toutes les bouches lorsqu’il s’agit de résoudre les maux de l’Afrique. « Il faut développer l’Afrique ». Le politologue Gilbert Rist parle même du développement comme d’une religion « On y croit parce que tout le monde y croit, parce qu’on ne peut pas faire autrement que d’y croire, puisque tout le monde le dit ».
Et en soi, pourquoi remettre en cause la louable aspiration à un bien-être universel en éradiquant, au passage, la famine, la misère et la guerre ?
Le Turkana illustre parfaitement cette nécessité de développement. Cette région semi-désertique située aux confins du Nord-Ouest kenyan est frappée de plein fouet par un cycle de sécheresse de plus en plus intense. Le Lac Turkana qui borde la région à l’Est s’assèche. Les ressources en eau, déjà très limitées, s’amenuisent. Bordées par le Sud-Soudan, l’Ethiopie et l’Ouganda, ces terres se situent à la croisée des conflits qui minent l’Afrique de l’Est et les affrontements meurtriers y sont devenus monnaie courante. En 2013, les découvertes de gigantesques réserves d’eau ont suscité d’immenses espoirs. À ces annonces s’ajoutaient de grands projets hydroélectriques et agricoles. La région prenait tout à coup une nouvelle dimension aux yeux de Nairobi.

En bons croyants, nous avons vu là l’occasion d’observer le développement à l’œuvre et nous sommes partis au Kenya pour tourner un webdocumentaire. 

Sur place nous avons dû réviser ces jugements bâtis trop hâtivement depuis Paris... Vous trouverez ci-dessous le résultat de notre enquête : 

http://rueeversleau.org

 Ce format interactif permet au spectateur d’assister à la rencontre entre les Turkanas et le monde moderne. Une rencontre que nous ne pouvions traiter que par le prisme de l’eau, tant celle-ci reflète deux mondes qui s’opposent et paraissent, sous bien des aspects, inconciliables. 

 

Les réalisateurs : Thomas Laurent, Émilien Kurtz 

 


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8 réactions à cet article    


  • Alren Alren 16 juin 16:37
    L’assèchement des régions tropicales dû au réchauffement climatique et la croissance démographiques excessive de ces régions vont, c’est certain, causer dans l’avenir une crise dont on n’a pas idée.
    Et qui commencera par des drames ici et là ...

    Hélas aucune solution n’est envisageable : la démographie est une science prédictive exacte pour les prochains trente ans.

    • foufouille foufouille 16 juin 17:19
      on ne peut multiplier sa population par trois en trente ans sans conséquence.


      • JC_Lavau JC_Lavau 16 juin 23:00

        Ça, un documentaire ? Un étron, tout au plus.


        • bob14 bob14 17 juin 08:09

          La Terre est âgée de 4,5 milliards d’années, et tout porte à croire que son climat a beaucoup changé au cours de son existence. On sait par exemple qu’il y a 750 millions d’années, notre planète était totalement recouverte de glace des pôles à l’équateur ! C’est ce qu’on appelle la glaciation Varanger....

          La clef du mystère a été découverte en 1941 par le météorologue serbe Milutin Milankovitch : il a mis en évidence trois cycles de variations des paramètres orbitaux de la Terre. Après avoir été “oubliée” pendant une trentaine d’années, cette théorie, appelée théorie astronomique des climats, ou théorie des cycles de Milankovitch, a pu être confirmée par le forages glaciaires ayant permis de mieux connaitre le climat du dernier million d’années. Elle été reprise et consolidée par le mathématicien et astronome belge André Berger en 1988.

          Rappelons que dans l’histoire du climat, il y a deux périodes qui se répètent à des intervalles plus ou moins réguliers :

          • une période glaciaire qui dure dans son ensemble 100 000 ans
          • une période interglaciaire qui dure 10 000 ans

          • bob14 bob14 17 juin 08:10

            La clef du mystère a été découverte en 1941 par le météorologue serbe Milutin Milankovitch : il a mis en évidence trois cycles de variations des paramètres orbitaux de la Terre. Après avoir été “oubliée” pendant une trentaine d’années, cette théorie, appelée théorie astronomique des climats, ou théorie des cycles de Milankovitch, a pu être confirmée par le forages glaciaires ayant permis de mieux connaitre le climat du dernier million d’années. Elle été reprise et consolidée par le mathématicien et astronome belge André Berger en 1988.

            Rappelons que dans l’histoire du climat, il y a deux périodes qui se répètent à des intervalles plus ou moins réguliers :

            • une période glaciaire qui dure dans son ensemble 100 000 ans
            • une période interglaciaire qui dure 10 000 ans

            • bob14 bob14 17 juin 08:11

              @bob14.......

              La première cause de variation vient du fait que la Terre ne décrit pas autour du Soleil une orbite parfaitement circulaire, mais très légèrement elliptique en raison de l’attraction du Soleil. Toutefois l’attraction gravitationnelle de chacune des 8 autres planètes tend à faire varier légèrement l’excentricité de la Terre au cours du temps, et donc à déformer cette ellipse.

              Le degré d’ellipticité de la trajectoire se mesure par une quantité géométrique appelée excentricité. Pour une trajectoire circulaire, l’excentricité vaut 0, pour une trajectoire très elliptique, elle est proche de 1.

              L’excentricité de l’orbite terrestre est actuellement très faible, de l’ordre de 0,017 ; les perturbations planétaires entrainent des variations très lentes de celle-ci entre 0 (excentricité nulle=cercle) et 0,06 (ellipse légèrement aplatie). Ceci n’est pas grand-chose mais cela change légèrement la distance entre la Terre et le Soleil aux différentes saisons pour les deux hémisphères : plus l’excentricité est grande, plus les saisons sont contrastée (hiver rigoureux et été chaud).


            • bob14 bob14 17 juin 08:12

              @bob14.......

              Comme vous le savez certainement, l’axe de rotation de la Terre sur elle-même n’est pas perpendiculaire au plan de l’orbite autour du Soleil mais incliné. Cette inclinaison (Tilt en anglais) est la cause de l’existence des saisons.

              Si l’axe de rotation de la Terre semble immuable, il n’en est rien. Bien qu’il soit actuellement incliné de 23,5° par rapport à la normale à l’écliptique, cette obliquité varie de façon limitée de 21,5° à 24,5° selon un cycle de 41 000 ans (elle est en moyenne de 23,3°, autrement dit proche de la valeur actuelle). Tout comme le cycle précédent, celui-ci influe également sur le contraste qui existe entre les saisons : lorsque l’angle augmente (axe plus incliné), l’hémisphère Nord est plus froid en hiver et plus chaud en été, car il est alors plus proche du Soleil.

              La variation d’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre est liée à l’attraction gravitationnelle de la Lune et des autres planètes. La Lune tend cependant à stabiliser ces variations. En effet, sans notre satellite, celles-ci seraient beaucoup plus importantes, et la Terre serait moins propice à la vie.


            • bob14 bob14 17 juin 08:14

              @bob14.......Il y a 11 000 ans, l’inclinaison était maximale (24,5°). Il y a 31 000 ans, elle passait par un minimum (21.5 à 22°). Actuellement, l’inclinaison diminue, et elle sera de nouveau minimale dans 12 000 ans....

              Enfin, l’axe de rotation de la Terre est certes incliné, mais la direction de cette inclinaison change au cours du temps : c’est ce qu’on appelle la précession.

              L’axe de rotation terrestre balaye ainsi un cône de 44˚ à 49˚ sur la voûte céleste, entraînant un déplacement apparent de la position des étoiles, au cours des siècles, ainsi qu’une migration de la position des solstices et des équinoxes, le long de l’orbite elliptique de la Terre....

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