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La « synchronisation mécanique » du « pétrodollar », de l’« ordollar » et des taux de change dans le sauvetage de l’économie occidentale

 Les phénomènes économiques qui se sont développés avant la crise économique de 2008, et durant la crise, et vont se développer après la crise, c’est-à-dire à l’horizon 2018-2020, nous interpellent parce qu’il en va de l’avenir du monde, de notre avenir, de nos emplois, de la stabilité économique pour chaque nation. Les sentences que l’on entend çà et là, ou les analyses des médias, en Europe, aux États-Unis, qui annoncent, par exemple, que « l’économie va bien, la reprise est là » ou « l’Europe se désendette » ou encore « l’économie mondiale va à une nouvelle crise », « le pétrole de schiste américain pousse pour longtemps le prix du baril à la baisse », n’expriment que des incertitudes sur une situation économique mondiale difficilement déchiffrable. Et ces « Sujets sont si complexes qu’ils déchaînent les antagonismes de pensées des spécialistes  ».

Comment alors comprendre cette situation économique du monde ? Des économistes de renom affirment que le monde est entré dans une « stagnation séculaire ». Peut-on penser que l’humanité est réellement condamnée à la stagnation séculaire ? Comme l’énonce l’ancien secrétaire d’État au Trésor, Larry Summers. Et avant lui, ce concept a été énoncé par l’économiste Alvin Hansen lors de la Grande dépression des années 1930. Dès lors peut-on penser que l’histoire se répète ? Et si la crise financière de 2007-2008 n’a pas dévoilé tous ses secrets ? Comme les redoutables événements qui ont surgi, dix années après la crise de 1929, c’est-à-dire la déflagration mondiale qui a retenti en 1939, entraînant le monde dans une spirale de guerres qui a changé le cours de l’humanité.

Depuis déjà quelque années, et surtout aujourd’hui, une guerre invisible et sourde est en train de se jouer entre l’Occident, d’un côté, et la Russie et la Chine, de l’autre. Au milieu, les pays arabo-musulmans exportateurs de pétrole en payent le prix parce qu’ils détiennent les plus grands gisements de pétrole du monde. Qu’en est-il de cette situation du monde ?
 

 

  1. L’analyse de Jézabel Couppey-Soubeyran, membre du Comité d'Experts Yomoni

 

 Une analyse très pertinente (1) de Jézabel Couppey-Soubeyran, membre du Comité d'Experts Yomoni, éclaire bien ce problème qu’elle étaye par des arguments forts. « Et si les économies des pays avancés étaient devenues incapables de fabriquer de la croissance et de retrouver le plein emploi ? Et si cette situation d’inflation très basse que nous connaissons était amenée à durer ? Et si les seuls soubresauts possibles de croissance n’étaient plus que ceux provoqués par des bulles spéculatives sur le marché immobilier ou quelque autre marché financier ? [...] Au sortir de la crise financière enclenchée en 2007-2008, la plupart des économies dites « avancées » se sont retrouvées dans une situation de dépression auto-entretenue, dans laquelle la reprise ne parvient guère à s'installer, l'activité reste faible et l'investissement ne redémarre pas. Les Banques centrales ont eu beau se démener dans tous les sens, baisser leurs taux de refinancement en territoire négatif (pour ainsi dire au-delà de l'entendement puisque la plupart des manuels de finance étaient bien incapables de considérer comme possible il y a encore quelques années), l'investissement productif peine encore à repartir. [...] La stagnation séculaire est d'abord, comme l'explique Larry Summers, le fruit d'un déséquilibre persistant, au niveau global, entre l'épargne qui abonde et l'investissement qui s'atrophie. Alors, pourquoi l'épargne abonde au niveau global, quand bien même vous pouvez avoir individuellement des difficultés à mettre chaque mois un peu d'argent de côté ?

C'est en partie lié à la montée en puissance des pays émergents dans les années 1990-2000 : le développement de la capacité de production de ces pays, alors très tournés vers l'exportation, a accru leur revenu sans que la dépense de consommation n'y soit encore développée ; résultat, le revenu non dépensé des émergents s'est déversé sur le monde entier, participant à ce que Ben Bernanke, l'ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), avait qualifié de " saving glut" (excès d'épargne). D'autres facteurs viennent accroître la propension à épargner. »

L’analyse en mentionne quatre. « 1 - Aux écarts de revenus... 1 % de la population mondiale possède près de la moitié des richesses et possèdera donc bientôt plus que les 99 % restants. Or, la propension à consommer décroît avec le revenu, ce qui signifie que la part des hauts revenus qui va à l'épargne est nécessairement plus élevée. 2 - A la montée de l'incertitude... Autre facteur majeur et très actuel, le retour de l'incertitude, celle qui affecte à la fois l'avenir de l'emploi, des revenus, des retraites... tout cela incite à constituer une épargne de précaution et à reporter, quand on le peut, ses dépenses de consommation. 3 - Aux politiques des Banques centrales. Parallèlement, les Banques centrales ont géré la crise en accumulant des actifs achetés aux banques dans le cadre du quantitative easing, augmentant la demande de titres sur les marchés, c'est-à-dire l'offre de fonds prêtables. De ce point de vue, la politique d'achat d'actifs par la Banque centrale tend à maintenir le déséquilibre entre l'épargne (abondante) et l'investissement productif (rare), à moins que les liquidités obtenues par les banques dans le cadre du quantitative easing ne facilitent leur contribution au financement de l'investissement productif. Mais cela n'a guère été le cas jusqu'à présent en Europe. 4 - A la démographie. Le vieillissement de la population fait aussi partie des facteurs de la stagnation séculaire. Intuitivement, on se représente assez aisément une population qui vieillit comme étant plus parcimonieuse que dispendieuse, moins active, moins productive et donc aussi moins innovante. Épargne-t-elle plus pour autant ? Ce n'est pas si clair. Les économistes adeptes de la théorie du cycle de vie diraient même, au contraire, que les retraités puisent dans leur épargne constituée pendant leur vie active et que leur propension à épargner est moindre que pendant leur vie active.

Jésabel conclut : « Rien qui ne puisse empêcher cette stagnation ? Cette abondance d'épargne ne serait au fond pas un problème si l'activité des intermédiaires financiers consistait à l'acheminer vers des investissements productifs de long terme. Or ce n'est plus guère l'orientation de l'intermédiation financière, celle des banques en particulier. Peut-être aussi parce que, dans le même temps, l'expansion de la sphère financière a détourné les ressources de la sphère productive, déformé l'allocation des talents, et ce faisant affaibli la capacité de nos économies à investir dans la sphère productive. Quant aux technologies de l'information dans leur ensemble, elles permettent de fonctionner avec moins de papiers, moins d'imprimantes, moins de photocopieurs, voire aussi moins d'espaces de bureau. C'est aussi, prévient Summers, la rapidité du développement technologique qui peut tout à fait justifier de reporter l'investissement de peur que la nouvelle technologie rende bientôt l'ancienne obsolète.

Bref, la stagnation séculaire a de beaux jours devant elle. Vivra-t-on nécessairement plus mal dans un monde de croissance faible ? Pas forcément ! Un gâteau petit, mais bien partagé vaut souvent mieux qu'un plus gros ne profitant qu'à quelques-uns. Une question de partage donc ! Probablement aussi de moindre gaspillage. »

Que peut-on dire de cette analyse ? Certes que les arguments forts mentionnés expliquent bien cette conceptualisation du monde par la « stagnation séculaire ». Cependant, tout n’est pas dit. Comme l’énonce l’auteure de cette analyse. Pourquoi ne pas empêcher la stagnation séculaire ? Pourquoi les intermédiaires financiers occidentaux n’acheminaient pas cette abondance d’épargne vers des investissements productifs de long terme ? Pourquoi l'expansion de la sphère financière a détourné les ressources de la sphère productive, et ce faisant affaibli la capacité de nos économies à investir dans la sphère productive. Il y a certainement une cause. Comme on ne peut penser que la politique d'achat d'actifs par la Banque centrale tend à maintenir le déséquilibre entre l'épargne (abondante) les intermédiaires financiers, s’il n’y a pas une cause véritable, impérieuse qui commande cette politique. Et qui explique pourquoi l’auteure s’interroge. « A moins que les liquidités obtenues par les banques dans le cadre du quantitative easing ne facilitent leur contribution au financement de l'investissement productif. Mais cela n'a guère été le cas jusqu'à présent en Europe. » Comment alors comprendre ces financements non conventionnels ?
 

 

  1. La double dépendance entre l’Occident et les pays émergents-exportateurs de pétrole

 

 Après cette présentation du problème « des liquidités massives injectées » par la Réserve fédérale américaine, de la Banque centrale européenne, d’Angleterre et du Japon, « qui ne relancent pas concrètement l’économie », il reste à comprendre ce mystère du financement non conventionnel ?

Un bref rappel sur la situation économique mondiale qui a prévalu et qui a été l’origine de la grande crise financière de 2008 peut nous apporter les éléments de réponse sur cette « inondation monétaire, jugée par certains analystes, comme très dangereuse car inefficiente. » Qu’en est-il ? Pour les besoins d’une analyse serrée, on ne prendra en compte que les crises immédiates qui ont précédé les crises immobilières et financières de 2007 à 2008. Donc, on peut dire que tout a commencé en 2000, avec l’éclatement de la bulle boursière des valeurs High Tech et Internet. Cette crise financière fut suivie de crises boursières en cascades entre 2001 et 2002, qui se sont étendues à l’ensemble des Bourses mondiales. Le XXIème siècle débutait mal.

 

Ce n’est qu’en 2003, après une correction généralisée des valeurs boursières dans le monde, que l’économie américaine est repartie à la hausse, entraînant avec elle l’économie européenne et le reste du monde. Cette reprise économique eut deux moteurs, rappelons-le, comme en 2008, le premier moteur fut la baisse du taux d’intérêt directeur de la Fed, en 2001, qui est passé de 6,5 %, en janvier 2001, à 1 %, en juin 2003. La Banque centrale européenne emboîta le pas sur la Fed et fit passer son taux d’intérêt directeur de 4,75 %, en mai 2001, à 2 %, en juin 2003. Le différentiel de taux entre les Banques centrales américaine et européenne n’était plus que de 1 %. Le deuxième moteur fut le financement tout azimut par la Fed de l’économie américaine, relayé par le système bancaire, et qui a pris des proportions massives après les attentats du World Trade Center, en septembre 2001, suivie immédiatement de l’entrée en guerre des États-Unis en Afghanistan, en 2001. En 2003, c’est au tour de l’Irak d’être envahi et occupé par les États-Unis.

Pour éviter une spirale inflationniste, c’est-à-dire une hausse des prix par un marché inondé de dollars, ces liquidités monétaires émises ex nihilo par la Fed nécessitaient des contreparties physiques. C’est ainsi que le cours du prix du pétrole a fortement augmenté, il a atteint 73,94 dollars, le 1er juin 2006. (2) Pour éviter que le prix du pétrole explose, il a fallu le recours d’augmenter le prix du métal-or. L’once d’or est passée de 266,10 dollars, le 17 janvier 2001, à 625,63 dollars, le 18 avril 2006. (3)

D’autre part, on ne peut oublier que la baisse des taux d’intérêt directeur des grandes Banques centrales occidentales comme les financements sont « synchronisés ». En effet, si la Fed américaine a injecté massivement des liquidités ex nihilo, la monnaie européenne, l’euro, va fortement s’apprécier, comme d’ailleurs la livre sterling et le yen. Pour éviter une forte appréciation de leurs monnaies qui pénalisera leurs exportations, la BCE, la BoE et la BoJ doivent aussi injecter massivement des liquidités ex nihilo pour dégonfler la hausse de leurs monnaies face au dollar. Ce qui a permis de limiter l’appréciation, par exemple, de la monnaie unique européenne. Le taux de change euro/dollar est passé de 0,98 dollar, en octobre 2002, à 1,32 dollar, en décembre 2006. (4) La hausse de l’euro s’explique par les excès de dollars qui n’ont pu être absorbés par la hausse du pétrole et de l’or mais aussi par la pondération par des injections monétaires pour éviter une forte appréciation de l’euro.

Nombre d’analystes parlent de guerre monétaire entre les quatre Banques centrales des États-Unis, de la zone euro, du Royaume-Uni et du Japon. Ce n’est qu’en apparence, en réalité, ces Banques sont comme les quatre doigts de la main. Elles sont unies et font face au reste du monde, en particulier les pays du BRICS, la Chine, la Russie qui disputent leur leadership sur le plan monétaire. De plus l’Occident compte environ 1,3 milliard d’habitants, le reste du monde compte 6,25 milliards d’habitants. C’est dire que le rapport de force est au côté du reste du monde, du moins par les formidables avancées que les émergents comme la Chine (1,4 milliards de chinois) a opéré sur le plan industriel et manufacturier. Évidemment, pas immédiatement mais en voie.

La hausse du prix du pétrole et de l’or, en tant que contreparties physiques aux émissions monétaires ex nihilo a permis de limiter les variations des taux de change entre les monnaies occidentales, et donc a assuré une stabilité financière et monétaire pour l’économie économique occidental et pour le reste du monde, en particulier les pays émergents, notamment les cinq pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et les pays exportateurs de pétrole qui ont vu le prix du baril exploser. On comprend d’ailleurs pourquoi les guerres au Moyen-Orient n’ont pas cessé et ne peuvent cesser tant que les pays arabes et des membres du cartel pétrolier, l’OPEP continuent de facturer leurs exportations pétrolières en dollars. La cause, il faut encore la souligner, repose sur la hausse du prix du pétrole qui permet de pondérer la dépréciation du dollar sur les marchés lorsque la Fed procède à des émissions monétaires massives. Et inversement lorsque la Fed diminue ses émissions monétaires.

Cette reprise économique a-t-elle eu un effet salvateur pour l’Occident ? La réponse est oui, mais s’est opérée sur fond d’endettement ? Qui a bénéficié le plus ? Il est évident que c’est le reste du monde, en particulier les pays émergents et les pays exportateurs de pétrole. Qui a émis massivement ex nihilo les liquidités ? C’est l’Occident ! Certes l’Occident a financé la relance économique, les dépenses des guerres au Moyen-Orient, mais une grande partie des liquidités injectées s’est dirigée vers les pays émergents, en particulier la Chine, les pays exportateurs de pétrole, c’est-à-dire les pays pétroliers arabes, la Russie, et les autres pays OPEP et non-OPEP, via les échanges commerciaux. En termes de gains financiers et matériels, cela signifie que « l’Occident a bénéficié des marchandises, de matières premières et pétrole importées » des pays émergents « plus compétitifs », et des grands producteurs de pétrole et de gaz, tandis que les Émergents et Pétroliers ont bénéficié des excédents commerciaux, c’est-à-dire des liquidités en dollars, en euros, en livre sterling et en yens.

De plus, les pays émergents et exportateurs de pétrole, par l’accumulation d’excédents commerciaux, « remboursaient leurs dettes » à l’Occident. Et le processus ne s’arrêtait pas là. Ces pays retournaient leurs financiers, sous forme de placements rémunérés sur les places financières occidentales. Si ces excédents commerciaux constituaient initialement une fuite de liquidités vers les émergeants et les exportateurs de pétrole, le retour de liquidités issues des excédents commerciaux vers l’Occident compensaient ces fuites, poussant l’Occident de continuer à importer des produits made in China..., et du gaz et du pétrole des pays exportateurs de pétrole, et donc à consommer, par conséquent amenant l’Occident à « s’endetter » auprès du reste du monde, qui se « transforme en créancier de l’Occident. »

Il s’ensuit un processus auto-entretenue qui, pour l’Occident, sa croissance économique est portée par l’endettement, pour le reste du monde, sa croissance économique est portée par les débouchés que lui offre l’Occident qui consomme sa production et les liquidités qu’il « remet en échange ». Pour l’Occident, cela lui permet d’entretenir une certaine suffisance, pour le reste du monde, cela se traduit par une création massive d’emplois. La Chine, par exemple, a créé plus de 200 millions de nouveaux emplois. Elle est devenue, avec son 1,4 milliards de Chinois, l’« atelier du monde ».

Une précision, cependant, ce nouveau processus économique et financier auto-entretenu est tout à fait « naturel ». Depuis les années 1970, les pays du reste du monde n’ont pas cessé de progresser. Leurs produits industriels et manufacturiers rivalisent avec les produits occidentaux. La montée en puissance dans les années 1970-1980 a permis aux tigres asiatiques et dragons asiatiques d’opérer leur rattrapage. De même, dans les années 1990-2000, c’est le tour de la Chine, du Vietnam, de la Turquie. Aujourd’hui, la Chine qui détient le palme, elle est devenue en un temps record la deuxième puissance économique du monde. Si elle a profité des délocalisations de firmes occidentales, c’est simplement que c’était un passage obligé pour les pays occidentaux. La perte de compétitivité de l’Occident face aux émergents (produits de bonne qualité à faible coût de main d’œuvre) ne laissaient pas de choix pour les pays occidentaux. Fermer les entreprises non compétitives ou délocaliser. On comprend pourquoi « délocaliser » était nécessaire pour l’Occident parce qu’au lieu de fermer leurs usines qui était négatif sans gain, ce transfert d’entreprises productives leur permettait de partager les revenus de vente et aussi de profiter des débouchés qu’offraient ces nouveaux pays. Ainsi, durant dans les années de 2000 à 2010, s’est encore accentuée une double dépendance entre l’Occident et le reste du monde.

 

 

  1. La Crise 2007-2008, un enchaînement naturel de causes à effets

 

 En 2003, la reprise économique était là. La guerre se poursuivait au Moyen-Orient, et les moyens financiers pour les dépenses de guerre étaient assurés. La Chine, la Russie, et les autres pays émergents et exportateurs de pétrole enregistraient continuellement des excédents commerciaux au détriment de l’Occident. D’autant plus que les Banquiers centraux occidentaux étaient tenus de soutenir l’effort de guerre en Afghanistan et en Irak. L’euphorie de la victoire des États-Unis en Irak, et l’occupation de ce pays avait conforté les autorités monétaires américaines d’injecter davantage de liquidités pour financer l’économie et l’effort de guerre. 

Comme les crises en cascades des Bourses occidentales, entre 2000 et 2003, étaient encore présentes dans les esprits des décideurs américains, et le marché des actions cette fois boudé par les investisseurs, il fallait trouver un substitut qui puisse apporter la croissance et l’emploi. Surtout que les industries occidentales avaient perdu beaucoup de leur compétitivité face aux pays émergents, en particulier la Chine, et d’autre part, les économies occidentales fortement affaiblies par les délocalisations massives qu’elles ont opéré, dans les années 1990 et 2000, au profit de la Chine, du Vietnam, et autres pays d’Asie et d’Amériques. Il apparaissait nettement que le seul créneau viable est l’« immobilier », grand pourvoyeur d’emplois.

 

L’envol de la construction immobilière aux États-Unis et en Europe a permis de doper la demande, qui a pris des proportions telles que les banques, par la spéculation immobilière poussée à des limites extrêmes, ne regardaient plus la solvabilité des ménages endettés, pensant que la hausse des cours de l’immobilier viendrait compenser l’endettement.

Le financement tout azimut par la Banque centrale américaine de l’économie et de l’effort de guerre a provoqué une forte consommation par les ménages américains du fait de la réévaluation sans cesse à la hausse de leur patrimoine immobilier faisant la part belle aux exportations chinoises vers les États-Unis et aux pays exportateurs de pétrole qui ont vu le prix du baril s’envoler. D’autant plus que l’économie américaine était dopée par le retour des capitaux issus des excédents commerciaux chinois, russes, arabes, sud-américains... qui se plaçaient dans le système bancaire américain. Ce qui dopait encore la consommation américaine. Les États-Unis s’endettaient, et l’Europe suivait aussi la spirale d’endettement.

 

Jusqu’en 2005, la bulle spéculative sur l’immobilier n’apparaissait pas au grand jour, malgré que la Fed américaine ait commencé à serrer le robinet monétaire. Le 30 juin 2004, la Fed donna le premier tour de vis. Elle fait passer le taux d’intérêt directeur de 1% à 1,25%. Après 17 hausses, le taux directeur de la Fed passe à 5,25 %, le 29 juin 2006. La situation commençait à être instable pour l’économie américaine. En effet, la hausse des taux de refinancement des banques restreignaient les injections de liquidités. Les ménages endettés avaient des difficultés pour rembourser leurs dettes. Devant cette situation, les banques commerciales américaines, anticipant, cherchaient activement à se débarrasser des créances hypothécaires à risque – un grand nombre de créances devenaient insolvables. L’utilisation massive de la « titrisation » de ces créances et leurs « ventes tout azimut, empaquetées comme des valeurs sûres alors qu’elles ne l’étaient pas » leur permettait de différer la crise qui venait à grands pas.

Le taux d’intérêt de la Fed maintenu à 5,25 % de juin à 2006 à septembre 2007 produisit ce que nombre d’économistes avait annoncé. C’est ainsi qu’il advint ce qui devait advenir, « la bulle immobilière éclatait au grand jour. » Elle sera un désastre pour l’économie américaine, les ravages sur l’immobilier s’étendront au reste du monde. Elle fut suivie par une crise financière encore plus ravageuse, en 2008. Si le reste du monde a souffert en pertes financières par suite de la titrisation des créances hypothécaires vendues au monde entier, c’est surtout l’Occident qui en sera gravement touché. Des centaines de milliers de ménages américains verront leurs logements saisis. Le nombre de ménages augmenta. Puis ce sont des millions de ménages américains qui perdront leurs logements et leurs économies engagées dans l’achat immobilier. Les médias occidentaux parlent de cinq à six millions de logements saisis, d’autres donnent des chiffres encore plus grands.

Devant l’ampleur de la crise immobilière et la panique dans les marchés de l’immobilier, la Fed avait tenté de la juguler par des injections massives de liquidités, c’était trop tard. Dans le journal Le Monde (5), « Dix ans après, l’histoire a tranché. La plus grande crise financière du XXIe siècle – à ce stade – a débuté le 9 août 2007, le jour où BNP Paribas a gelé les retraits de ses clients dans trois de ses fonds monétaires. Petite cause, gros effet. Cette décision de la première banque française a été perçue comme la preuve de la gravité du marasme touchant le marché du crédit immobilier aux Etats-Unis.

 

Cet été-là, pourtant, nul n’imagine encore que le monde est à l’orée d’une crise financière aussi dévastatrice que celle ayant entraîné la Grande Dépression de 1929 dont les cohortes de miséreux ont hanté des générations d’écoliers. Pour en arriver là, il faudra que l’administration américaine laisse la banque Lehman Brothers faire faillite le 15 septembre 2008. Entre ces deux repères majeurs de la crise, treize mois durant, l’économie mondiale va pédaler dans le vide, tel le loup de Tex Avery, sans réaliser que sa chute sera vertigineuse.

A corps perdu dans la spéculation immobilière. En réalité, les Etats-Unis ont perdu pied dès le milieu des années 2000. Dans la liste de vingt-cinq personnes à blâmer pour la crise financière, publiée par le magazine Times en 2009, figurent de nombreux banquiers mais aussi Bill Clinton, qui a desserré l’étau réglementaire afin de favoriser l’accès à la propriété des ménages les moins aisés. Ces derniers se sont alors lancés à corps perdu dans la spéculation immobilière encouragés à la fois par la politique de taux bas du gouverneur de la Réserve fédérale (Fed) Alan Greenspan (autre nominé du Times) et par des courtiers payés au volume de crédit.

 

Si l’emprunteur ne paie pas ses mensualités, tant pis pour lui et pour ces investisseurs lointains. Compte tenu de la particularité du circuit financier américain, ceux qui démarchent les emprunteurs se moquent de savoir si ces clients rembourseront ou non leur prêt. A peine souscrit le crédit est titrisé, c’est-à-dire aggloméré avec... »

En réalité, ce n’est ni Bill Clinton, ni Alan Greenspan qui sont à blâmer, d’autant plus que le gouverneur de la Fed devait soutenir l’effort de guerre de son pays. Comme d’ailleurs Ben Bernanke qui a remplacé Alan Greenspan, en 2006, et qui a continué à financer l’économie américaine tout en continuant à relever le taux d’intérêt directeur de la Fed. C’est simplement le cours de l’histoire qui agissait ainsi. Il y avait dans cette séquence de l’histoire « comme un retour de manivelle pour l’Occident. » Une fois, dans les années 1980, c’était le reste du monde qui était endetté, cette fois-ci, c’est l’Occident qui tombe en crise immobilière et financière, et de surcroît, il s’endette auprès du reste du monde avec ses propres liquidités qu’il émet. Etrange qu’est le retournement historique qui n’épargne personne, ni l’emprunteur ni le créditeur.
 

 

  1. La « synchronisation mécanique » du « pétrodollar », de l’ordollar » et des taux de change dans le sauvetage de l’économie occidentale 

 

 Dès lors, devant l’ampleur du désastre financier en 2008, les Banques centrales américaines et européennes devaient agir vite. Les banques occidentales et non occidentales étaient truffées de créances hypothécaires titrisées. Malgré les injections massives de liquidités en 2007 et 2008, la Banque centrale américaine, par les moyens classiques de la politique monétaire, était impuissantes à arrêter la crise immobilière qui s’est transformée en crise financière, en 2008. Des sommes astronomiques ont été perdues. Les Bourses dans le monde étaient en berne. Chaque Banque avait peur de prêter des liquidités à une autre banque, la méfiance s’est généralisée entre les banques. La crainte était de ne pas pouvoir recouvrir ses capitaux, tant les bilans des banques étaient chargés de titres adossés aux créances toxiques. Le seul choix qui restait à la Fed était la mise en œuvre de politique monétaire non conventionnelle. Ce qui revient à dire à utiliser massivement la « planche à billet », et donc à augmenter la « base monétaire » pour permettre aux banques de se recapitaliser pour financer l’économie.

Il faut rappeler que la Réserve fédérale des États-Unis, à l’apogée de la crise financière, avait déjà injecté des masses considérables de liquidités monétaires ex nihilo, donc sans contreparties pour sauver le système monétaire américain. Au point que les contreparties physiques dont l’or et le pétrole ont explosé. Le prix du baril de pétrole WTI qui a atteint le 1er juin 2006, à 73,94 dollars, double pratiquement en juillet 2008. Il est coté 147,5 dollars et va vers les 150 dollars (6), le 11 juillet 2008. Quant à l’once d’or, de 625,63 dollars, le 18 avril 2006, il passe à 986,54 dollars, le 26 février 2008. (3) Le prix de l’once d’or a été multiplié par trois, par rapport à celui de 2001.Quant au dollar sanctionné par les marchés, il s’est déprécié au point qu’un euro s’échangeait sur les marchés contre 1,60 en juillet 2008. C’est dire que sans ces deux contreparties physiques, le « pétrodollar » et l’« ordollar », l’euro ne s’échangerait pas à 1,6 dollar, mais à 2 voire 3 dollars. En termes clairs et simples, les États-Unis seraient dans l’impossibilité de procéder à des politiques monétaires non conventionnelles, sinon à provoquer un krach du dollar, ce qui ne serait ni dans l’intérêt des États-Unis, de l’Europe ni du reste du monde.

Dès lors peut-on dire que le « pétrodollar » et l’« ordollar » ont sauvé l’humanité de la plus grave crise de l’histoire après celle de 1929. Et nous le répétons encore, on comprend d’ailleurs pourquoi les guerres au Moyen-Orient ne peuvent cesser tant que les États-Unis continuent de dominer le pétrole des pays arabes et des autres membres du cartel pétrolier, l’OPEP. La vente du pétrole de ces pays, libellée en dollar, n’est pas seulement primordiale, elle est vitale pour la superpuissance. C’est elle qui permet de soutenir ses émissions monétaires et assurer au dollar le monopole en lui faisant jouer le rôle de centre du système international monétaire mondial, autour duquel gravitent toutes les monnaies du monde. Comme on le lit dans ZoneBourse – Actualité : « Le pétrole est la matière première la plus traitée et échangée sur les marchés financiers, donc référencer cette matière première en dollar américain est stratégiquement très important. Il offre effectivement un pouvoir de contrôle implicite très fort. La vente de pétrole libellée en dollars est primordiale pour soutenir la monnaie américaine et assurer le monopole du dollar ainsi que la demande perpétuelle en billet vert.

Encouragé par Sergey Glaziev (conseiller économique du président) et Igor Sechin (CEO de la plus grosse société pétrolière russe Rosneft), l’actuel président Russe Vladimir Poutine en a fait son fer de lance. Lors d’une déclaration solennelle ce dernier affirmait ainsi que « La Russie doit totalement vendre son gaz et son pétrole en roubles dans la mesure où l’hégémonie du dollar sur le marché de l’énergie nuit à l’économie ».
(7)

 

Comme il est énoncé dans l’article, « le libellé du pétrole lui assure la demande perpétuelle du billet vert », et, par conséquent, permet à la superpuissance de financer ses déficits commerciaux structurels, que l’ancien économiste Jacques Trueff, et conseiller du président De Gaulle, appelait « le secret du déficit sans pleurs ».

Mais le paradoxe est que « ces déficits sans pleurs », le reste du monde « en raffole », et c’est ce terme très à terre à terre pour qualifier les besoins incommensurables en liquidités en monnaies internationale du reste du monde pour son développement. Et on comprend pourquoi les Banques centrales la BCE, la BoE et la BoJ, émettent à leur tour des masses de liquidités ex nihilo, à l’instar de la Fed américaine, pour dégonfler leurs monnaies qui s’apprécient fortement face au dollar, et de rester compétitif dans le commerce mondial.

 

Sur le plan de la dialectique de l’histoire, ce privilège exorbitant qu’ont les États-Unis dans leur dollar ne doit pas étonner. Il est « très utile » dans la distribution des forces économiques dans le monde. Aidé par les trois autres monnaies, c’est-à-dire l’euro, la livre sterling et le yen, ils permettent de réguler l’économie mondiale. Évidemment, beaucoup d’économistes ne seront pas d’accord avec ces idées postulées, mais l’auteur ici ne regarde que la dynamique qu’engendre la réalité économique et ce qu’elle apporte de positif au monde. Certes, la crise financière de 2008 est négative mais elle a apporté aussi du positif en amenant les Banques centrales à dépasser la crise grâce précisément à ce privilège du dollar, et ses contreparties physiques, le « pétrodollar » et l’« ordollar ».

Ce sont eux qui ont permis de mener à bien les politiques monétaires non conventionnelles ou « quantitative easing ». 1700 milliards de dollars ont été injectées dans le cadre du QE1, qui a permis de sauvetage du système bancaire occidental. Après la récession généralisée en 2009 dans pratiquement toutes les économies occidentales, un deuxième QE2 a été lancé, le 3 novembre 2010. Il s’agissait pour les Banques centrales américaines, européennes, britannique d’acheter de la dette souveraine des États en difficultés financières (bons de Trésor, obligations d’Etat, etc.) et de titres privées, essentiellement hypothécaires, pour délester le système financier européen et américain de créances à risque. La Réserve fédérale achètera pour 600 milliards de dollars Le montant du QE2 passera à 1000 milliards de dollars, en juin 2011.

De même, pour la zone euro, un Fonds européen de stabilisation financière (FESF) a été mis en œuvre, en 2010, devenu ensuite le Mécanisme européen de stabilité (MES) en septembre 2012, pour des montants agrées répartis entre les pays-membres, selon leur taille dans le capital de la BCE, pour le rachat des dettes souveraines. On comprend dès lors l’importance de l’Allemagne et la France qui détiennent respectivement 27 % et 20 % du capital de la Banque centrale européenne, dans la zone euro, alors que la Grèce détient 2,80 %. Le FESF, si l’on compte en plus du montant arrêté, et les aides à certains États par le rachat de leurs dettes publiques et privées, a dépassé les 1000 milliards d’euros.

Mais que peut-on dire de ces injections massives qui ont chargé les dettes publiques occidentales ? Si le privilège exorbitant du dollar n’avait pas existé, s’il n’y avait pas les contreparties physiques, le « pétrodollar » et l’« ordollar », s’il n’y avait pas entre les grandes monnaies mondiales des liens entre elles sur les marchés monétaires, c’est-à-dire les taux de change qui signifient que si une partie émet massivement des liquidités, par la dépréciation de sa monnaie qui en résulte, elle affecte négativement les autres parties, par l’appréciation mécanique de leurs monnaies dans leur commerce extérieur, l’humanité serait partie pour une sur-dépression économique plus forte celle des années 1930. Et heureusement qu’il y a eu et y a encore cette « synchronisation mécanique », amenant toutes les parties à émettre des liquidités dans ce qu’on peut appeler la « chaudière mondiale » (8, 9).

Précisément, ces liquidités massives étaient nécessaires pour chauffer la chaudière, mais sans « surchauffe » cette fois-ci. Et elle infère sur le reste du monde. On peut même dire en « sous-chauffe par des politiques engagées stratégiquement dans l’austérité. » Et on insiste sur l’aspect stratégique qui énonce que les politiques austéritaires tant pour les États-Unis que pour l’Europe et le Japon n’étaient pas un choix, mais un « impératif vital, une nécessité vitale pour l’Occident », que nous aurons à expliciter.
 

 

  1. Conclusion de la quatrième partie

 

 

 On comprend qu’il a un lien de cause à effet immuable, qui met les Banquiers centraux dans l’obligation d’émettre massivement des liquidités pour dépasser la double crise immobilière et financière. Comme on comprend que rien ne vient au hasard dans les forces invisibles et sourdes économiques, financières et monétaires qui gouvernent le monde. Si l’homme, l’humain que nous sommes, l’intelligence dont on est doté ne cherche pas à comprendre le vraisemblable et l’invraisemblable, ne fait pas le tri, ou mieux encore, trouve ce qui lie les phénomènes même ceux qui paraissent absurdes alors qu’ils font partie intégrantes du processus, nous ne pourrons pas comprendre notre marche dans le développement. Qui lui est immuable, logique, naturel, lié aux forces qui l’ont engendré, sauf qu’il n’est pas compris.

Nous verrons qu’une épée de Damoclès, qui n’est pas apparente aujourd’hui, mais elle est là, présente et peut peser sur l’humanité dans les deux ou trois années à venir, si les Banquiers centraux des grandes puissances ne changent pas de fusil d’épaule et trouvent un « optimum » dans leurs politiques monétaires. Nous ne pouvons par perdre de vue que toutes les économies du monde sont imbriquées, et qu’elles peuvent toutes à souffrir. Si une partie est touchée, l’autre partie qui n’a pas souffert ne verra sa situation que différée. Que la crise la rattrapera inévitablement, inéluctablement. Et c’est dans cette perspective que l’auteur cherche à comprendre l’économie mondiale, à comprendre comment répondre le plus positivement possible aux problèmes économiques de l’humanité.

 

Le système métaphorique des trois trains économiques mondiaux (8, 9) s’inscrit dans cette voie pédagogique d’enseignement des blocages auxquels font face les différentes humanités, ou plus simplement les aires géopolitiques, les aires raciales qui constituent l’humanité entière. Nous aurons à y revenir parce qu’il explique très naturellement la situation d’avant la crise financière, d’aujourd’hui, et de ce qui est en puissance demain.

Pour cela, il faut sortir du « Motus et bouche cousue », qu’ont annoncé les médias qui ont couvert le séminaire (10) de Jackson Hole qui s’est tenu en août 2017. Il réunit chaque année les responsables des grandes Banques centrales du monde. La présidente de la Fed Janet Yellen et son homologue de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, ont évité soigneusement le sujet de la politique monétaire. Précisément, cette situation de silence, d’on ne parle pas de ce qu’il en ressort aujourd’hui et demain pour l’économie mondiale, et dont dépend l’avenir des peuples, nous interpelle. Nous devons comprendre les mécanismes, parce l’avenir du monde qui est notre avenir en dépend.

 

Medjdoub Hamed
Auteur et chercheur spécialisé en Economie mondiale,
Relations internationales et Prospective.

www.sens-du-monde.com

 

Notes :

 

1. « Une inévitable stagnation séculaire ? » par Jézabel Couppey-Soubeyran / Membre du Comité d'Experts Yomoni. Le 28/10/2016

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-162046-une-inevitable-stagnation-seculaire

2. « Prix du baril - Le cours officiel du baril de pétrole »
http://prixdubaril.com/

3. Graphique historique de l’or
https://www.goldbroker.fr/cours/or/usd

4. EUR/USD (EURUSD=X)
https://fr.finance.yahoo.com/chart/EURUSD

5. « Il y a dix ans, le capitalisme perdait pied », par Le Monde Economie. Le 2 juillet 2017
http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/07/02/il-y-a-dix-ans-le-capitalisme-perdait-pied

6. « Le pétrole dépasse 147 dollars et louche vers les 150 dollars » par Le Point.fr Le 11/07/2008
http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2008-07-11/le-petrole-depasse-147-dollars-et-louche-vers-les-150-dollars

7. « PETROLE : La Russie entend signer la mort du « Petrodollar » », par Zone Bourse- Actualité. Le 12/05/2016
https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/PETROLE-La-Russie-entend-signer-la-mort-du-Petrodollar

8. « Sens des guerres dans l’histoire. Les « Trains économiques mondiaux » qui ont donné le monde d’aujourd’hui », par Medjdoub Hamed. 18 septembre 2017
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sens-des-guerres-dans-l-histoire
https://www.sens-du-monde.com

9. Comment le « Train économique États-Unis-Europe » fut piégé par un Financement tout azimut et des Guerres en Afghanistan et en Irak ?
https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/comment-le-train-economique-etats
https://www.sens-du-monde.com

10. « Quelle politique monétaire pour la Fed et la BCE ? Draghi et Yellen ne laissent rien filtrer à Jackson Hole », par latribune.fr | 26/08/2017
http://www.latribune.fr/economie/international/quelle-politique-monetaire-pour-la-fed-et-la-bce-draghi-et-yellen-ne-laissent-rien-filtrer-a-jackson-hole

 


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8 réactions à cet article    


  • Zolko Zolko 20 octobre 13:58

    @l’auteur : excusez-moi, mais vous ne connaissez absolument rien au sujet. Je ne vais pas corriger toutes les erreurs de votre article très long, juste 2 :
     
    1) ce n’est pas l’économie mondiale qui a été sauvée en 2008, mais les spéculateurs financiers. Si les banques centrales (et les gouvernements) avaient fait leur boulot proprement, les grandes banques qui jouent à la bourse avec l’argent des épargnants auraient fait faillit, ruinant le fameux 1% dont vous parlez, mais sans toucher à un poil de cul au 99% restant, et 5 ans après l’économie assainie serait repartie de pus belle.
     
    2) "Nous verrons qu’une épée de Damoclès, qui n’est pas apparente aujourd’hui, mais elle est là, présente et peut peser sur l’humanité dans les deux ou trois années à venir" : non mais ça va bien, oui ? peser sur l’humanité ? carrément ? Avec quelques banques qui feraient faillite, l’humanité s’en remettrait bien, merci pour nous.


    • Lugsama Lugsama 20 octobre 14:48

      @Zolko

      Oui mais bien sur, comme en 29 on aurait pas du tout été impacté.. 

    • Hamed 20 octobre 16:47

      @Zolko

      Bonjour Zolko,

      Je comprends votre critique. Le problème n’est pas de connaître ou de ne pas connaître, le problème est de comprendre. Je sais que çà vous révulse de voir que ce sont les spéculateurs qui ont profité, mais le système bancaire et boursier est ainsi constitué. C’est le libéralisme économique, la liberté d’entreprendre, et cela a très bien marché pour l’Occident. Pour preuve, l’Occident domine aujourd’hui le monde. C’est grâce à la technologie occidentale et aux capitaux injectés occidentaux que la Chine s’est hissé au statut de 2ème puissance économique du monde.

      Quant aux Banques centrales, vu que le système financier et boursier est ce qu’il est, leur rôle est de faire redémarrer la machine économique. Elle n’a pas à se substituer aux peuples. Pour le 1% qui accapare près de la moitié de la richesse, les 99 % qui restent et qui regardent sans rien faire n’ont qu’à se soulever comme ce qui s’est passé un certain an, en 1917, avec la révolution des bolcheviks russes. Et voyez ce qui en a résulté ensuite une nomenklatura qui a fini par briser le rêve communiste. 

      Le rôle des Banques centrales n’est pas de faire la police au sens propre mais de réguler le système financier. Et de venir en appui des plans géostratégiques des puissances. Et l’arme monétaire est plus destructive que lev fusil ou le canon. Vous n’avez pas d’argent, vous ne pouvez pas survivre. 

      Pour le point 2, l’épée de Damoclès, Je vous comprends. Et à votre place, j’aurais eu le même raisonnement. Mais il y a des forces plus complexes, plus dangereuses, qui risquent d’être destructives pour l’économie mondiale. Que je ne pourrais pas vous expliquer, mais leur développement viendra dans la suite de l’analyse qui n’est pas terminée. Et je vous inviterais à y répondre lorsque j’aurais à les préciser. 

      Merci pour le commentaire. 





    • Zolko Zolko 21 octobre 15:37

      @Hamed : « Le rôle des Banques centrales n’est pas de faire la police au sens propre mais de réguler le système financier. »
       
      Et c’est bien là qu’elles ont agi illégalement, que ce soit aux USA ou en Europe :
       
      1) aux USA, la FED a annoncé un programme de prêt d’urgence pour venir en aide aux banques en difficulté. Aux banques, pas aux fonds d’investissement. Cet programme a été élaboré pendant en week-end, et ce même week-end Goldman-Sachs est passé de fond d’investissement à banque, qui sont des structures très différentes. Pendant le même week-end !!! Quel hasard, n’est-ce pas ?
       
      2) en Europe, pendant la crise Grecque, la BCE a annoncé qu’elle entreprendrait n’importe-quoi (whatever it takes) pour sauver l’Europe. Aujourd’hui elle achête des bons de gouvernements ce qui est explicitement interdit, mais en utilisant un subterfuge pour déguiser ça.
       
      Les banques centrales SONT le gouvernement mondial. Et elles travaillent pour les banques commerciales et leurs propriétaires, pas pour les citoyens.


    • Hamed 21 octobre 19:43

      @Zolko

      Bonjour Zolko,

       

      Je vous remercie pour cette analyse. Je reprends ce que j’ai dit : « Le rôle des Banques centrales n’est pas de faire la police au sens propre mais de réguler le système financier. »

      Oui, exactement. Vous dîtes : « Et c’est bien là qu’elles ont agi illégalement, que ce soit aux USA ou en Europe. » Je vous réponds Zolko. Si vous étiez vous à la place de Jean-Claude-Trichet, ou de Mario Draghi, ou de Ben Bernanke, ou de Janet Yellen, vous aurez certainement autant. Et je dis bien certainement et par quiconque aux commandes.


      Le problème n’est pas d’agir légalement ou illégalement, le problème a été de sauver les États-Unis et l’Europe de leur plus grave de leur histoire. S’il n’y avait pas eu ces « rachats de dettes publiques et privées » et non pas comme vous dîtes de « prêts », et surtout détournés de l’investissement, augmentant les comptes que détiennent ces banques auprès de leurs Banques centrales respectives.

       

      C’est précisément là le nœud du mystère. Comme je l’ai dit à un des commentaires : « Il faut dire merci à Ben Bernanke, Janet Yellen, Mario Draghi... Un peu moins à Jean-Claude Trichet qui a commis une erreur.

       Moi-même, je pensais à un gouvernement mondial, et j’ai même écrit un article dessus. Non, le problème est bien plus complexe.


      D’autre part, pensez-vous que vous avez raison en pensant qu’ils ont agi illégalement ? Les quatre grandes Banques centrales ont mené tous cette politique de QE, si ce n’est parce qu’ils étaient forcés. « Et ce n’est pas fini. »

       

      Merci pour votre commentaire.


    • Zolko Zolko 21 octobre 22:12

      @Hamed : "Si vous étiez vous à la place de Jean-Claude-Trichet, ou de Mario Draghi, ou de Ben Bernanke, ou de Janet Yellen, vous aurez certainement autant."
       
      non, j’aurais
      laissé les banques faire faillite, comme n’importe quelle autre entreprise, puis j’aurais laissé les états nationaliser les restes pour 0 €, comme n’importe quelle autre entreprise. Les propriétaires et gros comptes auraient été ruinés (les 1%) mais les petits épargnants (99%) auraient été protégés jusqu’à 100 000€. On aurait pu assainir le système bancaire et financier, en faisant payer ceux qui se sont enrichi pendant longtemps.
       
      Mais je vois bien que vous ne voulez pas comprendre.


    • Hamed 22 octobre 00:02

      @Zolko


      Je ne sais comment vous expliquer. Ecoutez vous vous êtes un citoyen, et un seul citoyen en Europe. Pensez-vous avoir raison alors que la BCE, la Réserve fédérale américaine, et d’autres Banques centrales avec des milliers de cadres ont décidé le QE ? Cette seule comparaison devrait vous faire réfléchir. 

      Et ce n’est pour s’enrichir que ces QE ont été menées mais pour sauver l’économie occidentale.
      Cordialement

    • Vraidrapo 21 octobre 00:30

      Merci pour cet Article. Bien que profane en matière économique et financière, je puise les informations qui me sont accessibles pour essayer de comprendre les évènements passés ou actuels.
      J’attends la suite et aussi les commentaires...

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