La Russie est de retour ?
Ce qui ressort de manière croissante de la crise syrienne, devant l’incertitude de Washington et de Paris, c’est le rôle croissant de la Russie qui défend un pays ami et allié de longue date. D’autant plus que, dans le cas présent, il s’agit aussi de défendre la « souveraineté », principe fondamental de l’ONU.
Outre que le rapport des inspecteurs de cette institution ne précise pas qui est à l’origine de l’utilisation de gaz Sarin (et l’on peut, comme le dise les russes, suspecter à juste titre certains groupes rebelles, notamment islamistes), les occidentaux n’ont pas une ligne claire dans cette affaire, car ils ont d’abord adopté une ligne dure (sachant qu’elle serait difficile à tenir) et font désormais du surplace (heureusement).
La Russie a donc désormais, à nouveau, un rôle important à jouer dans la région : elle est le défenseur du droit international face à Washington et Paris qui étaient prêts à intervenir sans mandat de l’ONU (cela s’appelle déclarer la guerre !). voir : http://www.christophebugeau.fr
Elle protège contre les occidentaux un pays allié (et laïc) face à certains mouvements religieux radicaux (le front Al-Nosra qui lutte aussi contre le régime de Damas).
Et, il ne faut pas l’oublier, Moscou n’a pas hésité à envoyer des navires face à la flotte américaine pour renforcer l’armée syrienne et notamment ses capacités anti-aériennes et anti-missiles.
Cette politique ne va pas sans heurts avec les Etats-Unis, on a pu le voir lors du dernier G20, où Barack Obama et Vladimir Poutine ont eu des relations franchement peu cordiales.
Mais la réalité est là, Moscou cette fois n’est pas prêt à céder. Pour la Russie, une attaque unilatérale de la Syrie serait désormais une provocation et ne pourrait qu’attiser les tensions dans la région.
Or, cette puissance fait toujours face à des pressions islamistes au Caucase et en Asie centrale et voit d’un mauvais œil les islamistes soutenus par l’Arabie Saoudite et le Qatar marquer des points dans cette zone du monde.
D’une certaine manière, nous retrouvons le « Grand Jeu » entre la Russie et la Grande-Bretagne qui s’est joué au XIXe siècle en Asie. Il s’agit pour une puissance continentale de reprendre un certain contrôle sur les pays périphériques, faces aux puissances maritimes anglo-saxonnes.
Mais cette fois, la mère Russie est du côté du droit international !
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